BURIN — BURKE
gravures sur cuivre, à l’eau-forte, en mezzotinte, au lavis, au pointillé, ou dans le genre du crayon. On dit même figurément un beau burin, un burin brillant, un burin doux, pour vanter la manière de graver d’un maitre.
Un burin avec quelques légères différences est employé sous le nom d’onglelte par les graveurs de médailles, parce que le nez est légèrement arrondi. On lui donne dans d’autres circonstances le nom d’échoppe, et alors le ventre en est aplati et le nez présente une pointe moins aiguë, qui forme des tailles plus larges, sans pour cela être plus profondes.
Des burins d’une autre forme sont employés par les serruriers pour couper le fer à froid : ce sont de petits fermoirs, ou ciseaux à deux biseaux, qui ne sont pas emmanchés dans du bois, comme ceux dont se servent les menuisiers.
Dans la marine on donne le nom de burin à une espece de ciseau ayant une rainure dans l'épaisseur du bout. Les calfats s’en servent pour faire entrer de force l’étoupe dont on remplit les intervalles qui se trouvent entre les planches dont est formé le bordage d’un vaisseau.
Les carriers se servent aussi d’un burin, qui est une longue barre d’acier trempé, ronde et taillée en pointe, avec laquelle ils font dans le grès ou dans les roches des trous de 40 à 50 centimètres de profondeur ; ils remplissent ensuite ces trous avec de la poudre à canon, puis, ayant tamponné l’ouverture, on y met le feu, afin de faire détacher de grandes masses,
Les dentistes enfin ont aussi, pour nettoyer les dents, de petits outils appelés burins. DuCHESNE aîné.
BURINS. Voyez Cuizerors.
BURKRARD-W ALDIS, célèbre fabuliste et conteur allemand du seizième siècle, naquit à Allendorf sur la Werra, et commença par être moine. Plus tard il embrassa le protestantisme, dont il devint l’apôtre zélé, puis il se mit à parcourir une grande partie de l’Europe. A son retour, il fut nommé chapelain de la landgrave Marguerite de Hesse, et mourut, à ce qu’il paraît, vers 1555, pasteur d’Abterode, village situé non loin de sa ville natale. Son Æsopus, gantz new gemacht und in Reimen gefasst, mit sampt hundert newer Fabeln, vormals im Druck nicht gesehen noch aussgangen ( Francfort, 1548 , 5° édition, 1584 ), dans lequel se trouvent 400 fables, récits et drôleries , racontés pour Ja plupart d’après des traductions d'Ésope et autres anciens fabulistes, se distingue par sa gaieté, par une satire aussi franche que piquante, et est rédigé d’un style qui ne manque nid’originalité, ni de facilité, ni d'harmonie. Sa polémique fut surtout dirigée contre les prêtres. S’il devient parfois fatigant par son bavardage , il faut moins l’en accuser que le siècle où il vivait. Dans la prison où le fit jeter sa trop grande franchise, il écrivit une paraphrase des Psaumes. Ce ne sont pas seulement d’anciens poëtes , tels que Rolleñnhagen, qui se servirent de ses ouvrages; plusieurs des meilleurs fabulistes allemands, Gellert, Zachariæ, Hagedorn, y ont puisé l’idée première de leurs productions les plus vantées, et quelquefois même jusqu’à la forme qu'ils leur ont donnée.
BURKE ( Eomop ), l’un des hommes d’État les plus spirituels de l'Angleterre, et peut-être le plus grand de ses orateurs, en conséquence appelé souvent le Cicéron anglais, naquit le 1°° janvier 1730, à Dublin, où son père était avocat, et fut élevé par un brave quaker du nom de Shackleton. Après s'être principalement occupé jusqu’en 1749 de littéralure classique, de philosophie et d'histoire au Trinity- College de Dublin, il commença en 1750 à Londres l'étude de la jurisprudence. Malgré les encouragements de toutes espèces que lui valaient son esprit et la rare étendue de ses connaissances, sa passion pour la littérature le détourna de l'étude à laquelle il s’était voué, Le premier ouvrage par lequel il se fit connaitre fut sa Vindication of natural Society (1756 ), qu’il donna pour une œuvre posthume de
Bolingbroke, dont il avait admirablement réussi à imiter le style et la manière. Son but était de démontrer qu’on * pouvait attaquer toutes les institutions civiles et politiques avec les arguments dont s'était servi Bolingbroke pour attaquer la religion. Sa Philosophical Inquiry into the origin. of our ideas of the sublime and beautiful parut en même temps. Les idées qu’il émettait dans cet ouvrage sur les motifs du contentement qu’on éprouve à la vue du beau et du sublime ne laissèrent pas que d'éclairer Kant dans ses recherches esthétiques. Devenu un des éditeurs de l’'Annual register à partir de l’année 1758, Burke se forma peu à peu et en silence au rôle d’orateur et d'homme d’État, et prit des leçons de déclamation de Garrick. En 1765 le marquis de Rockingham, premier lord de la trésorerie, le nomma son secrétaire particulier, et il fut en même temps élu membre du parlement par le bourg de Wendover.
A ce moment les démélés avec l'Amérique commençaient à occuper toute la nation. Dans son premier discours Burke se prononça contre l'impôt du timbre ( 14 janvier 1766 ), et obtint l'approbation de Pitt. Sur sa motion, la taxe du timbre fut retirée, quoiïqu’on maintint le droit pour l’Angleterre d'imposer ses colonies. Lors de la dissolution du ministère Rockingham, Burke écrivit À short Account of a short Administration, etentra dans les rangs de l’opposition, 11 combattit énergiquement les atteintes portées au droit d’élection, et publia ses Thoughtsonthe cause ofthe present discontents , ouvrage important pour l’histoire de sa rarrière politique, où il expose ses idées sur la constitution anglaise, et attribue tout le malaise social aux tendances du pouvoir à vouloir gouverner par des influences occultes. Mais la proposition aristocratique qu’il y faisait de remettre le pouvoir aux mains des grandes familles whigs lui aliéna dès ce moment un grand nombre d’amis de la cause populaire. Il n’en demeura pas moins l’inébranlable athlète de la liberté de la presse, du jury et de la tolérance religieuse ; et malgré son opposition au ministère, il fit tout pour empêcher une rupture avec l'Amérique.
Le talent oratoire de Burke était alors arrivé à son point de maturité. Plus d’une fois ses discours, empreints de la vivacité la plus entratnante et de la plus chaleureuse conviction, quoique débités du ton le plus simple, ébranlèrent le ministère, de lord North qu'il attaquait d’ailleurs personnellement avec autant de violence que d’esprit. Cependant, c’est aussi à cette époque qu’il prononça le célèbre discours où il recommande au pouvoir d’avoir l’œil attentif sur la conspiration des athées contre la religion et contre le trône. En 1774 les whigs de la ville de Bristol le choisirent pour représentant, et à ce moment Fox lui-même se rattacha à lui et le reconnut pour son chef de fille. Le 22 mars 1775 Burke soumit au parlement ses treize célèbres motions ayant pour but d’opérer une réconciliation entre l'Angleterre et l'Amérique. Mais alors la guerre était devenue populaire en Angleterre, et l'attitude prise à ce moment par Burke lui aliéna sensiblement l'opinion publique. En même temps il irrita ses amis et ses commettants de Bristol en présentant des motions tendantes à faire accorder la liberté commerciale aux Irlandais et une législation plus douce aux catholiques. S'il se prononça contre la réforme parlementaire demandée par Pitt, comme conduisant à des révolutions, en revanche il mit en avant un projet d'economical reform, dans la défense duquel il dépensa tant d'esprit qu'il s’attira la haine implacable de tous les sinécuristes.
Malgré la défaveur où il était tombé dans l'opinion, Burke n’en fut pas moins réélu membre du parlement. C’est dans l’une des réunions électorales tenues à cette occasion qu'il prononça le discours où il rend compte de toute sa conduite politique, et qui passe pour son chef-d'œuvre. Le bill qu'il proposa pour faire modifier les mesures de rigueur adoptées en 1780 lui rendit enfin la faveur populaire, Quand en 1782 Rockingham rentra au ministère avec tous ses