‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 546 sur 556 · CELLULOSE — CELSE · texte numérisé non relu

CELLULOSE — CELSE

par les médecins, auxquels effectivement il est précieux, parce qu’il leur donne l’état de la médecine des Romains à son époque.

Le lieu de sa naissance n’est pas désigné par des documents suffisamment authentiques. Rhodiginus prétend qu’il reçut le jour à Vérone, ainsi que Macrobe, Vitruve et Pline; d’autres le font naître à Rome ; toutefois, il paraît certain qu’il passa dans cette dernière capitale la plus grande partie de sa vie. On ne sait rien sur l’époque précise de sa naissance ou de sa mort, et il règne même une assez grande incertitude sur le temps où il vécut. Néanmoins, Columelle, qui vivait sous Claude, en parle comme d’un de ses contemporains. Celse lui-même, à propos d’Asclépiade, dit que Thé mison, l’un de ses disciples, à récemment, et dans un âge avancé, modifié les préceptes de son maitre; or, Thémison, mourant dans un âge avancé, pouvait bien vivre encore vers la fin du règne d'Auguste, et puisque Celse écrit peu de temps après lui, on peut fixer son époque à la fin du règne d’Auguste ou au commencement de celui de Tibère, Ces deux règnes consécutifs s'étendent depuis l’année 30 avant J.-C. jusqu’à l’année 37 du premier siècle de notre ère. Quelques auteurs prétendent qu’il vécut jusque sous Caligula. D’autres le font naître sous Tibère et mourir sous Trajan. Mais sur quel document M. Sédillot se fonde-t-il pour fixer l'époque de Celse à la fin du règne de Tibère, c'est-à-dire à l’an 36 de l’ère chrétienne? N’aurait-il pas puisé aux mêmes sources que Kurt-Sprengel, dans son Histoire de la Médecine? Celui-ci, sur l'autorité de Bianconi ( Lettere sopra Celso), pense que Celse fut secrétaire intime de Tibère, et qu’il l’'accompagna dans son expédition en Orient, car, dit-il, Horace prend des informations sur lui auprès de Julius Florus, et parle de ses compilations tirées de la bibliothèque du mont Palatin. Or, voici comment s'exprime Horace (liv. I, épit. 3, vers 15) :

Quid mihi Celsus agit ? monitus multumque. monendus, Privatas ut quærat opes, et tangere vilet Scripta palatious quæcumque recipit, Apollo,

« A quoi Celse passe-t-il son temps? Je lai engagé, et il doit l'être encore souvent, à se faire un fonds qui Jui soit propre, et à se garder de compiler les écrits de la bibliothèque Palatine. » Je n'ai pu me procurer les lettres de Bianconi, mais j’admets difficilement qu’il aît trouvé des documents propres à contredire l'opinion des quatre anciens commentateurs de l'édition d’Alde Manuce, et celle du père Sanadon. Ils appliquent unanimement ce passage d’Horace à un poëte de cette époque, nommé Celsus Albinovanus. Quoi qu’il en soit de cette discussion, Cëlse appartient aux temps les plus florissants de la littérature romaine, et, ainsi que le fait remarquer Rhodius, l’un de ses biographes, la variété de son savoir, nous ajouterons la pureté de son style, sont incontestablement d’un siècle de bonne littérature, et Celse, comme écrivain, ne dépare pas l’époque qui produisit les Cicéron, les Salluste, les Horace, les Tibulle, les Ovide, etc. Aussi, quelques panégyristes l’ont-ils appelé le Cicéron dela médecine ; il est vrai que son style en pourrait faire un auteur classique. Van der Linden l'appelle auctor latinissimus.

Le jugement des anciens sur Celse est devenu fort incerfain, par suite d’une erreur de copiste, qui nous forcerait volontiers à retomber dans le pédantisme d’une discussion d'érudition. Quintilien, selon les uns, le désigne ainsi, ©, Celsus, medicus, acri vir ingenio, etc. (C. Culse, médecin, homme d'un esprit distingué); selon d’autres: ©. Celsus, mediocris vir inyenii, ete. (C. Celse, homme d’un esprit médiocre, ete. ). Telles sont les deux leçons, tout à fait opposées quant au sens, entre lesquelles se partagent les diverses éditions de Quintilien. Nous n'entreprendrons certainement pas de décider laquelle des deux doit être préférée, car nous n'avons pas sous les yeux les manuscrits

CELSE — CELSIUS

qui seuls peuvent établir quel est le véritable texte. Nous nous bornerons à faire remarquer que Columelle et Pline citent Celse comme un auteur dans lequel ils ont puisé, et qui avait composé une espèce d’encyclopédie.

Depuis la renaissance, on voit cet auteur jouir d’une fortune diverse ; cependant, la plupart des médecins paraissent apprécier ses écrits au plus haut prix. Fabricio d’Aquapendente, entre autres, le cite à chaque page : aussi rien d’étonnant dans le conseil qu’il donne de le feuilleter jour et nuit, puisqu'il le trouve admirable en tout point.

Celse attaque assez vivement l’école empirique qui régnait à Rome de son temps; il donne à penser qu’il fut un des médecins qui préparèrent l'école méthodique dont Thépale de Tralles, de beaucoup postérieur, peut être considéré comme le fondateur. Il profita des travaux des anciens Grecs, et en particulier de ceux d’'Hippocrate ; il traduisit même quelquefois celui-ci littéralement; mais souvent on peut lui reprocher quelques infidélités dans ses traductions ; d’autres fois , il le critique avec discernement, particulièrement dans ce qui a rapport à la théorie des jours critiques, qu’il a attribuée à un entêtement pythagorique. On est partagé sur la question de savoir si Celse pratiqua l’art de guérir : il me paraît hors de doute que cette question doit être résolue par l’affirmative, car non-seulement il donne de nombreuses formules de médicaments plus ou moins composés, non-seulement il prouve des connaissances anatomiques étendues pour son siècle, mais encore il fait des remarques pratiques tout à fait aphoristiques, qui ne peuvent guère être que le résultat d'observations nombreuses et attentives ; il lui arrive même dans quelques endroits de citer son expérience personnelle. Il a d’ailleurs laissé de sages préceptes sur l'opération de la taille, e* la description d’un procédé, qui jusqu'à nos jours a été vanté et suivi par d'excellents praticiens. On remarque qu'il est le premier auteur qui fasse mention des lavements alimentaires, mais l’on s'étonne qu’il ne parle nulle part des sangsues, dont Thémison fäisait usage quelque mps avant l’époque de Celse. II a donné en outre de trèssages conseils relatifs à l'hygiène; aussi Frédéric Closius, qui en a publié le recueil sous forme de vers élégiaques, a-t-il intitulé son poëme : De la Conservation de la Santé.

é D° BauprY DE BaLzac.

CELSE , philosophe épicurien du deuxième siècle de Père chrétienne, composa, vers l’an 140 de J.-C., contre les juifs et les chrétiens, une diatribe intitulée : Discours véritable, qui n’est point parvenue jusqu’à nous, et dont nous ne connaissons le contenu que par l'écrit d’Origène : Contra Celsum. Dans ce pamphlet, qui contenait, dit Origène, tout ce que le sophisme ingénieux a de plus séduisant, la hardiesse des assertions de plus imposant et le sel de l'ironie de plus piquant, l'Ancien et le Nouveau Testament étaient travestis, les maximes des Apôtres parodiées, les miracles des Évangélistes tournés en ridicule. C'était le premier païen qui chez les Grecs, si enclins à la raillerie, écrivit contre la religion de Jésus-Christ. Il avait composé quelques autres ouvrages contre les chrétiens, et un livre sur la magie, où il prétendait que le fils de Marie y avait eu recours pour opérer les guérisons miraculeuses rapportées dans l'Évangile.

CELSIUS , nom d’une famille suédoise dont plusieurs membres se sont fait un nom dans les sciences.

CELSIUS ( Maenus), né en 1621, dans la province d’'Helsingland, mourut en 1679, professeur d'astronomie.

CELSIUS (OLor), fils du précédent, né en 1670, morten 1756, professeur de théologie et prévôt capitulaire à Upsal, fonda, avec l’archevêque Benzelius et Rudbeck jeune, la société des sciences de cette ville. Son ouvrage intitulé : Hierobotanicon (Upsal, 1745-7), indispensable encore aujourd’hui à quiconque veut faire une étude approfondie de la Bible, témoigne de l'étendue de ses connaissances en bota-

nique et dans les langues de l'Orient. II fut en outre le premier qui devina le génie de Linné,. Il accueillit chez lui ce jeune homme, dont il pressentait la glorieuse destinée, et l’aida de toutes manières dans ses études.

CELSIUS (Anvers), neveu du précédent, né le 27 novembre 1701, mathématicien célèbre, fut nommé, en 1730, professeur d'astronomie à Upsal. Comme il y manquait d’observatoire , d'instruments et d'autres moyens indispensables pour se livrer à des travaux plus approfondis sur l’astronomie, il entreprit, en 1732, un voyage à l'étranger, à l’effet d'y trouver les ressources dont il était privé. I! séjourna pendant quelque temps à Nuremberg, chez Doppelmayer, et y publia ses Observationes Luminis Borealis, ouvrage dans lequel il contredisait l’opinion émise par Mairan, que la lumière des aurores boréales provient de la lumière zodiacale. 11 visita ensuite l'Italie. A Bologne il se lia avec Cassini; à Rome il rectifia la méridienne tracée dans l’église des chartreux par Bianchini et Maraldi, et qui contenait une erreur de deux minutes. Il s’occupa en outre dans la même ville de mesurer l'intensité de la lumière, et détermina la véritable longueur du pied romain. Lorsqu'il vint à Paris, en 1734, Bouguer était sur le point de partir pour le Pérou, chargé par l'Académie des Sciences d’aller mesurer un degré dans le voisinage de l'équateur, à l'effet de déterminer la véritable figure de la terre. Cette circonstance engagea Celsius à proposer de faire près du pôle nord un travail identique, dont Maupertuis et quelques autres savants ne tardèrent pas à être chargés. A son retour d’Angleterre , Celsius alla, en compagnie d’Outhier, exécuter le même travail en Laponie, et, en récompense de la part qu’il avait prise à cette grande entreprise scientifique, Louis XV lui accorda une pension, Revenu à Upsal, il écrivit, à l’occasion du degré du méridien déterminé par Maupertuis, son ouvrage intitulé : De Observationibus pro Figura Telluris determinanda in Gallia habitis (Upsa, 1738). Il détermina ensuite la hauteur du pôle d’après la méthode de Horrebow, et plus tard s’occupa surtout de la théorie des satellites de Jupiter. Ce fut grâce à ses sollicitations incessantes qu'en 1740 le gouvernement suédois se décida enfin à faire construire l'Observatoire d’'Upsal et à doter cet établissement de tous les instruments nécessaires. Celsius mourut à Upsal, le 25 août 1744. Les mémoires de l’Académie des Sciences de Stockholm contiennent de lui un grand nombre de dissertations relatives à l'astronomie et à la physique. C’est lui qui proposa le premier la division centésimale de léchelle thermométrique; aussi l’échelle du thermomètre centigrade est-elle quelquefois appelée échelle de Celsius, ou encore échelle suédoise.

CELSIUS (OLor pe), fils du prévôt capitulaire du même nom, né en 1716, professeur d'histoire à Upsal à partir de l’année 1747, anobli en 1756, nommé évêque de Lund en 1777, et en 1786 membre de l’Académie suédoise, mort en 1794, fut un polygraphe distingué, et mérita bien de ses compatriotes par la publication de divers ouvrages relatifs à leur histoire nationale, En 1742 il fonda le premier journal littéraire qu'ait eu la Suède. Il était intitulé : Tidningar om de Lärdas arbeten. On a en outre de lui une Svea-rikes kyrko-historia (Histoire Ecclésiastique de Suède, 1 vol. in-4°, 1767); une Histoire de Gustave I* (2 voi., 1746-53), et une Histoire d'Erick XIV (1744); ouvrages qui se distinguent par la consciencieuse exactitude des faits, par une saine crilique et par une exposition peu brillante, mais vigoureuse, À l’université, il avait composé une tragédie intitulée Zngeborg. Plus tard il célébra Gustave-Adolphe dans un poëme héroïque. 11 publia en outre un choix de psaumes, et traduisit une grande partie d'Homère et de Virgile. Ses poésies originales pèchent par l’absence d’imagination , mais ses poésies latines sont à bon droit plus estimées. Membre actif de la diète, il figurait au nombre des principaux soutiens du parti monarchique.

CELTES , nom d’un peuple qui était autrefois extrèmement répandu, mais qui ne subsiste plus qu'aux extrémités occidentales de l’Europe, dans la Bretagne armoricaine, dans les montagnes d'Écosse, dans le pays de Galles, dans l’île de Man, et en Irlande. C’est là que s’est conservée sa langue prünitive, qui a disparu depuis une cinquantaine d'années seulement du pays de Cornouailles, tandis que dans toutes les autres parties de l’Europe où les Celtes s'étaient fixés ils ont peu à peu perdu tout caractère de nationalité par suite de leur soumission aux Romains et, plus tard, de l'invasion des peuples germains, n’apparaissant plus aujourd’hui que comme l’un des éléments fondamenfaux de la fusion des races qui s’y est opérée. Peut-être les noms de Galli (Gaulois) et de Galatæ (Galates) ne sont-ils que des formes diverses du nom primitif Celles, ou plutôt Kelles, ainsi que l’écrivaient les Grecs , et que le prononçaient les Romains eux-mêmes, chez qui le C avait la valeur du K. Les anciens se sont servis indifféremment des trois appellations Galli, Galatæ, Celtes, pour désigner tantôt toute la nation, tantôt les différents rameaux entre lesquels elle s'était divisée, jusqu’à ce que la dénomination de Gaulois prévalût exclusivement pour la population celte de la Gaule transalpine et cisalpine, et celle de Galates pour les envahisseurs celtes de l’Asie Mineure.

Les plus récentes investigations historiques ont à peu près démontré que les Celtes appartenaient à la famille des peuples de race et de langue indo-germanique ; et l’on peut admettre maintenant leur émigration d'Asie, quoiqu'on manque de traditions positives établissant ce fait. A part de très-incertaines traces de l'existence de populations celtes au nord de la Germanie, les données les plus admissibles de l’histoire de l'antiquité indiquent la Gaule trausalpine et les îles Britanniques comme les contrées originaires des Celles. On y reconnaît quatre rameaux différents de cette nation, qui probablement se subdivisèrent eux-mêmes, plus tard, en nombreuses peuplades ; à savoir : dans la Gaule, les Celtes proprement dits ou Gaulois, et les Belges ( Belgæ) ; et dans les îles Britanniques, les Bretons ( Brilanni ou Brilones), sans compter quelques Belges émigrés sur leurs côtes orientales, la population de la Calédonie, et celle de l'Hibernie. Mais des émigrations parties surlout de la Gaule proprement dite avaient en outre répandu le nom Celle fort au loin. Au temps d’Hérodote, il y avait déjà des Celtes en Espagne. Les habitants de l’Estrémadure méridionale espagnole, de même que ceux de la Galice septentrionale étaient désignés sous le nom de Cellici; et sur les plateaux des deux Castilles, du mélange des Celtes avec les Ibères , habitants aborigènes, était issue la puissante et brave nation desCeltibériens(Ceiliberi), dont faisait partie la population de Numance.

Des tribus Celtes possédaient, au sixième et plus vraisemblablement au quatrième siècle avant J.-C., la plus grande partie de l'Italie septentrionale, d’où lui était venu le nom de Gaule cisalpine. Elles y étaient arrivées , si l’on en croit Tite-Live, sous le commandement de Bellovèse. Dans }à contrée située entre les montagnes centrales de la Germanie (forét hercynienne) et les Alpes s'étaient établies, en traversant le Rhin, d’autres peuplades de la même nation, qui obéissaient à Sigovèse, frère du précédent. Dès l'époque de Jules-César les Æelvétiens étaient expulsés par elles de la partie sud-ouest de leurs possessions et refoulés par les Suèves germains sur les deux versants de la Forêt-Noire ; les Boïens ( Boii), eux aussi, avaient peutêtre déjà, sous la même pression, déserté la contrée où le nom de Bojohemum rappelle encore leur souvenir, et où, plus tard, Marbod fonda un royaume avec ses Marcomans.

Au sud du Danube, où habitaient aussi des Boiens, d’autres tribus celles s’élendaient depuis le lac de Conslance jusque dans la Hongrie (Pannonie) : on citait les

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