‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 547 sur 556 · CELTES — CELTES · texte numérisé non relu

CELTES — CELTES

Vindéliciens, les Rhættens, les Noriques etles Taurisques Elles restèrent soumises à la domination romaine depuis l'époque d’Auguste jusqu’à ce qu’elles disparussent confondues dans la masse des émigrés germains. Vers la fin du quatrième siècle avant J.-C., on retrouve des bandes celtes, nommées plus tard Scordisques (de la montagne Scordus [Schardag]), sur les rives de la Save inférieure et sur celles de la Morawa en Servie. Elles en expulsèrent les Tryballes, peuple d’origine thrace ; et c’est de leur sein que partirent de dévastatrices expéditions, notamment celles de Brennus contre Delphes, la Grèce, la Macédoine et la Thrace. Le royaume de Tylé, qu’elles fondèrent dans ce dernier pays, fut détruit par les Thraces ; maïs les Romains eux-mêmes (voyez Drusus) eurent encore à lutter, au sud du Danube, contre les Scordisques, dont le nom est mentionné pour la dernière fois par Ptolémée comme habitant l'embouchure de la Save. Ce sont les Celtes Illyriens qui fournirent son principal contingent à la grande expédition des Tolistoboïens, des Trocmes et des Tectosages en Asie, vers l’an 280; migration qui, sous le règne d’Attale 1°’, fut arrêtée sur les frontières du pays qu’on appela ensuite de leur nom Galatie, où, en dépit de l'influence de la civilisation grecque, ils n’abandonnèrent pas complétement, même sous la domination romaine, ce qui constituait plus particulièrement leur nationalité, leur langue surtout, que saint Jérôme compare encore à celles des Gaulois Tréviriens.

On voit des mercenaires celles au service des Carthaginois et à celui des anciens rois macédoniens ou asiatiques. L'exploitation des mines et le travail des métaux étaient deux industries fort répandueS parmi eux. Les "épées celtes, surtout les épées noriques, étaient en grande réputation. On a trouvé dans des tombeaux celtes, tant en France qu'au sud de l'Allemagne, des armes et des ornements d’airain, notamment des bracelets, des ouvrages en verre et des pièces de monnaie. Ce qui frappait surtout les Romains dans le costume de ces peuples, c’étaient leurs chausses (braccæ) et leur long manteau de guerre (sagum ). Parmi les divinités des Celtes, ils comparaient Teutatès à Mercure; Hesus à Mars ; Taranis, comme dieu du tonnerre, à Jupiter; Belenus au dieu du soleil, Apollon. C’est du culte celte des déesses maternelles (deæ matres, seu matronæ), que provient la croyance aux Fées. Des caractères d'écriture, empruntés à l'alphabet grec furent propagés par les Druides, qui possédaient d’ailleurs dans les Runes une écriture mystérieuse,

On divise la famille celte actuelle en deux branches différenciées par leurs langues. La première, connue sous le nom générique de gadhelique, comprend : Pirlandais (erse), le gaélique qu’on parle sur les plateaux de l'Écosse, et le mank (langue de l’île de Man) ; la seconde, ou branche Æymre, comprend le welsh (en français, Le gallois), le cornish (dialecte du pays de Cornouailles), récemment éteint, et l’armoricain ou bas-breton. '

Parmi les travaux sérieux dont les Celtes ont été l’objet, il faut particulièrement citer les Vindicix Celticæ de Schæpfin, la Celtica de Diefenbach (2 vol. Stuttgard, 1841); De l'affinité des langues celtiques avec le sanscrit, par Pictet (Paris, 1837); Sur les langues celliques au point de vue de la philologie comparée (en allemand), par Bopp (Berlin, 1839). Consultez aussi Leo : Die malbergiscke Glosse, ein Rest aliceltischer Sprache and Rechtsauÿfassung (Halle, 1842).

CELTES (Coxnab), l'un des savants qui vers la fin du quinzième siècle déployèrent le plus d'activité pour raniner et propager en Allemagne le bon goût et l'étude de la littérature classique, naquit en 1459, à Wipfelde près de Wurzbourg, en Franconie. Son véritable nom était PICKEL, mot qui en allemand veut dire pioche, et qu'il latinisa, suivant l’usage du temps. Destiné d’abord à l’état de vigneron, il s’eufuit de la maison paternelle et vint étudier à Cologne, En

CELTES — CEMENTATION

1484 et 1485, il se forma à Heidelberg, sous la direction de Rodolphe Agricola, à l'étude de la philologie et à la pratique de la poésie latine, devint ensuite professeur particulier dans les universités d’Erfurth, Leipzig et Rostock, et trouva dans l'emploi de ses talents les moyens nécessaires pour entreprendre un voyage en Italie, qui le mit en relation avec la plupart des hommes célèbres de son siècle. 11 mourut en 1508, à Vienne, bibliothécaire et poète lauréat de l’empereur Maximilien I’, qui cinq ans auparavant l'avait fixé dans la capitale de ses États par les offres les plus brillantes.

CELTIBERIENS. Dans les luttes qui, à une époque à laquelle il serait difficile d’assigner une date précise, parce qu'elle remonte à la nuit des temps, s’engagèrent entre les Celtes, habitant alors la Gaule, et les Ibères, qui occupaient l'Espagne, les seconds furent refoulés par les premiers. Ceux-ci franchirent les Pyrénées, envahirent les parties septentrionales et occidentales de libérie, puis, à la longue, finirent par se confondre avec les vaincus et par prendre la dénomination de Celtes-Ibériens ou Celtibériens (Celtiberi). Quelques-uns seulement , dans la Galice, gardèrent le nom de Celtici. Selon G. de Humboldt (Recherches sur les Habitants de l'Espagne au moyen de la langue basque), les Celtibériens se rapprochaient, pour le langage, des Celtes; mais ce n'étaient pas des peuples de pure souche gallique. Dans leur mélange avec les Ibères, le caractère ibérien avait prévalu. Puissants et nombreux, maîtres du cours supérieur du Douro, du Tage et de la Guadiana, qui prenaient leurs sources sur leur territoire, ils formaient la plus redoutable des confédérations de l'Espagne. Leurs principales tribus étaient les Arévaques ; les Bérons, les Pelendons, les Lusons, les Belles, les Tittiens et leurs principales villes, Numance, Contribia, Bilbilis, Segobriga, Castulo, Bigerræ. Les Carthaginois soumirent les Belles et les Tittiens, les Romains subjuguèrent les quatre autres tribus; maïs ce ne fut pas sans une opiniâtre résistance, et le mémorable siége de Numance en est la preuve. Lors de la première division qu'ils firent de l’Ibérie, les Romains les comprirent dans la Citérieure. Plus tard, au temps d’Auguste, ils appartinrent à la Taragonaiïse. Ils étaient bornés au nord par l'Ebre, au sud par les Contestani et les Oretani, à l’est par les Edetani, et à l’ouest par les Carpelani.

CEMENTATION. Lorsqu'on renferme un corps solide dans une substance pulvérulente, au milieu de laquelle on lui fait subir l’action de la chaleur, l'opération porte le nom de cémentation, et la matière qui sert à produire ce résultat celui de cément ; maïs c’est plus particulièrement à la conversion du fer en acier que la première de ces deux appellations a été appliquée, et la cémentfation sert à préparer une très-grande partie de cette iniportante combinaison. La cémentation peut s’opérer au moyen de divers mélanges, et les anciens en indiquaient de très-variables pour arriver à l’aciération. Maintenant encore les ouvriers font mystère de tous les mélanges qu’ils ne manquent jamais de faire pour cette opération : le charbon en poudre est toujours la base du cément, mais on y ajoute ordinairement quelque autre ingrédient, comme de la cendre, de la suie, du sel, et parmi les matières auxquelles les ouvriers attachent de l'importance, du vieux cuir brûlé et une foule de substances du même genre, qui ne donnent lieu à aucune action particulière, maïs qui dans leur opinion favorisent la bonne préparation de lacier, Pour qu’une cémentation puisse être convenablement opérée, il faut que la substance qui doit y être soumise soit enveloppée de tous côtés par le cément et qu’elle ne touche ni les vases dans lesquels on la renferme, ni d’autres portions du même corps ; sans cela on serait exposé à lui voir subir quelque altération, soit en se soudant avec elle-même, soit en agissant sur les vases qui la renferment.

La cémentation du fer pour produire l'acier est la seule qui mérite de fixer notre attention : nous allons en traiter

brièvement. Le fer destiné à cette opération doit être d'une très-bonne qualité, et jusque ici, malgré les efforts de l’industrie, qui a cependant fait des pas immenses dans cette carrière, aucun fer de France n’a encore pu donner un acier cémenté aussi bon que les qualités supérieures d'acier anglais; mais il n’y a rien là qui doive froisser l’'amour-propre national : ce résultat tient à une espèce particulière de fer de Suède , dont les Anglais ont le marché exclusif, et qu’ils réservent pour l'acier de première qualité. Avec cette espèce de fer j’ai obtenu de l'acier que les essais réitérés du jury de l’industrie en 1827 n'ont pu faire distinguer de celui d'Angleterre. La cémentation doit être opérée dans des vases parfaitement clos : la moindre fissure qui permettrait à l'air d’y pénétrer donnerait lieu à la combustion du charbon, et, par suite, à l’altération profonde du fer lui-même.

Quand on opère sur de petites quantités de fer, on se sert de caisses en fer que l’on garnit de terre pour éviter autant que possible leur oxydation ; mais lorsqu'on doit fabriquer de grandes quantités d’acier , les caisses sont en briques le plus réfractaires qu’il est possible , à cause de la très-haute température à l’action de laquelle elles doivent être soumises et du temps qu’exige l’opération. Pour que la température soit répartie aussi uniformément que possible, les caisses ne touchent les parois inférieure et latérales que par les points qu’exige leur solidité, et alors le combustible que l’on brûle sur la grille placée au-dessous les échauffe sur toute leur surface; pour cela il faut qu’il produise une flamme longue, et, suivant les localités, c’est le bois ou la houille qu’on emploie : celle-ci est préférable, à cause de la haute température qu’elle peut procurer.

Le fer, coupé en barres d’une longueur convenable, est rangé dans les caisses sur des couches de charbon en poudre grossière légèrement tassée ; on recouvre la partie supérieure d’une couche épaisse de cette substance, et par-dessus on coule une pâte de terre réfractaire qui forme un couvercle. On élève peu à peu la température, et on la maintient au degré convenable pendant un temps qui varie, mais qui n’est pas moindre de quatre-vingts heures. Le soin de l’ouvrier cliargé de la conduite du fourneau doit être de régler bien uniformément la chaleur et de ne pas outre-passer le point convenable : si la température était trop peu élevée, le fer ne serait pas suffisamment ramolli et se cémenterait mal; dans le cas contraire, il pourrait éprouver une fusion qui donnerait lieu à la formation d’une espèce de fonte, qui ne pourrait servir à aucune espèce d’usage. Pour juger assez exactement du moment où la cémentation est opérée, il existe à chaque extrémité des caisses des ouvertures par lesquelles passent les bouts de quelques barres, que l’on appelle éprouvettes, et dont, après soixante-dix heures environ, on en retire une pour juger de la qualité de l'acier. Lorsque les éprouvettes indiquent que l’opération est arrivée à son terme, on fait tomber tout le combustible de la grille, et on laisse le fourneau se refroïdir peu à peu, afin d'ouvrir les caisses pour en retirer l'acier. Si l'opération a été bien faite, les barres sont recouvertes sur toute leur surface d'ampoules plus ou moins volumineuses, qui font donner à l’acier le nom d'acier poule; elles indiquent par leur nombre, leur volume et leur disposition, le plus ou moins de régularité de l’aciération.

Comme le fer ne se fond pas dans la cémentation, qw’il doit seulement se ramollir légèrement à la surface, le charbon qui l'enveloppe de toutes parts ne peut s’y combiner que par pénétration, et dès lors les couches extérieures doivent être plus cémentées que celles de l'intérieur : aussi, quand on casse une barre, on aperçoit facilement qu’elle offre une cémentation qui diminue en allant de la surface vers le centre, et l’on ne peut obtenir de très-bons instruments avec cette espèce d'acier qu’en le corroyant, c’est-à-dire en l’étirant en barres plus ou moins minces, que l’on coupe en-

suite en morceaux, qui réunis et portés à la température nécessaire pour les souder sont älors soumis à l’action du marteau, qui les unit tous ensemble pour en former un tout assez homogène.

De ce que nous avons dit sur la manière dont la cémentation s'opère, on doit conclure que si l’on opère à la fois sur des fers de dimensions très-différentes en épaisseur, on doit obtenir de mauvais résultats, parce que les petits fers pourraient être trop cémentés , lorsque ceux qui ont un volume beaucoup plus considérable le seraient à peine. Aussi, pour opérer une, bonne cémentation, ne doit-on employer que des barres de dimensions aussi semblables que possible. Il est également important de ne cémenter à la fois que des fers susceptibles de s’aciérer de la même manière : sans cela, on n’obtiendrait que de mauvais résultats. C’est toujours sur de grandes masses que l’on opère la cémentation. Dans les fours le plus habituellement employés, on opère sur deux caisses qui renferment chacune de cinq à huit mille kilogrammes de fer. H. GAULTIER DE CLAUBRY.

CÉNACLE (en latin cœnaculum, fait de cæna, repas en commun ). C’est ce que nous appelons maintenant salle à manger. Les anciens plaçaient leur cénacle à l'étage le plus élevé de leurs maisons. Ce mot, souvent employé dans

les Bibles latines, ne signifie autre chose que l'étage le plus .

haut. On y lit que quand Jésus-Christ fut monté au ciel , les apôtres, de retour à Jérusalem, montèrent in cænaculum , c'est-à-dire au lieu le plus élevé de la maison, comme le plus propre à faire la prière. C’était une espèce de terrasse. Les Orientaux ont toujours terminé leurs habitations en toits plats ; ils s’y vetirent pour manger, prier ou dormir. L'empereur Constantin avait fait bâtir à Rome un cénacle pour y nourrir les pauvres. On voit encore les restes de ce vaste et magnifique édifice. .

Le cénacle de Jérusalem était un grand bâtiment construit à l'extrémité méridionale de la ville, et qui se composait d’une église terminée par un dôme. Cette église, suivant les traditions chrétiennes, aurait eté bâtie sur l'emplacement de la maison où Jésus-Christ fit la cène avec ses disciples, où le Saint-Esprit descendit sur les apôtres le jour de la Pentecôte, où le Sauveur, enfin, leur apparut après sa résurrection. L'impératrice sainte Hélène aurait renfermé dans lenclos de ce cénacle les tombeaux de David, Saul, Roboam et autres rois leurs successeurs, inhumés sur le mont Sion. Cet édifice, détruit par les infidèles en 640, aurait été restauré par les chrétiens en 1044. Godefroi [°", roi de Jérusalem, après la conquête de la cité sainte par les croisés, avait établi dans cette église des moines de l’ordre de Saint-Augustin, remplacés en 1313 par des franciscains, grâce aux soins de Robert, roi de Naples et de Jérusalem. Quelques historiens ont décrit dans ses moindres détails le cénacle de Jérasalem.

Durey ( de l'Yonne ).

CENCI ( Béarnice ), surnommée la belle parricide, était fille de Ærancisco CenGi, riche et noble romain. Dans ses Annales (liv. X, pag. 1 ), Muratori rapporte que, marié en secondes noces, il faisait éprouver aux enfants issus de son premier lit les tourmentsles plus cruels, qu'il fit assassiner deux de ses fils par des bandits, et que, séduit par la beauté de Béatrice, la plus jeune de ses filles, il alla jusqu’à assouvir sur elle sa passion incestueuse, Béatrice non-seulement révéla son malheur à ses parents, mais encore chercha aïde et protection auprès du pape. 11 paraît qu’elle ne réussit pas dans ses sollicitations, et que son père ayant continué à se livrer à ses infâmes déportements, elle s’entendit avec son frère Giacomo pour faire assassiner l’indigne vieillard au milieu de son sommeil. Les coupables furent cependant arrêtés. Soumis à la torture, Giacomo avoua son crime, et fut condamné à mort; Béatrice, quoique n’ayant fait aucun aveu, subit le même arrêt.

Suivant une autre version, Béatrice et ses parents ne prirent que peu ou même point de part du tout à l'assassinat

CÉMENTATION — CENDRES

du vieux Cenci : il y a plus, l’aveu arraché aux bandits , et qui avait compromis les membres de la famille Cenci, n'aurait été que le résultat d’une exécrable intrigue. Ce qu’il y a de certain, c’est que le 11 septembre 1599 Béatrice Cenci et sa sœur furent suppliciées par une espèce de guillotine appelée mannaïa; que Giacomo Cenci fut tué à coups de massue; que son plus jeune frère, Bernardo, ne fut gracié qu’en considération de son extrême jeunesse, et que toutes les richesses de la famille, parmi lesquelles se trouvait la villa Borghèse, devenue plus tard si célèbre par les trésors artistiques qu’on y accumula successivement, furent confisquées et données par le pape Paul V à la famille Borghèse, dont il était membre. On montre encore aux voyageurs, dans le palais Colonna à Rome, un magnifique tableau attribué à Guido Reni, et qu’on prétend être le portrait de la malheureuse Béatrice.

CENDREÉE, nom que l’on donnait autrefois à l’écume de plomb, c’est-à-dire à l’oxyde de plomb produit pendant la fusion de ce métal à l'air libre; c’est aussi le nom de la cendre que l’on emploie pour la formation des coupelles, et celui de la plus petite espèce de plomb employée pour la chasse ( voyez PLOMB DE CHASSE ).

La substance cendrée est la plus extérieure des deux qui composent le cerveau. Sa couleur et sa position lui ont encore faft donner les noms de substance grise, substance corticale.

CENDRES (du latin cinis). Toutes les substances que l’on emploie comme combustible laissent en brûlant une plus ou moins grande quantité d’un produit solide qui porte le nom de cendres, et qui est formé des divers sels et des matières terreuses qu’elles renfermaïent. La nature des cendres varie avec les combustibles qui les fournissent : les végétaux qui croissent loin des bords de la mer renferment tous des sels de potasse, tandis que ceux'qui végètent à une faible distance et même au sein de la mer contiennent des sels de soude, de sorte que chacun d’eux sert journellement à préparer la potasse et lasoude, que réclament les besoins des arts. Tout le monde sait que les cendres végétales peuvent directement être employées à faire la Lessive.

La nature du combustible n’influe pas moins sur la quantité des cendres que sur leur composition. Ainsi, les expériences de plusieurs observateurs, et principalement celle de l'Anglais Kirwan, semblent établir avec assez d’exactitude que 1,000 parties pondérables de bois bien sec donnent, savoir; le saule, 28 parties de cendre; l’orme, 23,5; le chêne, 13,5; le peuplier, 12,2; le hètre,5,8 seulement , et le sapin, 3,4. Bien plus, la proportion de cendres est plus considérable dans l'écorce que dans le cœur du bois, dans les branches que dans le tronc, etc. Enfin 1,000 parties de charbon de boïs laissent de 15 à 100 parties de cendres.

Les houilles et les tourbes fournissent des cendres où l'argile domine presque toujours; en outre elles contiennent ordinairement de l’oxyde de fer, du carbonate et. du sulfate de chaux.

Toutes ces cendres constituent des moyens d’amen dementet d'engrais que l'agriculture ne saurait négliger. On sait comment le sol de l’île de Madère dut sa fécondité à l'incendie des forêts dont il était couvert, et on connaît la pratique de l’écobuage. Mélées avec les diverses espèces de fumier, les cendres augmentent le nombre des sels alcalins qui excitent la végétation; mais cest surtout à l'amendement des prés humides que leur emploi est le plus efficace. Il paraît constant que, livrées à cette destination, elles stimulent la végétation des bonnes plantes et finissent par détruire les mauvaises herbes après un usage constant et consécutif de plusieurs années. Elles sont bien plus actives avant d’être lessivées, mais elles produisent encore des effets remarquables lorsqu'elles l'ont été,

Page 1