‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 521 sur 556 · CAVERNES — CAVIAR · texte numérisé non relu

CAVERNES — CAVIAR

portés simultanément, et qu'il n’est pas le résultat d’un remaniement local. Si l’on consulte les premiers temps de notre histoire, on peut y retrouver les circonstances qui ont produit l’enfouissement des os humains dans les cavernes. Il n'est pas nécessaire de remonter à des siècles très-reculés pour trouver sur le sol des Gaules des peuplades sauvages. Avant la conquéte romaine, les tribus de la Gaule et de la Germanie allaient demi-nues, latouées, le corps frotté de graisse, les cheveux rassemblés en touffe sur le sommet de la tête, la main armée d’une hache en pierre, exactement comme les voyageurs nous représentent les sauvages des sources du Missouri ou de la Nouvelle-Guinée. Quand César envahit la Gaule, ne pouvant venir à bout des Aquitains, il les fit, d’après le témoignage de Florus, enfermer dans les cavernes où ils avaient l'habitude de se retirer. Voilà donc des tribus entières qui ont péri dansles cavernes, comme nous avons vu de nos jours périr des tribus arabes au milieu de la fumée des feux allumés à l'entrée des cavernes du Dahra, par l'ordre d'officiers français. Plus tard, alors que la population des Gaules fut devenue romaine, les cavernes servirent encore souvent d’asile ; et, suivant Éginhart, c’étaient des forteresses et des places d’armes pour les Vascons pendant les invasions des Francs sous la conduite de Pippin. Il serait facile de citer beaucoup d’autres faits du même genre; on sait aussi que les cavernes ont servi à certaines populations de lieux de sépulture.

De ce que ces ossements sont aujourd’hui complétement fossiles, on ne peut rien conclure; car les caractères de la fossilisation se sont montrés sur des corps enfouis sans aucun doute depuis les temps historiques. Ainsi, le mélange seul des ossements humains avec ceux d'animaux perdus ne prouve pas leur contemporanéité. Le fait capital à établir serait de faire voir que les entrées des cavernes sont fermées, non par des débris anguleux provenant de roches voisines de la caverne, mais par des fragments roulés, venus d’une grande distance. Car si, après l'introduction des ossements, des forces d’une intensité plus grande que les forces actuellement en action dans la nature ont fermé les cavernes, on ne pourra guère douter que l’homme n’ait vécu avant les catastrophes qui ont enseveli les grands mammifères d'espèces éteintes, et par conséquent au temps où les éléphants et les rhinocéros parcouraïent les forêts de l'Europe, où les ours et les hyènes habitaient ses cavernes. Ce problème, dont la solution ne peut être éloignée dans ces temps d'activité scientifique, est, comme on le voit, un de ceux qui font de la géologie l’inéroduction à l'histoire de l'humanité. À. Des GENEVEZ;

CAVIAR. On appelle ainsi les œufs de différents poissons, principalement de plusieurs espèces d’esturgeons et du beluga, conservés dans le sel et mis dans le commerce comme substance alimentaire. La Russie fournit presque seule tout ce que l’Europe en consomme : cependant, le mot caviar n'appartient pas à la langue russe, et l'aliment qu'il désigne, quoiqu'il soit à l’usage de toutes les classes d'habitants, n’est connu que sous le nom d’ikra (œufs). Jusque vers la fin du dix-huitième siècle, on ne connaissait le caviar qu’en Russie et en Italie, où on s'en servaitcommed'unaliment maigre. Astrakhan esttoujours le grand centre de fabrication de cette conserve alimentaire, qu’on prépare aussi en Perse, en Turquie et même maintenant en Allemagne. Le meilleur qui existe dans le commerce provient de Hambourg et est souvent désigné sous le nom de caviar de Hambourg. I est à 50 pour 100 meilleur marché que le caviar d’Astrakhan première qualité.

Les espèces d'esturgeons dont on tire le caviar sont l’esturgeon commun, et celles qui sont connues sous le nom de sterlet et de hausen. Dans les trois espèces, le poids des œufs nettoyés et prêts à être salés est à peu près le cinquième de celui du poisson, et il est extrêmement rare qu 1n sterlet en donne un seul kilogramme. L'époque du

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