‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 495 sur 556 · CAUCHY — CAUDATAIRE · texte numérisé non relu

CAUCHY — CAUDATAIRE

qui tenait, sans cesse, ouverte devant lui la carte des délibérations ; il fut le bras droit de la présidence. Quand il arrivait que M. Pasquier ne pouvait pas présider la séance, M. Eugène Cauchy était la providence des vice-présidents, fort ignorants de la tenue parlementaire, inhabiles et inexpérimentés à manier le pouvoir et la sonnette. Celui d’entre les vice-présidents qui avait le plus besoin de cette assistance, c'était feu M. Séguier. Ce magistrat qui présidait si cavalièrement au palais de justice, était gauche et gêné au palais du Luxembourg : il confondait tout et jetait partout le désordre et le trouble. Il ne conduisait la discussion que d’une main faible et incertaine ; M. Eugène Cauchy le soutenait du mieux qu'il pouvait ; il le dirigeait de la voix et du geste, il lui soulflait son rôle; il arrivait même souvent que le secrétaire, pour mieux se faire entendre, montait sur l’estrade du président, et, en quelque sorte, le menait par la main, pour franchir les pas difficiles. M. Zugène Cauchy, déjà si utile à M. Pasquier, fut ainsi pour les autres un objet d’indispensable nécessité ; sa fortune était désormais assurée : il continuait glorieusement l’œuvre paternelle.

Au labeur de sa besogne législative, M. le garde des archives de la chambre des pairs unissait d’autres travaux; il était tour à tour greffier de la cour des pairs et employé de l'état-civil, lorsqu'il accompagnait M. le chancelier, officier de l’état-civil de la famille royale. C'était pour ces circonstances solennelles que les deux porte-plume s’étaient fait faire un habit brodé, aux parements et au collet, d’une soie jaune qui faisait fous ses: efforts pour ressembler à de l'or. Cette vanité était des plus innocentes ; seulement elle avait le double inconvénient de ne pas atteindre le costume et de friser la livrée. Dans ces circonstances, c'était sur M. Eugène Cauchy que M. le chancelier se reposait du soin de régler le cérémonial de la célébration. M. Pasquier, allant officier en cour pour les naissances, mariages et décès des princes et des personnes augustes, était suivi par M. Eugène Cauchy, qui l’assistait comme le lévite assiste le prêtre à l'autel. Ces jours-là, M. Zugène Cauchy portait l'épée, et sa démarche était fière, lorsque l'étiquette, dont il était le fervent observateur, ne courbait pas son échine. C’était la partie la plus brillante de sa position : aussi ne cédait-il à personne ces prérogatives, qui l’approchaient des hautes régions. D'ailleurs, il y avait un casuel de petits présents ef de menues décorations , miettes qui tombaient de la table diplomatique, et qui ajoutaient quelque chose aux aftraits de cette place, gloire patrimoniale de la famille Cauchy.

Il y avait aussi un autre côté de la médaille moins brillant, mais dont les profits avaient une solidité et une réalité que n’ont pas toujours les faveurs de cour. Nous voulons parler du greffe de la chambre des pairs, lorsque, judiciairement constituée, elle portait le titre de Cour des Pairs. Le garde des archives, que nous venons de voir occupé à dresser le protocole des actes de l’état-civil pour la famille royale, tenait alors le plumitif de l'audience, véritable maître Jacques, tour à tour réclamé par tous les services du logis, et changeant de ton et de manière selon les hommes et les choses. Saus la présidence de M. Pasquier, qui, dans sa verte vieillesse, se piquait d’une jeune activité, le travail du greffier, qui suivait les débats au courant de la plume , était des plus pénibles ; mais les honoraires accordés à chaque vacation étaient comme le picotin d’avoine, et soutenaient les forces du scribe. Dans l’accomplissement de ses fonctions judiciaires, le jeune greffier de la Cour des Pairs avait une tenue grave et solennelle, dont l’audience lui savait beaucoup de gré, et dont l'assistance paraissait satisfaite. Eugène BRIFFAULT

Louis-François Caucuy était mort en 1847.

Son fils aîné, Alexandre, né en 1792, à Paris, où il est mort le 20 mars 1857, obtint sous Louis-Philippe un siége de conseiller à la cour d’appel de Paris. Après en avoir été

l'un des présidents il passa en 1849 à Ja cour de cassation,

Eugène Caucuy, son frère, perdit sa place au Luxembourg en février 1848. Déjà lauréat de l’Académie des sciences morales et politiques, il y fut admis le 3 juin 1866 à la place de Bérenger. On a de lui : du Du’l considéré dans ses origines el dans l’état actuel des mœurs (1846, 2 vol. in-8°); de la Propriété communale (1848, in-8); Étude sur Domat (1852, in-8) ; et Histoire du droil maritime international (1865, 2 vol.). met

CAUCHY (AucusriN-Louis), célèbre mathématicien, frère des précédents, né à Paris en 1789, avait à peine seize ans qu'il faisait paraître un essai sur la théorie 5 mouyement des vagues. En 1816, il fut normmmé membre de la classe de mécanique de l’Académie des Sciences, et plus tard professeur à l’école Polytechnique. Après la révolution de Juillet, il suivit sur la terre de l'exil Charles X, et passa plusieurs années à Prague, iniliant le jeune prétendant, héritier du grand nom de Bourbon, à la connaissance des sciences exactes. 11 ne rentra en France qu’en 1838, lorsque l'éducation de ce jeune prince put être considérée comme complétement terminée.

M. Cauchy a accompli tant de travaux dans ces quinze dernières années, et ce sont des abstractions si ardues, tellement détachées de toute réalité, soit que l'auteur ail en vue les vibrations des ondes sonores et lumineuses ou les mouvements planétaires, que nos efforts pour les exposer n’aboutiraient qu’à arrêter court nos lecteurs et à embarrasser leur esprit, en les entretenant de formules que la grande majorité de l’Institut ne comprend qu’assez rarement.

1l est, certes, peu de mathématiciens aussi féconds que lui, et à une certaine époque, il avait tellement grossi de ses formules les comptes-rendus de l’Académie, que le trésor de l’Institut en fut affecté au point d’êfre obligé de réduire à l'extrême les sommes habituellement allouées pour des prix annuels. Nous pourrions remplir plusieurs pages de ce livre rien qu'avec la liste des dissertations relatives à la science objet de ses prédilections , dont il a donné lecture au docte corps qui se l’est associé. Il eût donc été l'Euler de la France, s’il eût su mûrir ses travaux ; tandis qu’il est à craindre qu'il ne laisse dans l’histoire des connaissances humaines d’autre renom que celui du plus ingénieux de nos calculateurs,

Présenté le premier, en janvier 1851, par le Collége de France pour remplacer M. Libri comme professeur de mathématiques supérieures, et le second par l’Académie des sciences, il se vit préférer son concurrent, M. Liouville. En juin 1852, son refus de prêter serment le fit regarder comme démissionnaire de la chaire d'astronomie qu’il oceupait à la faculté des sciences, Il y fut réintégré en 1854, et mourut le 23 mai 1857, à Sceaux.

Les plus importants de ses nombreux ouvrages sont : Cours d'analyse (Paris, 1821); Leçons sur le calcul différentiel (Paris, 1826); Leçons sur les applications du calcul in- Jinitésimal à la géométrie (2 vol., Paris, 1826-1828, in-4° ); Exercices de mathématiques(Paris, 1826-1829, et Prague, 1835-1836, in-4°); Exercices d'analyse et de physique mathématique (Prague, 1829, in-4°); et Mémoire sur la dispersion de la lumière (Prague, 1836, in-4° ).

CAUDAL (de cauda, queue). Cette épithète s'emploie en zoologie pour désigner tout ce qui a rapport à la queue. Ainsi l’on appelle vertèbres caudales, celles de ces parties du squelette appartenant à la queue des animaux qui en sont pourvus. De même les cétacées et la plupart des poissons ont une nageoire caudale.

CAUDATAIRE, c’est-à-dire porte-queue. On appelle ainsi l'officier qui porte la queue du pape , des cardinaux et des prélats. L'usage de se faire porter la queue passa du haut clergé à la magistrature; mais les présidents de siége, les chefs du parquet, faisaient porter la queue de leur robe par leur valet de chambre. Les prélats, plus fiers, n’admettaient à cet honneur que de pauvres hobereaux,

des cadets de famille; et surtout ceux qui étaient décorés de la croix de Saint-Louis. IL était aussi d'usage à la cour d’avoir à sa suite un caudafaire pour porter la queue du manteau. Les princes et les princesses, les rois et les reines même, chargeaient des pages de ce service de véritable domesticité, On connait cette réponse d’un grand seigneur de qui Pun des plus proches parents portait la queue d’un évèque et à qui l’on reprochait ces fonctions serviles comme une honte pour lui et sa noble famille : « Nous avons eu toujours, dit-il, dans notre maison de pauvres hères , obligés pour vivre de tirer le diable par la queue. » Durey (de l'Yonne ).

CAUDÉ se dit en botanique des parties qui sont terminées par un filet flexible et velu en forme de queue, telles que les anthères du laurier-rose.

Latreille avait donné le nom de caudés à une famille de l’ordre des polypes frichostomes, comprenant ceux dont le corps est terminé en pointe ou en queue.

CAUDEBEC , ville de France, chef-lieu de canton dans le département de la Seine-Inférieure, sur la rive droite de la Seine, à l'embouchure de l’Ambion, avec une population de 2,181 habitants. Elle est bâtie en amphithéâtre au pied d’une montagne couverte de bois; on y remarque de beaux quais ombragés. L'église paroissiale est un édifice du quinzième siècle, que l'artiste a orné à l'extérieur de toute l'élégance et de toute la délicatesse de l'architecture gothique. L'industrie s’y borne à quelques filatures de coton, blanchisseries et tanneries; le commerce y est plus actif; il consiste en grains; fruits et légumes secs. L'origine de cette ville paraît remonter au delà du neuvième siècle. Elle était autrefois très-forte et entourée de murailles flanquées de fours. Prise par Talbot, les Anglais l’évacuèrent en 1450. Elle se déclara pour les catholiques en 1562; mais elle tomba la même année au pouvoir des protestants, Assiégée en 1592 par Alexandre Farnèse, qui reçut sous ses murs la blessure dont il mourut, elle fut prise par Mayenne, qui, quelque temps après, cerné par Henri IV, fit embarquer pendant la nuit ses troupes dans le port de cette ville et sauva ainsi l’armée de la ligue. La révocation de l'Édit de Nantes ruina l’industrie de Caudebec et sa fabrication de chapeaux, qui jouissait d’une grande réputation. Avant la Révolution, cette ville était chef-lieu d’une élection avec bailliage présidial, amirauté et vicomté.

CAUDIMANES (de cauda, queue, et manus, main), nom spécial donné en zoologie à quelques animaux, tels que les sapajous, qui ont la queue prenante.

CAUDINES ( Fourches ). Voyez FoURCHES GAUDINES.

CAULAINCOURT ( ArmaND-AuGusrin-Louis, marquis - DE), duc DE VICENCE, grand écuyer de l’empereur Napoléon , était né en 1773, dans l’ancienne seigneurie de Caulaincourt ( Aisne }), à quelques kilomètres de Saint-Quentin. Sa famille, l’une des plus illustres de Picardie, citait avec orgueil l’un de ses membres, qui, en 1554, se jeta, avec cinquante hommes d’armes, dans Saint-Quentin, assiégé par les troupes impériales, et conserva cette place au roi. Son père, Gabriel-Louis de CauLAINcouR, était parvenu au grade de lieutenant général. Notre jeune marquis entra au service dès l’âge de quinze ans, c’est-à-dire la veille de 89; et, selon l’ancien usage, il fut bientôt capitaine; mais son père, dont il était aide de camp, ayant été destitué comme noble en 1792, il dut suivre sa fortune et quitta l’armée.

L'année suivante, il se trouva compris dans la levée qu’on nomma la première réquisilion, et qui atteignait tous les jeunes gens depuis dix-huit jusqu’à vingt-cinq ans. Il partit sans hésiter, et, cette fois, simple soldat, d’abord dans l'infanterie, puis dans la cavalerie ; toujours et partout il servit bien la république, Mais il ne crut pas devoir dissimuler sa naissance etson nom. Dénoncé et emprisonné, il fut délivré par un geôlier, qui, ayant reçu jadis un bienfait de cette famille, eut l’héroisme de s’en souvenir, 11 revola à l’armée, où,

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