‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 64 sur 556 · BUVEUR — BUXTORF · texte numérisé non relu

BUVEUR — BUXTORF

grands mangeurs. Démostliène avait donc bonne grâce lorsqu'il disait à ceux qui donnaient à Philippe, roi de Macédoine, la louange de boire beaucoup : Ce n’est pas là une qualité royale, c’est celle d’une éponge. »

Un plaisant prétendait reconnaître à l'apparence ce qu’un homme buvait : le buveur d’eau à sa sécheresse, le buveur de lait à son teint blôme, le buveur d'eau-de-vie à son hébêtement, le buveur de thé à son ennui, le buveur de cidre à son air querelleur, le buveur de bière à sa graisse, le buveur de café à son illuminisme, le buveur de vin à sa gaieté. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’eau ne semble pas une boisson suffisante pour l’homme qui travaille. Laissons donc quelque professeur d'hygiène faire l'éloge de l’eau en chaire sinon à lable; le poëte ne consent à la chanter que parce qu'elle est utile à la vigne. D'ailleurs, la sagesse des nations aurait-elle tort de qualifier de buveur d’eau Yhomme sans force et sans vigueur. Horace a dit que les buveurs d’eau ne faisaient jamais que de méchants vers, et un chansonnier du commencement de ce siècle, Armand Gouffé, dans une boutade pleine d'esprit, prétend que

Tous les méchants sont buveurs d'eau,

ce qui, dit-il, Est bien prouvé par le déluge.

N'oublions pas d'ajouter qu’on appelle, en anatomie, le muscle adducteur de l'œil, muscle buveur, parce que, servant à faire mouvoir l'œil du côté du nez, il reproduit un mouvement qui s’accomplit d'ordinaire quand on boit.

BUXHOEWDEN (FréDéric-GuILLAUME, comte DE), général russe, né d’une famille livonienne, le 14 septembre 1750, dans l'ile de Moon, voisine de celle d'Œsel, à Magnusdal, terre que son père possédait à titre de fermier de la couronne, fut élevé à l’école militaire de Saint-Pétersboug, et fit dès 1769 la campagne contre les Turcs. Pendant les années 1774 et 1775 il accompagna le comte Orloff dans un voyage en Italie et en Allemagne. Cependant ce ne fut qu’en 1777, et grâce à son mariage avec une frèsgrande dame russe, qu'il obtint de l'avancement dans l’armée. En 1789 il fit avec le grade de général la campagne contre la Suède ; il battit, en 1790, les généraux suédois Hamilton et Meyerfeld, et s’empara de Frédéricksham et de Viborg; actions d'éclat, que l'impératrice Catherine récompensa en lui faisant don du domaine impérial de Magnusdal.

Dans la guerre de Pologne, en 1792 et en 1794, il fut placé à la tête d’une division, et lors du terrible assaut du faubourg de Praga, il s’efforça vainement de modérer la fureur de ses soldats. Souwaroff lui confia le commandement de Varsovie ainsi que le gouvernement général de la Pologne, et dans l'exercice de ces fonctions sa modération et son désintéressement lui méritèrent l'estime des vaincus, Il devint bientôt gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg ; mais étant tombé à peu temps de là en disgrâce, il se retira ea Allemagne. Après la mort de Paul, rappelé par l’empereur Alexandre, il fut chargé par ce prince de régulariser l'assiette de l'impôt; mission dont il s’acquitta à la satisfaction de l'empereur, qui approuva toutes les modifcations opérées par lui dans cette partie du service. En qualité de gouverneur général, il fut ensuite chargé de l'inspection des troupes cantonnées en Livonie, en Esthonie et en Courlande.

A la bataille d’Austerlitz, il commandait l'aile droite, à la tête de laquelle il fit de vains efforts pour avancer, le centre et l'aile gauche ayant été contraints de se replier. Dans la campagne de 1806 il commanda en chef; mais après la bataille de Pultusk il dut résigner son commandement entre lex mains de Bennigsen, et ne le reprit qu'après les batailles d’Eylau et de Friedland. Lorsque éclata en 1808 la guerre contre la Suède, il envahit la Finlande à la tête de dix-huit mille hommes, conquit en dix mois toute cette pro-

vince, força Sweaborg à capituler, et termina la campagne en Laponie, sur les bords du Tornéo, qui lors de la conclusion de la paix devint la limite du territoire russe, En 1509 l’affaiblissement de sa santé le força de renoncer à son commandement, et il mourut le 23 août 1811, dans sa terre de Lohde, en Esthonie.

BUXTON, petite ville du comté de Derby (Angleterre ), l’un des établissements thermaux les plus à la mode du royaume-uni, est situé à 26 myriamètres de Londres, dans une étroite vallée des monts Peaks, n’ayant d’autre issue que la rivière de Wye. Parmi les édifices qu’il contient, on remarque surtout le palais appelé Crescent , orné de colonnes d’ordre toscan, avecune bibliothèque, des bains, etc, que le duc de Devonshire fit construire en 1781, et qui ne coûta pas moins de 100,000 livres sterling. 7

Cet endroit est important en raison de ses sources d'eaux sulfureuses, parmi lesquelles il faut surtout citer la source Sainte-Anne. Buxton reçoit année commune quinze mille baïgneurs. Aux environs on trouve d'importantes carrières à chaux, près desquelles on voit la fameuse grotte à stalactites dile Pool’s Hoole et le Diamond hill, où on rencontre en abondance de beaux quartz cristallisés.

BUXTON (Sir TaomasFOWELL ), philanthrope célèbre par ses efforts en faveur de l’abolition de l'esclavage, naquit à Norfolk, en 1786, d’une bonne famille. Dèsson enfance sa mère lui inspira l'amour de la vérité, de la justice et de la vertu; et sur les bancs de l’école on citait déjà l'extrême loyauté de son caractère, Jamais, disait un de ses anciens condisciples, on n’entendit un mensonge sortir de sa bouche, Il était destiné à hériter d’une grande propriété foncière en Irlande ; mais, déçu dans son attente, ilse vit forcé en 1808, peu de temps après son mariage avec une miss Gurney, de chercher à faire fortune en prenant une part d'intérêt dans lune des grandes brasseries de Londres. Les relations de famille que lui créa son mariage ne purent que contribuer à l’affermir dans les principes de sa jeunesse, qui lui faisaient considérer une active philanthropie comme l’un des premiers devoirs de l’homme en société. II contribua à la fondation de la société pour l'amélioration des prisons créée sous les auspices d’Élisabeth Fry, l’une des parentes de sa femme.

Ayant été élu vers le même temps membre du parlement pour la ville de Weymouth, il se trouva dès lors en position de prendre utilement en main la cause de l'humanité et de la charité chrétienne. L’un des fruits de ses efforts fut son Enquiry welher crime and misery are produced or prevented by our present system of prison discipline (Londres, 1818). Cependant sa fortune s'était assez améliorée pour qu’en 1820 il lui fût loisible de vivre à la campagne qui avait constamment fait ses délices; et dès lors il résolut de consacrer tout son temps à l'entière extirpation de la traite et de l’esclavage des noirs. En 1821 il prit la direction des débats sur cette importante question, direction que Wilberforce avait eue pendant trente-trois ans sans interruption; et à partir de ce moment jusqu'en 1840, époque où il se retira de la carrière parlementaire avec le titre de baronnet, il se montra constamment l'in. fatigable défenseur de toutes les mesures relatives à l'émar:cipation. Il eut la joie de voir ce grand principe proclamé et reconnu dans toutes les colonies anglaises; mais ses derniers jours furent contristés par l’inutilité des efforts faits par l’escadre anglaise chargée de réprimer la traite sur les côtes de l'Afrique. et que force lui fut de confesser dans son ouvrage : The african slave Trade (Londres, 1839).

Buxton mourut le 19 février 1845, à Northrepps, dans le comté de Norfolk. Ses intéressants mémoires ont été publiés en 1818 par son fils, sir Édouard North Buxron.

BUXTORPF (Jean), né le 25 décembre 1564, à Kamen, en Westphalie, étudia à Marbourg et à Herborn, puis à Bâle età Genève, où il suivit les leçons de Grynæus et de Théodore de Bèze, Après avoir parcouru l'Allemagne ct la Suisse,

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