CATEGORIE — CATEL
gation, Limitation, — Substantialité, Causalité, Communaulé,— Possibilité, Existence, Nécessité. — Cette table, trop systématique pour être vraie, et excluant, sans raison, les catégories du temps et de l’espace, du bien et du beau, a subi en Allemagne de nombreuses modifications. Cent fois on a changé le nombre , l'ordre ou les noms des catégories dont elle se compose. En France et en Angleterre les philosophes s'occupent peu des catégories d’Aristote; mais avec le philosophe allemand ils ont recherché si parmi les idées que nous nous formons des choses, il en est que lobservation ne donne pas, et que nous concevons en vertu de nécessités naturelles de notre intelligence. Du reste, ils n’ont pas eu la prétention d’arrêter définitivement la liste de ces catégories, convaincus que celte liste, toujours quelque peu arbitraire, n'aurait pas, au fond, grande importance.
Ceux qui veulent avoir des notions plus étendues sur les propres catégories d’Aristote doivent consulter les écrits de Porphyre, de Diogène Laerce, de Gassendi et du P. Rapin, ainsi que la Logique et la Rhélorique d’Aristote lui-même. Nous ferons remarquer toutefois qu’il n’est pas vrai de dire que l’arrangement des idées soit une chose purement arbitraire : on doit les ranger dans un ordre naturel, et l’ordre le plus naturel est celui qui est à la fois le plus conforme à la nature dés choses et le plus propre à nous en faire acquérir aisément une connaissance claire et certaine. Il est aussi nécessaire de ranger nos idées que les propositions d’un traité de géométrie, ou les familles, les genres et les espèces en histoire naturelle; et puisque Ja connaissance des sciences et des arts n’est autre chose qu’un amas de propositions sur un certain sujet, il est visible qu’on les apprend bien mieux quand les idées sont rangées dans un certain ordre que lorsqu'elles se présentent confusément à l'esprit.
Après les catégories d’idées et de choses, nous devons parler des catégories humaines. Il est bien prouvé, par exemple, que les hommes, qui sont tous de même nature aux yeux de Dieu, et que dans la croyance catholique il divisera seulement, au jour du jugement dernier, en deux catégories, les bons et les méchants, doivent être répartis en une infinité d’autres, d’après nos mœurs, notre arnour du privilége et les idées, plus ou moins étroites, plus ou moins injustes et arbitraires de nos législateurs.
Nous avons eu aussi sous la Restauration des catégories militaires et politiques, réglées par l'ordonnance du 25 juillet 1815, qui instituait des conseils de guerre pour ceux qui avaient aidé l’empereur à reprendre le pouvoir dans les Cent Jours, et conservées par la loi du 12 janvier 1816, qui accordait , sauf Les exceptions y contenues, une amnistie pleine et entière à tous ceux qui, directement ou indirectement , avaient pris part à la rébellion et à l'usurpation de Napoléon Bonaparte. Or deux classes ou catégories de personnes étaient exceptées de l'amnistie, ou, ce qui revenait au même, devaient subir l'exil. La première de ces catégories comprenait les personnages marquants qui avaient facilité le débarquement de l’empereur et son retour à Paris. Dans la deuxième la chambre des députés rangeait les membres de la Convention nationale qui ayant voté la mort de Louis XVI avaient signé en 1815 l'acte additionnel aux constitutions de l’empire et prêté serment à Napoléon après sa réinstallation sur le trône. Ces deux catégories furent proposées avec beaucoup d’ardeur et adoptées promptement par les deux chambres. Dans la suite, plusieurs proscrits obtinrent leur radiation de cette double liste ; mais la plupart demeurèrent en exil, et plusieurs hommes célèbres ne revirent plus leur patrie. Ce ne fut qu’à la révolution de 1830 que les effets des catégories de la loi d’amnistie furent entièrement détruits quant aux proscrits existant encore.
A l’intérieur, du reste, aux catégories militaires et politiques étaient venues s’adjoindre depuis longtemps, renouvelées des mauvais jours de la Terreur, les catégories de suspects, dans lesquelles étaient compris tous ceux qui
avaient servi l'empire avec plus ou moins de zèle et de dévouement, tous ceux qui ne se montraient pas disposés à répudier sans pudeur leurs sentiments et leurs convictions, pour en épouser de diamétralement opposés, et que l'on proposait par conséquent d’éloigner de toute charge, de tout emploipublic; l’auteur de cette proposition, M. de Labourdonnaye, en garda le vom de l'homme aux catégories.
L'exemple de la Chambre in{rouvable fut malheureusement imité par quelques souverains absolus. On connaît la loi par laquelle le roi d'Espagne, Ferdinand VII, exceptait du bénéfice de son amnistie tant de catégories de personnes, que cette amnistie ne signifiait plus rien. En général, les catégories d'exception aux lois d’amnistie sont une mauvaise mesure politique. Ce sont principalement les hommes distingués du parti vaincu que le vainqueur doit gracier s’il veut que sa clémence paraisse sincère et soït un acheminement à une réconciliation générale.
Du mot catégorie ont été faits l'adjectif ou le qualificatif calégorique et l'adverbe catégoriquement. En logique, un terme catégorique est celui qui signifie seul et sans adjoint, c’est-à-dire qui a un sens par lui-même, comme Aomme , pierre, cheval, ete. Kant appelle forme catégorique celle d’un raisonnement composé de jugements dans lesquels l’attribut est considéré comme résidant dans le sujet, et impératif catégorique, le motif désintéressé de nos actions, lequel est fourni à la raison pratique par la raison pure. Par une application de la logique aux choses du langage, qu’elle doit toujours régler, le mot catégorique est considéré généralement comme synonyme de précis, clair, sans équivoque : une réponse catégoriqueest donc une réponse claire, pertinente et précise, faite à une demande ou à une objection. On appelait aussi jadis, en terme de palais, une audition catégorique une question claire, précise et directe. Le défendeur devait répondre catégoriquement, par oui ou par non, sur les faits qui lui étaient notifiés. Edme HÉREAU.
CATEL, CATEUX. Dans les coutumes d’Artois et de Flandre on appelait ainsi les choses qui, bien qu’immeubles de leur nature, étaient réputées meubles par leur destination, L'héritier des meubles était seul appelé à recueillir les cateux ; toutefois l'héritier du fonds avait le droit de les conserver en en payant la valeur intrinsèque. Il existait également un droit de meilleur catel, appartenant aux seigneurs, qui consistait à prélever sur la succession des v assaux le meuble le plus précieux, tel que le cheval, lelït, la vaisselle d'argent. On prétend même qu’à une époque très-éloignée , si le serf mourait sans laisser de meubles, on lui coupait la main droite, qu’on offrait au seigneur; mais ce sont là de ces traditions dont il faut savoir se défier.
CATEL (CnarLes-Simon), musicien français, né à L’Aigle, au mois de juin 1773, vint fort jeune à Paris, et se livra de très-bonne heure à son goût passionné pour la musique. Recommandé à Sacchini, ce maître le fit entrer à l'École royale de Chant et de Déclamation, fondée en 1784, par M. de la Ferté, intendant des Menus Plaisirs. 11 y étudia le piano sous la direction de Gobert ; et Gossec, qui le prit en affection, lui donna des leçons d'harmonie et de composition. Il devint habile en peu de temps, et dès 1787 on lui donna les emplois d’accompagnateur et de professeur adjoint à la même école. En 1790 l'administration de l'Opéra le nomma accompagnateur de ce théâtre, place qu’il con. serva jusqu’en 1802. Ce fut en 1790 que le Conservatoire de Musique, formé par les soins de M. Sarrette, admit Catel comme professeur adjoint de son maitre Gossec. Catel écrivit alors un grand nombre de morceaux de musique militaire, qui furent adoptés par tous les régiments pendant les guerres de la révolution. Un De profundis à grand orchestre signale, en 1792, le talent de Catel. Il compose ensuite des hymnes et des symphonies pour les fêtes publiques : les instruments à vent figuraient seuls dans ces ouvrages. Lorsque le Conservatoire fut organisé d’une manière
régulière et définitive, Catel y professa l'harmonie, et rédigea un traité spécial de cette science. Ce traité d'harmonie a été le seul guide des professeurs pendant vingt ans; le Conservatoire l’adopta pour l’enseignement des élèves. En 1810 il devint inspecteur du Conservatoire conjointement avec Méhul, Cherubini, Gossec. Il prit sa retraite en 1814. En 1815 il fut nommé membre de l’Institut, et reçut la croix de la Légion d'Honneur en 1824.
Catel occupe une place honorable parmi les compositeurs dramatiques de notre nation : son style est d’une grande clarté et d’une pureté remarquable; mais la mélodie y brille trop rarement, et cette stérilité porte l’auteur à répéter ses phrases plus qu’il ne le faudrait. Le finale de L'Auberge de Bagnères , l'ouverture de Sémiramis, le pas africain du même opéra, sont de belles compositions sous tous les rapports. Catel a fait représenter à l'Opéra Sémiramis, Zirphile et Fleur de Myrte, Alexandre chez Apelles, ballet; et sur le théâtre de l’Opéra-Comique, L'Auberge de Bagnères, Les Aubergistes de qualité, Les Artistes par occasion, où l’on remarque un beau trio, Wallace, son meilleur opéra, dont le mérite n’a point été apprécié, et deux autres opéras en un acte, Le Premier en date, L'Officier enlevé.
A son talent de musicien Catel joignait un esprit juste et plein de finesse, une probité sévère et toutes les qualités de l’âme la plus pure. Une maladie inflammatoire vint l’enlever à ses nombreux amis, le 29 novembre 1830, à l’âge de cinquante-huit ans. CasriL-BLAZE.
CATHARES. C’est le nom sous lequel on a successivement désigné depuis le onzième siècle différentes sectes gnostiques et hostiles à l'Église, qui surgirent d’abord en Lombardie, puis en France et dans l’ouest de l’Allemagne. On les nommait tantôt boulgares, peut-être parce que sur quelques points leurs doctrines étaient celles des pauliciens boulgares, tantôt patarins ou pataréniens, tantôt publicuins ou popelitains, et dans les Pays-Bas piphles. Maïs la dénomination la plus généralement employée était celle de cathares ( du grec x40ap6s ), c'est-à-dire purs; épithète qu’ils prenaient eux-mêmes, en opposition à l'Église dominante. C’est de ce mot, traduit en idiome lombard par celui de garzari, que les allemands ont fait leur mot kelzer, hérétique. D’ailleurs cette secte, qui se subdivisa en de nombreux rameaux, ne différait pas absolument sur tous les points des doctrines enseignées par l’Église. Beaucoup de cathares partageaient les opinions des manichéens; d’autres s’en tenaient à celles des anciens gnostiques, quelques-uns même tout simplement à celles des montanistes. Théoriquement tous s’accordaient à insister sur la nécessité de spiritualiser les dogmes de l’histoire évangélique, et en ce qui touche le côté pratique, à rejeter tout rite extérieur, la discipline et le mariage. Leur organisation sociale était en partie calquée sur celle du catholicisme ; du moins il est fait mention d’un certain nombre de papes ca- {hares. A cette secte appartinrent Pierre de Bruys, Henri, audes, Tanchelm et Arnauld de Brescia au douzième siècle, d'où les surnoms de pétrobrusiens, henriciens et arnoldistes, mais surtout les Albigeois, auxquels le clergé fit au treizième siècle une guerre d’exterminalion.
CATHARTE , genre d'oiseaux de l’ordre des rapaces, famille des vautours, ayant pour caractères : Bec grêle, droit jusqu’au delà du milieu et renflé à l'extrémité, courbé seulement vers la pointe; narines ovales et longitudinales, percées de part en part; tête et une partie du cou seulement dénuées de plumes; tarses nus, faibles et réticulés ; ongles courts, obtus; troisième rémige la plus longue, douze rectrices, On n’en connaît que deux espèces bien constatées, Purubu et l'aura.
L'urubu (vullur jota, Ch. Bon., vultur atratus, Wil. ) est de la taille d’un petit dindon. Son plumage est d'un noir brillant, et toutes les parties nues de la tête et du cou sont couvertes d’un duvet court et noir, et sillonnées de