‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 525 sur 556 · CAXTON — CAYLA · texte numérisé non relu

CAXTON — CAYLA

l'arrivée de Poincy, et surtout grâce an zèle actif de Poncet de Brétigny, qui, en 1643, forma à Rouen une société commerciale, se rendit à Cayenne à la tête de 400 hommes, et y construisit le fort Cépéron. Cependant les Français abandonnèrent cette colonie dès 1654, et les Anglaïs s’en emparèrent alors. Mais ceux-ci durent l’évacuer en 1664. Les Hollandais les y remplacèrent en 1676, puis les Français les en expulsèrent l’année suivante. Le gouvernement français fit preuve dès lors de plus de sollicitude pour cette colonie. En 1763, M. de Choiseul y envoya une grande expédition, et on y créa à cette époque un jardin botanique destiné à l’acclimatement des plantes. A la fin de la Révolution, Cayenne servit de lieu de déportation pour des hommes politiques. De 1809 à 1814 cette colonie appartint aux Portugais et aux Anglais, mais à la paix générale elle fut replacée sous l'autorité de la France. Un décret du 8 décembre 1851 en fit une colonie pénitentiaire, ou plutôt on y plaça la direction des pénitenciers établis dans la colonie (voyez Guyane); car dans la ville même il n’y a jamais eu qu’un atelier disciplinaire de femmes.

Une banque, dite banque de la Guyane , a été fondée à Cayenne par un décret du 1er février 1854 au capital de 500,000 fr., capital qui a été doublé en 1863.

Dans l’usage ordinaire on comprend souvent sous la dénomination de Cayenne l’un des deux districts de la Guyane française et même la colonie tout entière.

CAYENNE (Bois de). Voyez Bois SATINÉ.

CAYLA (Zoé, comtesse pu), née en 1784. Cette femme, dont la vie semble se rattacher aux souvenirs des favorites fameuses et à des mœurs loin de notre époque, entra dans le monde par une action qui rappelle la piété et le dévoûment filial de M'* de Sombreuil et Cazotte pendant la tourmente révolutionnaire. Elle était fille de Talon, avocat du roi au Châtelet, plus tard membre de l’Assemblée nationale, émigré le 6 octobre 1792 et rentré en France en {802. La police ayant découvert en lui un agent des princes, il fut arrêté par les ordres du duc de Rovigo et conduit à Paris. Sa fille, désolée, y accourut. Pour sauver son père, elle oublia la faiblesse de son sexe et la timidité de son âge; elle se présenta partout avec ses larmes et avec ses prières. La suppliante était jeune et belle ; brune piquante et animée, douée d’une taille irréprochable, elle avait tous les attraits qui charment et qui séduisent ; l’auréole radieuse de la piété filiale ajoutait sans doute à sa beauté: elle toucha tous ceux qu’elle implorait. Des deux ministres de la police, Fouché et Rovigo, elle obtint d’abord de pénétrer auprès du prisonnier, dont ces entrevues adoucissaient la captivité. Elle suivit son père de cachot en cachot, jusqu'au moment où la liberté lui fut rendue. C’était encore sous l'empire; elle consentit alors à se marier, et épousa le comte du Cayla.

Sous la Restauration, elle dut l’accès de la cour au rang de son mari, aux services et aux souffrances de son père : ce fut sa première récompense. L'expérience si rude de ses précédentes années ne fut point perdue pour la jeune femme ; elle se rappela, dans la haute région où elle se trouvait alors, ce qu’elle avait dù jadis aux séductions d’une autre époque de sa vie, et elle résolut de faire tourner au profit de sa propre fortune ce qui lui avait jadis servi à consoler son père. Elle parvint jusqu’au roi, dont elle sut se cuncilier l’affection, en même temps qu’elle lui faisait oublier une femme, sœur d’un ministre disgracié, et qui longtemps avait joué le même rôle aux Tuileries. On assure qu’elle dut l'intimité de Louis X VIII à son esprit de conversation, dont on vantait les grâces et le mérite, à l’enjouement de son caractère, et surtout au tact exquis avec lequel elle observait les conve: nances. Par d’adroites insinuations sur les confidences précieuses qu’elle pouvait devoir aux effusions de son père, elle piqua en outre la curiosité du roi, qui finit par l'admettre daas ses entretiens particuliers, et bientôt il lui fut impossible de se passer de ces relations dont il était épris. La

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