‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 485 sur 556 · CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

CATHOLIQUE

l'église appliquée à tous les temps, à tous les lieux et à toutes sortes de personnes. La catholicité de l’église se tire, selon les théologiens, de quatre chefs principaux : 1° de l’universalité des lieux dans lesquels l’église est répandue; 2° de l’universalité des temps dans lesquels elle a subsisté , et de ceux où elle subsistera; 3° de l’universalité de la doctrine qu’elle a enseignée sans mélange et sans altération ; 4° enfin, de l’universalité des personnes de tout sexe, de tout âge, de toute condition, qui sont entrées dans son sein. On a prouvé contre les protestants que l’église romaine avait toujours eu ces quatre marques. Cependant, lorsqu'on parle de sa catholicité ou de son universalité en tous lieux et à toutes sortes de personnes, on convient que ce terme ne doit point s'entendre d’uneuniversalité physique et absolue, mais d’une universalité morale et relative, en sorte que la société des catholiques romains a toujours contenu et contient encore infiniment plus de personnes, et s'étend en beaucoup plus de lieux qu'aucune des sectes qui se sont séparées d'elle.

Au propre, le mot catholicité est la qualité de ce qui est catholique. On fait quelquefois l'application de ces deux mots aux choses même étrangères au culte et à la foi, en les prenant comme synonymes de vrai; mais c’est là un de ces abus de la métaphore qui tendent à dénaturer et à affaiblir une langue. Le premier s'emploie quelquefois aussi, au moins sans inconvenance, mais peut-être sans nécessité, dans le sens de catholicisme. C’est ainsi que dans sa Vie de Louis XIII, le père d'Orléans dit que ce prince rétablit la catholicité dans le Béarn. Edme HÉREAU.

CATHOLICON. On nommait ainsi autrefois un élecfuaire purgatif, ainsi appelé, suivant Caseneuve, parce qu'il est bon pour toutes sortes de maladies, ou, en d’autres termes, parce qu'il était destiné à purger toutes les humeurs. Le catholicon double secomposait principalement de casse, de tamarin, de rhubarbe et de séné.

Par comparaison , on a appliqué ce nom à la première partie de la Satire Ménippée, publiée en 1593, sous le voile d’un pseudonyme, par l’abbé Leroy, chanoine de Rouen et ancien aumônier du cardinal de Bourbon, avec ce titre : Vertu du catholicon d’Espagne, allusion à Philippe I, principal moteur de la ligue. Dans ce pamphlet, dont l’historien de Thou fait le plus grand éloge, un chariatan espagnol distribue et prône sur les places de Paris sa drogue, qu’il décore du nom de higuera d’infierno ou catholicon composé. On a aussi appelé cafholicon d’Espagne une estampe de l’époque, représentant l’armée de la ligue, composée de soldats, bourgeois, prêtres, moines, gens d'église de toute espèce, la cuirasse sur le dos, le casque en tête, avec le froc, et bizarrement armés de toutes sortes d'armes.

CATHOLICOS. C’est le titre que prennent les patriarches d’Orient et celui des nestoriens. Il y a aussi un catholicos dans les provinces russes du Caucase.

CATHOLIQUE, proprement universel, général, qualification donnée au chrétien qui reconnaît le pape pour chef spirituel, et à toutes les choses qui dépendent de la catholicité, tels que l’église catholique, la foi catholique, les pays catholiques, les croyances catholiques, etc.

On attribue à l’église le nom de catholique (ecclesia catholica) pour marquer non-seulement qu’elle est répandue par toute la terre et chez toutes les nations , mais pour exprimer qu’elle fait profession de croire et d’enseigner partout la même doctrine, de prendre pour règle de sa foi l’yniversalité de croyance qui est suivie dans toutes les sociétés particulières dont elle est composée (voyez Carmouicisue). Quelques auteurs ont prétendu que Théodose le Grand avait le premier introduit ce terme dans l’église, ordonnant par un édit qu’on attribuât, par prééminence, le titre de catholiques aux églises qui adhéreraient au concile de Nicée. Vossius pense que ce mot n’a été ajouté au symbole que dans le troisième sièele ; mais l’une et l’autre préten-

tion est insoutenable : car, dans la lettre des fidèles de Smyrne rapportée par Eusèbe, il est fait mention de l’église catholique et des prières que fit saint Polycarpe pour toute l'église catholique ; et Valois, dans ses notes sur l’Hisloire ecclésiastique d'Eusèbe, remarque que le nom de catholique a été donné à l’église dès les temps les plus voisins des apôtres, pour la distinguer des sociétés hérétiques qui s’étaient séparées d’elle. Avant même saint Polycarpe, saint Ignace avait dit dans son épître à ceux de Smyrne : Ubi fuerit Jesus-Christus, ibi est ecclesia catholica. Théodose a pu désigner avec raison les églises attachées à la foi de Nicée par le nom de catholiques, sans avoir été l’inventeur de ce titre, déjà usité près de deux cents ans avant lui. Saint Cyrille et saint Augustin observent que les hérétiques et les schismatiques même donnaient ce nom à la véritable église, dont ils s'étaient séparés ; et les orthodoxes ne la distinguaient que par le nom de catholique tout seul, catholica.

Anciennement, si l’on en croit Eusèbe, Théodoret et l’histoire byzantine, on a donné, en Grèce et à Rome, le nom de catholiques à des magistrats ou officiers chargés de lever les tributs dans les provinces. On les appelait en Afrique catholici fisci procuratori et leurs subordonnés se nommaient catholiciens ( catholiciani). Les patriarches ou primats d'Orient ont encore pris le titre de catholiques (voyez Carnouicos), titre qui revenait à celui d'œcuménique, qu’avaient pris les patriarches de Constantinople.

Il y a eu autrefois en France, sous les noms de nouveaux catholiques et nouvelles catholiques, des maisons ou communautés destinées à recevoir, instruire et convertir les hérétiques de l’un et de l’autre sexe, que l’on appelait dès lors nouveaux convertis. Quelques-unes de ces communautés furent connues aussi sous le nom de Propagation de la foi. Un ordre religieux , formé d’hérétiques vaudois ainsi convertis, qui avait pris, en 1207, celui de pauvres catholiques, se réunit, en 1256, à l’ordre des ermites de Saint- Augustin.

Enfin , le mot catholique, détourné de son acception la plus générale et ramené à son étymologie, a été appliqué dans les sciences comme synonyme d’universel : c’est ainsi qu’on a appelé autrefois remèdes catholiques ceux que l'on croyait convenir à toutes les maladies (voyez CATHOLICON) ; humeurs catholiques, les fluides répandus dans tout le corps; fourneau catholique, un fourneau qui servait à faire toutes les opérations usitées en chimie, etc., etc.

Edme HÉREAU.

CATHOLIQUE (Majesté), titre que prennent les souverains d'Espagne. Un auteur prétend que Récarède, après avoir détruit l’arianisme dans son royaume, reçut ce titre, qui se trouve mentionné dans les actes du concile de Tolède tenu en 589. Vascé en fixe l’origine à Alphonse, en 738 ; et les bollandistes prétendent qu’Alexandre VI, en le donnant à Ferdinand et à Isabelle, ne fit’ que renouveler une prérogative acquise aux anciens rois visigoths d’Espagne. Toutefois l'opinion commune est que les souverains de ce pays n’ont commencé à le porter que sur la fin du

. quinzième siècle, après l'entière expulsion des Maures par Ferdinand et Isabelle,

Froissart rapporte que des ecclésiastiques donnèrent le inème titre à Philippe de Valois, parce qu'il s'était adjugé les droits de l'Église.

CATHOLIQUE (Association), en Irlande. Voyez As- SOCIATION CATHOLIQUE.

CATHOLIQUE FRANÇAISE (| Église).

Cuyrez (L'abbé).

CATHOLIQUES (Épitres). On donne ce nom, sur l'origine et la signification duquel les opinions varient extrémemnent, aux épitres contenues dans le Nouveau Testament, et dont saint Jacques, saint Pierre, saint Jude et saint Jean passent pour être les auteurs, Suivant les uns, ca-

Voyez

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