BICHAT — BICOQUE
d'animation, plus de ferveur, Chacun alors veut accomplir personnellement sa révolution à lexemple du peuple, que ses préventions contre les choses établies disposent à accueillir les innovations de toute nature, On voit alors plus de puissance dans l’éloquence parlée, plus d’originalité dans la poésie; les écrivains, souvent plus inégaux, sont aussi plus sublimes, les savants plus inventifs. Dante, Corneille et Milton composèrent leurs glorieux écrits à la suite de révolutions ou de guerres civiles; les conquêtes d'Alexandre, sans parler d’une protection plus directe, stimulèrent le génie laborieux d’Aristote ; enfin W. Harvey, à qui est due la découverte de la circulation du sang, vécut sous Cromwell, comme Bichat sous la Convention.
Bichat mourut à Paris, à la suite d’un accident encore aggravé par ses veilles et ses continuelles dissections, le 22 juillet (802, n'ayant pas trente et un ans. Il fut inhumé au cimetière Sainte-Catherine ; mais en 1845 ses restes ont été solennellement portés au cimetière du Père La Chaise.
On peut se demander ce que fût devenu Bichat si sa vie se fût prolongée jusqu’à la vieillesse, L’homme qu’à vingtneuf ans les Allemands comparaient à leur Boërhaave sans doute n'aurait pu déchoir dans sa maturité, outre que Napoléon, ce judicieux rémunérateur des talents, aurait vraisemblablement compris dans les longues listes du sénat un nom tout aussi digne d’y figurer que ceux des Daubenton, des Chaptal et des Berthollet, D' Isidore Bourpon.
BICHE, femelle du cerf. C’est aussi, en astronomie, l’un des noms de Cassiopée.
BICHET , ancienne mesure de grains, dont la contenance variait selon les lieux, que l’on évaluaiten général au minot de Paris. Le bichet était particulièrement en usage en Bourgogne et dans le Lyonnais. A Montereau le bichet de froment pesait quarante livres. Huit bichets formaient le septier du pays, lequel était de la valeur de seize boisseaux de Paris; douze septiers formaient le muid; mais on y ajoutait d'ordinaire quatre bichets, pour faire le compte rond de cent bichets pour un muid. Le bichet de Meaux était de cinquante livres , c’est-à-dire de dix livres plus pesant que celui de Montereau. Ceux des autres localités variaient également.
On disait aussi un bichet ou une bicherée de terre, en parlant de la mesure d’une terre qui avait besoin d’un bichet de blé pour être ensemencée.
BICHO. Voyez Cnique.
BICHON ou CHIEN DE MALTE, petite et jolie race de chiens, qui a le nez court, le poil long, d’un foncé plus ou moins grisâtre ou jaunâtre, et qui provient du croisement d’un petit barbet et de lépagneul. Les bichons ont été longtemps à la mode chez les dames, qui les portaient dans leur manchon. Ce mot est le diminutif de celui de barbet; on a dit d’abord barbiche, barbichon ; puis, par contraction, bichon.
BICHON DE MER. Voyez BALATE.
BICONJUGUEÉ ou BIGÉMINÉ, épithète donnée aux feuilles dont le pétiole commun se divise en deux rameaux, chargés chacun de deux folioies. Telles sont celles di mimosa unguis cali.
BICOQUE,, village du royaume Lombardo-Vénitien, sur le chemin de Lodi à Milan, à sept kilomètres de cette dernière ville, où les Impériaux repoussèrent une attaque de l’armée française en 1522, et qui depuis a donné son nom à toute place sans importance.
Lautrec, qui depuis la perte de Milan s'était retiré à Crémone avec la cavalerie française, et qui avait déjà fait sa jonction avec l’armée vénitienne, passa l’Adda le 1° mars 1522, réunit les Suisses à son armée, et s’approcha jusqu’à quelques kilomètres de Milan. Je’ de Médicis, capitaine aventurier issu d’une branche « ‘te de la famille dominante à Florence, vintle joindre avec corps d'infanterie italienne qu’il avait formé. Il donnait à ce
corps le nom de Bandes Noires (voyez BANDes MiLiTaiRes ), en signe de deuil pour la mortde Léon X, et les soldats rassemblés autour de son drapeau noir s'étaient déjà illustrés par leur bravoure et leur discipline.
Cependant Prosper Colonna, général de la ligue, et Alphonse d’Avalos, marquis de Pescara , commandant de l'infanterie espagnole , avaient de leur côté reçu des renforts considérables ; les deux armées étaient à peu près de force égale. Lautrec fut bientôt obligé de renoncer à son attaque sur Milan; il prit Novarra, mais il fut repoussé devant Pavie. Enfin il se dirigea vers Monza, pour se rapprocher du Lac-Majeur. C'était par ses bords, et au travers du Valais, qu’il entretenait quelques communications avec la France. Le roi avait envoyé jusqu’à Arona une partie de l'argent dont Lautrec avait besoin pour la solde de ses troupes; mais Anchise Visconti, avec un corps de troupes milanaises , bloquait Arona ; et Prosper Colonna, retranché à la Bicoque, coupait à Lautrec le chemin du Lac-Majeur.
La situation de Lautrec était infiniment difficile : la gendarmerie française qu’il avait avec lui demeurait dévouée et fidèle : toutefois, elle n’avait pas touché de paye depuis dixhuit mois; aussi, faute d’argent, était-elle mal équipée et mal armée. Les Vénitiens s'étaient obligés, par leur traité, à se joindre au roi pour la défense du Milanais; mais ils n’entraient qu'avec répugnance dans une guerre qui les exposait à de grands dangers, sans compenser leurs risques par aucun avantage : aussi se refusaient-ils à toutes les actions hasardeuses, et ne voulatent-ils jamais s'éloigner de leurs frontières. Les Suisses s’ennuyaient d’une guerre de positions, où le général pouvait faire briller une science stratégique qu’ils méprisaient, mais où les soldats soupiraient après la bataille et le pillage des villes. C’étaient ces jours de gloire et d’excès qu’on leur avait promis comme des fêtes, pour les engager à sortir de leur pays. Pleins de confiance en eux-mêmes et de dédain pour leurs ennemis, ils ne voulaient se soumettre à aucune des privations que nécessitaient la pauvreté de Lautrec et l’état hostile des campagnes. Lorsqu'ils apprirent que , tändis qu’on les Jaissait languir à Monza dans la misère, l’argent qui leur était dû était arrivé à Arona, ils commencèrent à s’attrouper devant la tente de Lautrec, en criant qu’ils voulaient leur solde ou la bataille.
Lautrec avait lieu de croire que Prosper Colonna, auquel le nouveau pape ne faisait point toucher de subsides, n'avait pas plus d'argent que lui; que les lansquenets qui lui étaient arrivés d'Allemagne étaient aussi prêts à se mutiner que ses Suisses, et qu’il y avait, par conséquent, tout à gagner pour lui à traîner la guerre en longueur. De plus, il avait chargé Créqui, seigneur de Pont-Dormi, de reconnaitre l’armée impériale, et celui-ci lui avait rapporté qu’elle était garantie sur les flancs par de profonds canaux d’arrosement , et en face par un chemin creux garni d’artillerie. Un pont de pierre en arrière de la gauche formait la seule entrée de cette position formidable, qui prenait son nom de la maison de campagne d’un seigneur milanais. Lautrec voulut faire comprendre aux Suisses combien l’attaque de la position de la Bicoque présentait peu de chances de succès ; mais ils répondirent que leurs hallebardes les rendraient bientôt maitres des batteries dont on les menaçait, et qu’ils persistaient à vouloir argent, bataille, ou congé.
La retraite des Suisses équivalait pour Lautrec à une déroute: elle aurait été bientôt suivie de celle des Vénitiens ; d'autre part , l’ardeur des troupes, qui demandaient impatiemment la bataille, laissait espérer d’heureuses chances. I pertit done de Monza le 29 avril pour attaquer la Bicoque , apres avoir fait les meilleures dispositions que permit la situation des ennemis. Il consentit à ce que les Suisses, selon leur demande, l’attaquassent de front; il chargea son frère Lescuns de tourner par la gauche, et d'entrer par le pont de pierre dans le camp des Impériaux ; avec une
autre division, à laquelle il avait fait prendre la croix rouge, au lieu de la’ croix blanche de France, il tournait par la droite avec l'espoir que les soldats de Colonna le recevraient comme un des leurs. Les Bandes Noires , enfin, et l’armée vénitienne devaient soutenir les Suisses et former la réserve; mais, pour le succès de cette attaque combinée, il fallait que les trois corps d'armée arrivassent ensemble ; il fallait que les Suisses, qui avaient beaucoup moins de chemin à faire que les deux autres corps, marchassent plus lentement ou attendissent : ils ne le voulurent pas; ils partirent avec impétuosité, et, doublant le pas, ils arrivèrent d’un trait au bord du chemin creux qui couvrait le front de Prosper Colonna. Avant d’y parvenir cependant mille d’entre eux avaient déjà été tués par le feu de l'artillerie espagnole; les survivants s’élancèrent avec courage dans le chemin creux ; mais ils le trouvèrent plus profond qu'ils n'avaient voulu le croire; leurs hallebardes pouvaient à peine atteindre aux pieds de l'infanterie espagnole qui le bordait. Tous leurs efforts pour gravir de son côté furent infructueux ; vingt-deux de leurs capitaines et trois mille soldats avaient trouvé leur tombeau dans le chemin creux, lorsque les Suisses reculèrent, laissant leurs ennemis, qu'ils ne pouvaient atteindre, étonnés de leur intrépidité et de leur acharnement. Dans cet instant seulement, Lautrec arrivait sur la droite de l’armée de Prosper Colonna; mais celle-ci avait ajouté une branche de feuillage à sa croix rouge, et elle tomba sur les Français, qu'elle reconnut sous leur déguisement. En même temps, Lescuns entrait par le pont de pierre, à gauche, dans la position des ennemis. 1L était trop tard; Prosper Colonna, sans inquiétude désormais sur l'attaque des Suisses, qu’il avait repoussée, tourna toutes ses forces contre les deux maréchaux, et les contraignit également à la retraite.
Malgré la perte considérable qu’elle avait essuyée, l’armée française était encore redoutable; mais les Suisses, irrités d’une défaite qu’ils avaient provoquée, opposaient un silence hautain à toutes les instances de Lautrec, qui voulait les retenir en Italie : ils ne promirent rien, ils n’expliquèrent point leurs vues, et le lendemain ils reprirent le chemin du Bergamasque pour rentrer en Suisse, Lautrec se vit réduit à les suivre pour se rendre en France, se justifier du passé, et obtenir des secours plus efficaces pour l'avenir. André Gritti, avec l’armée vénilienne, se retira vers les frontières de sa république, qu’il s’efforça de défendre; Lescuns demeura chargé du commandement de la gendarmerie, qu’il distribua entre le petit nombre de places qui obéissaient encore aux Français; mais Lodi se laissa surprendre, Pizzighittone capitula, et Lescuns, retiré à Crémone, signa enfin, le 21 mai, une convention par laquelle il s’engageait à évacuer toute la Lombardie, à la réserve des trois châteaux de Crémone, Novarre et Milan, s’il n’était pas secouru avant quarante jours. Ainsi toute l'Italie fut perdue pour les Français ; car Gênes, qui n’était pas comprise dans la capitulation de Lescuns, fut surprise, le 30 mai, par les Espagnols, et pillée avec la froide férocité qui signalait à la guerre les soldats de cette nation.
J.-C.-L.-S. Sismonpi.
BICUSPIDÉ (de bis, deux, et cuspis, pointe). En anatomie, on appelle dents bicuspidées les petites molaires,
En botanique, bicuspidé se dit des feuilles et des autres parties qui sunt divisées au sominet, de manière à être terminées par deux pointes divergentes. x
BIDASSOA, petite rivière presque toujours maréca-
® geuse, qui prend sa source à la cime du Bélat, dans les Pyrénées; française à sa source seulement, elle parcourt, en serpentant, un arc sinueux d’environ 48 kilom., sur le sol espagnol, pour venir, non Join du lieu où elle se jette dans la mer de Biscaye, tracer, sur une très-faible étendue, la limite de la France et de l'Espagne, entre le village de Hendaye et la place de Fontarabie, Elle coupe ainsi la roule de