‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 488 sur 556 · CATILINAIRES — CATINAT · texte numérisé non relu

CATILINAIRES — CATINAT

reçoit le métal fondu qui coule de celui-ci, dans lequei tombent les scories. Ces catins sont garnis en dedans d’une sorte de mortier composé de terre à four et le charbon en poudre qu’on a délayés ensembie avec de l'eau.

CATINAT »E La FAUCONNERIE (Nicoras DE), maréchal de France , né à Paris, en 1637, était fils d’un président au parlement de Paris, et le onzième de seize enfants. Destiné d’abord au barreau, il fit ses études juridiques avec succès, et tout jeune encore fut reçu avocat, Mais il prit le culte de Thémis en dégoût, une fois qu’il eut perdu sa première cause. Il ne s’en était chargé que parce que le bon droit lui avait paru être du côté de son client ; il comprit tout ce qu’il y avait d’aléatoire dans les meilleurs procès, et que trop souvent les juges se laissent influencer par les plus viles intrigues. 11 renonça donc à une carrière déjà toute faite, et, à l'exemple de ses deux frères aînés, il embrassa la profession des armes. D'abord cornette dans un régiment de cavalerie, il eut avec l’un de ses chefs des désagréments, à propos de menus détails de service, et fut cassé. Rétabli bientôt dans son grade par le crédit de son père, ille perdit de nouveau à la suite d’une réforme administrative. Il ne rentra dans l’armée qu’à l’âge de vingt-sept ans, et fut nommé alors aide de camp du roi. Un an plus tard, il obtint une lieutenance de chevau-légers. En 1667 il se distingua au siége de Lille, et depuis lors ce fut par autant d'actions d'éclat qu’il obtint chacun des grades par lesquels il passa pour être enfin compris dans une promotion de lieutenants généraux, en 1689. C’est à partir de ce moment que, chargé de commandements importants, on put pleinement apprécier sa capacité militaire , son habileté à deviner les projets de l'ennemi et à lui cacher les siens. Le Piémont et l’Italie furent le théâtre où il put déployer ses talents. Le duc de Savoie s'étant ligué avec l’empereur et avec l'Espagne contre la France , Louis XIV confia à Catinat le commandement de l’armée’ destinée à agir contre ce prince. La bataille de Staffarde (1690 ), où il avait en face le célèbre princeEugène, ouvrit d’une manière brillante la campagne. L’ennemi perdit onze pièces de canon , une grande partie de ses munitions et de ses équipages , et laissa quatre mille des siens sur le carreau. L'affaire futd’ailleurs vivement disputée, et, comme toujours, Catinat y paya noblement desa personne. Cette victoire, si brillante qu’elle fût, ne décida rien. Louvois, habitué à faire mouvoir les armées du fond de son cabinet, aurait voulu que Catinat en profitât pour marcher sur Turin et l'enlever. Catinat, plus à même d'apprécier les difficultés d'une telle entreprise, parvint à faire entendre raison au tout-puissant ministre, eten dédommagement de la capitale du Piémont qu’il ne pouvait songer à attaquer avec le pen de forces effectives dont il disposait, il se jeta sur le comté de Nice, dont il se rendit maître en quelques jours , dès le début de la campagne de 1691. Trois mois après, la Savoie était tout entière au pouvoir de son armée. La victoire de Marsaille, remportéeen 1693, par dix-huitmille Français contretrente mille confédérés, et où l’ennemi perdit 10,000 hommes tués ou blessés, 34 pièces de canonet 106 drapeaux ou étendards, valut à Catinat le bâton de maréchal, et termina la guerre; car dès lors le duc de Savoie ouvrit avec la cour de Versailles des négociations secrètes, qui se poursuivirent pendant les deux campagnes suivantes. Elles expliquent l’inaction apparente de Catinat en 1694 et 1695, où il se borna pour ainsi dire à une guerre d'observation et à contenir le duc de Savoie dans son propre pays. En 1696 Louis XIV nomma Catinat l’un de ses plénipoteutiaires pour la négociation officielle de la paix, qui fut enfin conclue le 29 août de cette même année,

Le maréchal fut alors envoyé en Flandre; et malgré les efforts du prince d'Orange et de l'électeur de Bavière pour secourir la ville d'Ath, il s'en empara au bout de treize jours de tranchée (5 juin 1697). La paix de Ryswick vint momentanément rendre le repos à l’Europe. Quatre ans à peine

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