BICOQUE — BIDAULT
Bayonne à Madrid. On la traverse sur un pont de bois aw delà du village basque de Béhobie. Près de là apparaissent des flots, derniers débris de l'ile des Faisans ou de {a Conférence, à laquelle on ne peut dire si ce dernier nom vient de l’entrevue de Louis XI et de don Enrique de Castille en avril 1463, ou du congrès qu'y tinrent en 1659 le Cardinal Mazarin et don Luiz de Haro, et d’où résultèrent le traité de paix des Pyrénées et le mariage de Louis XIV ct de l’infante Marie-Thérèse, à Saint-Jean-de-Luz.
Un siècle et demi plus tard , le 6 avril 1823, l’avant-garde d’une armée française, commandée par un descendant de Louis XIV , et marchant, d’après les ordres de la Sainte-Allance, à la destruction des libertés espagnoles , parut sur La rive droite de la Bidassoa. Au même instant, deux cents proscrits français , après avoir fraternisé à Irun avec le régiment espagnol Impérial-Alexandre, se montrèrent sur la rive gauche, en uniforme de la vieille garde, commandés par le colonel Caron, portant tous la cocarde tricolore, et faisant flotter dans leurs rangs le drapeau de l'Empire. Ik essayaient vainement sept ans trop tôt le mouvement national qui devait réussir à Paris dans les journées de Juillet. « Vive la France! vive Partillerie! » s’écriaient-ils unanimement en marchant vers la rivière, et tendant les bras à l’armée française, dont ils n'étaient séparés que par un étroit espace. 11 y eut un moment d’indécision; mais la voix du général Valin se fit entendre : « A vos pièces, artilleurs! s’écria-t-il; à vos armes ! volligeurs! Feu, camarades ! vive le roi! » Et une décharge à mitraille, soutenue par la mousqueterie, abattit douze malheureux proscrits; huit expirèrent sur le coup, quatre furent emportés blessés, quelques autres se virent traduits plus tard devant les tribunaux royalistes. Cependant ce succès avait tenu à bien peu de chose : l’armée qui marchait contre l'Espagne comptait dans son sein près de 10,000 chevaliers de la Liberté; il n’y en avait pas moins de 1,000 dans la seule garde royale,
Le gouvernement français a restauré l'ile des Faisans, suivant l'engagement qu'il en avait pris en 1856, et y a élevé un monument commémoraiif de l’entrevue de 1659, qui a été achevé en 1863.
BIDAULT (Joseru-XAviER), peintre de paysages historiques, naquit à Carpentras, en 1758. 11 eut pour maître son frère, Jean-Pierre-Xavier Bidault, peintre de paysages, qui vécut et mourut à Lyon (1814), et qui a laissé quelques « bons clairs de lune et de petites toiles représentant avec fidélité des oiseaux et des fleurs. Joseph-Xavier apprit de son frère aîné à étudier la nature, car la nature avait été l'unique maître du peintre lyonnais. Le jeune Bidault profita des leçons fraternelles, et son nom rappelle l'exactitude dans les sites. C’est l'Italie et la France que Bidault a exploitées : . La Gorge d’Allevard, la Vue de San-Cosimato, la Vue du lac et de la ville de Bracciano, le Lac Majeur, la Vue de Tivoli et de la plaine de Rome, sont les principaux souvenirs italiens que son pinceau a reproduits. Ceux dont nous sommes redevables aux promenades du peintre dans sa patrie sont : la Vue de Grenoble et de ses environs, la Vue d'Ermenonville, la Plaine d’Ivry, la Vue du parc de Neuilly, celle de La Fontaine de Vaucluse. La plupart de ses paysages sont animés par des figures plus ou moins importantes : ainsi, dansla Vue de la fontaine de Vaucluse François 1° écrit sur le tombeau de Laure des vers qu’il » composa pour la belle prude tant aimée de Pétrarque. Bidault ne s’en est pas tenu à ces souvenirs d’une exactitude | scrupuleuse, à ces paysages-portraits, En utilisant ses études nombreuses, il a composé des paysages animés tantôt pat Psyché et le dieu Pan, tantôt par Daphnis et Chloé, tantôt encore par un prêtre portant le viatique à la campagne. On voit que Bidault s’est inspiré tour à tour de la fable, de l'histoire et de la vie actuelle. N
On disait, de 1812 à 1898, belle époque de Bidault, qu'il excellait à composer un paysage, que ses sites élaient d'ur