‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 51 sur 556 · BURGOS — BURGRAVE · texte numérisé non relu

BURGOS — BURGRAVE

fiable violence a fait perdre à la littérature quelques travaux précieux

Burgos s’en vengea de la manière la plus noble, c'est-àdire en consacrant les loisirs forcés que lui fit alors son exil en France à doter son pays d’une traduction des œuvres complètes d’'Horace, demeurée jusqu’à ce jour la meilleure qui existe en espagnol; et à son retour à Madrid, en 1847, il y ajouta des notes et des commentaires. Toutefois, il n’en fit paraître les deux premiers volumes qu’en 1820, et les deux autres virent seulement le j jour en 1823. Une fois rentré dans son pays, il s’occupa aussi de la publication de quelques änciens ouvrages de la littérature nationale, sous le titre de Contlinuacion del Almacen de frutos literarios ; d'une Biografia universal, et à partir de 1819 d’un recueil périodique intitulé Miscelanea de Comercio, Artes y Lileratura, auquel en 1820 il ajouta une partie politique. Pour la rédaction de ce recueil il n’eut jamais d'autre collaborateur que lui-même. Une si grande activité littéraire popularisa bientôt son nom comme écrivain, mais épuisa ses forces en même temps qu’elle lui attirait la haine des absolutistes comme celle des libéraux, parce qu’il se refusait à être exclusivement l’homme d’un parti quelconque. Néanmoins la rédaction en chef de l’Zmparcial , journal qui comptait au nombre de ses collaborateurs des hommes tels que Lista, Miñano, Hermosilla et Almenara, fut confiée à cet éminent publiciste.

Plus tard , en 1824, le gouvernement le chargea de la négociation dun emprunt à Paris; et il conclut avec le banquier Guebhard cette affaire devenue pour lui la source des persécutions les plus acharnées en même temps que d’une fortune considérable. De Paris il adressa à Ferdinand VII un mémoire dans lequel il lui signalait avec une entière franchise les vices et les abus de son gouvernement, en même temps qu’il l’adjurait d’user du pouvoir avec modération, d’adopter une politique de conciliation et d’accorder une large amnistie. II n’ignorait pas cependant que

c'était conseil'er le rappel de ses ennemis les plus implacables. Rappelé de Paris en 1827, il fut nommé alors intendant au conseil des douanes, puis membre du conseil supérieur des finances. La même année l’Académie espagnole le reçut au nombre de sés membres, et il fit alors jouer et imprimer sa comédie de Las tres Iguales , composée dix ans auparavant. C'était un essai ayant pour but de rajeunir les formes classiques de la vieille école nationale; et peu de Lemps après il le fit suivre des deux comédies : El Baile de Mascara et El Oplimistla y el Pesimista.

Burgos s’était retiré à Grenade pour y diriger lui-même diverses entreprises industrielles et rurales qu’il avait fondées. Mais dès 1833 on le rappéla à Madrid, où, après la mort de Ferdinand VII, la reine régente le nomma ministre de l’intérieur, poste dans lequel il déploya une rare activité et fit preuve d’un grand talent d'organisation administrative. A la retraite d’Antonio Martinez, il dut également se charger du portefeuille des finances; et le premier ministre Zea- Bermudez ayant-été renversé peu de temps après, il resta seul avec le ministre de la guerre Zarco del Valle à la tête du gouvernement. Burgos crut devoir conserver sa position dans la nouvelle administration qui se forma alors, et qui se composait d'hommes de demi-mesures, jaloux de ne se brouiller avec personne, tels que Martinez de la Rosa et Garelly. Malgré son opposition à quelques-unes des plus essentielles dispositions de l’£s{atulo real, il attacha son nom à cette mesure politique; mais il donna sa démission dès qu’il eut reconnu que cet acte n'avait fait que déchainer de plus en plus les passions politiques

Nommé membre de la chambre des proceres, Ya hane des paris continua à le poursuivre dans cette assemblée, et il s’y vil un jour faussement accusé par le comte de Las Navas de s'être rendu coupable, lors de la négocialion de Vemprunt Guebhard, non-seulement de tripotages, mais en-

core de malversations: Burgos essaya de se défendre, et réclama lui-même une enquête ; mais ses ennemis ne le’ laissèrent pas s'expliquer, et firent prononcer par la chambre son exclusion temporaire. Burgos se retira” alors à Paris, pendant que la commission. d'enquête quiavait-été instituée pour examiner sa conduite dans toute cette négociation proclamait son innocence; ce: résultat. toutefois ne lui fut notifié qu’à la fin de 1835, après.la dissolution des :cortès. Il entreprit en conséquence au printemps suivant le voyage de Madrid pour venir-se défendre encore une fois lui-même devant les cortès; mais il reçut en route la nouvelle de la révolution de la Granja, qui termina complétement sa carrière politique. II retourna à Paris, où il écrivitson Histoire du gouvernement d'Isabelle II, ouvrage du plus hautintérêt, mais dont il n’a été publié jusqu’à ce jour que quelques fragments. Xavier de Burgos se livra aussi de nouveau au culte de la poésie, et composa plusieurs comédies et poëmes, entre autres sa célèbre Oda d la Razon. Ce n’est qu’en 1839 qu’il est rentré en Espagne, où depuis lors il vit retiré dans ses propriétés près de Grenade, au milieu d’un petit cercle de-parents et d'amis.

BURGOYNE ( Joux), général anglais dont le nom se rattache à l’histoire de la guerre de. l'indépendance américaine, connu aussi dans le monde littéraire par des vers et des comédies assez médiocres, était le fils naturel d’un lord qui le destina à la carrière militaire. H fit ses premières armes en, 1762, avec un corps de troupes anglaises destiné à soutenir le Portugal dans sa lutte contre l'Espagne; A la fin de la guerre, il fut appelé au conseil privé ét.éhù membre dela chambre basse. Envoyé.en 1775 au Canada, il fut deux ans après chargé du commandement d'un corps d’armée dirigé contre les insurgés américains. Son premier acte fut la publication d’une proclamation qui n'offrait aux insurgés que la perspective des plus sévères châtiments, s’ils persistaient à soutenir. leurs droits. Burgoyne remporta d’abord sur eux quelques avantages; mais plus tard, s'étant imprudemment engagé à la poursuite d’un ennemi qu'il méprisait trop, il se vit entouré à Saratoga, et obligé de mettre bas les armes devant la division du général Gates.

A son retour en Angleterre, le général Burgoyne ne tarda pas à tomber dans un profond oubli comme militaire; et il ne fut plus question de lui à la cour qu’à titre de bel esprit. Il mourut en 1792,

Son neveu, sir John-Fox BuRGOYNE, né en 1782, mort en novembre 1871, fut un des officiers du génie les plus habiles de notre époque. Comme lieutenant général il fitavec une grande distinetion la campagne de Crimée, et reçut pour ses services le titre de baronet.

BURGRAVE, en allemasd bwrggraf, en basse latinité burgravius, et aussi præfectus , comes urbis ou civilatis, On ne désigna d’abord ainsi qu'un commandant chargé par l'empereur ou par le prince de la surveillance ou de la juridiction sur un château (burg ) et les terres qui en dépendaient , et, en cas d'attaque de l'ennemi, de convoquer les hommes relevant du château et de se mettre à leur tête. Plus tard encore on trouve investis des mêmes attributions les burgraves de Kalsmunt près de Wetzlar, de Friedberg en Vettéravie , etc. Par la suite des châteaux de ce genre s’élevèrent dans les villes; et alors les burgraves devinrent , à proprement parler, des comtes de villes (comiles urbis). En cette qualité ils exerçaient le droit de justice, de ban et d’arrière-ban sur les possesseurs de franes-alleux ; surveillaient le commerce de détail, les métiers et larchitecture des villes ; fonctions rétribuées par certains droits qui leur étaient accordés. Quoique d'ordinaire ces burgraves descendissent de grandes familles nobles, leur pouvoir et leur considération allèrent, toujours en s’affaiblissant à partir du douzième siècle, à mesure que les villes acquirent plus de force et de richesses; et il n’y eut qu'un bien petit nombre d’entre eux, tels que les burgraves de Nuremberg, de Magde-

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