CAUCASE — CAUCHEMAR
1,460,000 âmes. Les Lesghiens, qui habitent le plateau occidental du Caucase en sont la principale tribu, forte de 530,000 têtes. Viennent ensuite : les Tcherkesses ou Circassiens, au nombre de 500,000 âmes, auxquels il faut ajouter les Cabardiens, répartis entre les deux Cabardies et forts de 360,000 têtes ; les Tchelchenzes, au nombre de 198,000 têtes ; les Abadesses au nombre de 110,000; les Abazes, au nombre de 45,000 ; les Kalmoucks, au nombre de 38,000; les Ossè{es, au nombre de 36,000; enfin les ibus nogaies, fortes de 16,000 âmes. Dans son ouvrage sur l'origine de la population de ces montagnes et sur leurs langues, Klaproth établit les sept divisions suivantes : 1° race Lesghienne, à laquelle se rattachent les Kourèles, les Akoush, les Koubetsh, les Kasikoumucks ; 2° race Ossète, dans l’Ironistän, descendant des anciens Alains et Mèdes; 3° race Talare, habitant les versants septentrionaux du Caucase et comprenant les Nogaïs du Kouban, les Koumucks et les Basians ; 4° race Grusienne ou Géorgienne, comprenant, outre les Grusiens déjà suhjugués par les Russes , les Swânes, peuple montagnard demeuré indépendant; 5° race Abaze ; 6° race Mizdshegi, laquelie comprend les Kistinzes, les Thoushes, les Ingoushes, les Tchetchenzes, les Pharsmanes et les Karaboulaks; 7° enfin, la race proprement dite des Circassiens, dont l’auteur n’a pu d'ailleurs connaître qu’un rameau, celui des Cabardiens. Presque toutes ces peuplades professent l’islamisme ; mais ce sont des mahométans si peu rigoureux, qu'ils se permettent l'usage du vin. On consultera avec fruit, indépendamment de l'ouvrage de Klaproth, Guldenstædt : Voyage fait dans les années 1769 à 1775 à travers la Russie et dans les montagnes du Caucase (publié par Pallas; 2 vol., Pétersbourg, 1787-1791); le même, Voyage en Géorgie et en Imérétie (publié par Klaproth, Berlin, 1815); Parrot et Engelhardt, Voyage en Crimée el au Caucase (Berlin, 1815); et Voyage au mont Ararat (Stuttgard, 1834) : tous ces ouvrages sont en allemand ; Lyall, Travels in Russia, the Krimea, the Caucasus and Georgia (Londres, 1825). CAUCHEMAR. Cette maladie avait plusieurs noms caractéristiques chez les anciens. Les Latins l’appelaient nocturna suppressio, étouffement nocturne ; incubus, du verbe latin incumbere, se coucher ; asthma nocturnus , asthme nocturne; calca (pour calcatio ) mala , oppression pénible, d’où nous avons tiré notre mot cauchemar. Les Grecs lui donnaient les noms suivants : xwyuæ, du verbe ruiyo , j'étoufle; exmtéokn, du verbe emtécw , je presse dessus, j’opprime, ou egtakrns, du verbe epahhopat , je saute dessus, parce que ceux qui en sont atteints rêvent qu’un corps pesant est appuyé sur leur poitrine. Pline, enfin, qualifiait cette maladie de ludibria Fauni, illusions du dieu Faune. Ces noms portent avec eux la définition du cauchemar; voici quels sont ses caractères : il survient pendant le sommeil, et consiste en un étouffement plus ou moins considérable, accompagné d’un sentiment indéfnissable d’effroi et de malaise. L’âme perçoit vaguement la cause d’un pareil état : il semble parfois qu’on soit sous l’imminence d’un danger quelconque, avec une impossibilité complète de fuir , de faire aucune usage des muscles, ce qui ajoute encore à la terreur, Souvent aussi, dominé par une inquiétude incroyable, on voudrait réclamer des secours , mais c'est en vain que pendant le cauchemar on essaye de parler ou même de respirer. A cet état incompréhensible succède bientôt un réveil en sursaut, qui laisse parfois dans l'esprit des restes de l'agitation récente, mais du moins le système musculaire n’est plus gêné; on parle facilement, on prend plaisir à faire fonctionner des organes qui semblaient un instant avant n'être plus placés sous l'influence de la volonté, Dans d’autres cas plus rares, le cauchemar a eu pour résultat le désordre réel de certaines parties : c'est alors que le système musculaire éprouve une fatigue qui dure plus ou moins longtemps, et que le réveil est suivi de