‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 57 sur 556 · BURNS · texte numérisé non relu

BURNS

genre lui furént décernés : il devint président d’une loge de francs-maçons et membre du célèbre club de Caledonian- Hunt, composé ‘de tout ce que l’ancienne noblesse écossaise avait de plus considérable. C'est à lord Glencairn, l'âme et l’'amphytrion de ce club, qué Burns, dont les opinions étaient d’abord jacobités, dédia le recueil de ses œuvres poétiques. Cette publication, qui eut lieu, à cette époque, par souscription, lui rapporta assez d’argent pour lui permettre d’aller parcourir les sites les'plus pittoresques de l'Écosse ; ét il nous a laissé le journal de ses excursions dans les liéux chantés par Ossian et illustrés par les exploits de Wallace.

!Les nouvelles habitudes dé Burns n'étaient déjà plus de nature à se concilier avec son état de fermier. Il le sentit, et se détermina à vendre sa ferme et les récoltes, qui souffraient de ses distractions de poëte. Cependant, comme pour vivré il fallait travailler, il obtint en 1789 une place d’employé àla douane d’abord de l’Elisland, puis à celle de Dumfries. 11 remplissait ces fonctions avec toute la rigueur du métier, et ne redevenait poëte et homme de cœur que lorsqu'il allait se reposer à la taverne; car, il faut bien le confesser, Burns n’allait plus chercher ses inspirations sur les rives fleuries del’Ayr, mais au cabaret. Là il s’abandonnait à des excès de boisson si désordonnés, que sa constitution en reçut une grave atteinte. Les opinions libérales qu’il manifestait à propos de la révolution française, qui venait d’éclater, manquèrent plus d’une fois d'amener sa destitution. Sortant de la taverne par une nuit d’hiver, ivre et chanchelant, il fut tout d’un coup glacé par le froid et ressentit des attaques de rhumatisme aigu. Depuis, sa santé et ses falcultés déclinèrent sensiblement; les bains de mer, un voyage à l’est de l'Écosse, ne purent prolonger que de peu de jours les dernières lueurs d'une existence usée. Il le sentait Ini-même; aussi, pendant son séjour à Dumfries, une dame, riche propriétaire, sa voisine, l’ayant prié de venir la visifer, il lui dit en se tratnant avec peine à sa rencontre : « Madame auraitelle des ordres à-me donner pour l’autre monde? » Il mourut quelques jours après, dans cette même ville de Dumfries, le 18 juillet 1796. Une souscription fut ouverte en Écosse et en Angleterre pour faire les fonds d’une nonvelle édition de ses œuvres, dont le produit devait être employé à l’éducation et à l'établissement des enfants qu'il laissait en bas âge (4 vol., Londres, 1800). |

Tellé fut la vie d’un poëte qui n’eut d’autre maître que la nature, d’autres inspirations que celles qu’il puisait dans la conviction intime de son cœur et dans les accidents de la vie commune. &s écrits portent tous l'empreinte d’une sensibilité exquise, et sont l'expression naïve des sentiments les plus nobles et les plus délicats, genre de mérite qu’on s'étonne de rencontrer dans un homme dont la vie s’est passée au milieu des occupations les plus grossières. ]1 écrivait et chantait pour obéir, comme le rossignol, à un instinct irrésistible de sa nature : aussi scs chansons et ses élégies peuvent-elles être regardées comme les plus fidèles échos de son âme. Burns, pour être un grand poëte, n’alla pas chercher au bout du monde les sujets de ses poëmes ; il était trop pauvre pour équiper à ses frais un navire, comme Lamartine; lui, il les cueillait, comme des fleurs dans un parterre, tout autour de soi, sans sortir de la sphère étroite de ses habitudes privées ou du sol natal. Tantôt il déplore le destin d’une paquerette, dont le soc de la charrue vient

de briser la tige fragile; tantôt il chante les plaisirs du coin

du feu, les combats de deux chiens, les charmes de Mary- Bonny Lass, la gloire et les exploits des héros qui ont combattu pour l'indépendance nationale, de Wallace surtout,

dont l’histoire a fait couler tant de larmés à son enfance.

Burns est en effet brüiant de patriotisme, Enfant du peuple, il parle au peuple le langage du peuple, et puise ses inspirations dan, dés souvenirs de gloire nationale. Le sentiment religieux dé la Bible respire dans les poésies du barde écossais, dont la mémoire vivra tant qu'il y aura dans les val-

BURNS = BURSCHENSCHAFT 91

fées de l'Écosse un paysan pour chanter, et dans ses vieilles montagnes un écho pour répéter les refrains de sa muse rustique. Consultez Lockhardt, the Life of Robert Burns (Édimbourg, 1828).

Plusieurs monuments ont été élevés à la mémoire de Burns, entre autres ceux de son lieu natal et d'Édimbourg. En 1859, le jubilé de sa naissance fut célébré avec un véritable enthousiasme jusque dans les plus humbles villages d'Écosse.

BURNSIDE (AwBnoise-EverErT), général américain, naquit le 23 mai 1824, à Liberté (Indiana). Élève de l’école militaire de Westpoint, il prit part à la guerre du Mexique et à l’expédition dirigée contre les Indiens en 1849. Bientôt il quitta l’armée pour établir une fabrique de fusils de son invention, qui se chargeaient par la culasse; l’entreprise n'ayant pas réussi, il obtint un emploi dans le chemin de fer central de l'Illinois, et conserva cette situation jusqu'au moment où éclata la guerre civile. A la tête du {er régiment de Rhode-Island , il livra quelques engagements heareux qui lui firent donner le grade de brigadier général (6 août 1861); la prise de l’ile Roanoke et du fort Macon lui valut celui de major général. Lors de l'invasion du Maryland par les confédérés, Burnside remplaça Pope à la tête de l’armée de Virginie, la réorganisa sous Washington avec l'élite des régiments vaincus, et combinant ses mouvements avec ceux de Mac-Clellan, il arrêta la marche de l'ennemi à Hagerstown dans une bataille qui dura deux jours (14-15 septembre 1862). Elle se continua les jours suivants à Sharpsburg et à Antietam avec le même acharnement; Burnside, qui était à l’aile gauche, maintint, sans pouvoir avancer, ses positions, mais il n’en contribua pas moins à consommer la défaite des confédérés. Les talents militaires dont il avait fait preuve le désignaient comme le successeur de Mac-Clellan : il prit en effet le

commandement de l’armée du Potomac (7 novembre)æt |

le garda six semaines.

Forcé de marcher en avant par les ordres du gouvernement, Burnside, obéit et franchit, en trois corps, le Rappahannock pour attaquer Fredericksburg. Il livra sous les murs de cette ville, fortifiée par Lee d’une manière formidable, une bataille sanglante (15 décembre), dans laquelle il perdit 10,000 hommes, et battit en retraite sans laisser en arrière ni canons, ni ponts, ni blessés. Remplacé aussitôt par Hooker, il fut envoyé à Chicago, où quelques abus de pouvoir excitèrent contrelui l'opinion publique. En.1863, de concert avec Rosencranz, il entra dans le Tennessee et s’empara de Knoxville (3 septembre); après avoir chassé de cet État les confédérés, il ne put les arrêter dans leur retour offensif, et fut obligé de reculer en combattant jusqu’à Knoxville (19 novembre). Grâce aux secours que lui envoya Grant il parvint à se dégager, et continua de commander dans ce pays jusqu’à la fin de la guerre. En 1866

il renonça au service et accepta un emploi dans un chemin,

de fer de Pennsylvanie.

En 1870, M. Burnside fit un voyage en Europe, et se trouvant à Paris pendant le siége accepta, au mois d'octobre, du gouvernement de la défense nationale la mission toute ofücieuse de faire accepter à M. de Bismark un armistice pour procéder aux élections générales. Ses efforts n’aboutirent point, et il quitia la France. P. Louisy.

BURRHUS ( Arranius), nommé chef unique des cohortes prétoriennes en 55, sous le règne de Claude, dut ce poste important à la faveur d'Ag rip pine. Il aida plus tard cette princesse à faire proclamer Néron au mépris des droits de Britannicus. C'était, au rapport de Tacite, un homme fort estimé des gens de guerre, à cause deses talents militaires, et recommandable par l'intégrité de sa vie et la sévérité de ses mœurs. L'éducation du jeune empereur lui avait été confiée conjointement avec Sénèque, et l’on attribua aux conseils des deux précepteurs les heureux débuts du règne

de Néron. Cependant il y eut bientôt une première tache à la vie de Burrbhus ; car il consentit à s’enrichir des dépouilles de Britannicus.

Quand Agrippine fut accusée par Julia Silana de vouloir

se donner un mari et usurper l'empire, il arréta Néron impatient de faire périr sa mère, en lui promeltant sa mort si son crime était prouvé. Il lui représenta en mème temps que tout accusé, et à plus forte raison uné mère, avait droit de demander qu'on entendit sa défense, et parvint à lui démontrer l’absurdité de l'accusation. Mais lorsque le parricide fut enfin commis, Burrhus fut le premier qui apporta quelques consolations à Néron, troublé par les remords. Il lui envoya les centurions et les tribuns, avec ordre de lui baiser la main et de le féliciter de ce qu’il avait échappé aux embüches que sa mère dressait contre sa vie! Lorsque Néron descendit sur le théâtre disputer Le prix aux acteurs, l’austère Burrhus assista comme le reste des courtisans à cel avilissement du pouvoir suprême, mais cependant, racontent les historiens, avec un air triste, et louant malgré lui de bouche ce qu'il désapprouvait dans l’âme. II mourut l'an 62 de J.-C., ne sachant pas lui-même s’il succombait à la maladie ou au poison.

. BURSAIRE,, genre de plantes de la famille des piltosporacées, formé par Cavanilles. La seule espèce connue, le bursaire épineux (bursaria spinosa, Cav.), est un arbrisseau de l'Australie, de 1",30 à 1",60 de haut, avec des rameaux grêles ou épineux, de petites feuilles oblongues, spatulées, éparses, luisantes, qui donne, depuis septembre jusqu’à octobre, des fleurs blanches, petites, en grappes paniculées. I1se multiplie de marcottes, demande une terre de bruyère, et ne quitte guère l’orangerie.

On connaît aussi sous le nom de bursaire un genre d’animaux.infusoires, de la classe des amorphes.

BURSAUX (Édits). Voyez Épir.

BURSCHENSCHAFT. En allemand Bursch signifie au propre, garçon, camarade; ein guter Bursch, un brave garçon, un bon compagnon. L’équivalent de Burschenschaft, si un tel motse laissait exactement traduire, serait donc, en français, compagnonnage, camaraderie. Suivant d’autres, Bursch serait dérivé de Bursales. ou Bursarii, dénominaltion.sous laquelle on désignait au moyen âge les étudiants des universités, d’après l'édifice qu'ils habitaient en commun et appelé burxæ, Ajoutons qu’au commencement de ce siècle les étudiants aflemands en étaient insensiblement venus à se réserver exclusivement cette appellation de Burschen, que le vulgaire consentait à leur abandonner. De là ce nom de Burschenschaft, confrérie des Burschen, donnée en 1815 à une associalion particulière formée entre eux par les étudiants de diverses universités, telles que Iéna, Tubingue, Heidelberg, etc., qui,deux ans auparavant avaient abandonné leurs études, afin de prendre part à la lutte pour l'indépendance nationale. Leur but était de perpétuer par là dans ces foyers de lumière et d’instruction les idées au nom desquelles l'Allemagne tout entière, répondant à l’appel de ses princes, avait couru aux armes en 1813 pour expulser l'étranger de.son sein, mais que les gouvernements s’élaient efforcés de comprimer aussitôt qu’elles avaient cessé de servir leur politique.

Les fondateurs de la Burschenschaft se proposaient d’ailleurs desubstituer danslesuniversités l’espritmäleetsérère dela liberté aux habitudes de débauche, quile. plus souvent faisaient le fond des diverses associations existant depuis un temps immémorial entre étudiants appartenant à la même contrée, et désignées sous le nom de Zandmannschaften. Les tendancesdela Burschenschaft étaient sans doute moralisatrices,. mais avant tout politiques, et n’allaient à rien moins qu’à forcer quelque jour les gouvernements allemands de tenir çes promesses d’affranchissement, dont ils avaient été si prodigues quand il s’était agi de provoqaer la lutte, et que, le danger une fois passe, ils

avaient si vile oubliées. On avait trop usé alors de ces grands mots : patrie, liberté, indépendance nationale, pour qu’on dût espérer comprimer les idées et les espérances qu'ils avaient éveillées au sein des populations auxquelles on avait appris à les répéter avec enthousiasme. C’est ce que ne comprirent pas les gouvernements allemands; et leur effroi fut grand quand ils s’aperçurent que l'esprit de progrès, pour combattre leurs tendances réactionnaires, avait recours au principe de l'association, c’eslà-dire au moyen dont eux-mêmes s'étaient servis pour se soustraire à la domination de l'étranger.

Les progrès de la Burschenschaft furent rapides. Dès la fête de la Wartburg, célébrée à Iéna au mois d'octobre 1818, on avait vu les délégués de quatorze universités se réunir dans cette ville et discuter publiquement les moyens à employer pour donner une direction unique à l’association, puis créer un comité directeur chargé de mettre les nombreuses Burschenschaften en rapport les unes avec les autres. Des espèces de congrès furent ensuite tenus, sous la dénomination de Burschentagen (jour des Burschen), afin de délibérer sur les intérêts communs de ces diverses sociétés et d'élire les membres du comité directeur, renouvelés chaque année; usage qui subsista jusque dans ces derniers temps. En même temps les membres de l’association arboraient ostensiblement, comme signe de ralliement, les anciennes couleurs de l'Empire : noir, ro uge et or. Au printemps de 1819 des Burschenschaften complétement organisées existaient déjà dans toutes les uni versités de l’AIlemagne, à l'exception de Gættingue, de Landsbut, et de celles de l’Autriche. I] était naturel que ceux des membres de ces associations qui se préoccupaient vivement de politique se vissent plus souvent entre eux et formassent des réunions plus étroites, dans lesquelles l’irritat ion passionnée de quelques-uns devait facilement se transformer en fanatisme.

Quand Kotzebue eut été assassiné par Sand, ancien membre dela Burschenschaft, les rés olutions de Carlsbad prononcèrent la dissolution de l’asso ciation; et tout aussitôt des procédures furent instruites dans la plupart desuniversités de l’Allemagne pour fait de menées démagogiques, mais sans produire de résultats posit ifs. Après le Junglingsbund (alliance de la jeunesse ), on vit se former vers 1827, au sein de la Burschenschaft, deux partis suivant chacun une direction d’idées différente : celui des Germanen, dont le but était toat politique et pratiqu e, qui visaient à l’unité politique de l'Allemagne; et celui des Arminen, qui ne voyaient dans l’unité de la patrie qu’un moyen de la moraliser et de l’éclairer, Ceux-ci, bien que formant la grande majorité dans toutes les universités, succom bèrent. On finit par les exclure de la Burschenschaft, en vertu de délibérations prises par les délégués.

La commolion produite en Europe par la révolution de Juillet ne put que donner plus de force et d’audace à la Burschenschaft, privée désormais de son élément inerte ou modérateur. C’est ce qui explique les mouvements révolutionnaires qui éclatèrent en 1833 sur divers points de l'Allemagne, et qui tous eurent pour acteurs principaux des mernbres de la Burschenschaft. Dans le Burschentag tenu à Tubingue aux fêtes de Noël 1832, les délégués de six universités avaient formellement décidé « que la mission « de la Burschenschaft générale d e l'Allemagne était de « poursuivre par les voies révolutionnaires la réalisation « de l'unité et de la liberté de la patrie commune, et qu’elle « devait dès lors se rattacher au comité patriotique de « Francfort. » À quelques jours de là le chef-lieu de la Confédération était le théâtre d’une échauffourée désignée sous le nom d’af/entat de Francfort, à la suite de laquelle 1,867 individus se trouvèrent compris dans des poursuites dont le résultat fut d’ailleurs à peu près nul, La grande erreur des gouvernements fut de croire que les universités

BURSCHENSCHAFT — BURTSCHEID

étaient l’unique foyer de l’esprit d'opposition; lors des évé= nements de 1848, on vit sans doute les étudiants s’associer au mouvement, mais non en être les chefs, et ne faire au contraire que suivre le torrent.

BURSLEM, ville d'Angleterre (comté de Stafford), sur le Trent et le canal de Mersey, compte 27,107 âmes. Patrie de Josias Wedgwood, le grand potier anglais, et placée au milieu du district des poteries, elle est le centre d’une fabrication très-renommée de porcelaine, de faïence et de terre cuite.

BURTON, ville du Staffordshire, sur le Trent, avec 26,358 âmes, était jadis célèbre pour ses ouvrages d’albâtre; elle est connue aujourd’hui pour son excellente bière dite pale ale, dont les produits les plus estimés sortent des brasseries d’Alsopp, de Bass et de Worthington. Le pont sur le Trent est un curieux monument en pierre, antérieur à la conquête des Normands, et réparé en 1175 par les bénédictins, qui possédaient à Burton une puissante abbaye.

BURTON (Ricuarp-Francis), voyageur anglais, né en 1821, à Norfolk, est le fils d’un colonel d'infanterie et a été élevé en France et en Angleterre. En 1842 il entra au service de la Compagnie des Indes, et résida plusieurs années dans le Scind. Doué d’une remarquable facilité pour s’approprier les langues étrangères, il posséda bientôt l’hindoustani, le persan et le moultan, dont il composa une Grammaire. Ses premiers ouvrages ont trait aux différents pays qu’il avait habités dans l’Inde : {he Sindh, or the Unhappy valley (1850, 2 vol. in-8), Goa and the Blue mountains (1851, in-8), {he Sindh and the races that inhabit the valley of the Indus (1851, in-8), Falconry in the valley ofthe Indus (1852, in-8); on y trouve des observations intéressantes, des récits substantiels, une grande abondance de faits nouveaux et d'indications utiles. M. Burton avait appris l'arabe, et quand il sut le parler couramment , il résolut d'explorer l’Arabie sous le costume d’un pèlerin afghan ; les circonstances politiques ne lui permirent pas d'accomplir son projet, et il lui fallut se borner à un simple pèlerinage aux deux villes saintes, dont il rendit compte dans son Personal narrative of a pilgrimage to el Medinah and Meccah (1855, in-8). De retour au Caire il partit pour la côte des Somanlis; maïs assailli en route par les indigènes, il eut un de ses compagnons tué, et lui-même blessé grièvement eut beaucoup de peine à gagner Harar, ville de l'Afrique orientale , où nul Européen n’avait encore mis le pied.

Élevé au grade de capitaine (1854), M. Burton forma alors le projet d’aller reconnaître les sources du Nil, et après avoir publié la relation de son dernier voyage (First footsteps in east Africa; 1856, in-8), il s'embarqua, avec le lieutenant Speke, pour Zanzibar. Cette expédition, une des plus mémorables de notre époque, aboutit à la découverte des grands lacs Tanganyika et N yanza et des sources du Nil; toutefois le mauvais état de sa santé empêcha M. Burton de s’asso-

cier à cette dernière excursion , dont la gloire appartient toute à Speke. Un voyage en Amérique chez les Mormons

le délassa en 1859 des fatigues du précédent. Nommé en 1860 consul à Fernando-Po il entreprit de nouvelles explorations dans l’intérieur de l'Afrique, et passa en 1864 à Babia, où il remplit les mêmes fonctions. Outre les ouvrages indiqués, le capitaine Burton a publié : {he Lakes region of central Africa (1860, in-8), traduits en français en 1862z the Cily of t he Saints and across the Rocky mountains to California (1861, in-8), Abeokuta and Camaroons Mountains (1863, 2 vol.), a Mission lo Gelel, king nf Dahomey (1864 ,2 vol.), the Battle-fields of Paraguay (1870), et Zanzibar (1872), Il a en outre fourni de nombreux articles à l'Athenœum.

-BURTSCHEID où BORCETTE, ville de Prusse, située à environ 1 kilom. d’Aix-la-Chapelle, dont elle semble faire partie, possède comme celle-ci des sources thermales

BURTSCHEID — BUSCHETTO

justement célèbres, et compte 6,000 habitants, qui se livrent également avec beaucoup de succès à la fabrication des draps et à celle des aiguilles. Burtscheid doit son origine à une fondation pieuse faite au septième siècle par Chlodulf, véritable souche des Carlovingiens, et, par la protection du couvent de religieuses nobles du mont Saint-Sauveur près d'Aix-la- Chapelle, obtint le rang de ville impériale.

BURY, ville d'Angleterre (comté de Lancastre), à 12kil, de Manchester, sur l’Irwell, compte 41,517 âmes. Il y a d'importantes filatures de coton et de riches mines de houille. Elle est la patrie de sir Robert Peel, dont la famille a beaucoup contribué à sa prospérite.

BURY=-SAINT-EDMOND, ville d'Angleterre (comté de Suffolk), sur le Larke , avec 14,928 âmes, est bien bâtie et dans un site pittoresque. Elle possède un jardin botanique et fait un peu de commerce, Son surnom lui vient du roi saxon Edmond, qui y fut couronné en 856. Canut le Grand y fonda une abbaye de bénédictins, qui devint la plus puissante d'Angleterre après celle de Glastonbury. Fermée par Henri VIL, elle tomba en ruines, et il n’en reste plus aujourd’hui que le cimetière, deux tours massives, et les belles églises de Sainte-Marie et de Saint-Jacques dans le style gothique. On voit encore à Bury le célèbre collège d’Édouard VI, dont l'admission est gratuite pour les fils des habitants de la ville.

BUSACO, sierra du Portugal dans la province de Beira, qui a donné son nom à une bataille livrée le 27 septembre 1810 par Masséna à l’armée anglaise; Wellington, qui commandait celle-ci, maintint ses positions, et se voyant tourné par les Français battit en retraite sur Lisbonne.

BUSARD. Le genre busard, de l’ordre des oiseaux de proie, famille des falconidées, a pour caractères essentiels : bec faible, très-élevé à sa base, et très-comprimé dans le reste avec un léger feston vers le milieu de son bord; cire très-grande, couvrant près de la moitié du bec; lorums recouverts de petites plumes et de poils longs et recourbés; ouverture du bec très-large; oreilles grandes, entourées en partie d’un demi-cercele de petites plumes tassées, dans le genre de celles des oiseaux de proie nocturnes; tarses longs, grêles, lisses; corps svelte; ailes longues et amples; queue arrondie.

Le busard est plus petit que la buse, et cependant il lui faut une plus ample pâture. Pour se procurer la quantité d’aliments qui lui est nécessaire, il faut que cet oiseau se donne plus de mouvement; il est donc plus actif, plus hardi dans ses attaques, et plus méchant, comme nous disons, suivant les prétentions de notre espèce. On a élevé de jeunes busards, on les a dressés pour la chasse des lapins, des perdrix et autre petit gibier. Ils sont donc susceptibles d'éducation, quoique d’autres espèces aient obtenu la préférence. Le busard n’est pas moins habile pêcheur que chasseur; il prend les poissons vivants, et les enlève dans ses serres, fait la guerre aux oiseaux aquatiques, etc. Ces habitudes fixent son séjour à portée des étangs, des marais et des rivières; il ne perche pas sur les grands arbres, comme la buse, et place son nid à peu de hauteur au-dessus de la terre. Quoiqu'il produise autant que la buse, il est cependant beaucoup plus rare.

BUSBECQ, BOUSBEKE ou BOUSSEBECQUES (AvcieR GHISLAIN pe), fils naturel du seigneur de ce nom, naquit en 1522, à Comines, en Flandre, et annonça de si heureuses dispositions, que son père prit un soin tout particulier de son éducation et le fit légitimer par l’empereur Charles-Quint. Après avoir fait de brillantes études aux plus célèbres universités de Flandre, de France et d’ftalie, il accompagna en Angleterre Pierre Lassa, ambassadeur de Ferdinand, roi des Romains. L'année suivante, 1555, ce prince le choisit pour son ambassadeur auprès de Soliman 1. 11 y revint une seconde fois, et séjourna alors sept ans à Constantinople. C'est de ce ministre et de quelques autres, ayant

résidé, comme lui, près de la sublime Porte, que l’empereur Maximilien 11 disait : « Les ambassadeurs flamands sont presque les seuls dont les négociations aient été utiles à l’'Empire d’Allemagne. » Busbecq fut ensuite gouverneur des archiducs Matthias, Maximilien, Albert et Wenceslas; il accompagna en France, en 1570, l’archiduchesse Élisabeth, qui allait épouser Charles IX, et demeura auprès d'elle, en qualité de maire du palais, jusqu’à son départ de France, après la mort de son époux, en 1574. Mais bientôt l’empereur Rodolphe II le choisit pour représenter l’Empire à Paris; et il y résida de 1582 à 1592. Quittant ce poste pour se rendre en Flandre, il se vit attaqué en route par un dé. tachement de ligueurs, qui, ayant examiné ses passeports, respectèrent en lui le représentant d’une grande puissance; mais la peur que lui causa cet événement lui donna une fièvre violente, qui l’emporta, au château de Maillot, près de Rouen, le 28 octobre 1592.

Busbecq a laissé quatre Lettres sur ses deux ambassades en Turquie (1589), dont il a paru plusieurs éditions ettraductions. On lui doit, en outre, l'introduction en Europe du lilas, à l'ombre duquel Bernardin de Saint-Pierre voulait qu’on lui ériget, dans nos jardins, un socle décoré de son nom. Il envoya au botaniste Charles de l’Ecluse quantité de semences de tulipes, qui se naturalisèrent en Belgique en 1575; André Scott, Juste-Lipse et Gruter reçurent de lui des inscriptions antiques ; il rapporta encore beaucoup de médailles, le fameux monument d’Ancyre élevé en l'honneur d’Auguste, et deux cent quarante manuscrits grecs, qu’il déposa dans la bibliothèque impériale. Les Lettres de Busbecq à Rodolphe II (1630) ont été traduites en français. Busbecq, en parvenant à empêcher la France d’envahir les Pays-Bas et de secourir le duc d’Alençon, donna à la médiation de l'Empire de l'autorité et de la grandeur, sans subtiliser sur le principe de non-intervention. Les différents écrits qu’on vient d’énumérer, plus une relation de l'ambassade de Soliman à la cour de Vienne, en 1562, ont été réunis par les Elzevirs en un volume ïin-24, portant la date de 1633, et dont le titre aété rafraîchi en 1660, année où cette édition fut reproduite à Oxford. Elle est accompagnée d’une notice sur l’auteur.

Busbecq, outre ses grands talents diplomatiques, possédait de vastes connaissances scientifiques et littéraires, et parlait sept langues. Parmi les savants avec lesquels il était lié, Juste-Lipse est un de ceux qui lui témoignèrent le plus d’attachement. Il lui dédia ses Saturnales , et composa son épitaphe. Busbecq ayant parlé irrévérencieusement du parlement de Paris, le célèbre parasite Montmaur, professeur de grec, lui lança de doctes invectives, recueillies par Adrien de Valois et de Sallengre, et l’appela Allemand ivre : Tace, ebrie Germane! Parmi tant d’injures, on s'étonne qu’il n’y en ait point de relatives à la naissance illégitime de Busbecq, que Pontus Heuterus a omis de comprendre dans sa liste des bâtards célèbres. DE REIFFENBERG.

BUSC. Voyez Corser.

BUSCHETTO. Cet architecte célèbre, qui remit en honneur les ordres de l'architecture grecque, rendit à la lumière une multitude de fragments d’antique sculpture, auparavant méconnus dans les débris où sont les ruines des édifices romains, et, en recueillant leurs précieux restes, prépara comme une espèce d’école où les rénovateurs du bon goût trouvèrent après lui des leçons et des modèles, tant en architecture qu’en sculpture. Né à Dulichium, vers 1020 ou 1030, il vivait encore en 1080. Si on n’a rien de plus certain sur les dates de sa naissance et de sa mort, on sait du moins que les Pisans , après avoir conquis Palerme sur les Sarrasins, en 1063, ayant décidé d'employer le produit des marchandises trouvées dans le port de cette ville à la reconstruction de leur cathédrale, appelèrent Buschetto en Italie, et le chargèrent de diriger l'érection de ce monument. Ce fut

œuvre capitale de cet architecte et à sa mort les magis-

trats de Pise lui élevèrent un tombeau contre la façade de la basilique qu’il avait construite.

BUSCHING (AntonE-FRépÉRic), le créateur de. la géographie moderne, naquit le 27 septembre 1724, à Stadthagen, dans le pays de Schaumbourg-Lippe, d’un père exerçant la profession d'avocat, et dont la sévérité excessive fit le tourment de son enfance. Élevé à l'institut des orphelins de Halle, il étudia la théologie dans cette ville, et se rendit en 1748 à Saint-Pétersbourg , où il devint précepteurdu jeune prince Biren. En 1754, nommé professeur extraordinaire de philosophie à Geættingue, il écrivit, pour obtenir le titre de docteur en théologie, une dissertation dans laquelle il développait des idées qui n'étaient pas complétement celles de l'Église dominante. Accusé à ce propos d’hétérodoxie, il lui fut interdit de continuer à professer la théologie et de rien imprimer à l'avenir en pareille matière sans autorisation préalable. Les suites fâcheuses de cet incident s’effacèrent à la longue, et en 1759 il fut même nommé professeur ordinaire de philosophie ; mais le séjour de Geættingue ne lui en était pas moins devenu désagréable : aussi se décida-t-il à accepter en 1761 les fonctions de prédicateur de la communauté protestante de Saint-Pétersbourg. Une cabale ne tarda pas à s’y former contre lui, et le força de donner sa démission dès l'an 1765. Il vint alors se fixer à Altona, avec l’intention de s’y livrer à des travaux littéraires; mais dès l’année suivante (1766) il acceptait les fonctions de membre du consistoire supérieur à Berlin. 11 mena dès lors dans cette capitale une vie très-retirée, qui ne l’empêcha pas de déployer une prodigieuse activité littéraire, et mourut le 28 mai 1773.

Avant la publication de la Géographie de Busching, dont les premières parties obtinrent les honneurs de nombreuses éditions, mais qui est devenue aujourd’hui complétement inutile, par suite des changements sans nombre que les révolutions politiques ont introduits dans la délimitation de tous les États, aucune nation ne possédait un ouvrage dans lequel la géographie fût traitée d’une manière complète et vraiment scientifique, HDI

On a aussi de Busching un Magasin d'Histoire et de Géographie, des Essais biographiques sur. les personnages les plus remarquables, et une Histoire moderne des Confessions Évangéliques en Pologne. l

BUSCHING (Jean-Gusraye-Gorruies), fils du précédent, né à Berlin, en 1783, mort à Breslau, en 1829, a laissé la réputation d’un archéologue érudit. On lui est redevable d’une foule de travaux remarquables sur l’ancienne littérature allemande. Nommé, en 1811, archiviste royal à Breslau, puis, en 1817, professeur d'archéologie à l’université de cette ville, il a publié une foule de documents précieux relatifs à l’histoire de la Silésie. Les Mémoires de Hans de Schweinichen, gentilhomme attaché au service de différents ducs souverains de cette province, qu’il édita et annota, resteront un curieux monument des mœurs, des usages et de la langue de l’Allemagne au seizième siècle, et offrent d’ailleurs tout l'intérêt d’un roman. |

BUSE. Le genre buse, de l'ordre des oiseaux de proie, famille des falconidées, a pour caractères essentiels : Tête grosse; bec arqué dès sa base; l'espace entre l'œil et les narines dénuéde plumes etcouvert de poils; les ailes longues ; la queue égale ou faiblement arrondie; les pieds rohustes, garnis d’une seule rangée d’écailles en avant et sur le dos des doigts, et réticulés dans le reste de leur étendue.

Buffon, reconnaissant les nombreuses analogies de mœurs et de forme des buses et des busards, les range, avec les milans , à la suite des vautours, qui les surpassent en grandeur eten force, quoiqu'ils n’aicnt pas plus de générosité ni de courage. « Ce sont, dit-il, des oiseaux ignobles et lâches ; plus communs que les vautours , ils n’en sont que plus incommodes. Loin de se fixer dansles déserts, ils préfèrent les heux habités, les plaines, où ils trouvent une subsistance plus abondante et plus facile à recucillir, Comme toute proie

BUSCHETTO — BUSE

leur est bonne, que toute nourriture leur convient, et que plus la terre produit de végétaux, plus elle est en même temps peuplée d'insectes , de reptiles, d'oiseaux.et de petits animaux, ils établissent ordinairement leur domicile au pied des montagnes, dans les terresles plus vivantes, lesplusabondantes en gibier, en volaille, en poisson. Sans être courageux, ils ne sont pas timides ; ils ont une sorte de stupidité féroce qui leur donne l’air de l'audace tranquille, et semble leur ôter la connaissance du danger; on les approche; on les tue bien plus aisément que les aigles ou les vautours: Déténus en captivité, ils sont encore moins susceptibles d'éducation; de tout temps on les a proscrits , rayés de la liste dés oiseaux nobles, et rejetés de l’école de la fauconnerie; de tout temps on a comparé l’homme grossièrement impudent au milan, et la femme tristement bête à la buse. » Ici le peintre a forcé quelque peu les:traits des objets:qu'il-voulait représenter : en entrant dans quelques détails, nous aurons l’occasion d’adoueir des, reproches trop sévères, et de rendre le tableau plus fidèle , dût-il être un peu déco- Joré. { j

Et d’abord faisons une remarque applicable probablement à d’autres espèces. La membrane qui couvre la base du bec des oïseaux de proie, nommée cire par les fauconniers, est bleue ou jaune : la première caractérise les oiseaux nobles, et la seconde les ignobles , et là buse porte cette marque deréprobation, Mais ce signe ne trompe-t-il jamais ? Lorsqu’on rencontre dans une:même espèce, dans ün méme nid, des cires de l’une et de l’autre couleur, a-t-on cherché les moyens de savoir si les-caractères individuels étaient conformes à l’indication. des couleurs ? L'auteur dé cet article a trouvé lui-même :cette singularité dans un nid. d’aigle canardier, et les petits, nourris assez longtemps, et dévenus familiers, conservèrent lescires différentes qu’ilsavaient reçues de la nature. Si des aïgles sont aïgles en dépit de la couleur jaune qui entoure la base de leur bee, il est probable que cette livrée d'abjection n'empêche pas que certaines buses ne soient beaucoup moins buses que leur nom ne le comporte. Mais, quoiqu'on ne puisse se dispenser de reconnaître ia possibilité de ces anomalies d'intelligence et de caractère, même dans les espèces où ces qualités ne se montrent qu’à un degré très-faible; il n’en est pas moins vrai que la buse a mérité la réputation de stupidité qu’on s'accorde à lui faire. Quoiqu’elle supporte très-bien la domiesticité, on ne cite aucun individu de son:espèce que la culture aïît per- Jectionné, dans le sens que nous attachons ordinairement à ce mot : dans l'état de liberté, c'est un oiseau sédentaire et paresseux, que l'on voit quelquefois perché plusieurs heures de suite sur le même arbre. Mais ce que l'on impute à la paresse n’est peut-être que l'inaction naturelle , on dirait presqueraisonnable, d'un animal qu'aucun besoin ne presse et ne sollicite. Le busard, plus consommateur que la buse , est beaucoup plus actif, excité comme il l’est par l’aiguillon de la faim, tandis qu’il paraît que la buse se contente de peu, puisqu'elle est très-répandue , et n’expulse de ses domaines aucun autre oiseau de proie. Cette sobriété n’estsans doute pasunequalitédonton-doive lui tenir compte ; mais on assure que cet oiseau si peu sensible en apparence à ses propres intérêts donne aux autres oiseaux de proie l'exemple d’une tendresse paternelle qui trouve peu d’imitateurs : si la mère est tuée, le père n’abandonne pas les petits, et continue à les nourrir jusqu’à ce qu'ils prennent l’'essor et pourvoient eux-mêmes à leur subsistance.

Il est rare que deux buses soient exactement semblables. On remarque presquetoujoursdans le plumage desdifférences, qui dépendent vraisemblablement du sexe et de l'âge. Dans cette espèce, comme dans les autres oiseaux de proie, le mâle est d'environ un tiers plus petit que la femelle, Feny.

BUSE, terme injurieux qui, comme butor, se prend Pour synonyme de so/, stupide, mais avec quelques nuances distinctives, telles que les offrent les oiseaux qui en sont

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