‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 87 sur 556 · CACAOYER —— CACHET · texte numérisé non relu

CACAOYER —— CACHET

pointus à leur sommet ; leur surface présente dix côtes longitudinales, marmelonnées et peu saillantes, séparées par autant de sillons. Ces fruits, nommés cabosses dans les îles, deviennent d’un rouge foncé, et se couvrent de points jaunes lorsqu'ils sont mûrs ; ils deviennent entièrement jaunes dans une variété, Le temps qu'ils mettent à se former et à mûrir est d'environ quatre mois. Chacun de ces fruits renferme vingt-cinq à quarante graines ou amandes. C'est à ces graines qu’on donne dans le commerce le nom de cacao, : DÉMEZIL.

CACATOES ou CACATOIS. Les espèces du genre perroquet connues sous le nom de cacatoès se distinguent à la huppe, formée de longues plumes érectiles, dont leur tête est ornée. Leur plumage est généralement blanc. Ils habitent quelques parties de l'Océanie et de l'Inde, vivent surtout de racines, et fréquentent les terrains marécageux. On les nomme aussi cacadous.

De tous les perroquets qu’on apporte en Europe, les cacatoès sont les plus dociles et les plus susceptibles d'attachement. Ils sont mimes et cabrioleurs, et développent à chaque instant une belle huppe dès qu'ils sont mus par quelque sentiment de crainte, de colère ou de curiosité.

Notre vocabulaire maritime, qui s’est emparé du mot perroquet, emploie également le terme cacatois pour désigner la voile légère qui termine ordinairement le système de voilure d’un bâtiment. Ce nom s'applique également au mât qui supporte cette voile.

Les marins disent indifféremment cacatois ou catacois.

CACAULT (François), né à Nantes, en 1740, était en 1785 secrétaire de légation à Naples. Rappelé en France en 1791, il fut envoyé à Rome en 1793 avec le titre de chargé d’affaires, tout ausitôt après le meurtre de Basseville. I1ne put pas toutefois parvenir à sa destination, et dut s’arrêter à Florence, où il ne demeura pas inactif, car il y réussit à défacher le grand-duc de Toscane de la coalition. II se trouvait à Gênes lors de la signature du traité de Tolentino ; rappelé encore une fois en 1798, il futélu député aux Cinq-Cents. Après le 18 brumaire il fit partie de la nouvelle assemblée législative, et fut nommé, en 1800, ambassadeur à Rome. Sa mission ayant pris fin en 1803, il rentra en France, devint membre du sénat, et mourut en 1805, à Clisson.

CACHALOT, genre d'animaux mammifères appartenant à l’ordre des cétacés. 115 ont, comme les baleines, une tête énorme, qui fait à elle seule le tiers ou la moitié de la longueur du corps. La mâchoire supérieure ne porte point de fanons el manque de dents, ou n’en a que de petites; l'inférieure, étroite, allongée, et répondant à un sillon de la supérieure , est armée de chaque côté d’une rangée de dents cylindriques ou coniques, qui entrent dans des cavités correspondantes de la mâchoire supérieure quand la bouche se ferme. La partie supérieure de la tête ne consiste qu’en grandes cavités recouvertes et séparées par des cartilages, et remplies d’une huile qui se fige en refroidissant, et que l’on connaît dans le commerce sous le nom impropre de blanc de baleine, ou sous celui, plus impropre encore, de sperma ceti ( voyez CÉTINE ). Les cavités qui la contiennent sont fort différentes du véritable crâne, lequel est assez petit, placé sous leur partie postérieure, et contient le cerveau comme à l'ordinaire. 1] paraît que des canaux pleins de cette huile se distribuent dans plusieurs parties du corps, en communiquant avec les cavités qui remplissent la masse de la tête, et qu'ils s’entrelacent même dans le lard ordinaire, qui règne sous toute la peau.

Comme tous les cétacés d’ailleurs, les cachalots ont les membres antérieurs en forme de nageoires, le corps absolument dépourvu de poils dans toute son étendue, privé de membres postérieurs, et terminé par une queue en forme de nageoire aplatie horizontalement. Chez eux, comme dans tous les cétacés ordinaires ou souffleurs, l'eau qu'ils engloutissent continuellement avec leur proie entre par le gosier

dans les narines, les traverse et s’amasse dans un sac placé à l’orifice extérieur de la cavité du nez, d’où elle est chassée avec violence, et sous forme de jets d’eau, par une ou deux ouvertures étroites, situées au-dessus de la têle, et qui portent le nom d’évents. Les cachalots, dont plusieurs espèces atteignent la taille des baleines, sont avec cela mieux armés et plus agiles que ces dernières. Leur taille, plus effilée, leur permet de nager avec plus de rapidité ; ils peuvent plonger aussi pendant plus longtemps. Ils voyagent en troupes nombreuses dans presque toutes les mers, portent le ravage dans les bancs de poissons , dont ils avalent même de très-grandes espèces, et attaquent avec fureur jusqu'aux baleines. Leurs coups de queue, quoique moins violents que ceux des baleines, sont cependant assez forts pour briser les nacelles des pêcheurs. Le principal produit que lon tire de leur pêche consiste dans le blanc de baleine qu'ils fournissent; car ils donnent peu d’huile. La substance odorante connue sous le nom d’ambre gris paraît être une concrétion qui se forme dans leurs intestins, surtout lors de certains états maladifs, et, à ce que l’on a dit, principalement dans leur cœcum.

Ce genre contient plusieurs espèces, mais dont les caractères distinctifs n’ont pu être encore bien déterminés, La plus commune et la mieux connue est le grand cachalot ({ physeler macrocephalus, Shaw ), dont la taille va jusqu’à vingt mètres , la tête faisant le tiers de la longueur totale. Il est noir, mêlé de verdâtre sur le dos, blanchâtre sous le ventre, J1 a la queue très-étroite et comme conique, une éminence longitudinale ou fausse-nageoire au-dessus de Panus; vingt à vingt-trois dents de chaque côté à la mâchoire inférieure; ses deux évents se réunissent avant d'arriver à l'extérieur, et n’ont qu’une seule issue au dehors dirigée vers le côté gauche. Cette espèce est répandue dans beaucoup de mers : on en a pris des individus jusque dans la mer Adriatique, et il en échoua trente et un, en 1784, sur les côtes de Bretagne. DÉMEzIL.

CACHEMIRE. Voyez KAGHEMIRE.

CACHEMIRE ( Chèvres de ). Voyez CHÈVRES.

CACHEMIRE ( Châle ). Voyez CnaALe.

CACHET, petit sceau dont on appose l'empreinte sur une lettre pour la fermer. Ce mot, suivant Ménage, vient de cacher , parce qu’il sert à cacher l'écriture. Il est ordinairement en métal ou en pierre fine montée sur métal, portant la gravure de quelque image, armoirie, chiffre, emblème eu devise, qu’il imprime sur de la cire d'Espagne ou sur du pain à cacheter, pour empêcher qu’on n’ouvre une lettre, un paquet, fermés et marqués de cette empreinte. Quant à sa forme, il est le plus souvent adapté à un anneau, à une bague, à l'extrémité d’un étui; on l’a monté aussi à une breloque de montre ; mais on le fixe surtout au bout d’un manche ou d’une poignée en ivoire, en nacre, en éhène, etc. Les cachets existaient sans doute avant l'invention de l'écriture. Longtemps après qu’elle eut été découverte on ne connaissait pas l’emploi des signatures ; on y suppléait par le cachet. Au moyen âge nos chevaliers signaient et cachetaient avec le pommeau de leur épée. Chez les anciens, signer c'était apposer son cachet; aussi c’est de son nom latin, signum (figure }), qu'est venu le mot signature, parce qu'il y avait des figures sur les cachets.

L'origine des cachets remonte à la plus haute antiquité. Ils étaient connus en Égypte du temps de Joseph, et plus anciennement en Perse, si, d’après le poëte Sàdi, it faut attribuer à Djemschid, premier législateur de ce pays, ayant régné plus de 2,000 ans avant J.-C., l'usage de porter un anneaucachet à la main gauche. L'un des plus fameux dont les annales vraies ou fabuleuses du monde fassent mention, c’est celui qui formait l'anneau de Salomon. Gygès se rendait invisible à l’aide d’un anneau semblable. Il est parlé du cachet d’Assuérus dans le livre d’£Esther , et l'historien Thucydide fait mention de celui de Xerxès.

Le cachet n’était jadis qu'un anneau portant la figure gravée d'une divinité, d’un roi, d’un empereur, d’une princesse, d’un philosophe, d’un chef de secte, ou de tout autre personnage célèbre; de l’un des ancêtres de celui qui en était possesseur; de quelque symbole, ou d’un animal vrai ou fabuleux. Auguste adopta le splänx sur son cachet, puis la tête d'Alexandre, et enfin sa propre image. Mécène avait fait choix d’une grenouille. Quoique les fleurs de lis en nombre, puis réduites à trois, fussent les armoiries empreintes sur les sceaux de France, plusieurs denos rois avaient leur cachet particulier : une salamandre était sur celui de François 1°", un soleil sur celui de Louis XIV.

Les Orientaux ne connaissent pas les armoiries proprement dites, particulières à chaque famille, et transmissibles d'âge en âge. Le premier cachet de Mahomet fut d’or, en forme de bague; mais, ayant proscrit ce métal, il eut un cachet de fer entouré de fils d'argent. 11 prohiba aussi le fer et adopta un cachet d'argent, sur lequel étaient gravés ces mots : Mohammed ressoul Allah ( Mohammed envoyé de Dieu ). 11 le porta au doigt jusqu’à sa mort, et les trois premiers khalifes ses successeurs n’en eurent pas d'autre. Au faîte de la puissance, au milieu du faste asiatique, les autres khalifes n’eurent qu'un cachet d’argent, en forme de bague, sur lequel ils faisaient graver leur chiffre ou leur monogramme, ‘avec un verset du Coran, une maxime ou une sentence; mais ce cachet était indépendant des sceaux de l'État. Les croisades en Asie et en Afrique, les relations des chrétiens avec les Maures d’Espagne, introduisirent parmi les musulmans quelques traces de blason et d’armoiries. Le cachet de Tamerlan avait trois cercles, accompagnés de deux mots persans, dont le sens était : Tu as été sauvé pour avoir dit la vérité. Les cachets des princes s’appelaient autrefois bulles; on les nomme aujourd’hui sceaux. Leurs cachets particuliers étaient originairement des contre-sceaux.

Dans un temps où le cachet tenait lieu de signature, c'était une politesse chez les Romains d'envoyer l'empreinte ou d’envoyer le cachet lui-même : le don qu'on en faisait à quelqu'un était la plus grande marque de confiance. Auguste, dans une maladie dont il guérit, voulant indiquer Agrippa pour son successeur, lui donna son anneau. Tibère, au lit de la mort, tira son anneau, le tint quelques instans comme pour le confier à quelqu'un , et le remit à son doigt. Cäïus, son neveu, voulant s'assurer empire, s’empara de l'anneau, malgré la résistance du moribond, qu’il fit étouffer. Chez les musulmans, donner son cachet est aussi un témoignage d’amitié, de confiance et de dévouement. On voit dans Joinville que le Vieux de la Montagne envoya le sien à saint Louis. Les anciens avaient un respect superstitieux pour les cachets. L'empereur Galba ayant perdu celui d’Auguste, on en tira l’augure de la brièveté et de la triste fin de son règne. La perté du cachet de l’empereur Adrien fut le présage et la cause de sa mort. On retrouve la même superstition chez les musulmans. Le khalife Otlhiman ayant laissé tomber dans un puits le cachet de Mahomet, on regarda cet accident comme le pronostic des désastres qui accablèrent l’islamisme et ce malheureux prince. La mort de Sélim 1°", le conquérant de l'Égypte, fut attribuée à la même cause que celle d’Adrien.

“Les avciens, ne connaissant pas les serrures et les clefs, fermaient tout dans des coffres entourés de cordons, auxquels ils faisaient des nœnds très-compliqués. Ulysse était fort habile à les défare. Alexandre trancha le nœud gordien. Les Romains scellaient tout, jusqu'aux provisions de bouche, avec de la cire. C’est d’eux que cet usage passa chez les Parthes, et s’est conservé dans l'Orient. Le khalife Hescham, prince très-avare, au huitrème siècle, avait septcents coffres, marqués de son sceau, remplis de ses effets les plus précieux. Tout était scellé, au dix-septième siècle, chez les rois de Perse de la ramille des Sofys, jusqu'aux sceaux de l'État, conservés dans un coffret que la reîne-mère avait en garde, et dont le roi portait le petit cachet pendu à son cou.

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