BURNES — BURNOUF
pour Drury-Lane, Robin-Hood, Alfred et Queen-Mab, ne lui ayant rapporté que de faibles profits, il quitta la capitale. A Norfolk il conçut le plan du grand ouvrage, qui l’a rendu célèbre, et projeta dès lors de parcourir l'Europe pour en recueillir les matériaux. Mais, cédant aux sollicitations du duc d’York, il revint à Londres en 1760, où on rendit cette fois toute justice à ses compositions et à son talent : de sorte que l’université d'Oxford crut devoir lui décerner le titre de docteur en musique. De 1770 à 1%72 Burney parcourut la France, l'Italie, les Pays-Bas et l’Almagne. Le résultat de ce voyage fut son ouvrage intitulé : Present State of Music in France and Italy (2 vol., Londres, 1772), livre qui ne brille pas toujours par l’impartialité et l'exactitude, et enfin sa General History of Music, Jrom the earliest ages to the present period (4 vol., Londres, 1776-1789). Entre autres ouvrages précieux, on a encore de lui une vie de Hændel. Il mourut en 1814, organiste de l'hôpital de Chelsea.
Parmi les membres de sa nombreuse famille, qui tous brillèrent à différents titres, sa seconde fille, M”° Francisca d’Arblay, se distingna surtout par la publication de plusieurs romans, publiés sous le nom de miss BurNeyx. Evelina (1773), Cecilia (1785), Georgina (1789) et Camilla (1797) furent, au temps où ils parurent, les livres à la mode, et ils ont encore conservé aujourd’hui de la valeur, à cause de la netteté et de la délicatesse de touche avec lesquelles y sont décrites les mœurs de l’époque. Après avoir été longtemps femme de chambre de la reine, épouse de Georges III, miss Burney avait épousé un Français, M. d’Arblay, qu’elle suivit à Paris en 1802; mais en 1812 elle revint en Angleterre, où elle est morte au mois de janvier 1840.
BURNLEY, ville industrielle d'Angleterre (Lancashire), à 38 kilom. nord de Manchester, doit sa prospérité croissante à ses nombreuses fabriques et usines, ainsi qu'aux dépôts houillers de ses environs. Elle possédait, en 1871, 31,608 habitants.
BURNOURF (Jean-Louis) , helléniste français, naquit le 14 septembre 1775, à Urville (Manche). Il acheya ses études au collége d’Harcourt, où il remporta Le prix d’honneur, sous la direction de Guéroult, qui, en 1808, le fitentrer -au lycée Charlemagne, d’abord comme professeur suppléant ; il passa bientôt au lycée Impérial comme professeur titulaire de rhétorique, fonctions qu'il exerça jusqu'en 1826, où il futnommé inspecteur de l’Académie de Paris. En même temps maître deconférences à l'École-Normale , de 1811 à 1822, et professeur au Collége de France depuis 1817, il a dans ce triple enseignement formé le plus grand nombre des professeurs qui pendant les dernières années de l’Empire et sous la Restauration entrèrent dans la carrière de l'instruction publique. Dans ces trois chaires M. Burnouf déploya cette solidité de savoir, cette connaissance approfondie des langues anciennes, et ce goût sûr, infaillible, qui l’ont fait reconnaître par la nouvelle université pour son maître.
Mais ce n’est pas seulement comme professeur que M. Bur nouf a rendu de si grands services à l’enseignement public. 11 avait reconnu l’insufhsance des livres élémentaires suivis en France, en particulier pour l'étude de la langue grecque. 11 s’attacha à simplifier les règles , à les ramener à des principes clairs , et à suivre la marche analytique qui va du connu à l'inconnu. Le résultat de ce travail fut la Méthode pour étudier la Langue Grecque qui parut au mois d'octobre 1814. On peut dire que de cette époque datent les progrès que firent les études grecques dans les écoles de la France, Les élèves de l'École-Normale popularisèrent dans tous les colléges cette excellente grammaire, dont on ne compte plus les éditions. M. Burnouf passa les dernières années de sa vie à achever pour la langue latine un travail
| qu’on peut regarder comme le digne pendant de sa grammaire grecque, et qui remplacera dans nos classes le livre si iné-