‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 549 sur 556 · CENDRES — CENDRES D'ORFÈVRE · texte numérisé non relu

CENDRES — CENDRES D'ORFÈVRE

tiennent pas les vraies cendres anglaises. Quoi qu'il en soit, voici le procédé suivi par Pelletier pour la préparation des cendres bleues : On ajoute de la chaux éteinte dans une dissolution faible de nitrate de cuivre, en agitant bien le mélange, dans lequel on laisse une petite quantité de nitrate en excès; on laisse déposer, on décante et on lave à plusieurs reprises, puis on fait égoutter. Le précipité, d’un bleu verdâtre, est broyé avec un petit excès de chaux éteinte; il prend peu à peu une teinte bleue qu’il conserve longtemps même après la dessiccation.

Un autre procédé a été indiqué paf Payen : il consiste à décomposer une dissolution de sulfate de cuivre par une autre de chlorure de calcium; il se produit du sulfate de chaux presque insoluble, qui se précipite, et du chlorure de cuivre, qui reste dans la dissolution. Après avoir séparé celle-ci, on y ajoute une bouillie de chaux en quantité suffisante pour qu’elle ne retienne que des traces de cuivre et ne donne qu’une lésère teinte bleue par l’'ammoniaque ; on lave et on ajoute à la pâte deux dissolutions, l’une de sel ammoniae, l’autre de sulfate de cuivre; on renferme le tout dans de grandes bouteilles, et au bout de quelques jours on verse la matière dans de grands tonneaux , on la lave soigneusement et on la fait égoutter sur des filtres. La coaleur en pâte offre une assez belle teinte bleue; mais elle perd beaucoup par la dessiccation. Malgré cet inconvénient et celui de passer assez vite, les cendres bleues sont très-usitées dans la fabrication des papiers peints, à cause de la facilité avec laquelle on les emploie, soit seules, soit mêlées avec d’autres couleurs : d’ailleurs, le prix peu élevé auquel revient cette substance offre un avantage que l'on n’a pu Jusque ici rencontrer dans les diverses couleurs que l’on a cherché à y substituer. ; à H. GAULTIER DE CLAUBRY.

CENDRES D’ORFEVRE. On donne ce nom nonseulement aux cendres proprement dites, provenant des foyers où les ouvriers qui travaillent les métaux précieux fondent l'or et l'argent, mais encore aux débris de creusets, aux balayures d’ateliers et à tous les déchets qui renferment une quantité sensible de ces métaux. Toutes ces substances contiennent de l'or et de l'argent dans des états de division très-différents; les fragments un peu volumineux peuvent être retirés en lavant les cendres avec de l’eau , qui tient en suspension les substances étrangères, et laisse précipiter les grenailles ; mais les parties divisées restent en suspension, et suivent les cendres avec lesquelles elles se perdraient si elles n'étaient soumises à un autre genre de traitement ;: le laveur de cendres a donc à faire deux opérations distinctes, dont nous parlerons successivement,

Les balayures d’ateliers, qui sont retenues par des grilles en bois garnissant les planchers, sont brûlées pour séparer la plus grande partie des matières organiques qu’elles renferment, et soumises ensuite an même traitement que les cendres proprement dites. Les cendres étant réunies, on les lave, soit dans des sebiles à la main, soit dans des tonneaux dans lesquels on les agite avec de l'eau, que l'on abandonne ensuite au repos pour faire déposer les matières pesantes. On entraîne ainsi les sels solubles que renfermaient les cendres pour les soumettre à l'amalgamation. Cette nouvelle opération s'exécute dans des moulins en agitant les cendres avec 40 pour 100 de leur poids de mercure et la quantité d'eau convenable pour en faire une pâte; on donne à l'appareil un mouvement de rotation que l'on continue pendant douze heures. On lave ensuite les matières pour extraire les substances étrangères ; et le mercure qui se trouve au fond renferme l’or et l'argent que contenaient les cendres : on le déssèche et on le réunit dans une peau de chamois dans laquelle on le comprime; le mercure en excès passe au travers de la peau, dans laquelle on trouve une masse solide d’amalgame d'or et d'argent. Quand on en à obtenu une assez grande quantité, on le place dans une cornue en fonte de fer, au col de laquelle on attache un morceau

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