‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 512 sur 556 · CAVATINE — CAVE · texte numérisé non relu

CAVATINE — CAVE

dimimutif : grande ariette est aussi ridicule que si l’on disait un vieux lapereau, un nain gigantesque.

Dans le langage ordinaire, on entend maintenant par cavatine un morceau de chant complet, exécuté par un seul virtuose. Le récitatif instrumenté, le cantabile, la cabalette, coupée par des chœurs, l’allegro, l’'agitato, enfin tout le luxe d’ornements et d’orchestre, la variété de sentiments et de coloris que l’on réservait pour l’air de bravoure, appartiennent à la cavatine, autrefois si modeste dans son allure. Le genre n’a point changé, c’est seulement une substitution de mots. Plusieurs morceaux de chant qui pendant quarante ans ont porté le nom d’airs sont maintenant appelés cavatines : témoin I! mio tesoro in tanto. Rossini a produit une infinité de belles cavatines, telles que Di piacer mi balza il cor, Di tanti palpiti, dans Tancredi ; Largo al Faitotum della città, cavatine vive et d’un seul mouvement, que la basse chantante dit dans Z7 Barbiere di Siviglia ; Ecco ridente il cielo, du même opéra, écrite pour la voix de ténor.

Les acteurs italiens qui tiennent les premiers rôles veulent absolument faire leur entrée sur la scène par une cavatine complète; les poëtes et les musiciens sont forcés de subir cette loi, dont les exigences ne s’accordent pas toujours avec l’action dramatique, et la frappent quelquefois de langueur, mais le virtuose veut être l’unique objet de l’attention du public et recueillir tous ses applaudissements. Marchesi se montrait plus ambitieux encore : il fallait qu’il chantât au moins un air dans un char, un autre dans une prison avec les fers aux mains, cavatina con catene. CaSTIL-BLAZE.

CAVE, lieu souterrain, ordinairement voûté, destiné le plus souvent à recevoir et à conserver différentes substances, les vins principalement, dans un milieu de température assez basse et presque constamment égale; on y place les huiles, les légumes, etc., et généralement tout ce qui craint la gelée ou une trop grande chaleur. Plus une cave est profonde, moins il y a d’inégalité dans sa température.

On pratique assez généralement les caves sous les bâtiments d'habitation, qu’elles contribuent à assainir, en éloignant l'humidité. L'expérience a prouvé qu’à environ quatre mètres de profondeur, dans nos climats tempérés, les caves conservent la même température dans toutes les saisons. On préfère les berceaux de cave voûtés en plein cintre à ceux qui sont surbaissés, à cause d’une plus grande solidité, et parce que, d’ailleurs, la construction en est moins coûteuse. Mais on ne reste pas toujours maître de cette disposition ; le reste du système de la construction s’y oppose souvent.

Il faut éviter autant que possible les communications des caves avec l’air extérleur par des soupiraux, si l’on veut y conserver une température constante. PELOUZE père.

es auteurs du Dictionnaire pratique d'agriculture regardent néanmoins comme une circonstance avantageuse pour la bonne conservation des vins que l'air pénètre dans la cave par deux soupiraux opposés, de manière à y former un courant. Cette disposition , disent-ils, est bonne, en ce qu’elle sèche l'humidité; mais elle ravorise en même temps l'évaporation du vin, qui dépense alors beaucoup plus : inconvénient qui résulte aussi de la simple introduction de la lumière, et que l’on évitera en ne donnant aux ouvertures qu’une grandeur raisonnable et une grande inclinaison. Ils ajoutent à ce précepte une autre observation qu’il nous paraît également utile de consigner ici : ils assurent (et l’expérience journalière pent d’ailleurs le démontrer ) que l’habitude de conserver des légumes verts dans les caves naturellement humides est mal entendue, en ce qu’elle ajoute encore à cette humidité par l’évaporation de l’eau qu’ils contiennent, et fait pourrir les tonneaux et les bouchons des bouteilles. Il vaudrait mieux, disent-ils, avoir des celliers destinés à cet usage et à la conservation des autres provisions qui demandent de la fraîcheur.

Quatremère de Quincy recommande d’exposer les caves

au nord, autant que possible, et de donner à leur voûte une hauteur de 3 mètres à 3%, 25 au plus. Il faut avoir soin aussi de les éloigner des fosses d’aisance, dont les exhalaisons sont susceptibles de gâter les vins. Quand une cave, disent les auteurs que nous avons cités précédemment, a contracté une mauvaise odeur , elle la perd difficilement : en pareil cas, on peut essayer d’y allumer un feu clair, que l’on entretiendra pendant quelque temps. Les murs et les voûtes des caves doivent être construits en moellons, maçonnés en mortier de chaux et de sable, et non en plâtre, que l’humidité décompose facilement. Afin d’entretenir la sécheresse qu’elles exigent, on doit former leur sol avec une aire de recoupes, provenant de pierre tendre et bien battue, ou bien le recouvrir d’une couche de sable d’une certaine épaisseur.

La meilleure cave, dit à son tour l’abbé Rozier, est celle où le thermomètre se maintient toujours à 10 degrés de chaleur, terme que les physiciens ont appelé {empéré : telles sont les caves de l'Observatoire de Paris; tels sont tous les souterrains, où les variations du chaud et du froid sont insensibles. On ne saurait prendre trop de soin de sa cave puisque, suivant un vieux proverbe, c’est La cave qui faitle vin.

Le mot cave se prend encore dans plusieurs autres acceptions ; il se dit : 1° d’une espèce de caisse ou de coffre dans lequel sont renfermés plusieurs flacons de liqueurs diyerses, avec des petits verres, et que l’on met ordinairement sur la table après le dessert, et comme accompagnement obligé du café; 2° d’un meuble de toilette, ou coffret, qui renferme des essences et des cosmétiques, à l'usage des dames plus particulièrement ; 3° de la somme d’argent qu’un joueur a devant soi, à la bouillotte, au brelan, etc., et qu’il expose aux chances du jeu ; d’où ont été faits les mots de première cave, seconde cave, se caver, étre décavé, pour première mise, seconde mise, meltre au jeu, perdre son enjeu; caver au plus fort, c’est tenir le jeu de la personne qui a fait la plus forte mise.

Considéré comme adjectif , cave est opposé, en chronologie, au mot plein, et il s'applique aux mois ou aux années qui ont moins de jours que les mois ou les années ordinaires : le mois lunaire synodique est alternativement de 29 jours ou cave, et de 30 jours ou plein ; l'année lunaire commune est quelquefois de 353 jours ou cave, et plus ordinairement de 354 jours ou pleine.

En anatomie, le mot cave se prend dans l’acception de creux.Outre les deux veines qui ont reçu cette qualification on trouveencoreles expressio"s de joues caves, d'yeux caves. qui attestent les resultats et les ravages de la maladie, du chagrin ou du temps.

Le verbe caver, dont nous avons déjà vu plus haut une acception, se prend généralement aussi avec l’acception de creuser petit à petit. C’est dans ce sens que Malherbe a dit :

I a mis le pied dans la fosse Que lui cavaient les destins.

C’est dans le même sens que l’on dit que l’eau d’une gouttière cave les fondements ou les fondations d’un édifice; que la petite vérole cave et marque le visage. Edme HéREau.

CAVE (Rat de). Enlangage populaire, on a donné le nom de rats de cave aux inspecteurs ou commis qui-sont chargés de marquer le vin dans les caves des cabaretiers et autres débitants.

C'est aussi celui d’une espèce de bougie filée et roulée sur elle-même, dont on se sert pour s’éclairer quand on descend à la cave.

CAVE ( Veine). Deux veines portent cenom. La veine cave supérieure où descendante est le tronc commun de toutes les veines de la moitié supérieure du corps; formée par les deux troncs brachio-céphaliques, son calibre est au moins. égal à celui de l'aorte; elle s'étend de la première côte droite à l'oreillette droite et reçoit dans son trajet la

veine azigos, à laquelle aboutissent plusieurs des veines du rachis, et qui établit une communication entre les deux veines caves. La veine cave inférieure ou ascendante, dont le diamètre est plus considérable que celui de la veine cave supérieure, ramène à l'oreillette droite du cœur le sang de toutes les parties situées au-dessous du diaphragme; dans son trajet abdominal, elle reçoit les veines rénales et une partie de celles des parois et des organes de l'abdomen; les veines qui ne s’y rendent pas directement se réunissent pour former la veine porte, tronc principal d’un système à part, mais qui se rattache à celui de la veine cave.

CAVÉ (Évouanp-Lunovic-Aucusre), né à Caen, le 24 décembre 1794, chef de la division des beaux-arts et des théâtres pendant tout le règne de Louis-Philippe et l’une des dmes damnées de ce gouvernement corrupteur et corrompu, ne fut pendant bien longtemps désigné dans les journaux que par cette périphrase reproduite à tous propos avec une fatigante complaisance dans leurs colonnes : l’un des spirituels auteurs des Soirées de Neuilly.

Ces Soirées étaient d’assez jolis proverbes politico-dramatiques, composés par Cavé vers 1827, en collaboration avec M. Dittmer, officier aux cuirassiers de la garde royale, et publiés sous le pseudonyme de M. de Fongeray.

L’incognito était à cette époque une condition de succès pour les productions littéraires; seulement les habiles s’y prenaient de façon qu’en réalité cet incognito fût le secret de la comédie, et que chacun connût le pseudonyme plus ou moins prétentieux sous lequel ils abritaient leur vanité.

Ajoutez à cette participation aux fameuses Soirées de Neuilly la paternité entière et complète d'un mauvais vaudeville intitulé : Vivent la joie et les pommes de terre ! joué cinq ou six fois devant les banquettes aux Variétés, et vous aurez inventorié tout le bagage littéraire de l’homme qui fut appelé, aussitôt après la révolution de 1830, à la direction supérieure des arts et des lettres en France. On cessera d’être surpris d’une telle fortune, quand on saura que l’heureux parvenu rédigeait depuis trois ou quatre ans le compte-rendu des petits théâtres dans Le Globe, journal du parti doctrinaire, que cette révolution venait de porter tout entier au pouvoir. Cavé, lui aussi, eut sa part de la curée. Certes, à l’occasion du répertoire habituel des Variétés, du Vaudeville ou de l’Ambigu, il avait accumulé pendant ces quatres années assez de lieux communs et de déclamations sur l’art et sur la liberté qui lui est indispensable, pour mériter une telle récompense. 11 fallait voir, par exemple, dans quels termes d'indignation et de mépris notre critique avait habitude de parler des pièces de circonstance représentées sur cesdiverses scènes à l'occasion de la Saint-Charles ou de tel autre anniversaire monarchique, et des croix d'honneur avec lesquelles le pouvoir payait quelquefois des couplets de facture en l'honneur du roi Charles X et des princes ou princesses dé sa famille, ou bien encore le zèle méticuleux avec lequel les censeurs faisaient dans des œuvres dramatiques de la force de Vivent la joie et les pommes de terre! la chasse aux idées libérales et aux mots dans lesquels le parterre intelligent eût pu voir des allusions aux petites et aux grandes intrigues du jour, C’est ainsi qu’il écrivait dans le Globe du 8 novembre 1827 : « Que dire de ces huit ou dix ouvrages que la Saint-Charles a vus naître et mourir? Je n'ai pas le courage d’en tracer l'analyse, ce serait trop de dégoût. 11s ne sont pas plus mauvais que ceux des autres années ; inais ls sont plus méprisables, en raison de la gravité des circonstances. Au reste, les sifflets ont retenti depuis POdéon jusqu’au Cirque, et depuis le Cirque jusqu’au Vaudeville : justice est faite. Oublions-les; taisons même le nom des auteurs, pour ne pas perdre dans l'opinion trois ou quatre hommes de talent qui figurent au milieu d'eux : ils ne savaient certainement pas si mal « faire... Que voulaient-ils donc? des décorations ? Préten- « draient-ils à des gratifications ? Je ne puis le croire, L'an

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