CAUDATAIRE — CAULAINCOURT
après le 9 thermidor, le général Hoche le réintégra dans son grade de capitaine. Aide de camp du général Aubert Dubayet, il l'accompagna à Venise, puis à Constantinople, d’ouil revint à Paris en l’an v, avec l'ambassadeur othoman. Nommé alors chef d’escadron, puis, en 1799, colonel du second régiment de carabiniers, il se distingua, à la tête de ce corps, dans la campagne de 1800, sous Moreau, en Allemagne. Après le traité de Lunéville et la mort violente de l’empereur Paul, le premier consul, jaloux de conserver les bonnes relations de la république avec la Russie, dont la couronne venait de passer sur la tête du jeune Alexandre, jeta les yeux sur Caulaincourt pour cette mission délicate, et par son ordre celui-ci précéda à Saint-Pétersbourg le général Hédouville, nommé ambassadeur. À son retour de Russie, où six mois lui avaient suffit pour remplir parfaitement sa mission, parcourir une partie de l'empire et en rapporter les plus utiles informations, le premier consul, satisfait, le prit pour aide de camp, puis le nomma son grand écuyer et ie créa duc de Vicence.
Napoléon ayant résolu de faire arrêter et juger le duc d'Enghien, le colonel Caulaincourt reçut ordre du minisire de la guerre le 10 mars 1804, à dix heures du soir, de partir, dans la nuit, pour Strasbourg, d'y prendredeux cents dragons et d'aller, à leur tête, à Offenbourg demander à l’électeur de Bade l’extradition du prince. En même temps, on faisait partir, sans bruit, le général Ordener pour Schelestadt, avec ordre de passer, de son côté, le Rhin à Rheynau, avec trois cents dragons, de courir à Ettenheim, et, cernant le château, d'y saisir le prince. Caulaincourt était chargé, par le ministre des affaires étrangères, Talleyrand, d’une lettre explicative pour le baron d’Edelsheim, ministre de l'électeur, mais cette lettre ne devait être remise que sur un avis ultérieur et formel. Ordener, de son côté, sans être en rien subordonné à Caulaincourt, devait d’Ettenheim se mettre en communication avec lui, l’informer à Offenbourg de l'arrestation du prince, afin que l’aide de camp du premier consul pût porter sur le champ à l'électeur la lettre de Talleyrand et des excuses franches pour une violation de territoire commandée, disait-on, par l'urgence et la nécessité du secret.
On a dit que Caulaincourt, régulièrement chargé d’une mission diplomatique, avait dû la remplir. Néanmoins, à son retour à Paris, son cœur, révolté de la mort du duc et des circonstances de l'exécution, s’indigna d’être généralement soupçonné d’avoir participé à l’arrestation du prince. Et tandis que Tallyrand, interrogé par l’un des chefs de division de son ministère, se confentait de répondre : « Eh! bien ! quoi? ce sont les affaires ! » on entendit le colonel Caulaincourt laisser éclater tout haut ses regrets : et il tombait malade de chagrin.
En continuant de remplir, au milieu des pompes de la cour impériale, ses fonctions de grand écuyer, Caulaincourt sut y apporter une mesure pleine de dignité et de goût. Zélé sans ostentation, dévoué avec intelligence, docile sans servilité, il suivit l’empereur dans toutes ses campagnes : il entra avec lui à Vienne et à Berlin ; il était avec lui à Ulm, à Austerlitz, à Iéna, à Friedland, comme à Presbourg et à Tilsitt. Nommé, en 1807, ambassadeur en Russie, il sut, dans ce poste éminent, sans cesser de servir la politique nationale et de mériter l'approbation de son souverain, se concilier l’estime et les bonnes grâces d'Alexandre, qui, d'a. bord charmé par la loyauté de son caractère et l'agrément de sa conversation, l'avait admis dans intimité et laccueillit loujours depuis, même aux plus mauvais jours, comme un ami, En 1811, le duc de Vicence entrevit tout d'abord les chances de rupture avec la Russie que recélaient le blocus Continental et la guerre à outrance de Napoléon contre l'Angleterre, Effrayé pour la France des dangers de celte ruplure, il demanda son rappel. Reçu aux Tuileries avec
L'iroideur, puis caressé et honoré comme si on eût voulu