CÉCROPS
lius prononçât sur .e mérite de cette pièce, Le vieux poita était à table quand Térence entra; il lui fit donner un petit siége ; mais à peine avait-il entendu lire la première scène qu’il se leva et fit asseoir son jeune émule à ses côtés; l’Andrienne fut bientôt représentée grâce à ses chaleurewes recommandations : rare exemple de justice et de bienveillance renouvelé depuis par Apostolo Zeno à l'égard de Métastase.
CÉCITÉ (en latin cæcitas). On entend par ce mot la privation de la faculté de voir. Cet état ne constitue pas une maladie, mais il est le résultat de quelque autre affection qui s’oppose à l’arrivée des rayons lumineux dans la profondeur du globe oculaire. Ainsi sont atteints de cécité ceux qui sont affectés d’ophthalmie intense, de taies, d’ulcères, de staphylôme de la cornée, de l’occlusion de la membrane papillaire, de cataracte,eto. +
CÉCOGRAPHLIE ( de cæcus, aveugle, et ypugetv, écrire). Les aveugles, en général, compensent par la délicatesse du toucher, qu’ils possèdent au plus haut degré, l'absence du sens de la vue; aussi sont-ils capables d’ap prendre toutes sortes d’arts et de sciences. Voici en peu de mots la manière très-simple de leur montrer à écrire : dans une fable de métal sont gravés en creux les divers caractères de l'alphabet; le jeune aveugle, tenant un stylet dans la main droite, suit les contours de ces caractères. Après un exercice plus ou moins long, changeant le stylet pour un crayon, il est en état de tracer toutes les lettres sur le papier; mais il a encore à surmonter plusieurs difficultés : il est incapable d'écrire les caractères sur une même ligne droite de façon qu’étant assez rapprochés, ils ne s’entre-coupent pas. On lève cet obstacle à l’aide d’un instrument fort simple : représentez-vous un gril formé de fils de métal ou de toute autre matière; ces fils sont espacés d’une quantité égale à celle qu’on se propose de donner aux lignes d'écriture. La feuille de papier étant placée immédiatement au-dessous du gril, laveugle-écrivain trace nécessairement ses lettres en ligne droite, et, pour que la lettre qui doit suivre celle qu’il vient de former, en soit distinctement séparée, il suit la marche du crayon avec l'index de la main gauche, Il est aisé de concevoir qu'avec de l'exercice l’aveugle peut ainsi apprendre à écrire d’une manière passable.
CECROPS, premier roi de PAttique ( à laquelle était jointe alors la Béotie ), ou du moins le premier des chefs de cette contrée qui ait laissé des souvenirs par des institutions, et qui ait commencé à la doter d’un principe de civilisation durable. Il paraît être venu d'Egypte, et aborda, dit-on, en Attique, vers 1550 avant J.-C. Cent-quatre-vingtneuf ans avant ce chef, un prince nommé Og ygès y avait conduit une colonie de Pélasges. On attribue, peut-être avec un peu de complaisance, à Cécrops l'honneur d’y avoir répandu tous les éléments de la vie sociale, l'institution du mariage, des dieux positifs et possédant un nom et des attributs, à la place de dieux vagues et incertains, la culture de la vigne, des temples ou enceintes sacrées, qui servaient aux habitants de centres de réunion. La défense de sacrifier aux dieux rien qui eût eu vie ( Paus., vu, 2 ) fait entrevois les efforts de Cécrops pour abolir les sacrifices humains, en usage chez les Pélasges, surtout en Arcadie, et dont le sacrifice d’Iphigénie atteste la continuation plusieurs siècles après dans d'autres contrées de la Grèce.
Ce qu'il yade plus clair dans tout ce que l’on dit de Cécrops ; c’est que ce prince rapporta d'Égypte le personnage mythologique et le culte d'Afhéna ou Minerve, la Neitha de sa terre patrie, et celui de Poseidon ou Neptune, peutêtre pour enseigner à ses nouveaux sujets l’importance de la navigation et sanctifier en quelque sorte sa propre arrivée par mer en Aftique. Les attributs de ces deux divinités, tels qu'ils étaient alors admis, ne sont même pas bien connus , etsi l’olivier croissait sous les auspices de Minerve, on ne sait si dès lors le cheval hondissait sous la protection
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de Neptune. Rien, en effet, n’a été plus mobile que les idées cosmogoniques, morales ou politiques attachés par les Grecs à leurs diverses divinités.
L’honneur d’avoir fondé l’aréopage, ce célèbre tribunal d’une sagesse presque divine, n’appartient pas sans conteste à Cécrops; et si cette institution dura si longtemps, ce serait peut-être une raison de croire quelle date d’une époque plus récente, du moins en ce qu’elle eut de grand, de régulier et de sage. Cécrops est done un nom chronologique plutôt qu’un personnage authentique; nom sous lequel la tradition a bien pu successivement grouper les faits et gestes de divers personnages ayant joué un rôle plus ou moins important dans l’histoire primitive de diverses contrées de la Grèce , notamment de la Béotie. Les mythes grecs représentent Cécrops comme un être moitié homme et moitié dragon. François GaiL.
CÉDILLE. On a défini la cédille une pelite virgule qui sert à adoucir le c. Cependant, dit Ch. Nodier, « il n’y à aucun rapport , entre une virgule et une cédille; la cédille n’adoucit pas le €, elle le métamorphose. II faut dire : signe qui donne au c la valeur de ls, devant l’a, l’o, l'u et leurs nasales ; et convenir, s'il y a lieu, qu'il est fort ridicule d'employer ce signe pour donner à une lettre une fausse valeur, qui réside dans un des autres éléments de la langue. » IL est néanmoins diflicile de souscrire à cette excommunication lancée contre la cédille, qu’on ne pourrait
“remplacer par la lettre s dans tous les mots où l'on rencontre le ç. Il est clair, par exemple, que la prononciation des mots façade, façon, caparaçon, etc., et de tous ceux où le ç se trouve entre deux voyelles, devrait changer avec la substitution de ls, qui, d'après une règle générale, prend le son du z lorsqu'elle est placée au milieu d’une syllabe entre deux voyelles.
Quant à la figure de la cédille, il faut reconnaître qu’elle s’est insensiblement éloignée de celle que lui attribue son origine, et qu’elle a, en effet, dans tous nos anciens livres et imprimés, c’est-à-dire celle d'un petit c, en espagnol cedilla, d'où a été fait notre mot cédille. Ce qu'il y a de bizarre aujourd’hui dans cette étymologie, c’est que les Espagnols ont totalement banni depuis longtemps de Ja langue écrite et de l'impression le ç (C con cedilla), pour y substituer partout Ps et le z. Nous voilà donc héritiers dun signe répudié par ceux-là mêmes de qui nous le tenions, à moins qu’on n’en pense découvrir le type primitif dans le sigma des Grecs, ainsi figuré ç.
Ajoutons d’ailleurs en faveur du ç, que sa destination spéciale est d'indiquer l’éfymologie de certains mots, et de leur servir de lettre caractéristique en transmettant du radical au dérivé, non-seulement la forme, mais encore la prononciation qui les fait reconnaître comme appartenant à la même famille. Aïnsi le mot façade, est fait du mot face dans lequel le c est doux; le mot façon vient du verbe facere ; le mot caparaçon a été emprunté aux Espagnols, qui l’écrivent aujourd'hui caparazon, mais le prononcent avec un accent qui approthe bien plutôt du ç que du z; ainsi les mots glace, glacer ont dû former les mots glaçant et glaçon; de menace on a dù faire menaçant; de France, Français ; etc. Edme HÉREAUù,
CÉDO-NULLI, nom vulgaire de deux coquilles, l’une du genre cône, l'autre du genre came. Ce nom, qui signïlie : je ne Le cède à nulle autre, indique la beauté peu commune de ces coquilles.
CÉDRAT, fruit du cédratier (citrus medica, Risso), espèce du genre citronnier. Le cédrat se distingue par la grande épaisseur de son écorce proportionnellement au faible volume de sa portion pulpeuse, qui est fort peu succulente, moins acide et moins parfumée qué celle des limons ; aussi on ne fait guère usage que de cette écorce, que l'on confit au sucre : C'est ce que dans le commerce on nome cédrats confits.