CAVÉ
de 500 ouvriers furent constamment occupés dans ses ateiers à con struire de nouvelles machines à vapeur (car les demandes de la consommation seront longtemps encore supérieures aux ressources de la production), ainsi que des moulins, des laminoïrs, des mouvements de filature, etc.* en un mot, tout ce qui constitue l’outillage en grand des diverses usines qu’occupe notre industrie. Les récompenses n'ont pas manqué à cet honorable iudustriel : la décoration de la Légion d'Honneur lui a été décernée en 1834 et deux médailles d'or en 184. Ses ateliers de construction ont été acquis par la maison Cail qui les a dé-
molis.
CA VEAU. Ce mot, quiest un diminutif de cave et qui signifie proprement une petite cave, s'applique plus spécialement aux lieux souterrains d’une église, qu’un usage fort ancien et autrefois général avait consacrés à la sépulture des morts. C’est ainsi qu’on trouve exprimée dans un très-grand nombre d'ouvrages la sépulture particulière d’une famille sous une chapelle d'église; et c’est dans des lieux pareils, disposés, non plus dans les églises, mais dans les cimetières communs établis hors des villes, que les personnes riches ou puissantes marquent d'avance la place où leurs dépouilles mortelles doivent venir reposer à côté de celles de leurs parents ou de leurs proches.
CAVEAU, nom de plusieurs sociétés littéraires. Le dixhuitième siècle fut en France l’âge d’or de la chanson. Il ne manqua rien à ses triomphes, pas même une académie, et ce fut chez un traiteur fameux de l’époque qu’elle s’établit. Piron, Collé, Crébillonfilset Gallet en furent les fondateurs. Les trois premiers dinaient souvent chez Gallet, leur ami, épicier, homme d’esprit et chansonnier. Les bons mots, les bons couplets, égayaient ces repas ; Crébillon fils lui-même y tenait bien sa place, car l’auteur de Tanzai et du Sopha n’était pas seulement un peintre de boudoir, il excellait aussi dans la chanson grivoise. Un jour, ces trois auteurs voulurent, à leur tour, être les amphitryons de Gallet. Le diner eut lieu chez Landelle, dont l’établissement, situé au carrefour Bussy, était connu sous le nom du Caveau. Pour mieux fêter leur ami, et augmenter les plaisirs de cette réunion, Piron invita Fuzelier, l’un de ses associés en fabrication de vaudevilles ; Collé amena Saurin, qui préludait par des couplets à ses tragédies; et Crébillon fils, Sallé, son collaborateur dans l’ingénieux Voyage de Paris à Saint- Cloud. Une invitation fut, en outre, adressée, au nom de tous, à Crébillon père, alors brouillé avec son fils, afin d'opérer une réconciliation à table. Ce rapprochement ne fut pas le seul résultat du banquet. Entre deux bouteilles de Champagne, undes convives, dans une inspiration bachique, proposa de renouveler chaque mois cette petite fête gastronomique. Son vœu fut unanimement accueilli ; et pour compléter la société, les membres présents s’adjoignirent : Duclos, le lyrique Labruère, Gentil Bernard, Moncrif, V'historiographe des chats; Helvétius, plus homme de lettres alors que philosophe, lepeintre Boucher et Rameau, qui trouva là des partisans de sa musique, combattue encore comme innovatrice; et des chansonniers pour populariser ses airs de danse, en y adaptant des vers plems de sel. F avart en fit partie plus tard. On ne sait trop pourquoi la gaieté si franche de Vadé n’y obtint point une place, Outre les membres titulaires de la société, presque toujours il se trouvait à ces diners des invités choisis parmi les notabilités du temps : ainsi le savant Fréret vint plus d’une fois y chercher des distractions à ses travaux; on y vit même un jour le ministre Maurepas, dont l'esprit railleur et piquant eût pu lui mériter un siège de convive résident.
Ce qui fit pendant longtemps le charme du Caveau, non moirg que les chansons cet les causeries spirituelles de ses membres, ce fut cette amitié sincère, cette confraternité littéraire qui les unissait, On vil alors un phénomène qui nese renouvellera pas de n08 jours, une société de gens de lettres