CAUTION — CAVA
tance de cette antique capitale d’un pagus considérable. La coiffure des femmes du pays de Caux ‘est aussi pittoresque que riche et élégante. Louis pu Bois.
CAUX (| Vicomte DE). Voyez DECAUXx.
CAVA (Monastère de la ). A neuf kilomètres avant d’arriver de Naples à Salerne, dans le renfoncement d’une vallée digne de la Suisse par la fraicheur de ses ombrages et l’aspect pittoresque de ses rochers, au bord du torrent le Selano et à mi-côte du mont Fenestra, du haut duquel l'œil plane avec délice sur le golfe de Salerne et d’Amalfi, a été découpée dans le roc la grotte d’un anachorète, autour de laquelle s’est élevée d’abord une petite chapelle, puis le grand et beau monastère bénédictin de la Cava. Cet anachorète, issu de famille illustre lombarde, depuis béatifié sous le nom de saint Alpherius, s'était retiré dans cette solitude au onzième siècle, et y avait fait bâtir une petite chapelle. Un de ses neveux, du nom de Pierre, qui, dans le monastère du mont Cassin, avait eu pour disciple un Français devenu plus tard le pape Urbain II, suivit l'exemple de son oncle et lui succéda dans sa retraite. Urbain If, ayant été obligé, pour échapper à l’empereur Henri JIL, de se réfugier près du Normand Roger, duc de Pouille et de Calabre, voulut profiter de son séjour à Salerne pour aller visiter lermite Pierre, qui commençait déjà à transformer son ermitage en un petit monastère. Il y alla, en effet, en compagnie de Roger, et celui-ci fit de grandes largesses à l’abbaye.
Depuis cette époque, le monastère de la Cava a toujours continué à prospérer, et, grâce à la difficulté des chemins et à son isolement au milieu des montagnes, il a échappé à tous les envahisseurs et s’est conservé intact. Les bâtiments actuels sont assez récents. Cependant, tandis que l'abbé Pierre profitait des largesses de Roger pour le présent, il avait soin d’en conserver le témoignage authentique pour l'avenir, en réunissant l'acte légal de ces donations à ceux de toutes les donations particulières et de tous les achats précédents. C’est ainsi qu’il jetait la base des précieuses archives de la Cava. On y retrouve des actes qui remontent jusqu’à 779, parce qu'ils se rapportent à des constatations de propriétés antérieures à la fondation du couvent. Pour toute l’histoire des princes lomhbards de Salerne, de l’an 840 à l’an 1077, où le normand Robert Guiscard détrôna son beau-frère, le lombard Gisulphe, et pour toute l’histoire des princes normands, c’est une mine inépuisable. On y trouve aussi une centaine de chartes grecques de Calabre, provenant du monastère de la Paluda. Les catalogues et inventaires de ces diverses chartes sont fort soigneusement et fort exactement faits. La bibliothèque renferme quelques manuscrits fort intéressants. Une notice assez exacte en a été publiée en 1822, en français et en italien, par l'abbé de Rozan, dans une lettre adressée au bibliothécaire du roi à Naples. Le plus curieux de tous ces manuscrits est un exemplaire des lois lombardes, écrit en l’an 1004, et précédé d’une miniature des plus curieuses de la même époque; c’est la reproduction par la peinture du récit de Paul-Diacre sur l'origine des Lombards:
Le monastère de la Cava rentra, comme celui du mont Cassin, en 1505, dans la grande fédération des monastères bénédictins d'Italie, et la forme de république élective aristocratique y succéda à la forme de monarchie tempérée, créée par saint Benoît. Depuis ce temps, les abbés , revêtus de la dignité épiscopale, ont continué à être réélus pour trois années seulement, et toutes les affaires s’y règlent en conseil et par des comices triennaux. Ce monastère fut supprimé, comme tous les autres , à la suite de l'occupation française ; ses biens furent confisqués au profit du fisc et vendus, sauf la maison d'habitation, ses dépendances, et une habitation des champs, Quant aux archives, elles furent soigneusement conservées dans le même local, ainsi que la bibliothèque, et confiées à la garde de trois bénédictins , désignés parmi les vingt-cinq maintenus par le décret, mais:sans vœux, En