‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 475 sur 556 · CATEAU-CAMBRÉSIS — CATÉCHISME · texte numérisé non relu

CATEAU-CAMBRÉSIS — CATÉCHISME

Jls conservaient les conquêtes importantes des trois évêchés et de Calais, et ils renoncçaient à l'Italie, qu'on avait souvent nommée le tombeau des Français. Ce fut seulement lorsqu'on vit revenir les garnisons du Piémont et de la Toscane qu’on fit le compte effrayant de cent quatre-vingtneuf villes fortifiées que la France s’était obligée de rendre par cette paix, et qu’un déchainement universel contre les négociateurs, contre Montmorency et Saint-André en particulier, qui tous deux prisonniers avaient fait payer plus cher leur rançon à la France que celle de François 1°", fit taire l'expression de la joie que la paix devait inspirer après une guerre si longue et si calamiteuse, »

CATÉCHESE, mot formé du grec xarñynoi, qui signifie instruction, et qui se prend, en général, pour toute sorte d’instruction élémentaire, religieuse ou profane. Dans les premiers siècles de l’Église on appelait plus spécialement catéchèse les instructions que l’on donnait de vive voix à ceux qui voulaient embrasser le christianisme. Dans les temps modernes, où l’on s’est partieulièrement occupé de la manière d’instruire la jeunesse, non-seulement dans la religion, mais encore dans d’autres parties des conpaissances humaines, on en a fait une science spéciale, appelée caléchétique, qui a eu beaucoup de succès en Allemagne, et dont l’objet est d'enseigner l’art d’instruire par demandes et par réponses. On nomme catéchète celui qui le possède et qui est chargé de le pratiquer. C’est dans le sens général d’instruire que le mot xwrnyetv se trouve chez Plutarque et dans d’autres écrivains grecs de son temps. Les auteurs du Nouveau Testament et quelques Pères de l'Église s’en servent de même, en le réservant toutefois de préférence pour l’enseignement des vérités religieuses ou pour le récit d'événements qui se rapportent à la religion.

CATÉCHISME (du grec xarnyñots, enseignement, instruction ). C’est l'instruction que l’on donne aux enfants pour les initier aux préceptes de la religion chrétienne et les préparer à la première communion. On appelle aussi catéchisme le livre qui contient la doctrine qu’on leur enseigne, et qui renferme des leçons élémentaires sur la foi et sur la morale chrétienne. On donne le nom de catéchiste à celui qui est chargé de faire ces instructions, Quelque simples et communes que nous paraissent au- ‘ourd'hui les fonctions de catéchiste, l’histoire nous apprend que le grand Origène ne les dédaigna point, et qu’il accepta religieusement cette mission, qui lui fut confiée par Démétrius, évêque d’Alexandrie. IL n’est encore aucun pasteur dans l'Église catholique qui ne soit attentif à l'instruction des enfants , pour les disposer au sacrement de la pénitence et de leucharistie. C’est même une des principales obligations de leur ministère, imposée par le précepte de Jésus-Christ, qui leur ordonne de conduire les enfants jusqu’à lui. Il y a aussi la congrégation des frères et des sœurs des écoles chrétiennes qui se destinent, par état, à Pinstruction gratuite des enfants des pauvres, et qui se proposent principalement de leur enseigner le catéchisme, en même temps qu’ils leur donnent les principes de la lecture, de l'écriture et du calcul. Au reste, l'usage des catéchèses ou catéchismes a toujours été pratiqué dans le christianisme par les évêques, par les prêtres ou par les chrétiens fervents et instruits, que les évêques ou les prètres chargeaient de ce soin.

Quant aux livres élémentaires qui renferment sa doctrine, et qu'on appelle catéchismes, il n'appartient qu'aux évéques, qui sont les pères et les docteurs de la foi, de les proposer et de les approuver dans leurs diocèses. Chaque diocèse a le sien, et, malgré la diversité de rédaction et de forme, il y a un accord parfait de doctrine dans tous ceux de l'Église catholique, unité que l’on ne trouve point dans les catéchismes protestants, parce que leurs diverses sectes ne se sont jamais accordées. C’est le catéchisme du concile de Trente, confirmé par Pie V, qui a servi de type à tous

ceux que les évêques catholiques ont adoptés; et parmi les meilleurs que nous ayons , il faut compter celui de Bossuet, avec lequel on avait fait le catéchisme général de l'empire. Aujourd’hui chaque diocèse est revenu à son ancien usage. On a cité comme une des meilleures rédactions en ce genre le catéchisme du diocèse de Rodez, publié par les ordres du savant M. de Saléon. M. Affre avait refait le catéchisme de Paris ; mais comme on le trouvait trop savant, son successeur en à fait faire un nouveau. Nécrier.

Lors de la réforme protestante au seizième siècle, les nombreuses et puissantes sectes qui se formèrent après de vives et sanglantes luttes sentirent le besoin d’arborer nettement leur bannière et d’opposer à l’ancien dogmatisme de l'Église de Rome un nouveau dogmatisme non moins absolu. Les sectes luthériennes, calvinistes, sociniennes et anglicanes, présentèrent donc leur symbole en forme de corifession de. foi, qui fut toujours suivie d’un caltéchisme, ou instruction concise et claire, destinée à la jeunesse. Les luthériens rédigèrent les catéchismes de Heidelberg, distingués en minor et major. Ce dernier renferme une exposition plus complète et plus savante de la foi luthérienne, tandis que le catéchisme mineur, disposé par demandes et réponses, devait servir de guide à l'instruction du père de famille, comme le dit Martin Luther, Quomodo pater familias ea suæ familiæ simplicissimè tradere debeat. L'Église anglicane promulgua ses articles, accompagnés d’un catéchisme, sous le roi Édouard VI. Calvin, chef de la réforme française, helvétique et hollandaise, composa, à l'exemple de Luther, le catéchisme de sa doctrine ou Le formulaire d’instruire les enfants en la chrétienté, faict en manière de dialogue , où le ministre interroque, et l'enfant respond. C'est ce catéchisme de Calvin que l’on trouve imprimé à la suite du livre des Psaumes, dans les plus anciennes éditions qui parurent en France après le premier édit de tolérance, avec lettres de privilége de Charles IX, données à Saint-Germain-en-Laye , le 19 octobre 1561. Enfin les Églises sociniennes, persécutées dans toute l’Europe, et par Rome et par toutes les sectes réformées , s'étant retirées en Pologne, publièrent le catéchisme de Racovie, dont la première ébauche, due à Fauste Socin, de Sienne, remonte à l’an 1574 ; mais le grand catéchisme racovien, offrant un symbole complet de la foi des Églises sociniennes polonaises (Stauropolis [Amsterdam], 1609), est un ouvrage d’érudition et de haute critique, quoiqu’on y ait conservé la forme d'interrogation.

On voit donc qu’en général chaque secte protestante eut son catéchisme, L'Église réformée de France, calviniste d'affection, d’origine et de discipline, enseigna pendant trèslongtemps le catéchisme de Calvin, qui pour le fond renferme une exposition fort concise et fort logique de la foi orthodoxe de Nicée, des dogmes augustiniens sur Ja grâce et la prédestination, et des points divers qui entraînèrent la séparation d’avec l’Église de Rome. On voit les synodes veiller sur les principes de ce formulaire, sinon sur son texte, avec un soin scrupuleux. Cependant, dès l’année 1583 le synode national de Vitré laissait entrevoir que ce catéchisme étaittrop étendu. D’un autre côté, le calvinisme rigide et sombre qui y est exposé ne tar pas à soulever les esprits. On en trouve un exemple curieux dans le passage où Calvin, exagérant au delà de toutes les bornes raisonnables le dogme orthodoxe de Za satisfaction expiatoire que Jésus- Christ a faite pour les péchés du monde, va jusqu’à dire que le Sauveur a souffert {a damnation pour nous. Le synode de La Rochelle de 1607 jugea très-sainement en décidant que ce mot serait modifié et expliqué. Le catéchisme à Pusage des protestants français a suivi fidèlement le progrès dæs lumières critiques et (théologiques. Dans le cours du dixhutieme siècle, une foule de monuments de ces temps de persécution démontrent qu’on se servait alors généralement du catéchisme de Jean-Frédéric Osterwald, pasteur à

Neufchâtel, qui mourut en 1747. Ce livre est clair et concis, et on y remarque déjà un adoucissement considérable des formes scolastiques de Calvin. Plus tard, les pasteurs de Genève publièrent divers catéchismes, où le côté rationnel et moral de la doctrine domine évidemment le côté orthodoxe dogmatique. Les luthériens français ont considérablement modifié les formulaires de Heidelberg. M. Boissard, l'un des pasteurs de la confession d’Augsbourg. à Paris, a donné un travail catéchétique lumineux et très-estimé; et M. Athanase Coquerel, pasteur de l’Église réformée de Paris, a fait paraître un ca/échisme, résumé de ses instructions pastorales, où l’on chercherait en vain les mots, inconnus à l'Évangile, de frinilé et de péché originel, et quinous paraît le livre le plus évangélique et le plus philosophique à la fois que l’Église réformée de France possède sur celte importante et difficile matière. Charles CoQuEREL.

CATECHUMENE ( en grec xarnyobpevos ). C’est le nom par lequel on désignait dans la primitive Église celui que l’on instruisait dans la religion chrétienne pour le disposer à recevoir le baptême. Le caféchuménat était le temps pendant lequel on l'instruisait et l’éprouvait, car on ne se bornait pas à l’instruire, mais de plus on observait ses progrès dans la pratique des vertus chrétiennes, et on ne lui conférait le sacrement du baptême qu'après lui avoir reconnu des mœurs pures et une instruction forte et solide. La durée de cette épreuve était ordinairement de deux ans, mais on la rendait plus ou moins longue suivant le degré d'instruction et le progrès des catéchumènes, quelquefois aussi suivant le besoin et les circonstances, car en danger de mort on baptisait toujours le catéchumène qui avait le vrai désir de devenir parfait chrétien. Les catéchumènes avaient un lieu séparé dans l’église. Ils n’assistaient pas à la célébration des saints mystères : on ne les admettait qu’à cette partie de la messe qui consiste principalement dans la lecture des saints Évangiles, l’homélie, le prône qui la suivait, et la récitation du symbole de la foi, après laquelle le diacre les renvoyait par ces mots : Z{e, missa est. On distinguait des catéchumènes de plusieurs degrés, à mesure qu’ils étaient plus ou moins avancés dans la connaissance de la doctrine et dans la pratique des vertus. Les uns n’étaient qu'audileurs, commençants, ou moins parfaits (àtehéotepor) : c'était le premier degré : les autres étaient appelés aspirants ou élus, plus avancés , plus parfaits ( relewwrepor); c'étaient ceux qui étaient en état de recevoir le baptême et que l’on destinait à le recevoir prochainement. Il est digne de remarque que l’on ne recevait les catéchumènes dans les catéchèses qu'avec un certain cérémonial. Ainsi, d’abord, on leur imposait les mains et l'on faisait sur eux des signes de croix; on les exorcisait, on leur souffait au visage, on leur appliquait de la salive au nez et aux oreilles, on leur mettait du sel dans la bouche, et on leur faisait des onctions sur la poitrine et sur les épaules, Ces cérémonies se pratiquent encore sur l’enfant dans l’administration du baptême. NÉGRIER.

Le mot catéchumène, terme de discipline religieuse indiquant l’état des personnes qui reçoivent l'instruction présaratoire à la communion évangélique, était employé dans x grec hellénique dans le sens d’un commencement d’initiation aux mystères. On trouve dans Porphyre le terme xachynouxs pour science élémentaire, et dans Denis l’Aréopagite celui de xarñynros pour initiés aux éléments des choses saintes. En ces derniers sens ce mot était inconnu aux écrivains apostoliques, et il est probable que ces idées de divers degrés d'initiation à la doctrine évangélique, qui n'eut jamais de rits secrets, naquirent au sein de la philosophie alexandrinique, qui plus d’une fois imposa ses formes et même ses subtilités au dogme chrétien. De fà cette distinetion, qu’on trouve jusque dans les écrits d'Origène, entre l'état des catéchumènes non baptisés et celui des chrétiens admis dans l’église; de là la missa catechumenorum. Ces

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