‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 523 sur 556 · CAVITÉ — CAVOUR · texte numérisé non relu

CAVITÉ — CAVOUR

à s'occuper de réformes politiques, que Cavour se fit connaître du public en contribuant avec Balbo et autres à l’é-

tablissement du journal constitutionnel il Risorgimento (la Résurrection), et en prenant une part active à la rédac-

tion de cette feuille. Élu député en 1848, il se rangea avec les modérés du côté du gouvernement et s’opposa à la con- {inuation de la guerre si le Piémont était réduit à la faire sans alliés. Cette conduite le rendit impopulaire et l’écarta même quelque temps de la chambre; lorsqu'il put yrentrer (1850), il devint le chef du centre droit. A la mort de Santa-Rosa, ministre de l’agriculture et du commerce, il fut appelé à lui succéder, et chargé en outre, au commencement de ‘851, du portefeuille des finances. Comme ministre du commerce, Cavour rencontra souvent dans le parlement une assez vive opposition à ses mesures, non pas parce que les conventions commerciales stipulées par lui avec l'Angleterre, la Belgique, la France, etc., avaient pour base les principes du libre échange, mais parce qu’elles accordaient à des nations étrangères des avantages plus grands qu'aux nationaux eux-mêmes et violaient ainsi le principe de la réciprocité. Comme ministre des finances, les efforts de Cavour eurent surtout pour objet de régulariser les finances de la Sardaigne désorganisées par les suites de la guerre contre l'Autriche. En juillet 1852, Cavour, s'étant rapproché de l'opposition représentée par M. Rattazi, sans consulter son collègue M. d'Azeglio, dut donner sa démission; mais ce dernier ne put se maintenir longtemps au pouvoir , et, après un voyage à Paris, Cavour devint président du conseil (4 novembre 1852).

La situation financière altira d’abord son attention. S'il augmenta les impôts, il diminua la taxe des lettres, supprima celle des blés et réduisit de moitié celle des denrées coloniales ; il fit construire des voies ferrées et des lignes télégraphiques, réorganisa les établissements de banque et de crédit, sans négliger les travaux publics et les fortifications des places de guerre. C’est à son influence qu’on doit le vote, en 1854, de la suppression des corporations religieuses et de l’aliénation de leurs biens au profit de l'État, et en 1857, de la translation de la marine de guerre de Génes à la Spezzia, de la formation d’une puissante réserve militaire et du percement d’un tunnel à travers le mont Cenis. Mais l'œuvre à laquelle il se voua tout entier, celle qui lui a valu le renom d’homme d’Etat, c’est la délivrance de l’Italie. « Les Piémontais comprirent peu à peu, dit M. Yung, que cet homme, si impopulaire à ses débuts, était enflammé, comme pas un d’entre eux, du patriotisme le plus vrai, le plus clairvoyant, et aussi le plus vif; les autres Italiens le comprirent à leur tour. Dès lors ils donnèrent pleins pouvoirs à Cavour pour affranchir l'Italie; mais aussi libéral que patriote, Cavour entendait que l'Italie se délivrât sans recourir à la dictature, à l’état de siège, aux procédés révolutionnaires. » Il faut se rappeler en effet qu'il posa les fondements du progrès constitutionnel dans toutes les affaires intérieures du peuple italien. « L'Italie, disait-il, doit se faire par la liberté ; autrement nous devons renoncer à la faire, »

L'indépendance de l'Italie, Cavour ne chercha pas autre chose à l'extérieur. Après l'explosion de la guerre d'Orient il signa un traité d’alliance avec les puissances occidentales (26 janvier 1855), traité par lequel le Piémont s’engageait à fournir un contingent, qui fut porté de 15 à 25,000 hommes. La guerre terminéeil fit, malgré les objections de l’Autriche, admettre son pays au sein du congrès, vint lui-même l'y représenter, et rédigea sur l’état de l'Italie une note qui fut adoptée comme base de discussion de la ques/ion italienne. Les deux chambres votèrent au ministre des remerciments unanimes (8 mai 1856) et exprimèrent le désir que le gou-

- vernement persévérât avec fermeté dans la politique natio-

nale qu’il avait développée au congrès de Paris, Cependant dès lors Cavour ne négligea rien pour assurer à ses projets

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