‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 553 sur 556 · CÉNOBITE — CENS · texte numérisé non relu

CÉNOBITE — CENS

domaine quirilairel, sous peine de confiscation de ceux qu’il avait omis.

Ce fut Servius Tullius qui instituale cens (577 avant J.-C.). Ayant ainsi déterminé la fortune de chaque citoyen, il divisa le peuple en classes et en centuries, dans l’ordre des richesses. Cette distribution fut conçue de manière à satisfaire à ces trois nécessités sociales : le tribut, le service militaire et le vote politique; ce fut une organisation pour l'impôt, pour le combat et pour les comices. La première classe comprit les citoyens qui possédaient au moins cent mille as, la seconde ceux qui en possédaient soixante-quinze mille ; la troisième ceux qui en avaient cinquante: mille; la quatrième ceux qui en avaient vingt-cinq mille; la cinquième ceux qui possédaient onze mille as. Quelques historiens ont fait à tort une sixième classe des citoyens qui avaient moins de onze mille as, les accensi, et les proletarii ou les capite censi, qui, n'ayant rien, ne porfaient sur le cens qu’un nom sans propriété. Ces classes furent diversement imposées, et les charges de l'État se trouvèrent ainsi peser sur chacun proportionnellement à ses moyens. La dernière classe, composée de gens qui n’avaientrien ou presque rien, fut dispensée de toute contribution : elle ne dut même pas aller à Ja guerre, car alors on ne voulait que des soldats citoyens, qui combattissent sans paye, par amour pour la cité ef non par métier. Pour connaître les citoyens en état de porter les armes et former une sorte de ban et d’arrière-ban, on distinguait dans le tableau les jeunes hommes des vieillards; les jeunes gens au-dessous de dix-sept ans n’y figuraient que pour le nombre. Quant aux esclaves, ils n’y étaient indiqués que par leur quotité parmi les choses mobilières de leurs maîtres : aussi ce fut un mode d’affranchissement que de les inscrire nominativement sur le cens, qui était la constatation du droit de cité. En dehors de ces cinq classes de citoyens destinés à former l'infanterie se trouvait l'ordre des chevaliers, qui se développa dans la suite comme un ordre intermédiaire entre les patriciens et les plébéiens.

Le dénombrement du cens avait lieu au Forum, et non au Champ-de-Mars, où on en célébrait seulement la clôture, dans la Villa publica, construite à cet effet l’an 434 avant notre ére. Il était accompagné de cérémonies religieuses, de sacrifices, et spécialement de purifications, desquelles est dérivé le mot lustre, qui désignait l’espace de temps qui devait s’écouler d’un recensement à l’autre. Sous l'empire, le cens ne se fit plus que de loin en loin; l’avant dernier eut lieu sous Claude, le dernier sous Vespasien. W.-A. Duckerr.

Solon avait jadis établi chez les Athéniens un cens qui divisait les citoyens en quatre classes : la première comprenait ceux qui avaient cinq cents mines de revenu, tant en grains qu’en fruits; la deuxième, ceux qui avaient un revenu de trois cents mines et pouvaient entretenir un cheval ; la troisième ceux dont le revenu était de deux cents mines; la quatrième tous ceux qui vivaient de leur travail, Cette dernière classe était exclue des fonctions publiques.

Le mot cens a reçu une autre signification dans le langage politique actuel, mais se rattachant toujours à la législation de Servius Tullius, de même qu’à l'idée servant de base à celle de Solon; législations qui, toutes deux, pour conférer des droits politiques avaient égard à la fortune, On dit que le droit électoral dépend d’un cens, quand pour l'exercer il est nécessaire de justifier préalablement d’une certaine fortune ou d’un certain revenu, comme en Angleterre, ou plus communement d’une certaine cote de contributions. Voyez CENS ELECTORAI, ET D'ÉLIGIBILITÉ,

La dernière loi électorale de la Prusse se rapproche encore plus que toute autre des législations de l'antiquité, attendu qu’elle établit trois classes d'électeurs, et qu’elle accorde aux citoyens les plus imposés des droits égaux à ceux de la chisse moyenne des contribuables et aussi des moins imposés, Cel exemple à été imité pour les lois élec-

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