CATHERINE — CATHERINE DE MÉDICIS
crainte que les principes français accueillis en Pologne ne prissent à dos les puissances belligérantes fit abandonner la Pologne par la Prusse. Le dernier partage s’accomplit; Stanislas Poniatowski alla mourir à Saint-Pétersbourg (sous Paul 1°"), et Kozciusko dut s’écrier en tombant à Maciejovice : finis Poloniæ !
Catherine IL aurait pu être à cette époque l’arbitre entre l'Europe et la révolution française. Au lieu de cela, elle accueillit l’émigration, dont, au reste, ‘elle sentit bientôt l'impuissance, et, se tenant hors de l’Europe, car elle ne fit que prêter quelques vaisseaux aux Anglais, elle voulut faire son profit de ce grand mouvement en volant quelques provinces. C'était un point de vue étroit, qui couronna mal sa politique. Au commencement de son règne, pour essayer de l'opinion publique, et faire sentir sa puis sance en Pologne, elle avait envoyé régner en Courlande ce Biren, ancien amant dé l’impératrice Anne, qu’on avait vu domestique dans ce même duché. Elle-préludait par-là à l'élévation de Poniatowski. A la fin de son règne, par un caprice impérial , elle enleva la Courlande au fils de Biren, et la réunit à son empire. Enfin elle commençait une guerre en Perse, et renouvelait ses projets contre Constantinople, lorsqu'elle mourut, d’une attaque d’apoplexie, le 9 nov. 1796;
Si l’on considère le rôle que Catherine II joua en Europe, les guerres qu’elle soutint, et la fermeté de son administration, son nom paraît entouré d'éclat ; il en est autrement lorsqu'on jetteles yeux sur sa cour, abandonnée, sans retenue, aux plaisirs sensuels; d’indignes favoris coûtèrent des sommes énormes à la Russie. On pourrait comparer Catherine à Louis XIV : tous deux épuisèrent leur empire par des guerres glorieuses ; tous deux affichèrent leurs faiblesses et les parèrent de l’éclat des fêtes. Catherine II eut dans Orlof sa M"° de Montespan, et dans Potemkin sa M°° de Maintenon ; car, si l’on en croit les mémoires du temps, elle lui donna secrètement sa main. Lorsque Catherine IIvoyagea en Crimée avec Joseph IX, le favori Momonof était toujours dans la voiture, où l’on admettait seulement l’un après l’autre l'ambassadeur de France et celui d'Angleterre. Des intrigues ténébreuses agitèrent cette cour : Alexis Orlof alla enlever en Italie la jeune Tarrokanof, issue du mariage secret qu'avait contracté l’impératrice Élisabeth avec le grandveneur Razoumovski. On sait qu'il feignit de vouloir sa main, et qu’il l’entraîna sur un de ses vaisseaux, sans que depuis on ait su ce qu'elle était devenue. Cette cour, si éclatante par ses fêtes, avait aussi ses douleurs : Panin périt du chagrin que lui causait l'élévation de Potemkin; Grégoire Orlof mourut fou; Alexis Orlof, complice de son frère, lorsque Paul fit exhumer Pierre II, dut, comme le plus ancien des lieutenants généraux, passer une nuit auprès de son corps. Catherine IL administra habilement à l'intérieur ; elle fit accomplir graduellement des améliorations ; elle avait cette décision dans le caractère qui fait qu’on vous respecte. Elle conserva à la Russie le rang que le ezar Pierre lui avait donné en Europe; mais elle ne fit rien de plus.
Ernest DESCLOZEAUX.
CATHERINE (Canal de), l’une des voies de communication par eau les plus importantes de la Russie. Au moyen de la Dwina, de la Wytschegda et du Keltma septentrional; au moyen aussi du Dschouritsch, du Keltma méridional, du Kama et du Volga, ce canal relie la mer Glaciale du nord et la mer Blanche à la mer Caspienne. Il se développe le long des limites des gouvernements de Wologda et de Perm. Commencé du vivant de Catherine °°, il resta longtemps interrompu, et ne fut achevé qu'en 1820.
CATHERINE DE MÉDICIS, reine et régente de France, fille de Laurent de Médicis, duc d'Urbin, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, comtesse de Boulogne, naquit à Florence, le 15 avril 1519. Son enfance fut environnée de dangers : les efforts tentés par son père pour rétablir la souveraineté de sa famille à Florence amenèrent