CEDRE
L'huile essentielle de cédrat, employée dans la parfumerie, est une huile volatile d’un arôme fort agréable, et que l'on obtient par la distillation des restes de cédrats. L'odeur de cette huile est analogue à celle des huiles de bergamote et de citron, dont elle a les propriétés.
CEÉDRE. Cet arbre majestueux est célèbre dans toute l'antiquité par la beauté imposante de son port et par l’incorruptibilité attribuée à son bois. Tournefort plaça le cèdre dans son genre mélèze, et Linné en fit une espèce de pin. Mais M. Richard a proposé de le considérer comme le type d’un nouveau genre, appartenant à la famille des conifères de Jussieu, et qu’il caractérise de la manière suivante : Les fleurs sont monoïques, formant des chatons; les chatons mâles sont ovoide-allongés ; chaque fleur se compose d’une seule étamine obovoïde-allongée, marquée d’un sillon profond, et se terminant supérieurement par une lame dressée et ciliée ; les chatons femelles terminent les jeunes rameaux, au sommet desquels ils sont solitaires ; ils semblent ovoïdes, oblongs, presque cylindriques, formés d'écailles imbriquées, très-obtuses, qui offrent à leur base externe une seconde écaille beaucoup plus petite. A la partie intérieure de la face interne de chaque écaille, on trouve deux fleurs renversées, intimement confondues avec l’écaille par leur partie supérieure; leur calice forme un petit tube recourbé en dehors, proéminent et irrégulièrement denticulé à son ouverture; on observe dans son fond un ovaire tout à fait libre. Les cônes sont ovoiïdes, arrondis, dressés, etterminent les jeunes ramifications de la tige; à la base de chaque écaille existent deux fruits qui se terminent supérieurement et latéralement par une aike longue et membraneuse, qui part d’un seul côté; la graine contenue dans ces fruits a son tégument mince, recouvrant un endosperme blanc et charnu, dans lequel on trouve un embryon allongé, cylindrique, offrant de neuf à douze cotylédons.
Ce genre contient trois espèces : le cèdre du Liban, le cèdre de l'Atlas et le cèdre Deodara. Le cèdre du Liban (cedrus. libani, Barrelier), cedrus des Latins, xéôgos des Grecs, arez des Hébreux, est un des plus beaux et des plus grands arbres que l’on connaisse. Il atteint jusqu’à trente-deux mètres de hauteur, et son tronc, avec les années, huit ou dix mètres, et même plus, de circonférence. Il se divise en ramifications nombreuses, qui s'étendent horizontalement, excepté celles du centre, qui sont dressées et presque verticales. Les feuilles sont courtes, subulées, éparses sur les jeunes rameaux, solitaires et persistantes. Les cônes qui succèdent aux chatons des fleurs femelles sont ovoides, composés d’écailles coriaces, imbriquées, très-serrées, et il faut plus d’un an pour que les graines qu'ils renferment parviennent à leur maturité. Cet arbre, qui formait au temps de Salomon de magnifiques forêts sur les pentes du Liban, y est maintenant devenu très-rare, et Labillardière qui visita cette montagne en 1787, évalue à une centaine au plus le nombre des cèdres qui s’y trouvaient épars çà et là. Cette espèce n’est d’ailleurs pas particulière à cette contrée : elle se retrouve dans l’Asie-Mineure, sur le mont Taurus et sur le mont Aman ; mais aucun voyageur moderne ne paraît l’avoir observée en Crète ni en Chypre, où elle a été indiquée par les anciens. D'ailleurs, elle est aujourd’hui tout à fait naturalisée dans nos climats, et on en voit souvent de superbes individus dans les parcs et dans les grands jardins. L'un des plus beaux et des plus anciens que nous ayons en France est celui que l’on admire dans la partie du Jardin des Plantes de Paris connue sous le nom de Labyrinthe. 1 fut apporté d'Angleterre, en 1734, par Bernard de Jussieu, et il forme aujourd'hui un vaste dôme de verdure. Malheureusement, sa flèche ayant été détruite par accident, il a cessé depuis lors de s'élever; mais ses branches se sont d'autant plus étendues latéralement, C’est au mois d'octobre que le cèdre fleurit dans notre climat, Son bois est léger, d'un blanc roussâtre, veiné, en un mot assez difficile à dis-