CABRIOLE — CACAOYER
sâtre, et à ce que l'amande se divise facilement en plusieurs fragments irréguliers.
Le beurre de cacao est une huile concrète, douce, odorante, d’un blanc jaunâtre qui se rapproche du suif de veau pour la consistance, qui fond facilement dans la bouche, en donnant une saveur agréable, analogue à celle du chocolat, et que l’on extrait du cacao par expression à chaud après broïement , ou par macération chaude, l'huile se séparant alors et venant nager à la surface du liquide, Cette substance, entièrement soluble dans l’éther quand elle est pure, donne au chocolat son aspect gras etonctueux. Le beurre de cacao, quoique doué de propriétés émollientes très-développées, est aujourd’hui peu employé en médecine, où il ne sert plus qu’à faire des suppositoires. On s'en sert cependant encore pour les engelures, les hémorrhoïdes, les strictures et crevasses au sein des nourrices, etc. DÉMEZIL.
CACAOYER ou CACAOTIER , genre d'arbres de la famille des malvacées de Jussieu, et de la famille des byttnériacées de Robert Brown, et qui se reconnaît aux caractères suivants : Les fleurs sont réunies par petits faisceaux, qui naissent un peu au-dessus de chacune des feuilles; le calice est caduc, à cinq divisions profondes, étalées et souvent colorées. La corolle se compose de cinq pétales attachés à la base du tube staminifère ou androphore. Ces pétales sont dressés, élargis et concaves dans leur tiers inférieur, minces et linéaires dans leur tiers moyen, élargis de nouveau et concaves dans leur partie supérieure, par laquelle ils convergent vers le centre de la fleur. Les étamines forment un tube divisé dans ses deux tiers supérieurs en dix lanières, cinq plus longues, privées d’anthères, et cinq plus courtes, alternant avec les précédentes, et portant à leur sommet deux anthères, qui sont logées dans la partie supérieure et concave de chaque pétale. L'ovaire est ovoïde, tomenteux, à dix stries longitudinales; il offre cinq loges, dans chacune desquelles on trouve huit ou dix ovules insérés vers leur angle interne. Le style, plus long que l'ovaire, est partagé à son sommet en cinq divisions courtes, dont chacune porte à son extrémité un stigmate capitulé ; le fruit est une capsule à parois épaisses, portée sur un pédoncule court, et qui lors de la maturité est devenue uniloculaire par la disparition des cloisons. Elle contient plusieurs graines en forme d’amande, attachées à un placenta central, et entourées d’une pulpe gélatineuse, Ces graines sont dépourvues de périsperme; les cotylédons sont épais, charnus, plissés et huileux.
Les espèces de ce genre sont des arbres de moyenne grandeur, originaires de l’Amérique. Le plus célèbre est le cacaoyer cullivé (theobroma cacao , Linné}), qui s'élève à peu près à la hauteur de nos cerisiers, et que l’on cultive en abondance, pour en avoir les graines, dans diverses contrées de l'Amérique, particulièrement au Mexique, sur la côte de Caracas, et dans la Guyane. Sa racine est pivotante, roussâtre et un peu raboteuse ; l'écorce du tronc est de couleur cannelle plus ou moins foncée; le bois est blanc, poreux, cassant et fort léger; les feuilles, qui se renouvellent sans cesse, sont alternes, pendantes , lancéolées, terminées en pointe, très-entières, très-glabres et d’un vert brillant des deux côtés, nerveuses et veineuses en dessous; les plus grandes ont 24 à 27 centimètres de longueur sur 8 de largeur; elles sont portées sur des pétioles à la base desquels se trouvent deux stipules longs de27 millimètres couverts d’un duvet roussâtre, et épaissis à leursommet. Les fleurs sont dépourvues d’odeur ; elles naissent en grand nombre presque toute l’année, mais particulièrement vers les solstices. Chacune est portée sur un pédoncule long de 13 millimètres. Les folioles du calice sont blanchâtres en dehors et rougeâtres en dedans, les pétales jaunâtres où de couleur de chair fort pâle. La plupart de ces fleurs avortent et tombent; celles qui restent produisent des fruits d’une forme presque semblable à celle d'un concombre, longs de 16 à 22 centimètres, larges de 5,