‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 474 sur 556 · CATARRHE · texte numérisé non relu

CATARRHE

oid. Les artisans qui travaillent en plein air, souvent pieds et bras nus, ne s’enrhument pas plus, ou même s’enrhument moins que les gens du monde, malgré toutes les précautions dont ceux-ci s’entourent, Outre les qualités sensibles de Pair, on peut croire qu’il en est d’autres, qui contribuent à produire le catarrhe pulmonaire. Il est certain au moins qu’on s’enrhume dans sa chambre et même au coin du feu; d’un autre côté, on voit des épidémies catarrhales, qui, parties d’un point, marchent et font le tour du monde. Les causes les plus actives du catarrhe pulmonaire ne rencontrent pas la même disposition dans tous les tempéraments; il en est qui se laissent atteindre avec la plus grande facilité, il en est d’autres qui résistent opiniätrément. Eutre ces deux extrêmes les degrés sont infinis. Les enfants et les vieillards y sont le plus sujets; mais aucun âge n’en est exempt. Semblable en cela à beaucoup d’autres maladies, le catarrhe dispose au catarrhe ; cela signifie que quand on en a été pris une fois, on y est plus disposé qu'auparavant, et celte tendance est proportionnée au nombre des récidives, jusqu’à ce qu’enfin il devienne habituel, comme on le voit chez beaucoup de vieillards.

Le catarrhe pulmonaire est aigu ou chronique.

Le catarrhe pulmonaire aigu débute presque toujours par le catarrhe du nez, dont le principal symptôme est l’enchifrènement. Du nez il descend dans la gorge, la trachée, les bronches , en vertu de cette loi de l’inflammation, connue par les Italiens sous le nom de diffusion de la phlogose. Arrivé là, le malade ressent, sinon une douleur, du moins une sensation d’âpreté et de sécheresse derrière le sternum. Assez ordinairement alors, il éprouve d’autres douleurs aiguës dans tel ou tel point de la poitrine, ce qui pourrait faire croire à un point de côté, si elles étaient plus circonscrites et ne changeaient souvent de place. La toux revient par quintes, principalement la nuit , et plus particulièrement encore le matin au réveil et après les repas.

Le premier effet physiologique du catarrhe pulmonaire est de sécher les membranes muqueuses des voies aériennes, naturellement humides, commetoutes les autres ; mais cet état ne dure pas. Bientôt au contraire chaque quinte amène dans la bouche une mucosité claire, transparente, glaireuse, plus ou moins visqueuse. Le degré de cette viscosité indique assez bien le degré de l’irritation. Tant que la sécrétion pulmonaire est dans cet état, la toux est sèche; elle devient grasse dès que la matière de l’expectoration commence à s’épaissir et sort facilement sous forme de petites masses opaques, jaunes ou vertes. Ce changement dans la consistance de l’expectoration et dans la qualité de la toux est essentiel à noter : il indique qu’il se fait là un travail essentiel , une élaboration importante , espèce de digestion, qui marque le passage de la crudité à la coction, comme disaient les anciens; et en effet, dès lors les symptômes d’irritation se calment, les tissus se détendent et la maladie marche vers la guérison. A ces signes la médecine moderne en ajoute quelques autres, qu'elle regarde comme plus fidèles et plus sûrs. Ils se déduisent des bruits que rend la percussion de la poitrine, et surtout de ceux que l’air fait entendre en pénétrant dans les poumons.

Jusqu'ici nous n’avons guère parlé que des symptômes locaux du catarrhe pulmonaire; mais on pense bien qu’avec l'harmonie qui lie toutes les pièces de notre machine, il est bien difficile qu’un organe aussi essentiel que le poumon souffre sérieusement sans faire partager sa souffrance aux autres organes. La fièvre est donc continue, avec de petits redoublements à l'entrée de la nuit et des sueurs sur le matin ; l'urine, rouge, est peu abondante; la tête est embarrassée, le sommeil inquiet et interrompu, la langue blanche, l'appétit nul, et à tout cela se joint une inquiétude, un malaise indéfinissables. 1 y a souvent un bon et un mauvais jour. L'oppression, dont nous n’avons pas encore parlé, est généralement peu considérable; quelquefois au contraire elle

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est portée si loin que le malade semble près de suffoquer, cé qui a fait admettre une variété sous le nom de catarrhe suffocant.

Généralement assez inégale, la marche du catarrhe présente deux périodes bien distinctes : l’une est la période d’irritation ou de crudité, l’autre est la période de détente ou de coction. Ni l’une ni l’autre ne peuvent se mesurer par le nombre de jours; la première subsiste tant que les cfachats sont clairs, écumeux, filants ; la seconde commence dès que ces mêmes crachats viennent à s’épaissir et se colorent, soit en jaune, soit en vert. Cette distinction, que l’on doit aux Grecs, est de la plus haute importance pour le traitement.

A l'apparition des premiers symptômes du catarrhe pulmonaire, dans cet état pour ainsi re intermédiaire entre la santé et la maladie, il est une méthode hardie par laquelle on déjoue en quelque sorte le plan de Ja nature et l’on fait avorter le travail qu’elle préparait. Cette méthode, la médecine la tient du peuple. Persuadé que le catarrhe pulmonaire dépend d’un refroidissement , le peuple a pensé que ce qu’il y avait de mieux à faire était de rappeler la transpiration supprimée. Sa recette consiste à faire coucher le malade dans un lit bien chaud et à lui faire prendre du vin chaud animé avec un peu d’eau-de-vie ou de cannelle. Si la peau s'échauffe , si la sueur coule un peu abondamment, la guérison ne se fait pas attendre. Mais il sera toujours plus prudent et plus sûr d’adopter un régime adoucissant et de laisser marcher la maladie, d’autant qu’elle est rarement dangereuse, Une température douce et bien égale, repos, diète, infusion de fleurs de mauve et de guimauve, pâtes pectorales : tels sont à peu près tous les moyens dont se compose le traitement du catarrhe pulmonaire dans sa plus grande simplicité.

Mais il ne suffit pas de guérir une maladie, il faut s’attacher à la prévenir, réflexion d’autant plus importante que le catarrhe pulmonaire est fort sujet à récidiver. On conseille dans cette vue l’usage du lait d’ânesse , un exercice modéré tous les jours et en plein air, et par-dessus tout de la flanelle sur la peau. Ce tissu étant mauvais conducteur du calorique, son principal avantage est d'isoler le corps qu’il entoure et de lui composer en quelque sorte une atmosphère particulière au milieu de l’atmosphère commune.

Le catarrhe pulmonaire chronique se rencontre surtout chez les vieillards. Cette maladie, qui succède le plus ordinairement à la précédente, est caractérisée par une toux fréquente et grasse, par une expectoration abondante, surtout le matin, de crachats incolores ou transparents, ou opaques et de couleur blanche ou verdâtre : expectoration souvent laborieuse. Ces symptômes sont accompagnés, chez quelques sujets, par un état fébrile avec amaigrissement progressif. Presque toujours subordonné ayx variations atmosphériques, ce catarrhe diminue ou disparait même pendant l'été pour recommencer avec plus ou moins de force au retour de la mauvaise saison; on le voit quelquefois céder d’une manière définitive sous l’influence d’une autre maladie; du reste, il n'offre guère de gravité que dans le cas où il détermine du dépérissement. Son traitement consiste dans l'éloignement de toutes les causes qui peuvent augmenter les accidents, puis dans l’usage de boissons légèrement amères et aromatiques , comme les infusions de véronique, de sauge, d’hysope , de lierre terrestre , de quinquina, de lichen d’Islande , etc. On joint à ces moyens les eaux minérales sulfureuses, l'inspiration de vapeurs stimulantes, les frictions sèches, l'usage de vêtements de laine, les révulsifs sur la peau et sur les organes de la digestion. Parfois il est indispensable de faire changer le malade de climat.

CATASTASE (en grec xaréotacie, qui veut dire proprement constitution). C'était la troisième partie du poëme dramatique chez les anciens, dans laquelle les intrigues nouées dans l'épitase se soutiennent, continuent, augmentent, jusqu’à ce qu’elles se trouvent préparées pour Le

dénoûment, qui doit arriver dans la catastrophe ou à la fin de la pièce. Quelques auteurs confondent la catastase avec l’épitase, ou du moins ne les distinguent qu’en ce que l’une est le commencement et l’autre la suite du nœud ou de l'intrigue.

CATASTROPHE (du grec xaracrpogñ, fait de la préposition xaréet du verbe otpépw, tourner, finir), signifie proprement révolution, renversement, changement heureux , ou funeste et défavorable à celui qui l’éprouve; mais ce mot, dans le plus grand nombre de cas, est pris plutôt en mauvaise part. Il y a des catastrophes dans la vie des individus comme dans celle des peuples et des États; les plus heureux sans doute des uns et des autres seraient ceux qui pourraient se soustraire à ces grandes commotions el vivre d’une vie tranquille et régulière; heureux encore, dans leurs tribulations, ceux qui retirent quelque fruit et quelque expérience pour l'avenir des leçons de la fortune ou du hasard !

En matière de poétique, on donne le nom de catastrophe au changement ou à la révolution qui se fait dans une action dramatique et qui la termine. La catastrophe était Ja quatrième et la dernière partie des tragédies anciennes , où elle succédait à lacatastase, la troisième et dernière pour les auteurs qui n’admettent point celle-ci au nombre des parties constituantes d’une pièce, et qui ne reconnaissent que la protase, l'épitase et la catastrophe, termes auxquels correspondent imparfaitement nos expressions françaises d'exposition,nœudet dénoûment. Au lieu de discuter ici les distinctions un peu subtiles et un peu vagues que tous les dictionnaires de synonymes établissent entre les mots catastrophe et dénoûment , disons seulement que ce dernier nous paraît propre à exprimer simplement la fin, le terme d’une action épique ou dramatique, la partie, en un mot, où l'intrigue se démèle, et que la catastrophe est le dernier événement de cette action, celui qui influe sur son issue favorable ou défavorable, celui qui détermine enfin le dénoûment d’une manière toujours plus ou moins inattendue , quoique cependant nécessaire et sortant du sujet même. , Edme HÉREAU.

CATEAU-CAMBRÉSIS, ville de France, chef-lieu de canton dans le département du Nor d, sur la rive droite de Ja Selle, avec un collége et 9,974 habitants, L'industrie y est très-active ; on y trouve des filatures de laine et de coton, et il s'y fait une fabrication importante de mérinos et de châles, de savon noir et de poterie; il y a des raffineries de sel, des tanneries, de nombreuses brasseries. C’est une station du chemin de fer du Nord.

Le Câleau est nommé chez ks chroniqueurs tantôt Castrum et Castellum Novum, tantôt Caslellum S. Maria, plus souvent Castellum ou Castrum in Camerausio. Deux villages, Perrone et Vendelgies, existaient sur l'emplacement qu'iloccupe aujourd’hui. Vendelgies, déjà désigné dans un diplôme de Charles le Simple, du mois de décembre 911, a laissé pendant longtemps son nom à l’un des faubourgs du Câteau. Quant à Perrone, ce village occupait le terrain baigné par la Selle. Ce fut pour repousser les incursions continuelles auxquelles le pays était exposé de la part des bandits armés de la Thiérache et de la forêt d’Arronaise, qu’au onzième siècle, l'évêque de Cambrai Erhuin éleva en ce lieu une forteresse. L'empereur Othon IIL autorisa cette fondation, et accorda divers priviléges à la ville nouvelle, tels que droit de marché, tonlieu, hôtel de monnaies, justice, etc. En 1020 fut fondée l’abbaye de Saint-André, qui contribua beaucoup à augmenter Pimportance et le lustre de cette petite cité, qui, cédée au comte de Flandre en 1108, rendue dix ans plus tard à l’évêque de Cambrai, fut pillée et brûlée en 1133 par Gérard de Saint-Aubert et reconstruite et agrandie vers 1250,

Dès le treizième siècle les évêques de Cambrai avaient au Câteau une résidence ou un palais, qui fut restauré et

CATASTASE — CATEAU-CAMBRÉSIS

agrandi par Nicolas de Fontaines , mort en 1272. On en voit encore aujourd’hui quelques restes. Le célèbre cardinal Pierre d’Ailly affectionnait beaucoup le séjour du Cäfeau. 11 se trouvait dans cette résidence lorsqu'il repondit par une lettre pleine de dignité aux menaces de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne , qui lui avait fait défense d’accepter l'évêché de Cambrai. Ce fut là encore qu'il se réfugia lorsqu'il sut que dans Cambrai même on avait ourdi une conspiration pour le mettre à mort.

Assiégée et prise en 1449 par les comtes de Dunois, de Ciermont et de Nevers, incendiée presque totalement en 147%, elle fut encore prise par les garnisons deGuines et de Saint-Quentin en 148£. François 1°", durant les guerres avec Charles-Quint, vint deux fois s'établir au Câteau, en 1521 et 1543. Le 2 avril 1555 la ville fut brûlée, pillée et démolie par les Français , qui la punirent ainsi de l’accueil favorable qu’elle avait fait à Charles-Quint. Le 3 avril 1559, après un congrès qui dura trois mois, la paix fut conclue au Câteau , entre le roi de France Henri II et Philippe H, roi d’Espagne ( voyez l’article suivant ).

En 1635, et durant les années suivantes, le Câteau eut de nouveau beaucoup à souffrir par suite de la guerre que la France déclara à lEspagne. Au mois d’octobre 1642, Louis XII fit abattre les remparts du Câteau et démolir tous les édifices , tant publics que particuliers. La ville, ainsi rasée, demeura déserte jusqu’en 1644, époque où l'on permit enfin aux anciens habitants de venir, moyennant contribution, s’y fixer au milieu des ruines. Après la levée du siége de Cambrai, en juillet 1649, l’armée française séjourna pendant un mois au Câteau, qui reçut alors la visite du cardinal Mazarin. Quand les armes de Louis XIV eurent, en 1677, réuni Cam brai à la France, le Câteau eut la même destinée, quoiqu'il prétendit toujours ne reconnaître d’autre souverain immédiat que l'archevêque. Fénelon montra une bienveillance particulière pour les habitants du Câteau. Ce fut grâce au respect qu’inspirait ce prélat illustre que le pays fut épargné par les armées alliées. Le Câteau fut pris par les Autrichiens au mois d'octobre 1793, et l'empereur François II y tint son quartier général jusqu’en mai 1794. Le roi Louis XVIII y passa deux jours lorsqu'il rentra en France, le 24 juin 1815. Sa première proclamation, contre-signée par le duc de Feltre, est datée du Cäteau. En 1838 le Câteau Cambrésis éleva une statue au maréchal Mortier, qui y était né. Edward LEGLAY.

CATEAU-CAMBRÉSIS ( Traités du). Après la bataille de Gravelines, le duc de Guise dut se replier sur les frontières de Picardie pour défendre les frontières du royaume. Philippe II et Henri II se mirent en personne à la tête de leurs armées, et l’on s'attendait à une bataille décisive, lorsque des négociations s'ouvrirent, qui, après six mois de pourparlers, aboutirent à deux traités signés le Jet le 3 avril 1559 au Câteau-Cambrésis. Le premier, entre la France et l'Angleterre, portait que Calais serait rendu aux Anglais au bout de huit années; sinon le roi de France s’engageait à payer cinq cent mille écus. Ce singulier compromis n'avait d’autre but que d’apaiser le mécontentement que la perte de Calais avait excité en Angleterre. Le second, entre la France et l'Espagne, stipulait que les deux rois se rendraient réciproquement toutes les places qu'ils avaient conquises l’un sur l’autre. Henri devait en outre restituer toutes les places qu’il occupait en Toscane; il rendait le Montferrat au duc de Mantoue, et au duc de Savoie tous ses États, excepté Turim, Quiers, Pignerol, Chivas et Villa-Nova, qui devaient rester entre les mains du roi jusqu’à ce qu’on eût réglé définitivement ses droits à la succession de son aïeule, Louise de Savoie. « 11 semble, dit Sismondi, que les négociateurs français ne sentirent pas immédiatement toute l'étendue des concessions qu’ils avaient faites, 11s rendaient quatre places du Luxembourg au roi d'Espagne; ils en recevaient en retour dans la Picardie,

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