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particulière. Ses toiles moindres, dites morceaux de cabinet, par leur douceur et leur perfection méritent aussi les plus grands éloges. La mort de son fils, qui marchait sur ses traces, et une chute qu’il lui arriva de faire du haut d’un échafaudage, affaiblirent tellement sa vigueur créatrice, qu’il finit par être réduit à mendier. Malgré une conduite irréprochable , il mourut, en 1660, dans la plus affreuse misère. Plusieurs de ses ouvrages ont été gravés par J.-M. Mételli, ) + og etc. Le Louvre ne possède de lui qu’une Sainte cile.
CAVELIER (Juues) est, parmi les jeunes sculpteurs de notre époque, celui dont l’art contemporain paraît devoir le plus attendre. Né à Paris, le 30 août 1814, et formé à l’école de David (d'Angers), dont il fut l’un des plus brillants élèves, il débuta au Salon de 1838 par un buste, une statuette, et le modèle en plâtre d’une figure importante, le Jeune Grec remportant le prix de la course, qui, deux ans après, reçut les honneurs du bronze. Cavelier fut bientôt en mesure de concourir avec succès à l’école des beauxarts, et, en 1842, il obtint le grand prix de sculpture. La même année, il avait exposé au Louvre une Femme grecque endormie, statue de plâtre qui a gardé une place honorable dans le souvenir des amateurs, Pendant son séjour à Rome, Cavelier, absorbé par de sérieuses études, se tint éloigné des expositions annuelles. Mais, en 1849, il envoya sa Pénélope, figure remarquable par la grâce de l'attitude, la vérité du sentiment et la rare élégance des formes. La Pénélope, achetée par M. le duc de Luynes, valut au jeune artiste la médaille d'honneur que le gouvernement venait d’instituer, et la pension annuelle de 4,000 francs qui y était attachée, Cavelier a encore peu produit, mais dans tout ce qui est jusqu’à présent sorti de son ciseau, on doit louer une grande pureté d’exécution, une pratique savante, une sobriété pleine de goût. Artiste consciencieux et patient, il comprend les austères beautés de l’art antique, sans méconnaftre la puissance du sentiment moderne. P. Manrz.
Les ouvrages de cet artiste sont devenus plus nombreux depuis 1852, et nous citerons parmi les plus remarquables : les statues de a Vérité (1853), qui est au Luxembourg; de Napoléon 1er législateur (1861), du Néophyte (1867); de La Seine et du Rhin, à l'hôtel de ville de Paris; de saint Mathieu et de M. Affre, à Notre-Dame; d’Abailard au nouveau Louvre, etde Pascal, à la tour Saint-Jacques ; le groupe de Cornélie et ses enfants (1861), les bustes de Dante (1855), d’Ary Scheffer et d’'Henriquel-Dupont (1859), et d’Isaac Pereire (1863). Officier de la Légion d'honneur en 1861, M. Cavelier a élé élu en 1865 membre de l'Académie des Beaux-Arts.
CAVENDISH, branche de la famille des Gernons, dont l'ancêtre arriva en Angleterre avec Guillaume le Con. quérant, Roger, cadet de la maison, devint par mariage, sous le règne d'Édouard II, propriétaire, dans le comté de
Sufolk, de la terre de Cavendish, dont toute sa descen-
dance garda le nom. Sir John, grand juge, périt dans l'insurrection de Wat-Tyler en 1381. C’est de lui que descendait sir William CavenDisu (né en 1505, mort en 1557 1) maître des cérémonies du cardinal Wolse y, au sujet duquel il écrivit son ouvrage intitulé : Life and death of cardinal Wolsey, qui parut imprimé à Londres en 1607, mais qui avait déjà beaucoup cireulé comme manuscrit, et auquel Shakspeare semble avoir emprunté une partie des matériaux qui lui servirent à composer son Henri VIII. Suivant Hunter cette biographie serait l’œuvre de Georges Cavendish, frère de William; mais cette assertion est contestée. L'épouse de sir William fut la célèbre Élisabeth CAYENvisu, née Hardwick, qui fut la source des richesses et des grandeurs de cette maison, attendu qu’elle apporta aux enfants qu’elle eut de lui la fortune de son premier et de son second mari, Robert Barley et sir William Saint-Loe, et
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qu'elle ne convola en quatrièmes noces avec Georges Talbot, comte de Shrewsbury qu’à la condition qu’il consentirait au mariage de deux enfants issus de son premier lit avec deux des siens. Le double mariage de Gilbert Talbot avec Mary Cavendish et de lady Grace Talbot avec Henry Cavendish fut célébré le 9 février 1568 ; et peu de temps après avait lieu le mariage de leurs parents mêmes. Élisabeth, qui construisit le château de Chatsworth, aujourd’hui résidence des ducs de Devonshire, mourut en 1607. Henry, le fils aîné qu’elle avait eu de sir William, mourut en 1616, sans laisser de postérité. William, son second fils, comte de Devon shire, est la souche de la famille ducale de ce nom.
Son troisième fils, Charles Cavennisu, fut le père de William CaveNnisx, marquis, puis duc de New-Castle (mort en 1676 ), général des troupes de Charles I*', et célèbre comme ayant été le mari de l’excentrique Marguerite, duchesse de New-Castle. Celle-ci était fille de sir Charles-Lucas et dame d'honneur de la reine Henriette-Marie, qu’elle accompagna en France, où, en 1645, elle épousa celui qui devint plus tard marquis de New-Castle. Les deux époux, jusqu’à la restauration deCharles IE, séjournèrent à Anvers, où, en 1653, Marguerite fit paraître un recueil de poëmes. Son époux l’aidait dans ses travaux littéraires; et tous deux les continuèrent avec tant d’ardeur qu’ils finirent par enfanter successivement douze volumes in-folio, tout remplis de comédies, de poëmes , de dissertations philosophiques, etc. Les productions poétiques de la duchesse de New-Castle pèchent quelquefois contre le bon goût, mais témoignent d’une vive imagination et d’une grande puissance d'invention. Aujourd’hui même les amateurs de la littérature anglaise les lisent avec plaisir. Elle mourut en 1673, et la branche cadette de la maison de Cavendish s’éteignit en la personne de son fils Henry, second duc de New-Castle, qui prit part à la révolution de 1688 et mourut en 1691.
CAVENDISH (Henry), l’un des chimistes modernes qui ont fait faire le plus de progrès à la science, né le 10 octobre 1731, à Nice, était fils de lord Charles CAvENDIsu, frère du duc de Devonshire, et ne posséda dans les premières années de sa vie qu'une fortune très-médiocre. Au lieu de se consacrer à la carrière des fonctions publiques ou de briguer quelque sinécure, suivant l’usage de la noblesse anglaise actuelle, il se livra tout entier à l'étude et à laculture des sciences. Le premier il analysa les caractères particuliers de l'hydrogène, et signala les propriétés qui distinguent ce gaz de l’air atmosphérique. On lui doit aussi l’importante découverte (1781) de la composition de l’eau, regardée jusque alors comme un corps élémentaire. Déjà Scheele avait remarqué que, lorsqu'on mélange de l’oxygène avec de l’hydrogène en quantité double, ce mélange produisait une combustion accompagnée de détonation qui paraissait ne laisser après elle aucun résidu appréciable. Cavendish répéta les expériences de Scheele avec la sévère exactitude qui le caractérisait. Il renferma les deux gaz dans un récipient de terre parfaitement sec, pour que le résidu de leur combustion ne pût point échapper, et reconnut que ce résidu n’était autre que de l’eau, dont le poids répondait entièrement au poids des deux gaz combinés. Lavoisier le prouva depuis irréfragablement. Le même esprit d’exactitude dans les recherches conduisit Cavendish à faire une découverte qui avait échappé à Priestley. Celui-ci avait remarqué qu’une masse d’air atmosphérique, renfermée dans un tube par lequel on fait passer une suite d’étincelles électriques, perd de son volume, et qu’il en résulte un acide qui rougit la teinture de tournesol qu’on introduit dans ce tube : mais il ne poussa pas l’expérience plus loin. Cavendish , qui la répéta, renferma dans le tube une dissolution de potasse caustique, qui absorba l’acide et montra que c’était de l’acide nitreux ou acide hypoazotique (voyez AzoTE). L’analyse de Vair resté dans le tube lui fit voir qu’il avait perdu de l’oxyène et de l’azote une quantité égale au poids d’acide qui
s'était formé; il en détermina aisément la proportion, qui se trouva de deux volumes d'azote contre quatre d’oxigène. En effet, en composant exprès un mélange de ces deux gaz bien purs dans cette proportion , et en tirant au travers une suite d'étincelles électriques, il trouva que le mélange disparaissait entièrement, ce qui acheva de confirmer sa découverte.
Cavendish ne s’est pas moins distingué en physique par la précision de ses expériences. L'appareil qui porte son nom lui a servi à compléter la belle découverte de Newton, en constatant l'existence universelle de l'attraction (voyez BALANCE DE TORSION). Ayant attaché aux deux extrémités d’une tige très-légère deux petites masses égales, et ayant suspendu ce levier par son milieu à l’aide d’un fil très-fin, il vit que si on l’écartait de sa direction naturelle de ma-
| nière à tordre le fil, ce levier se livrait à des oscillations
isochrones que l’on pouvait compter avec beaucoup d’exactitude. Plaçant ensuite vis-à-vis l’une des extrémités du levier un corps d’une masse assez considérable, il reconnut que le nombre des oscillations augmentait, et il put constater que l’accélération produite variait avec les masses et avec leurs distances suivant les lois établies par Newton.
Cavendish était aussi très-versé dans la haute géométrie, et fit une heureuse application des connaissances profondes qu’il avait dans cette science à la détermination de la densité moyenne de notre globe. Il la trouva cinq fois et un tiers aussi grande que celle de l’eau, résultat qui diffère fort peu de celui que Maskelyne avait déduit d’une autre expérience. La Société royale de Londres l’avait reçu au nombre de ses membres ; l’Institut de France le nomma en 1803 l’un de ses huit associés étrangers. A cette époque, Cavendish était probablement le plus riche des savants et en même temps le plus savant des riches. En 1773, un oncle lui avait légué une fortune immense ; mais cet événement ne changea jamais rien ni à son caractère ni à ses habitudes. Simple et régulier dans sa vie intérieure, il était d’une générosité vraiment royale dès qu'il s’agissait de science ou de faire du bien en secret. Il avait mis sa riche bibliothèque à la disposition des savants. Il mourut à Londres, le 24 février 1810, laissant à ceux de ses parents que la fortune avait le moins favorisés une somme de près de trente millions de francs. Les écrits de Cavendish, consistant pour la plupart en dissertations qui ont paru dans les Transactions Philosophiques (de 1766 à 1792), se distinguent par la sagacité et l’exactitude d'observation dont il y fait preuve.
CAVENTOU (JocerH-BiEëNatMé), né à Saint-Omer, en 1795, est professeur honoraire de toxicologie à l’école supérieure de pharmacie de Paris, et membre de l’Académie de Médecine. Studieux élève de Thénard, il devint promptement un des meilleurs pharmaciens de la capitale, en même temps que chimiste fort distingué; mais la fortune lui a souri non moins que la chimie : l’officine qui porte son nom, et qu’il a longtemps dirigée personnellement, est une des plus célèbres de Paris. Associé à Pelletier, son confrère et son ami, dans des recherches sur les alcalis végétaux, il eut une part légitime dans la mémorable découverte de la quinine et dela cinchonine(1820), produits efficaces aufant que célèbres qui ont amené une sorte de révolution dans Ja thérapeutique, et dont l'Institut, en 1827, récompensa les auteurs par un grand prix Montyon de 10,000 fr. Ajoutons qu’au lieu de garder pour eux-mêmes le secret de cette découverte, ils eurent hâte de la publier sans restriction. Toutefois leur expérience et leur habileté leur réserva le privilége de préparer le nouveau produit avec une économie et un degré de perfection qui fit prospérer leurs affaires, quoi que fit alors la rivalité,
M. Caventou est auteur de ‘plusieurs travaux : d’abord d’une nomenclature chimique dont l'utilité fut incontestable à l'époque déjà éloignée de sa publication; ensuite d’un traité de pharmacie, de nombreuses analyses, de plusieurs rap-
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ports attentivement redigés, entre autres d’un rapport sur les taches arsénicales et sur l’arsenic normal, travail où sa circonspection fut mise aux prises avec sa sincérité. Nous devons dire en son honneur que ce fut la sincérité qui prévalut. D” Isidore Bourpox.
CAVERNES. On donne ce nom à des vides qui se trouvent dans le sein de la terre. Les cavernes sont en général formées de plusieurs salles irrégulières communiquant entre elles par d’étroits couloirs. Elles ont toutes sortes de directions, tantôt plongeant verticalement comme des puits, tantôt courant parallèlement à la surface du sol. Quelquefois leurs nombreuses galeries se croisent et se mêlent de manière à former des labyrinthes dans lesquels on ne s'engage pas sans danger. Quelquefois leurs salles, inégalement étagécs les unes au-dessus des autres, ne sont accessibles qu’à l’aide de longues échelles. Elles ont ordinairement une ou plusieurs entrées, mais il arrive aussi qu’elles sont sans communication aucune avec l'atmosphère, et ne sont révélées que par les travaux d’exploitation des mines ou des carrières. Il en est qu’on a parcourues l’espace de plusieurs lieues sans atteindre leur extrémité. Dans celles-ci, de vastes réservoirs d’eau, des lacs souterrains, arrêtent les pas du voyageur ; dans celles-là , des fleuves viennent s’engouffrer pour reparaître plusloin, phénomène assez commun en Grèce, où ces cavités portent le nom de £atavothra. Ailleurs, des rivières jaillissent toutes formées d’une caverne , telle entre autres la Sorgue, dontla source a souvent été célébrée sous le nom de Fontaine de Vaucluse.
Les parois des cavernes sont ordinairement inegaies , raboteuses, percées d’excavations plus ou moins profondes, plus ou moins tortueuses. Cetteirrégularité de formes, cette aspérité de parois, distinguent les cavités naturelles des excavations faites de main d'homme. On ne voit pas toujours à ou la roche dans laquelle les cavernes ont été formées ; car elles sont souvent plus où moins remplies de deux sortes de matières. Dans les cavités qui ne sont pas très-élevées audessus du niveau des mers, la partie inférieure, le plancher, est presque toujours recouverte d’un dépôt terreux, entièrement meuble, mélé de débris de roches et d’ossements. De plus, lorsque la roche est calcaire, et c’est le cas le plus fréquent, les parois sont ordinairement tapissées d’une croûte cristalline, produite par des eaux chargées de matière calcaire, et qui, glissant sur la surface de la roche, lui ont abandonné les particules solides qu’elles tenaient en suspension. Ces dépôts , qu’on nomme suivant leur position stalactites ou stalagmites, séculairement amonzelés, ont quelquefois recouvert complétement le dépôt meuble à ossements, et donné naissance soit à des pyramides suspendues par leur base à la voûte ou assises sur le plancher, soit à des colonnes grossières (voyez GROTTE). Les cavernes ne se trouvent pas également dans toutes les espèces de roches qui constituent la pellicule solide sur laquelie nous vivons. Il en existe, mais en petit nombre, dans les roches cristallisées, dans les grès, dans les gypses; elles sont propres surtout aux roches calcaires de la période improprement appelée secondaire, et particulièrement aux dolomies. C’est qu'aussi ces calcaires et ces dolomies sont les plus cassantes, les plus fendillées de toutes les roches. Il y a également des cavités dans les matières volcaniques , et il s’en forme encore tous les jours. Mais, produites, soit par la résistance d’un roc autour et au-dessus duquel s’amoncellent les laves, soit par le développement des gaz dans l'intérieur de la matière liquide, elles diffèrent essentiellement, et par l'aspect et par l’origine, des cavernes des terrains de sédiment.
Pendant longtemps, les cavernes ont été des lieux d'asile ou de sépulture. Les premiers hommes ont dû en faire leur habitation. En France, dans les guerres de religion ou de fanatisme , depuis celles du druidisme , sous l'empereur Claude, jusqu’à celles du calvinisme au seizième et au dix-septième