‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 519 sur 556 · CAVERNES · texte numérisé non relu

CAVERNES

siècles, les cavernes ont reçu les populations poursuivies Celles dont l'entrée était facile à cacher sous une large pierre ou derrière des broussailles ont parfois servi de repaire des bandes de voleurs. 11 ne faut pas ajouter foi aux descriptions romanesques dont les cavernes ont été souvent le sujet. Les difficultés que présentent l’abord et le parcours de la plupart de ces cavités, l'aspect monumental des nombreuses stalactites suspendues aux voûtes , le vif éclat dont brillent ces dépôts cristallins à la lueur des flambeaux, ont frappé l'imagination des voyageurs. Aux temps où la magie était en honneur, on en fit le théâtre des enchantements. La gracieuse mythologie du moyen âge y voyait des palais de cristal élevés par le caprice des ondins. Les anciennes chansons des peuples du nord, entre autres les Viebelungen, y placent de grands trésors sous la garde de pygmées et de nains. Quelquefois c’étaient des lieux terribles , séjour d’êtres malfaisants, et l'on conçoit, en effet, que l'obscurité menaçante de ces souterrains, la fratcheur humide de l’air, le sourd murmure des eaux qui jaïillissent ou qui s’engouffrent, le bruissement des vents qui circulent avec effort par d'étroits passages, ont pu inspirer l’effroi, et faire regarder par les anciens quelques cavernes comme les portes de l'enfer.

Assigner la cause qui a produit ces vides dans des roches généralement massives est un problème des plus diffciles. Ce phénomène n’est pas de ceux qui, se continuant avec plus ou moins d’intensité dans la période actuelle, peuvent être soumis à des observations suivies. Dans la nature inorganique, bien des causes ont cessé d’agir, dont les effets restent sous nos yeux à peu près inexplicables. Cependant, la patience du génie humain a déjà donné tant de démentis à de semblables impossibilités qu’on ne se décourage point à chercher l’interprétation de ces antiques hiéroglyphes. Ceux qui veulent faire de l’action mécanique des eaux l’agent général des phénomènes géologiques attribuent à des éruptions torrentielles les trouées faites à l’écorce minérale du globe, mais cette hypothèse est inconciliable avec l'existence des étranglements. IL est évident que des eaux s’élançant avec impétuosité, comme cela est réellement arrivé dans quelques cavernes, auraient poli, raboté en quelque sorte les parois, comme elles le font dans les gorges des montagnes; elles se seraient fait une voie à peu près régulière dans ces masses homogènes, et nous voyons, au contraire, des salles d’une grande élévation correspondant entre elles par des galeries étroites ; nous voyons parfois ces salles placées à divers étages. Les géologues de l'expédition scientifique en Morée ont constaté que les eaux, s’accumulant parfois dans des entonnoirs au sein de roches calcaires très-fendillées, finissaient par crever ces parois peu solides, et formaient ainsi des cavernes de déblaiement. Mais cette notion précieuse sur les procédés de la nature ne peut être appliquée à toutes les cavités. On a cru lever toutes les difficultés en attribuant aux eaux une action chimique, soit comme ayant pu dissoudre des amas de sel marin intercalés dans le sol, soit comme chargées d’acide carbonique, ce qui les aurait rendues capables dè dissoudre le calcaire. Mais, d’une part, aucun indice physique ou géologique ne donne le droit de supposer dans le sol la présence de matières plus solubles que le calcaire, et, d’une autre, on ne comprend pas comment des eaux capables de dissoudre également toute la matière calcaire auraient laissé subsister des étranglements, et ne se seraient ouvert le plus souvent qu’une étroite issue. Ces objections s'appliquent à plus forte raison aux cavernes sans issue que révèlent parfois les travaux des mines.

On a supposé aussi que les cavernes ont été produites par le passage de gaz à travers la matière encore molle, et cette conjecture s’accorderait assez bien avec l’état physique des cavernes, et avec les phénomènes généraux qui paraissent avoir présidé à la formation du globe. Mais elle n’est pas plus complétement satisfaisante que les autres, enr on

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