CEINTURE DE VIRGINITÉ — CÉLASTRE
porté par elles dans un château tout étincelant d’or et de pierreries, il fut insensible aux caresses dela plus belle d’entre elles, de Galathée. Il cachait les billets doux de sa maîtresse dans la doublure de son chapeau; il déposait les siens sur la gorge de sa bergère endormie. Non moins charmant sous les habits des bergères que les plus charmantes d’entre elles, une fois il se déguisa sous une jupe de gaze qui ne le couvrait que depuis'la ceinture jusqu'aux genoux, au risque d’être lapidé s’il eût été reconnu ; une autre fois, il se travestit en nymphe, dont la coiffure de nuit était fort simple : « C'était, dit d’Urfé, une espèce de petit bonnet blanc, garni de dentelles, et dont les deux côtés accompagnaient le visage et se joignaient sous le menton avec un ruban qui le nouaïit. » On voit que la coiffure des nymphes au cinquième siècle était, à peu de chose près, celle de nos grisettes d’anjourd’hui. D'ailleurs, ajoute d’Urté, « les cheveux blonds et naturellement frisés de Céladon étaient devenus si grands depuis ses malheurs, qu’il fut aisé de le coiffer avec des rubans et des fleurs. » Ainsi que les grands seigneurs, « Céladon voyagea trois ans en Jfalie, amant absent, mais fidèle, non en habit de bureau (de bure), non en sabots (ainsi s'exprime d’Urfé dans sa préface }, non en accoustrements mal faits comme les gens de village, mais une houlette en la main, peinte et dorée, vêtu de
{affetas, avec une panelière bien troussée, et quelquefois
faitede toile d’or ou d’argent. » Voilà, quant au physique et à la toilette, le vrai Céladon ; quant au style, jugez-en par la seconde lettre de Céladon à la bergère Astrée : « Belle Astrée, mon exil a esté vaincu de ma patience : fasse le ciel qu'il l'ait aussi esté de vostre amitié : je suis parti avec tant de regret, et revenu avec tant de contentement, que n’estant mort ny en allant ny en revenant, je témoigneray tousjours qu’on ne ne peut mourir de trop de plaisir ny de trop de déplaisir. Permettés-moy donc que je vous voye, afin que je puisse raconter ma fortune à celle qui est ma seule fortune. »
Ce beau parler est particulièrement affecté à Céladon par l’auteur : les autres héros du roman en sont moins entachés. D'Urfé fit son Céladon doucereux, comme Homère avait fait son Achille impitoyable ; le héros et le berger sont demeurés des types; on dit : c’est un Céladon, comme on dit : c'est un Achille. DENNE- BARON.
CELANO , petite ville de l'Italie méridionale (prov. d’Aquila), sur le lac du même nom, le lacus Fucinus des anciens, complétement détruite en 1223 par Frédéric HI, en punition de ce qu’elle avait abandonné son parti, n’a jamais pu se relever des suites de cette catastrophe. Le lac, long d'environ 22 kilomètres sur 11 à 15 de largeur, n’est pas seulement célèbre par sa richesse en poissons, mais aussi par le canal de dérivation que l’empereur Claude fit creuser de l’an 44 à l’an 54 de notre ère, parallèlement au Liris (Garigliano), pour prévenir les fréquents débordements du lac et rendre à l’agriculture de vastes étendues de terrain. Tacite décrit la fête grandiose que l’empereur donna à l’occasion de l'achèvement de cette entreprise, qui exigea {1 années et 30,000 travailleurs. Adrien rouvrit ce canal, qui s'était obstrué; mais il est probable qu’il ne tarda pas à s’ensabler de nouveau, et ce n’est qu’en 1826 que le gouvernement napolitain y fit exécuter les réparations nécessaires. II a trois mille pas de longueur et traverse tout le Monte-Salviano, dans lequel il a fallu lui tracer une voie en taillant le roc dans le vif.
CÉLASTRE (de x#\aorpoy, nom donné par Théophraste à un arbrisseau aujourd’hui indéterminé), genre type de la famille des célastrinées, démembrée par les botanistes modernes de celle des rhamnées. Le genre célastre se compose d’arbrisseaux d'Amérique et du cap de Bonne-Espérance. On en cultive dans nos jardins d'ornement plusieurs espèces , dont les principales sont : 1° le célastre grimpant (celastrus scandens), du Canada, nommé vulgairement
CÉLASTRE — CÉLÈRES
bourreau des arbres, parce qu’il étouffe et fait périr les arbres auxquels ils s'attache, arbrisseau volubile de quatre mètres de haut, dont les feuilles sont ovales, aiguës et dentées, les fleurs ( mai et juin) petites et verdâtres, les fruits rouges, à trois cornes et d’un effet singulier; 2° le cé/astre à feuilles de buis ( celastrus buæifotius ), du Cap, haut de un mètre, avec des rameaux épineux et des feuilles sem blables à celles du buis, mais plus grandes, et donnant tout l'été des fleurs petites, blanches et disposées en corymbes, suivies de fruits rouges et oblongs; 3° le célastre mulliflore (celastrus multiflorus ), du Cap, haut de deux mètres, ayant des tiges droites et épineuses, des feuilles petites, ovales et dentelées , des fleurs petites et blanches ; 4° le célastre luisant, petit cerisier des Hottentots ( celastrus lucidus), du Cap, à feuilles ovales, épaisses, et armées au sommet d’un aiguillon crochu, donnant, en avril et en septembre, des fleurs blanches, suivies de fruits rouges semblables à des cerises. Toutes ces espèces se multiplient de graines ou de marcottes.
CELEBES , l'une des îles de la Sonde, non loin de l’Asie méridionale, à l’est de Bornéo, compte sur une superficie de 1407 myriamètres carrés une population de 3 millions d'habitants de diverses races malaises, dont les plus connues sont au sud les Bouduis et sur la côte de l'ouest les Macassars. L'ile a la forme d’un are allongé, étroit, ouvert à l’est, du milieu duquel s'étendent deux langues de terre servant à former les baies de Tomini, de Tolou et de Boni. Du nord au sud s'étend la chaîne montagneuse de Bouthaïm, haute de 2,666 mètres, sur les deux versants de laquelle règnent des saisons complétement opposées. L'intérieur en est encore fort peu connu. La plupart de ses cours d’eau viennent se déverser dansla mer ; mais ils sont souvent d’uneextrême rapidité ; de ce nombre sont le Macassar, le Boli et le Tsinrana. L'air, toujours imprégné, dans ces parages, d’une chaleur étouffante, y est rafraichi par des vents soufilant régulièrement du nord ou par des vents de mer. La saison des pluies dure de novembre à mars. Les orages y sont fréquents, et on y ressent de temps à autre des secousses de tremblement de terre. Le sol, notamment sur les côtes les plus basses, est très fertile; des montagnes et des vallées couvertes d'une éternelle verdure s’y succèdent alicrnatiyement.
Les principales productions de l'ile sont les perles, les diamants, l'or, le cuivre, l’étain, les fruits du Sud, les cotons, les palmiers, les cocotiers, les boïs d'ébène, de sandal et de sapan, les bambous, les mangles, les melons d’eau, les bananes, les noix d’arèque, le bétel le riz, le camphre, le poivre et l’opium; viennent ensuite les animaux sauvages ou domestiques, tels que les singes, les bufles, les babiroussas, les cerfs, les chevreuils, les’ daims, les sangliers, les élans, les plus magnifiques perroquets, les abeilles, les nids d'oiseau comestibles, les serpents et les crocodiles. Les Boudgis musulmans, mêlés aux Macassars, habitent tout autour des côtes; c’est une race d'hommes vigoureuse, quoique assez mal conformée, mais remarquable par une physionomie pleine de vivacité, et d’origine malaise. Leur langue forme deux dialectes, celui du Macassar et celui de Boudgis, et leur écriture a beaucoup de ressemblance avec celle des Javanais. Les Boudgis font preuve de dispositions toutes particulières pour le commerce. Ils s’y livrent soit pour leur propre compte, soit comme expéditeurs-commissionnaires, ou encore comme affréteurs ; et leurs relations commerciales s’étendent jusqu’à Calcutta. L'intérieur de l'ile et les montagnes de la côte sont habitées en outre par les Dayaks, peunlade de même origine que les Dayaks de Bornéo.
La possession de cette île est d’une grande importance pour les Hollandais, non pas seulement à cause du commerce, car la dépense qu’elle leur occasionne, notamment pour la garnison qu’ils y entretiennent, dépasse le produit qu’ils en tirent, mais surtout parce qu’elle est la clef des Moluques
qu’elle sert à approvisionner en grande partie de riz et autres objets de première nécessité. La résidence du gouverneur est au fort Rofterdam , près duquel on trouve le bourg de Vlaarding, grand centre commercial habité par des Hollandais, des Chinois et des Macassars, bâti sur l’emplacement même où s'élevait Macassar, jadis capitale de Ja partie sud-ouest de Pile.
CELEBRANT, On donne spécialement ce titre ou cette qualification, dans l’église romaine, à l'évêque où au prêtre qui offre le saint sacrifice de la messe, pour le distinguer du sous-diacre et des autres ministres qui l’assistent à l'autel dans l'exercice de son ministère.
CÉLÉBRITÉ ( du latin celebritas ). « Le désir d’occuper une place dans l'opinion des hommes, dit Duclos , a donné naissance à la réputation, à la célébrité et à ja renommée, ressorts puissants de lasociété, qui partent du même principe, mais dont les moyens et les effets ne sont pas totalement les mêmes. L'esprit, le talent, le génie, procurent la célébrité; Cest le premier. pas vers la renommée, qui ne diffèrent que par plus détendue; mais les avantages en sont peut-être moins réels que ceux d’une bonne répulalion. » Le désir de la célébrité peut devenir une mauvaise passion et entraîner à des actes déplorables. Le désir de la réputation n’a pas le même écueil ; il ne peut jamais dégénérer en un sentiment blâmable; car il n’a jamais qu’un seul but, l’estime publique, et pour l'obtenir, une seule voie, celle de l'honneur et de la probité. Pour les femmes, la célébrité porte souvent atteinte à la réputation. « Si l’on réduisait la célébrité à sa valeur réelle, dit encure Duclos, on lui ferait perdre bien des sectateurs. Quand le désir de la célébrité n’est qu’un sentiment, il peut être, suivant son objet, honnête pour celui qui l’éprouve, et utile à la société. Mais si c’est une manie, elle est bientôt injuste, artificieuse et avilissante par les manœuvres qu’elle emploie : l’orgueil fait faire autant de bassesses que l'intérêt. Voilà ce qui produit tant de réputations usurpées et peu solides. »
[Les synonymes célèbre, illustre, fameux, renommé, sont des termes relatifs à l'opinion que les hommes ont conçue de nous, sur ce qu'ils en ont entendu raconter d’extraordinaire, Fameux ne désigne que l'étendue de la réputation, soit que cette réputation soit fondée sur de bonnes ou de mauvaises actions, et se prend en bonne et en mauvaise part : on dit wn fameux capitaine ct un voleur fameux. Illustre marque une réputation fondée sur un mérite accompagné de dignité et d'éclat. On dit Les hommes illustres de la France, et l'on comprend sous cette dénomination les grands capitaines, les magistrats distingués, et les auteurs qui joignent des dtgnités au mérite. Célèbre offre l'idée dune réputation acquise par des taiens réels ou supposés, et n’emporte point celle de dignité. Renonvmé serait tout à fait synonyme à fameux, s'il se prenait en bonne et en mauvaise part; mais il ne se prend qu'en bonne, et n’est relatif qu’à l'étendue de la réputation. Peutêtre marque-t-il une réputation un peu moins étendue que fameux. Fameux , célèbre , renommé, se disent des personnes et des choses. Z{lustre ne se dit que des personnes. Erostrate et Alexandre se sont rendus fameux, lun par Pincendie du temple d'Ephèse, l’autre par le ravage de l'Asie. La bataille de Cannes illustra les Carthaginoïis. Horace est célèbre entre les auteurs latins. La pourpre de Sidon était aussi renommée chez les anciens, que la teinture des Gobelins parmi nous. Diperor.]
CELERES. C'était le nom que portaient les trois cents hommes dont Romulus fit sa garde particulière, et que, selon Denys d'Halicarnasse, il prit dans les meilleures familles de Rome, en les faisant choisir par les suffrages des 30 curies (10 par chaque curie). On a dit que ce nom leur venait de leur chef, qui rendit de grands services à Romulus, et qui fut celui qui tua Rémus, ou bien du mot latin celer, à cause de ja promptitude avec laquelle ils exéeufaient
les ordres qui leur étaient confiés. Cette garde était à cheval, armée de piques ; elle suivait partout Romulus, combattant près de sa personne, le couvrant de son corps, Commençant et finissant toujours le combat, Plus tard, d’après Pline et Festus, ce nom fut donné à {oute la cavalerie, qui Péchangea d’abord contre celui de flexumines, puis enfin, contre celui de {rossuli, parce que cette arme, seule et sans le secours de Pinfanterie, prit la ville de Trossulum, en Étrurie. Plutarque, dans la Vie de Numa, dit que la première action de ce prince pacifique fut de casser la compagnie des 300 gardes nommés célères, se persuadant qu’il devait répondre à la confiance de ses sujets par une confiance mutuelle, ou renoncer à la couronne, s’il se défiait d'eux. Cependant il est certain que les célères subsistèrent autant que les rois. Nous voyons dans Denys d’'Halicarnasse les tribuns des célères chargés par Numa lui-même de certains sacrifices. Cet historien, d'accord avec Tite-Live, donne à Brutus le titre de tribun des célères, quand Tarquin fut chassé de Rome. C’était, selon Denys d’Halicarnasse, la plus grande dignité de l’État après celle de roi; elle donnait le droit d’assembler le peuple; et Brutus, que le tyran n’en avait revêtu que parce qu’il le croyait imbécile, s’en dépouilla pour établir des consuls. Pomponius, au Digeste, dit, en parlant des rois : Zisdem temporibus, tribunum celerum fuisse constat. Is autem erat qui equilibus prœeral, et veluli secundum locum à regibus oblinebat ; quo in numero fuit Junius Brutus, qui auctor fuit reges ejiciendi. Ce tribun des célères était donc commandant-général de la cavalerie. On fit revivre cette charge au temps de la république, sous le titre de magister equitum, toutes les fois qu'on créait un dictateur. Plutarque veut donc seulement dire que, Numa cessant d’avoir 300 cavaliers pour »q garde, ils ne furent plus alors distingués des autres casaliers; et, comme c’était la plus noble partie de la cavalerie, elle donna son nom à tout le reste. Depuis les rois, il n’est plus parlé des célères. Brutus, selon les apparences, en abolit le nom quand il en quitta le commandement, et c’est alors qu'ils prirent celui de fleæumines. Edme HÉREAU
CÉLERI. On nomme ainsi l'apium graveolens, espèce du genre ache, de la famille des ombellifères. Le céleri est originaire des parties méridionales de l'Europe et de la France, äe l'Italie surtout, circonstance qui l’a fait désigner par ournefort sous le nom d’apium dulce Ilalorum. On le trouve dans les lieux humides, dont le sol est naturellement généreux , et aux bords des ruisseaux, surtout de ceux dont le cours est entretenu par des eaux claires et saines. Là, cette plante surpasse la plupart des autres plantes ses yoisines, par sa force et l'abondance de son feuillage, qui est d’un beau vert, ainsi que par la grosseur très-développée des nervures de ses feuilles; en cet état de nature ses racines sont fortement développées, blanches en dedans, rouge-rose et panachées en dehors.
Transporté dans le jardin potager, le céleri sanvage que nous venons de mentionner a produit, par une heureuse application du génie horticultural, de la patience et du fravail, le céleri à couper ou petit céleri, lequel présente trois variétés, à savoir : le petit céleri blond, le pelit céleri vert , le petit céleri rose , ou ayant de légères stries roses et panachées. Ces variétés se cultivent pour les salades, usage pour lequel le petit céleri blond est ordinairement préféré. Elles se sèment comme la petite chicorée sauvage , la petite laitue on la pimprenelle, se coupent comme ces dernières plusieurs fois et repoussent sur un simple arrosement pour produire comme elles des salades vertes, dont Il se fait unetrès-grande consommation à Paris en toutes saisons, au printemps surtout, 11 faut rapporter au céleri à conper, le céleri nain frisé, tendre, cassant, blond, variélé du pelit céleri, el qui prévaudra nécessairement sur ce dernier, parce qu'il est plus tendre et plus joli en salade,
CÉLÈRES — CÉLERI
Nous avons remarqué dans le céleri sauvage une tendance marquée à croître vivement en tous sens : ainsi, si le céleri à couper, qui en est le premier perfectionnement, se trouve oublié par le couteau du jardinier, ou bien si quelques pieds ont pu vivre isolés sur les bords des planches de céleri à couper, on les voit s'élever et produire de longues feuilles dont les nervures (côtes), déjà très-fortement dessinées, sont un acheminement vers le grand céleri à côtes creuses, qui présente trois variétés , le blanc, le rose et le panaché, dont nous parlerons peu, parce qu’ils sont abandonnés depuis qu'une culture soignée dans la terre généreuse des potagers les a fait passer à l’état de céleris connus sous les noms ‘des trois grands céleris, plein blanc, plein rouge et plein panaché, qui sont les espèces le plus généralement cultivées. De ces trois céleris pleins sont sortis le céleri turc, moins élevé qu'eux, mais dont les côtes blanches sont plus grosses, plus épaisses et plus tendres; le céleri de Prusse, également très-gros, extrêmement tendre et d’une blancheur parfaite; le céleri violet de Touraine et ses deux variétés rose et panachée, tous trois remarquables par leur délicatesse et leur grosseur, qui surpasse, dans le violet de Touraine surtout, la grosseur des autres céleris. Ces cinq sousvariétés de la plante qui nous occupe sont des conquêtes heureuses, plus ou moins récentes, du jardinage, et ne se voient encore que dans les potagers considérables; mais ils sont destinés à faire oublier à leur tour les céléris pleins ordinaires, qui ont eux-mêmes fait oublier les céleris creux.
Les céleris à couper se cultivent pour être employés en salade, ou bien pour en obtenir les graines qui, comme celles de la plupart des ombellifères, jouissent de propriétés stimulantes. Ces graines entrent dans le commerce de la graineterie, de la pharmacie, de la droguerie, de l’herboristerie, etc. Nous ajouterons que les distillateurs savent en tirer parti pour les faire entrer dans la composition de plusieurs liqueurs de table. Quand aux grands céleris creux, s’il pouvait être question de les cultiver, ce ne serait que dans la vue d'en obtenir les semences dont nous venons de parler, dont ils produiraient, à la vérité, une plus grande quantité que les petits céleris, et alors il faudrait les semer en place comme ces derniers, ou mieux encore les semer, comme on dit, en pépinière, et les replanter à quarante centimètres de distance , en terre normale. Les céleris pleins et leurs sousvariétés seront semés, soit sur couche, soît en pleine terre, selon le pays, la saison ou la température , replantés en terre normale et placés ensuite, en automne, l'un à côté de l’autre, dans des planches ou plates-bandes creuses, qu’on remplira de terreau sain et léger, ou de fumier court, de manière que chaque pied de céleri en soit enveloppé dans toute sa longueur, et puisse , ainsi privé d’air et de lumière, acquérir plus de tendreté, échanger sa couleur plus ou moins verte en une couleur blanche, tout en conservant dans les variétés colorées les nuances qui les caractérisent. Le céleri en cet état est tendre, cassant, reste dans le jardin jusqu'aux froids, et se met ensuite soit à la cave, soit dans des serres sombres, où la gelée ne pénètre pas. 11 se mange cru et cuit sous diverses formes de mets.
J1 nous reste à parler du céleri-rave. Les racines de cet excellent légume sont arrondies, turbinées, tendres, moelleuses , ont une pulpe d'autant moins aromatique, d'autant plus douce qu’elles sont plus grosses et plus rapprochées de la forme ronde; leur volume est celui d’un moyen nayetturneps : on sème le céleri-rave selon le climat et la saison, soit sur couche, soit en pleine terre, et dans l'un et l'autre cas on le replante en pleine terre dans le sol le plus généreux possible, à vingt centimètres de distance , et plus il recevra d'arrosements, plus il produira des racines fortes : celles-ci seront rentrées en hiver et conservées comme les pommes de terre, Le céleri-rave, qui a une sous-variété veinée de rouge et une autre à feuille friste, se mange comme le cardon et de diverses autres manières,