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amis politiques, Burke fut nommé payeur général de l’armée avec voix au conseil privé; et il réussit alors à faire adopter ce bill, quoique modifié, La mort de Rockingham amena la dissolution du cabinet dont Burke avait été l’âme, bien que sa capacité administrative fût de beaucoup inférieure à son talent oratoire. Lord Shelbourne, le nouveau ministre, ne tarda pas cependant à être renversé par une coalition parlementaire dont Burke avait conçu le plan, mais qui fut renversée à son tour à la suite de la présentation par Fox d’un bill relatif aux Indes orientales, également mal vu du roi et de la nation. Pitt, qui prit alors le timon des affaires, commença par dissoudre le parlement; mesure vivement combattue par Burke. Dans l'intervalle il avait aussi figuré parmi les accusateurs de lord Hastings. A cette occasion il fit preuve d’une violence et d’une obstination qui ne contribuèrent guère à accrotire sa réputation, parce qu’on vit quelque chose de personnel dans son acharnement contre Hastings. Plus tard il combattit les ministres lorsque, en 1788, l’état mental de Georges IT parut exiger la formation d’une régence; mais au début de la révolution française il abandonna avec éclat les bancs de l’opposition,
Les nouvelles idées françaises étaient incompatibles et avec ses opinions ayant pour base l’aristocratique constitution anglaise, et avec son caractère. Que si à cet égard en est en droit de lui adresser des reproches, c’est pour la violence aveugle avec laquelle à partir de ce moment il attaqua tout ce qui provenait de la France, repoussant obstinément toute innovation, toute amélioration, comme ayant de l’aflinité avec les principes français. Quand, en 1790, Fox demanda qu’on témoignât au nouveau gouvernement de la France une noble confiance , Burke déclara hautement qu’il rompait tout lien d'amitié avec Fox. A peu de temps de là, il publia ses Reflexions on the Revolution in France (1790), ouvrage d’une admirable sagacité, et qui exerça la plus décisive influence sur la direction de l'opinion publique en Angleterre. L'effet de cet écrit fut également immense dans le reste de l'Europe.
Dans sa vie privée, Burke manquait d’esprit de conduite; et il se vit réduit à accepter de Georges III une pension de 2,500 livres sterl., ce qui ne l’empêcha pas de se défendreénergiquement de l'accusation de corruption. Après avoir inutilement tenté un dernier effort en faveur de l'émancipation des catholiques, il renonça en 1794 à la vie parlementaire, et mourut, le 8 juillet 1797, accablé sous le poids de l’âge et du chagrin. Il avait eu, en effet, la douleur de se voir précéder dans la tombe par son fils unique, qui lui avait succédé au parlement. Son dernier ouvrage, Thoughts on a regicide peace ( 1796), est le livre le plus énergique qui soit jamais sorti des presses anglaises. Comme partisulier, Burke était l’un des hommes les plus aimables qu’on pût rencontrer. J1 a paru une édition complète de ses œuvres en 16 volumes ( Londres, 1830 ). On a de James Prior Mémoir of the Life and the Caracter of Edm. Burke (2 vol., 3° édit., 1839 ), livre dont la lecture est des plus attachantes. * BURRE ( Waizuiam ), cordonnier irlandais, établi à Édimbourg, fameux assassin, et voleur de cadavres , fut arrêté dans le courant de décembre 1828, avec un de ses voisins, appelé Hare, sous la prévention d’avoir commis cette année-là trois assassinats. Tous deux nièrent les faits mis à leur charge; mais la culpabilité de Burke en ce qui touchait l'un de ces assassinats fut prouvée par témoins, en conséquence de quoi il fut condamné à mort. Peu de temps avant son exécution, il avoua, dans sa prison, avoir assassiné dans la seule année 1828 quinze individus, dont il avait vendu les corps à un médecin d’Édimbourg nommé le docteur Knox.
Un vieillard mort de maladie dans la demeure de Hare, vers la fin de 1827, lui avait inspiré l’idée de cette série de crimes. Hare, auquel le défunt était redevable d’une faible somme, ouvrit avec l’aide de Burke le cercueil, déjà cloué,
qu’ils remplirent de rognures de cuir, puis vendit le corps au docteur Knox moyennant 7 liv. sterl. 10 shellings. Le prix en fut partagé entre Hare et Burke. Le premier meurtre résultat de leur horrible association fut commis sur la personne d’un étranger logé chez Hare, loueur de chambres garnies. Lorsque cet individu se trouva endormi, Hare proposa de l’étrangler pour vendre son corps. Burke y acquiesça, et le cadavre de la victime fut porté chez Knox, qui, satisfait d’avoir un nouveau sujet, paya la marchandise qu'on lui livrait, sans prendre d’autres informations. Les autres victimes périrent de la même manière. Dans la plupart des cas, les meurtriers préludaient à l’assassinat en enivrant leurs hôtes. Hare leur comprimait le nez et la bouche, tandis que Burke leur tenait les bras et les jambes. Les corps étaient ensuite placés dans des bières, où ils avaient le temps de devenir froids et roides avant qu’on les ouvrit. Le médecin et ses aides, quelque suspectes que dussent leur paraître les circonstances dans lesquelles on leur livrait tous ces sujets anatomiques, se contentaient toujours des raisons que leur donnaient les vendeurs, qui prétendaient avoir acheté ou obtenu ces corps des parents des défunts.
La manière particulière dont Burke s’y prenait pour étouffer ses victimes fit créer alors dans beaucoup de langues le verbe burker.
La découverte des crimes si horribles commis par Burke et par Hare, son complice, crimes qui faisaient singulièrement pâlir les sacriléges prouesses commises chaque jour dans un but identique par les resurrection’s men, contribua beaucoup à faire adopter par la législature anglaise de nouvelles mesures relatives à la police des inhumations, et autorisant les écoles d'anatomie à se procurer les sujets nécessaires aux démonstrations anatomiques.
BURRHANS. Voyez BourkHANS.
BURLAMAQUI (Jean-Jacques), célèbre moraliste et publiciste, d’une famille noble et ancienne, originaire de Lucques, naquit à Genève, en 1694. S’étant distingué de bonne heure, il fut dès l’âge de vingt-six ans nommé professeur de droit naturel à l’université de cette ville. Avant d'exercer ces fonctions, il employa quelques années à voyager en France, en Hollande et en Angleterre. A Oxford il reçut les témoignages d’estime les plus flatteurs de la part des membres de l’université; à Groningue, il se lia avec Barbeyrac , qui cultivait la même science que lui, et ayant pris connaissance de ses principes , il les adopta de préférence à ceux de Puffendorf. De retour à Genève, en 1723, il se livra tout entier pendant dix ans aux soins de l’enseignement. En 1734 le prince Frédéric de Hesse-Cassel, qui avait été son élève, l’'emmena dans ses États, et le garda auprès de lui jusqu’en 1740. Depuis cette époque, sa santé l’obligeant à prendre du repos, il renonça à l’enseignement, et entra dans le conseil souverain de Genève, où il resta jusqu’à sa mort (1748).
Burlamaqui a laissé trois ouvrages, qui ont assuré sa réputation : les Principes du Droit naturel, les Éléments du Droit naturel, et les Principes du Droit politique. Dans le premier de ces ouvrages, qui, devenule manuel classique du droit naturel, servit longtemps de texte aux leçons des professeurs de Cambridge, il pose les bases du droit en général et du droit naturel en particulier, définit avec Montesquieu les lois : les rapports nécessaires dérivés de la nature des choses; cherche les fondements de la loi naturelle, non dans une volunté arbitraire, mais dans la constitution même de l’homme, considéré soit en lui seul, soit dans ses relations avec ses semblables et avec Dieu ; et poursuivant ce principe fécond dans toutes ses conséquences, déduit , avec clarté et rigueur, d’un légitime amour de soi les devoirs de l’homme envers lui-même ; de la sociabilité, les devoirs de l’homme envers ses semblables ; et de la dépendance de l’homme à l'égard de Dieu, ses devoirs envers son créateur. Les £léments du Droit naturel ne font que
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résumer et appliquer à tous les détails de la vie individuelle et sociale les principes posés dans l'ouvrage précédent. Dans ses Principes du Droit politique, sans pouvoir entrer en comparaison pour la profondeur avec l'auteur de Z'Esprit des Lois, ni pour l’éloquence avec celui du Contrat social, il donne cependant un traité élémentaire précieux pour la jeunesse, où l’on trouve plus de sagesse et de vérité que dans l'ouvrage de son’compatriote Rousseau, plus d'ordre que dans celui de Montesquieu, et qui peut servir d'introduction au second et de correctif au premier.
Les ouvrages de Burlamaqui, surtout les Principes du Droit naturel, ont été imprimés plusieurs fois et traduits dans plusieurs langues. A l’époque où, par suite de la création d’une chaire de droit naturel à la faculté de droit de Paris, l'étude de cette science prit un nouvel essor en France, M. Dupin atné donna une nouvelle édition de Burlamaqui (5 vol. in-8°, Paris, 1820 et ann. suiv.). BouiLcer.
BURLEIGH. Voyez Céciz ( William).
BURLESQUE. Ce mot vient clairement du verbeitalien burlare, se moquer. L'écrivain burlesque est un homme qui se moque de son lecteur: L'écrivain héroï-comique ne cherche qu’à l’'amuser en chantant sur le ton majestueux de lépopée de petits hommes'et de petites actions. La Batrachomyomachie d'Homère , le Lutrin de Boileau ne sont point des poëmes burlesques, mais des poëmes héroï-comiques. Le père Vavasseur, jésuite, dans un traité sur cette matière, intitulé : De ludicra Dictione, prétend que le burlesque était entièrement inconnu des anciens. Cependant, quelques auteurs parlent d'un certain Raïintovius, qui, du temps de Ptolemée Lagus, aurait travesti en burlesque quelques tragédies grecques; maïs ce fait, s’il est. constant, prouve plutôt l'antiquité de la farce que celle du genre burlesque.
On regarde communément les Italiens comme les véritables inventeurs du burlesque: Le premier, qui se signala parmi eux dans ce genre fut le Berni, qu'imitèrent le Mauro et Caporali. D’Italie le burlesque passa en France, où il devint tellement à la mode, qu'il parut en 1649 un livre sous:le titre de la Passion de Notre-Seigneur en vers burlesques. En vain a-t-on voulu. l’introduire en Angleterre, le flegme de la nation n’a jamais pu goûter celte extravagance, et à peine compte-t on dans ce pays deux auteurs qui y aient réussi. Quant à la France, ce mot y était encore tout neuf du temps de Ménage. « M. de Sarrazin, dit le celèbre critique, m'a assuré autrefois que c’était lui qui s’en était servi le premier. Quelques savants néanmoins l'ont retrouvé dans le Catholicon. » Quoi qu'il en soit de la date ét du mot; on est bien forcé de reconnaître que c’est Scarron, flanqué de Saint-Amand et de Colletet, qui le premier chez nous s’y est essayé de sang-froid et de longue haleine. Le spirituel cul-de-jatte, qui avait une femme d’un sens si profond et si froid, passait sa vie à faire du burlesque sous toutes les formes, Il lui prit un jour fantaisie de travestir de la sorte l’admirable épopée de Virgile, l'Énéide ; etil en résulta entre autres mille gentillesses, au grand ébattement de ses contemporains, cette description des pénates sauvés de Troie, qu'Énée transporte religieusement par delà les mers : c’étaient
La béquille de Priamus,
Le-livre de ses oremus,
Un almanach fait par Cassandre, |
Ou l’on ne pourait rien comprendre; ete. ete.
Et ce portrait de Didon, peint par le même :
C'était une grosse dondon, Grasse, vigoureuse et bien saine, Un peu camuse à Pafricaine,
. Mais agréable au dernier point,
Et cette plaisante critique du doute pyrrhonien, alors fort en “ogue : | d'aperçus l'ombre d'un eocher
Qui frottait l'ombre d’un carrosse Avecque l’embre d’une brosse. ;
On trouvait cela charmant à cette époque : l'hôtel. de Rambouillet lui-même en raffola, et l'engouement alla si loin, qu’il fut sérieusement question de détrôner d’Assoucy, l'empereur du burlesque, le chantre de l’Ovide en belle-humeur, un usurpateur enfin, pour remettre son sceptre entre les mains de Scarron, le seul monarque légitime. Boileau s'irrita de toutes ces misères.-Froissé par les attaques du satirique, d’Assoucy écrivit un jour : « Ami Jecteur, voilà ce que c’est que de faire du bon burlesque... Cependant ne fait pas qui veut. du bon burlesque. ».Ce mot blessait tellement Despréaux, qu’en présence de Louis XIV et de la veuve de Scarron, devenue secrètement la femme du roi, il prétendit qu’on ne voulait plus même rien lire du pauvre cul-de-jatte, ce qui lui valut de la Maintenon l'épithète de brutal. Scarron avait pourtant fait les délices de Racine, qu’il égayait beaucoup en lui lisant sa parodie de l'Enéide, quand. Boileau n'était pas là pour le lui imputer à crime. Voiture, Benserade, le sévère Marmontel lui-même ne dédaignaient pas ce genre, bien que lAcadémie Française eût lancé contre ses partisans toutes les foudres de son excommunication. Au fond, l'excellent auteur du Roman Comique griffonnait du burlesque en se Jouant et autant pour faire enrager ceux qui prenaient la chose au sérieux que pour sa propre satisfaction. Il y attachait d’ailleurs très-peu d'importance. « Je suis prêt à signer, disaitil, devant qui l’on voudra, que tout le papier que j’emploie à écrire du burlesque est autant de papier gâté. Je demande que la punition du premier mauvais plaisant qui sera atteint et convaincu d’être burlesque relaps, soit sa condamnation, comme tel, à éravailler toute sa vie sur le Pont- Neuf. » tk 46 |
Les meilleurs auteurs du temps ont fait une ‘güerre acharnée au burlesque : Molière surtout, dans les Précieuses Ridicules, dans les Femmes savantes, ete:, et Balzac l’ancien, dans ses Lettres. « Ne saurait-on rire en bon français et en style raisonnable, a dit ce dernier? On peut se travestir et se barbouiller en carnaval ; mais le carnaval ne doit pas durer toute l’année. Ces gens-là sont de érès-burlables burlesques. » Tout lemonde cependant ne prend pas la chose d’un si mauvais côté. « Le burlesque, dit M. Sandeau, est une poésie qui travestit les choses les plus nobles.et.les plus sérieuses en plaisanteries bouffonnes ; et il arrive souvent que les choses nobles et sérieuses y gagnent beaucoup. Rien n’est plus moral d’ailleurs, rien n’est plus philosophique que le burlesque : il nous fait voir que tous les objets ont deux faces ; il prouve que le sublime touche au ridicule, la grandeur à la petitesse : un poëme burlesque vaut tout un long discours de Bossuet ou de Massillon sur les vanités humaines. Quoi que l’on pense de ce genre ; c’est peut-être celui de tous qui demande le plus de verve, de saillie.et d'originalité : il est au poëme ce que la parodie est au drame, et dans le burlesqué comme dans la parodie , rien de plat, rien de forcé, rien de froid n’est supportable, par la raison que de tous les personnages le plus ennuyeux est celui d’un mauvais bouffon. » En tout cas on cultive peu ce genre de nos jours. Nos grands hommes ne s'amusent plus pour si peu. « Aujourd’hui, grâce à Dieu, dit Jules Janin, il n’y a plus de genre burlesque; il n’y a plus que des ouvrages et des auteurs naturellement burlesques : c'est un progrès, » '
BURMANN , nom d’une famille dont plusieurs membres se sont distingués dans les lettres et dans les sciences.
François Burmanx, né à Leyde, en 1628, fut successivement pasteur à Hanau, sous-régent du collége des Ordres à Leyde et professeur de théologie à Utrecht. H:mourut en 1679, laissant deux fils, Pierre et François. On a de lui plusieurs ouvrages théologiques estimés. | ‘
Pierre Bunmanx, né à Utrecht , en 1668 , fut reçu en 1688 docteur en droit, obtint en 1696 , sur la recommandation de
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Grævius, dont il avait été l'élève, la chaire d'histoire et d'éloquence, et succéda en 1715 à Perizonius, comme professeur d'histoire, d’éloquence et de langue grecque à l’université d’Utrecht. 11 mourut dans cette ville, en 1741, laissant deux fils : François, qui se distingua dans la carrière des armes, et Gaspar , qui fut membre du sénat d’Utrecht, et publia quelques ouvrages sur l'histoire de cette ville. On a de Pierre Burmann un grand nornbre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons sa dissertation De Vectigalibus Populi Romani (1694, in-4°); ses Antiquités Romaines (1711, 1n-8°), et ses savantes éditions de Phèdre (1727); d’Horace (1699, in-82 ), de Pétrone (1709 et 1843, 2 vol. in-4° ) ; de Velleius-Palerculus (1719 et 1744, in-8°); de Quintilien (1720, 2 vol. in-4°); de Justin (1722, in-12 ); de Valerius Flaccus ( 1724, in-4° ); d’Ovide 11724, 4 vol. in-4°); des Poetæ Laltini Minores (1731, 4 vol. in-4° ); de Suétone (1736, 2 vol. in-4°); de Virgile (1746, 4 vol. in-4° }, et de Claudien (1760, in-4°). Ces deux dernières ont été publiées par les soins de son neveu. On voit que Pierre Burmann avait embrassé presque tout le champ de la littérature latine, Ses éditions ne sont pas remarquables par le goût et la critique ; mais elles se recommandent par l'érudition, l'exactitude philologique , abondance des secours qu'elles offrent au lecteur et la beauté de l’exécution : quelques-unes sont regardées comme des modèles.
François , frère de Pierre, né à Utrecht, en 1671, mourut en 1719, professeur de théologie à l’université de cette ville , laissant , comme son père, de nombreux ouvrages de théologie, et quatre fils, dont deux, Jean et Pierre, se distinguèrent particulièrement. Jean, né en 1707, fut nommé en 1738 professeur au jardin de botanique d’Amsterdam, et mourut en 1780, après avoir publié, entre autres ouvrages, une Flore de Ceylan (1737, in-4°, avec 110 planche#); une Description des Plantes les plus rares d’Afrique (1738-1739, in-4, avec 100 planches ); un Herbier d’Amboine (1741-1750, 6 tom. in-fol., 669 planches); les Plantes d'Amérique, d’après Plumier (1755-60, in-fol., avec 262 planches); une Flore du Malabar (1769, in-fol. ).
Nicolas-Laurent Burmanx, fils de Jean, né à Amsterdam, en 1734, fut aussi professeur au jardin de botanique de cette ville, et mourut en 1793. On a de lui une Flore de l'ile de Corse, dans le tome IV des Nouveaux Actes de la Sociélé académique d’Upsal, et une Flore des Indes
(1768, in-4° , avec 67 planches ).
Pierre Burmanx, dit Secundus, né à Amsterdam, en 1713, marcha comme philologue sur les traces de son oncle Pierre, qui s'était chargé de son éducation. 11 fut en 1734 reçu docteur en droit à l’université d’Utrecht, succéda en 1735 à Wesseling comme professeur d'histoire et d’éloquence à Franeker, quitta cette ville en 1742 pour aller occuper à Amsterdam la chaire d'histoire et de langues anciennes, devenue vacante par la mort de d’Orville, et mourut en 1778, dans sa terre de Sandhorst. On a de lui, entre autres ouvrages, des éditions très-savantes et très-estimées , de l’Anthologie Latine (1759-73, 2 vol., in-4° ); des Sicula de d'Orville (1764, in-fol.), et de Properce (1780, in-4° ). Cette dernière était à moitié imprimée lorsqu'il mourut; ce fut un de ses élèves qui la publia. Léon RENIER.
BURNES (Sir ALExANDER) , Connu par son voyage dans VAsie centrale, naquit le 16 mai 1805, à Montrose. Après des études faites avec quelque distinction, il entra à l'âge de seize ans dans l’armée de la compagnie des Indes orientales, et fut attaché avec le grade d’enseigne à l’un des régiments stationnés dans les Indes. 11 arriva à Bombay le 31 octobre 1821, et on ne tarda pas à s’apercevoir des rapides progrès que notre jeune officier avait faits dans la connaissance des langues hindoue et persane. 11 fut placé en conséquence à Surale comme interprète; mais au mois d'août 1826 on lenvoya à l'état-major général dans la province de Koutsch,
re
position qu’il conserva pendant plusieurs années, Burnes, qui pendant ce temps se livrait sans relâche à l'étude de la géographie et de l’histoire du pays, visita dans ce but l’embouchure orientale de l’Indus. A cet elfet le commandant de l’armée de Bombay mit à sa disposition toutes les ressources désirables pour une pareille entreprise, en l’encourageant à étendre encore ses recherches sur des frontières aussi importantes pour l’Angleterre que celles du nord-ouest de l'Inde. Burnes s’offrit en conséquence en 1829 pour une expédition à travers le désert jusqu’à l’Indus, et ensuite en descendant les rives de ce fleuve jusqu’à la mer. Sir John Malcolm, connu par les services qu’il a rendus à la littérature et à la géographie asiatiques, accepta cette offre avec joie, et comprit le lieutenant Burnes au nombre des officiers à employer dans des missions politiques, parce qu'il jugeait nécessaire de lui faire obtenir par une position officielle de l'influence sur les princes de cette contrée.
Burnes commença son voyage en 1830; mais arrivé à Djaisoulmin, il fut rejoint par un exprès que lui envoyait le gouverneur général pour lui ordonner de rebrousser chemin, attendu qu’il jugeait imprudent dans ce moment d’exciter les craintes et les défiances des souverains du Sindh et d’autres États par une entreprise ayant pour but d'étudier ces régions aussi exactement que possible. Burnes se trouva de la sorte déçu dans son espoir ; mais il en fut bien dédommagé l’année suivante lorsque l’arrivée dans l’Inde d’un certain nombre de chevaux de la plus belle race offerts en cadeau par le roi d'Angleterre au maharadjah Rundjet-Singh fournit l’occasion d'utiliser de nouveau les talents de notre jeune officier. A Ja recommandation de Malcolm, ce fut Burnes qu’on choisit pour conduire ce convoi à Lahore. Le voyage depuis Mandewi dans la province de Koutsch jusqu’à Lahore dura du 1°" janvier au 18 juillet 1831. Sur toute sa route Burnes dressa des cartes et leva des plans du pays. De Lahore il traversa le Sutledge et gagna Loudiana, où il rencontra pour là première fois le schah Soudjah , l’ex-souverain du Kaboul, expulsé de ses anciens États, et alors réfugié sous la protection de l’Angleterre, qui lui faisait une pension. Au mois de décembre 1831 il arriva à Delhi, où il fut présenté au Grand- Mogol. Le 2 janvier 1832 | commença son grand voyage vers l’Asie centrale avec une inission du gouvernement indobritannique. Il en a donné l'historique dans ses Travels into Bokhara (Londres, 1834), ouvrage qui fournit les renseignements les plus précieux sur l’état de l’Afghanistan et des contrées limitrophes.
Au mois de juillet 1833 Burnes s’embarqua à Calcutta pour Londres, où il fut reçu avec la plus grande distinction. Son livre obtint un succès sans exemple ; il s’en vendit neuf cents exemplaires dans une seule journée, et la première édition lui rapporta 800 liv. sterl. Après un séjour de dix-huit mois en Angleterre, Burnes débarquait de nouveau, le 1°" juin 1835, à Bombay, où il fut promu au grade de capitaine, et d’où il dut d’abord aller reprendre son ancien poste à Koutsch. Mais dès le mois d'octobre il était envoyé dans le Sindh pour y négocier un traité de commerce relatif à la navigation de l’Indus. Rappelé à Bombay au mois d’avril 1836, il fut chargé, quand Hérat fut menacé par le schah de Perse Mohammed , d'aller négocier un traité d’alliance offensive et défensive avec les souverains du Sindh, de Kaboul, de Kandahar et de Kélat. Il partit pour cette mission au mois de novembre 1826; mais au printemps de 1838 il se vit contraint de rompre des négociations demeurées jusque alors infructueuses et de s’en revenir à Simla. Promu alors au grade de lieutenant colonel et créé barone!, il fut nommé agent politique du gouvernement anglais à la cour de Schah-Shoudjah, rétabli par l’Angleterre en possession de la souveraineté sur le Kaboul, où il trouva la mort dans une émeute de la population, le 2 novembre 1841. Pendant le séjour qu'il avait fait à Kaboul de 1836 à 1838 il avait réuni les matériaux qui lui ont servi pour écrire l’intéressant ouvrage intitulé : Cabool,
being a personal narrative of a journey to and residence in that city (Londres, 1842).
BURNET (Guserr), évêque de Salisbury, prêtre de l'Église anglicane, célèbre par ses vertus privées, par l’esprit de tolérance dont furent empreints sa conduite publique et ses différents ouvrages, de même que par l'influence qu'il exerça sur la révolution de 1688, naquit à Édimbourg, le 18 septembre 1643, d’une famille royaliste. Par les études qu’il fit en Écosse et en Angleterre, par ses voyages sur le continent, notamment en Hollande, il acquit des connaissances d’une rare étendue, mais surtout cet esprit de douce tolérance qui à cette époque était aussi étranger aux presbytériens qu'aux épiscopaux. Aussi ses adversaires avaient-ils coutume de désigner , en dérision, lui et ses partisans par le sobriquet de Zatitudinariens.
Après avoir publié en 1669 ses Dialogues entre un Conformiste et un Non-Conformiste, qui excitèrentune controverse des plus vives, et avoir été appelé à occuper une chaire de théologie à Glasgow, il écrivit contre Buchanan sa Défense de la Constitution et des Lois de l'Église et de La Couronne d'Écosse, ouvrage tout dans l'intérêt del’Église épiscopale et de la suprématie du souverain, qui lui valut les bonnes grâces de Charles II. Cependant, en même temps qu’il défendait l'Eglise épiscopale et prêchait la tolérance à l'égard des presbytériens, il déployait à Londres, où il était venu de Glasgow , le zèle le plus intolérant contre les catholiques. Cette conduite le mit fort en relief, mais lui fit perdre les bonnes grâces de Charles, et lui attira l’inimitié de Jacques II. Aussi, quand ce prince monta sur le trône, en 1683, Burnet jugea-t-il prudent d'entreprendre un voyage à l'étranger. Partout sur le continent il témoigna hautement de sa profonde antipathie pour le culte catholique. Aussi Innocent XI, qui l’avait d’abord accueilli avec bienveillance à Rome, fut-il forcé de l’en expulser.
En Hollande, où il se fitnaturaliser pour échapper aux persécutions du gouvernementanglais, il {travailla tantôt dans l’ombre, tantôt ouvertement, au moyen de pamphlets, dans les intérêts de Guillaume d'Orange. 11s’embarqua avec ce prince en 1688, et rédigea sa proclamation au peuple anglais. En 1689 il accepta de Guillaume III l'évêché de Salisbury, après avoir refusé précédemment à deux reprises la dignité épiscopale, et ses votes dans la chambre haute furent tous empreints de cet esprit de tolérance qui formait le fonds de son caractère. I1 eut toutefois la mortification de voir le parlement condamner à être brûlée par la main du bourreau une lettre pastorale dans laquelle il semblait baser sur le droit de conquête les droits du nouveau roi à la couronne. II mourut en 1715, après avoir réussi dans ses efforts pour assurer à la maison de Hanovre la succession au trône d’Angleterre.,
Comme homme privé, Burnet était doué du caractère le plus aimable; mais trop souvent les circonstances influaient sur les déterminations qu'il était appelé à prendre comme homme public. Son History of the Reform of the Church of England (5 vol., Londres, 1679-1714), ouvrage qui lui valut des remerciments publics de la part du parlement, pèche par la trop grande partialité dont il y fait preuve contre les catholiques. Son History of his own Time, publiée avec une notice biographique sur lui par son fils Thomas Burnet (2 vol., Londres, 1723-1724 ; nouvelle édition, avec les passages supprimés dans la première édition et des annotations, 6 vol., Oxford, 1823), contient de précieux matériaux pour une histoire de la révolution d’Angleterre.
BURNEY (Cuvces), connu surtout comme historien de la musique, naquit à Shrewsbury, en 1726. Initié de bonne heure par son père, et sous la direction d’un frère aîné, aux études musicales, il ne tarda pas à se soustraire à l’autorité d’Arne, qui lui avaïit été donné à Londres pour second maitre (1744-1747), accepta une place dans un orchestre, et se mit à donner des leçons. Trois pièces qu’il composa