BYRON — BYSSUS
humide et malsain de Missolonghi ébranla fortement sa santé. Le 14 février les Souliotes quittèrent la ville. Le {5 il eut une horrible convulsion. F1 se plaignit ensuite de la lourdeur de sa tête. On lui posa des sangsues au front ; maïs le sang coula trop longtemps. Des Souliotes révoltés ne respectèrent pas son état de souffrance. « Bientôt après cette fatale crise, dit le colonel Stanhope, lorsqu'il était étendu sur son lit de douleur, épuisé par une saïignée trop forte, et
avec tout son système nerveux ébranlé, les Souliotes mu-"
tinés, leurs riches habits couverts de boue , entrèrent dans son appartement, brandissant leurs armes magnifiques et réclamant leurs droits. Lord Byron, électrisé par ce spectacle inattendu, sembla pour un moment guéri de sa maladie : plus grande était la rage des Souliotes, plus il était calme : la scène était vraiment sublime. Bientôt ses amis durent perdre tout espoir ; il expira le 19 avril 1824, dans les bras de son fidèle domestique Fletcher. « J’ai donné, dit-il, à la Grèce mon temps, ma fortune, ma santé, et maintenant je lui donne ma vie. Que pouvais-je faire de plus? » A ses derniers moments, les noms de sa sœur, de son Ada, de la Grèce, de son ami Hobhouse, se confondirent sur ses lèvres. Missolonghi célébra par un deuil solennel les funérailles du grand homme. Le 16 juillet 1824 le corps de Byron, suivi de peu d'amis , fut déposé sans pompe dans la petite église de Hucknall, près de Newstead. Ernest DESCLOZEAUX.
La fille unique du poëte, Ada-Augusta, est morte le 27 novembre 1852, à trente-sept ans. Elle avait épousé en 1835 lord King, créé en 1838 comte de Lovelace. Élève de Babbage, elle possédait des connaissances peu communes en mathématiques. De son mariage elle eut trois enfants, Byron-Noël, né en 1836; Anne-Isabelle, née en 1837, et Ralph, né en 1839, baron Wentworth. L’aîné, qualifié de vicomte Ockham, quitta ses titres pour prendre la mer comme simple matelot, épousa une fille du peup'e, et füt ensuite attaché comme mécanicien aux ateliers de la marine royale à Birmingham. 11 mourul en 1862, sans avoir jama's regretté le rang ni la fortune auxquels sa naissance lui donnait le droit de prétendre. Singulier contraste avec le caractère et les habitudes aristocratiques de son grand-père !
La veuve de lord Byron, Anne-]sabelle, fille unique du baronet Milbanke, née le 17 mai 1792, et mariée le 2 janvier 1815, mourut le 16 mai 1860, à Londres. Elle avait hét rité en 1856 de la baronnie de Wentworth, qui à sa morpassa à son petit-fils. En 1869 Mme Beecher-Stowe inséra dans l’Aflantic Monthly de New-York un article où, d’après les confidences de lady Byron, elle indiquait pour véritable cause de la séparation des deux époux l’amour réciproque dun poète et de sa sœur Aurore. Cette révélation causa un scandale énorme; mais elle parut fausse ou au moins exagérée quand on apprit que Mme Stowe ne pouvait l’étayer d’aucune preuve écrite.
BYSSUS, mot employé chez les anciens pour désigner des substances végétales et animales filamenteuses propres à former un tissu très-fin. Vossius, qui disserte longuement sur ce mot, ne détermine pas la substance ainsi nom-
* mée avec laquelle on fabriquait des étoffes précieuses par
leur finesse, leur couleur et leur rareté. Les byssus les plus renommés étaient ceux de l’Élide et de la Judée,
Du moins nous connaissons en anatomie animale et en zoologie les parties qui, dans l'organisme animal, sont spécifiées sous l'appellation de byssus, ainsi que les mollusques qui le fournissent, et que pour cette raison Lamark a nommés byssifères. Le byssus de ces animaux est une touffe de filaments soyeux plus ou moins fins qui leur servent à s’attacher et à se fixer aux corps sous-marins. C’est dans les genres houlette, lime, peigne, pinne, moule, mo-= diole, perne, marteau, avicule, saxicave, tridacne qu'on l'observe. Cette touffe sort de leurs valves, tantôt par le milieu, tantôt par le bout de la coquille, Le byssus de la tridacne est très-fort et tendineux, en raison de la