CELLINI — CELLULAIRE
Cette lumière tombant de haut faisait fe meilleur effet. Quand le roi s’avança avec la cour, il admira beaucoup cette statue. « C’est la plus belle chose, dit-il, qu'on ait jamais vue ; j’aime les arts et je m’y connais; je n’aurais jamais imaginé la centième partie de ce que je vois. » Courtisans aussitôt d’entonner un chœur d’éloges interrompu seulement par madame d'Étampes. « Ne voyez-vous pas, dit-elle, ces belles statues en bronze qui sont plus loin? Voilà où est le vrai mérite de l’art, et non point dans ces bagatelles modernes. Au jour cette statue paraîtra mille fois moins bien. D'ailleurs le voile, qui la couvre en partie, sert sans doute à cacher des défauts. » Cellini, irrité de ces paroles, déchira violemment et avec une intention marquée, la draperie qu’il avait ajustée. Si la statue n’y gagna pas beaucoup au point de vue de l’art, elle y perdit du moins du côté de la décence. La favorite en fut pour sa confusion. Ce fut là le dernier triomphe de l'artiste sur la maîtresse du roi. 11 s’était jeté dans une lutte où il devait évidemment succomber. L’argent et les commandes lui manquèrent bientôt, et il dut tristement regagner lItalie.
Il arriva en 1545 à Florence. Le duc Côme le combla de faveurs, et lui commanda la statue en airain de Persée tenant la tête de Méduse, qui plaça le nom de Cellini parmi ceux des plus habiles sculpteurs du seizième siècle. Les détails matériels de la fonte de cette statue sont racontés par l’auteur avec tant d'enthousiasme et d'animation qu'ils offrent un vif intérêt aux lecteurs les plus étrangers à eet art. Le Persée orne toujours la place du marché de Florence, Benvenuto exécuta encore un Christ de marbre blanc, qui se trouve maintenant dans la chapelle du palais Pitti. Mais son caractère ombrageux et violent lui rendit toute la cour hostile, à Florence comme à Paris, et par son inflexible orgueil il s'aliéna la duchesse Éléonore, qui lui fit perdre les bonnes grâces du grand duc, son époux.
Il avait atteint l’âge de cinquante-huit ans lorsqu'il en- {reprit d'écrire l’histoire de sa vie, si riche en aventures et en événements singuliers. Ce livre, des plüs intéressants et des plus originaux, fut écrit en lalin. 11 a acquis une célébrité européenne depuis la traduction qu'en a donnée Gæthe. C'était la dernière étincelle du génie si vaste et si varié de Benvenuto Cellini. A dater de ce moment sa tête se perdit. Il se fit ordonner prêtre en 1558 ; deux ans après, il jeta le froc aux orties, et se maria. Les dernières années de sa vie furent troublées par des persécutions que son grand âge autant que son rare talent rend flétrissantes pour la mémoire de ses rivaux. Jl mourut presque complétement oublié, le 13 février 1571. Outre ses Mémoires, Cellini a écrit plusieurs traités et ouvrages sur les beaux-arts; son style est clair, précis et rapide ; aussi l’Académie de la Crusca le cite-t-elle souvent dans son dictionnaire comme l'un des classiques italiens. M. Léclanché a traduit les œuvres complètes de Cellini (Paris, 1847, 2 vol. in-18 ).
Des divers ouvrages que Cellini exécuta en France il ne nous reste aujourd’hui qu’un bas-relief en bronze, commandé par François 1°* pour la porte de Fontainebleau, qui fut placé ensuite sur l’une des façades du château d’Anet et qui décore aujourd’hui le fond de la salle des Caryatides au Louvre. Il représente la nymphe de Fontainebleau, et n’est remarquable que par l'exécution des accessoires, où la statuaire rivalise de patience et d’adresse avec l'orfévrerie, On voit encore au Musée d'Artillerie une belle épée à l’espagnole et une carabine à rouet qui lui sont attribuées. Une superbe vaisselle qu’il avait destinée aux Médicis a été fondue pendant la révolution. On voit de lui au château de Windsor un magnifique bouclier, et dans la galerie impériale de Vienne une salière richement ornée. W.-A. Ducxerr,
CELLITES. Voyez LoiLnanps.
CELLULAIRE (Emprisonnement). Voyez PÉNITEN- TiAInE (Système),
CELLULAIRE (Tissu), c’est-à-dire composé de el-