CAVALERIE — CAVALIERI
chefs d'escadron instructeurs, d’un major, de 8 capitaines instructeurs , de 3 capitaines écuyers, d’un capitaine trésorier, d’un capitaine d’habillement, d’un lieutenant et d’un sous-lieutenant sous-écuyers, d’un sous-lieutenant porteétendard, d’un lieutenant directeur des ateliers, d’un chirurgien-major, d'un chirurgien aide-major, de deux chirurgiens sous-aides, d’un pharmacien aide-major, d’un adjudant d'administration faisant fonction de comptable, de deux vétérinaires, dont un professeur de maréchalerie, et de trois écuyers civils.
CAVALETTO. Nom d’un instrument de torture dernièrement encore en usage à Rome, et qui servait de sanction à maint jugement de police correctionnelle en matière de délits et de contraventions. Un mois de prison et vingt-cinq coups de bâton appliqués coràm populo, telle était la formule ordinaire par laquelle la police terminait ses ordonnances et menaçait de sa vengeance ceux qui contrevenaient à ses prescriptions. « Z contraventori saranno irremissibilmente soggetti a subire un mese di carcere , o venticinque colpi di bastone al cavaletto nella publica strada. » Comme son nom l'indique déjà suffisamment, le cavaletto était une espèce de cheval de bois, ayant les pieds de devant plus courts que ceux de derrière. Quand le coupable avait été forcé par les gendarmes d’enfourcher cette monture, on ly couchaït de façon que la tête occupât la partie la plus basse du cavaletto. Alors l’exécuteur, après avoir fait le sigre de la croix, administrait au patient le nombre exact de coups de bâton ou de nerf de bœuf qu’indiquait la sentence, et avait soin que la répartition en eut lieu aussi également que possible sur toute la longueur du dos mis à nu.
CAVALIER. Ce mot vient du latin caballus, employé pour désigner un cheval de peu de prix, d’où l’on a fait dans la basse latinité caballarius, puis cavallarius. Au treizième siècle , les Grecs se servaient du mot xaxbx\}aptos pour désigner non-seulement un homme de cheval, mais un officier ou chef (egues), qui avait sous lui d’autres cavaliers à sa solde et à ses ordres. Quant au mot cavalier, il signifie proprement tout homme qui est à cheval, qu’il soit armé ou non; mais, comme, dans l’origine, ceux qui composaient l'arme de la cavalerie étaient d'extraction noble, il devint bientôt synonyme deckevalier, et se conserva longtemps dans cette acception. On est encore dans l’usage de dire le cavalier Bernin , le cavalier Marin, pour le chevalier Bernin et le chevalier Marin.
Plus tard, ce mot a passé du langage militaire ou des habitudes du manége dans la vie ordinaire, où il a été employé pour désigner simplement un individu du sexe masculin : ainsi l’on dit d’une dame qu'elle a son cavalier, qu’elle est accompagnée d’un cavalier, mais, dans ce sens même, le mot cavalier retient quelque chose de son ancienne signification, et il s’y rattache quelques idées de galanterie ou du moins de dévouement et de protection.
N'oublions pas de dire que cavalier est aussi le nom d’une des pièces du jeu des échecs.
Du mot cavalier, on a fait l’'adverbe cavalièrement, c’està-dire d’une manière cavalière, leste, aisée, sans gène, et plus souvent inconvenante, bien que ce mot ait d’abord été pris en bonne part. Edme HÉREAU.
CAVALIER (Fortification), sorte d’ouvrages domipants, dont l'usage était connu des anciens. C’étaient des terrasses dont ils se servaient dans les siéges offensifs, et qu’ils construisaient de charpente et d’autres matériaux. Ils les élevaient le plus près possible du rempart, pour jeter de là des traits el des pierres dans la place. Les Latins les appelaient agger, aggeres, mot qui signifiait monceau, montagne. Les cavaliers modernes sont quelquefois destinés à s'opposer à des commandements de revers ou à d’autres commandements dominants, ou bien à servir d’enveloppe à des batteries foudroyantes, ou à des contre-batteries , etc.
G*! BarDiN,
CAVALIER (Jean), fils d'un paysan des Cévennes, naquit en 1679, au village de Ribaute, près d’Anduse, Enlevé fort jeune à la culture et envoyé à Genève, il y exerça d’abord la profession de boulanger; puis , entrainé par son zèle religieux, peut-être aussi par un secret instinct qui lui révélait de plus hautes destinées , il revint parmi ses compatriotes , qu'avait soulevés le zèle intolérant de Louis XIV. Cavalier ne tarda pas à se distinguer parmi ceux dont l'esprit inspirait le langage et les actes. L’ardeur de sa parole et l'intrépidité de son courage le signalèrent aux prédicants exaltés qui dirigeaient l'insurrection, et bientôt il devint le héros de ces camisar ds dont les succès excitèrent pendant un temps les inquiétudes de la cour. Tous les efforts du maréchal de Montrevel ayant été impuissants, le maréchal de Villars fut appelé, en 1704, à remplacer ce général ignorant et fanatique. Cavalier, à la suite de conférences qu’il eut avec lui, accepta un brevet de colonel. Il fut présenté à Louis XIV; le fier monarque daigna à peine jeter un regard sur celui qui avait humilié ses armes , et lui tourna le dos. Blessé de cet accueil, Cavalier se réfugia en Suisse ; puis en Savoie, où il prit du service; enfin , en Angleterre, où il fit partie de l’armée destinée à soutenir les efforts du prétendant contre Philippe V. Il se distingua dans diverses occasions, et parvint au grade de général major. Il mourut en 1740 à Jersey, dont il était gouverneur. C'était un homme de mœurs douces, bien qu’il eût commandé de cruelles exécutions dans la guerre des Cévennes;et Voltaire, qui avait eu occasion de le connaître pendant son séjour en Angleterre, rend témoignage à l’urbanité du langage et aux manières distinguées de cet artisan devenu général. P.-A. Durau.
CAVALIERE (Éwzo DEL), compositeur italien du seizième siècle, né à Rome, fut à partir de l’an 1570 maître de chapelle à Florence, fonctions dans l'exercice desquelles il composa et fit représenter vers 1590 les pastorales à Satiro et la Disperazione. Ce sont ces deux ouvrages, appartenant aux plus anciens opéras connus, qui l'ont fait désigner, mais à tort, comme l'inventeur du genre opéra. Cavaliere mourut au commencement du dix-septième siècle.
CAVALIERI ou CAVALLERI (BoNAVENTURE ), naquit à Milan, en 1598. A l’âge de quinze ans, il entra dans l’ordre des hiéronymites ou jésuates. Il fit dans ses études des progrès si rapides et si brillants que ses supérieurs jugèrent à propos de l’envoyer à Pise, dont l’université était alors très-florissante. C’est dans cette ville qu'il se lia avec Castelli, disciple et ami de Galilée. Jusqu’à cette époque, il s'était adonné exclusivement à l’étude de la théologie. Son nouvel ami lui conseilla d'y joindre celle de la géométrie, pour se distraire de ses ennuis et des tourments d’une goutte qui allait toujours en empirant. Cavalieri fit de tels progrès dans cette science qu’en peu de temps il eut épuisé tout ce que les anciens géomètres avaient écrit sur cette matière. Galilée et Castelli lui prédirent dès lors la haute célébrité qu’il devait atteindre : il ne tarda pas à justifier les prévisions de ses deux illustres amis. A l’âge de 31 ans (1629 ), il découvrit sa méthode des indivisibles, dont le principe philosophique repose sur la génération :ndéfinie de l'étendue. Dans le calcul des indivisibles, les lignes se composent d’une infinité de points, les surfaces d’une infinité de lignes tirées les unes à côté des autres; les solides ou volumes sont le résultat d’une infinité de surfaces superposées. Si Cavalieri n’eût pas borné cette méthode à des démonstrations géométriques, s’il eût fait un pas de plus, il devançait Newton dans la création du calcul différentiel. Dès que la géométrie des indivisibles fut counue, elle fut très-cultivée; Roberval prétendit l'avoir inventée, quoique son ouvrage n’ait paru que deux ans après celui de Cavalieri; Pascal s’en servit aussi. Mais l'emploi de cette méthode demande certaines précautions dont l'oubli fit mettre en doute les principes posés par Cavalieri, et malgré son utilité inconstestable et sa fécondité prodigieuse,
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elle fut complétement abandonnée dès le siècle dernier.
Les recommandations de Galilée et la belle découverte de Cavalieri valurent à ce dernier la chaire d’astronomie de l'université de Bologne, et, après avoir souffert pendant douze ans des attaques de goutte si violentes qu’il en avait presque perdu l’usage de ses doigts, l’illustre mathématicien mourut dans cette ville le 3 décembre 1647. Outre le Traité des Indivisibles, Cavalieri a écrit sur les sections coniques , la trigonométrie et même sur l'astrologie judiciaire, ouvrage qu'il composa, dit-on, malgré lui, à la sollicitation de ses élèves, et qu’il publia sous le nom supposé de Philomante (amateur de la divination). TEYSSÈDRE.
CAVALIERS. Voyez TÊTES-RONDES.
CAVALLINI (PrETrRo), peintre romain qui a une grande importance pour la première période de développement de l’art du moyen âge en Italie, vivait dans la première moitié du quatorzième siècle. Il passe pour avoir été l'élève du Giotto et exécuta, d’après les dessins de ce maître, la grande mosaïque de l’ancienne église Saint-Pierre à Rome représentant l’église chrétienne sous la forme d’un nawre, qu’on voit aujourd’hui sous le portique de la nouvelle église Saint-Pierre, et qui a été l’objet de maintes restaurations. On peut aussi citer comme ouvrages sortis de sa main, et qui se sont conservés jusqu’à nos jours, les figures en mosaïque ornant la niche d’autel de l’église Santa-Maria en Trastevere, à Rome, et d’autres sur la façade de l’ancienne église Saint- Paul du même endroit,
CAVAN, l’un des neuf comtés dont se compose la province d’Ulster en Irlande, formant l'extrémité méridionale de l’île, est bornée au sud par les comtés de Longford, Westmeath et Meath, à l’ouest par ceux de Longford et de Leitrim, au nord par ceux de Monaghan et de Fermanagh, enfin à l’est par ceux de Louth et de Monaghan. Sa superficie est de 473,749 acres carrés , et sa population (1871) de 140,155 âmes. Ce n’est que dans sa partie nord-ouest, où s'élèvent les hauteurs de Ballynageeragh, que cette contrée devient montagneuse ; partout ailleurs c’est un pays plat, dont le sol assez pauvre est de temps à autre entrecoupé de collines. La neuvième partie en est couverte de pierres, marécageuse ou occupée par les eaux. On trouve dans ce comté plusieurs grands lacs dont les plus remarquables sont ceux de Lough-Erne, de Gawnagh, d’Oughter, de Ramor et de Sheelan ou Shillin. Le sol donne divers produits minéraux, de bon charbon de terre, un peu de plomb et de minerai de fer. On trouve en outre des sources d’eaux minérales à Carrickmone, à Derrylyster, à Derrindaff, La principale ressource des habitants est la culture de l’avoine, des pommes de terre, du chanvre et d’un peu de froment : mais la mauvaise qualité du sol empêche qu’il rapporte jamais des produits importants. Des toiles fabriquées sur les lieux mêmes constituent le principal article de commerce avec un peu de beurre qu’on confectionne dans les hautes terres , où l'éducation du bétail se fait aussi sur une assez vaste échelle. I] y a déjà bien longtemps que la malheureuse situation générale de l'Irlande réagit sur le développement ‘a bien-être dans ce comté , qui envoie au parlement deux
éputés, et d’après lequel la famille Lambart prend le titre
e comte de Cavan.
Son chef-lieu, Cavan , sur la nviere du même nom, af-
uent de l’Erne, est situé à peu pres au centre du comté, L'incendie qui le détruisit presque complètement en 1790 n’a pas eu pour résultat de le faire reconstruire avec plus de goût qu’autrefois; et on y compte 4,200 habitants s’occupant d’agriculture et d’élève de bétail, et faisant aussi quelque commerce en avoines, beurres et laines tissées. En avant de la ville on trouve une promenade publique extrémement fréquentée, et qui n’est autre que le beau jardin de lord Farnham , zélé catholique. La ville la plus importante du comté après celle-là est Belturbet , avec 4,000 habitants et quelques importantes brasseries,