‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 103 sur 527 · BIEN-ÊTRE — BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

BIEN-ÊTRE — BIENFAISANCE

tisme ou de l'amitié. C’est, pour emprunter,une définition de Sénèque, un acte de la conscience, un acte volontaire par lequel nous donnons de la joie et nous en recevons. Sous le christianisme la bienfaisance des Grecs et des Romains, ur peu sensuelle et orgueilleuse, s’absorba dans la charité, mot plus vaste, qui confondait la bienfaisance dans l'amour de Dieu et du prochain. Mais lorsque les progrès de la civilisation appelèrent les droits positifs de l’homme à remplacer un droit divin, poétique sans doute, mais insuffisant désormais, le mot de charité perdit de sa faveur, et la bienfaisance prit sa source dans la philanthropie.

BIENFAISANCE (Bureau de), administration localé de secours publics qui, sous divers titres et avec diverses modifications , existe dans tous les pays. En France, les bu“ reaux de bienfaisance gèrent, dans les communes, les revenus des pauvres et distribuent les secours publics. Soug ancienne monarchie, la déclaration de juin 1642 avait institué les bureaux des pauvres. 1] y avait à Paris avant I révolution un grand bureau des pauvres, dirigé et présidé par le procureur général au parlement, et prélevant arbitrairement une taxe annuelle sur tous les habitants laïques et ecclésiastiques de Paris sans distinction, depuis les princes jusqu'aux artisans aisés. 11 avait ses huissiers pour exiger le payement de cette taxe et pour contraindre les commis saires des pauvres à accepter et à remplir leurs fonctions. Quant aux ordres monastiques, par leurs distributions de& soupes à la porte de leurs couvents, ils offraient moins dé ressources à l’indigence qu’ils n’encourageaient la paresse et la mendicité. Après leur suppression, on séntit la nécessité de remplacer ces secours, généralement mal appliqués par des moyens mieux dirigés : on institua donc, en 1790, les comites de bienfaisance , lesquels furent régularisés par la loi du 27 novembre 1796, et auxquels on assigna pour re= venu un droit sur les spectacles, les bals et les plaisirs pu= blics, des tondations, des quêtes, des dons, des souscriptions, certaines amendes de police et des subventions sur les revenus communaux. Il y en eut quarante-huit dans Paris (un par section), et un nombre proportionnel dans. toutes les villes de France.

Les comites devenus bureaux de bienfaisance survécu= rent à tous les gouvernements qui se succédèrent jusqu’à la Restauration. En 1814 on réduisit le nombre de ces établissements à douze pour Paris : on leur donna le nom de bureaux de charité, et on changea l’organisation de leur, personnel. Le maire de l’arrondissement et ses adjoints, l@ curé de la paroisse, les desservants des églises succursales, les nunistres protestants, en furent membres nés; il yavait de plus douze admimstrateurs nommés par le ministre dé l'intérieur, les commissaires des pauvres, les dames de cha rité et un agent comptable. En 1831 on sentit que le mot de bienfaisance était plus significatif et moins humiliant que celui de charité, et les bureaux de charité redevinrent bureaux de bienfaisance. Toujours et en tont, mode, chi cane, et abus de mots. Leur organisation fut modifiée après 1830 : les curés, les prêtres, sans en être membres-nés, pu rent être élus. Maintenant chaque hureau est composé : 1° du maire de l'arrondissement, président-né du bureau ; des ad= joints, membres-nés, qui président le bureau en l'absence du maire; 2° de douze administrateurs nommés par le mis nistre de l’intérieur ; 3° de commussaires des pauvres et de dames de charité, dont le nombre est illimité. Un secrétaire trésoner comptable est attaché à chaque bureau. Ces bu reaux, sous l’autorité du préfet de la Seine et la directior de l'administration générale de l'assistance publique, soul chargés de la distribution des seeours à domicile da chacun des vingt arrondissements municipaux de Pariss Dans tous, on distribue de l'argent, du pain, du bois, de la soupe, du vin, du linge, des layettes pour les nouveaus nés, de la farine, des draps, et des médicaments aux indi= vidus et aux familles inscrits sur le registre des indigents

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