‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 105 sur 527 · BIENFAISANCE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

BIENFAISANCE PUBLIQUE

et donnèrent pour l’époque une extension remarquable à Ja charité publique.

De 1254 à 1259 Louis IX mit en œuvre les projets les plus généreux qu’il ait été donné à un roi d'accomplir pour le soulagement des misères publiques. En parcourant les historiens de cet homme si prodigieux de bienveillance et de simplicité, on a peine à comprendre comment il put venir à bout d'aussi monumentales fondations en présence des difficultés qu'il dut rencontrer dans les esprits de son temps. Mais après cette époque, où la charité française brille d’un si vif éclat, nous retombons dans les invasions étrangères et ‘'ans les malheurs qu’elles traînent à leur suite, Excepté quelques fondations, dues à des grands vassaux, à des particuliers, à Henri 1V, à Louis XIV, à saint Vincent de Paul, dans la capitale ou dans les provinces, toutes régies par des ordonnances locales, des chartes, des titres spéciaux, la bienfaisance publique n’a rien de complet, de régulier, d'homogene. Cependant, en lisant nos vieilles chroniques municipales, le nombre considérable de bienfaiteurs, princes, abbés, prêtres, bourgeois, ouvriers enfants de leurs œuvres, femmes du peuple et grandes dames, prouve d’une manière irrécusable l'intérêt que l’infortune n'a jamais cessé d’inspirer à nos concitoyens , même au m: lieu des jours les plus néfastes de notre histoire nationale.

Le dix-huitième siècle devait par ses aspirations économiques offrir nécessairement une large part à la bienfaisance publique. Les Cochin, les Monthyon, les Necker, les lois spéciales des 3 septembre 1791, 19 mars 1793, 7 octobre 1796, en sont l'expression la plus frappante, la plus réelle. De leur côté, les nations étrangères développaient aussi cette vertu suivant leur génie et leurs besoins. En Angleterre la bienfaisance recevait une extension considérable, soit par le système d’allownnce (secours aux valides), soit par lataxe des pauvres, soit par les sociétés charitables, soit par les secours aux invalides. Mais la plus forte partie de cette taxe revient à la bienfaisance. En 1832 elle s’élevait à 7,036,96s livres sterling(175,924,200 francs). En 1849 l’Angleterre secourait 815,523 indigents. En 1851 elle n'en secourait plus que 744,860. Cette diminution du paupérisme britannique, malgré l'accroissement notable de la population, est-elle un argument en faveur du bien-être croissant des classes laborieuses et prévoyantes de ce pays? Faut-il en faire honneur aux 607 unions et paroisses de l’Angleterre? En face du poids écrasant de la taxe des pauvres, nous n'avons pas à nous prononcer sur ce point.

En Hollande, en Prusse, la bienfaisance publique a rencontré dans son application moins d'obstacles, moins d'abus M surtout qu’en Angleterre. La Belgique suit les idées françaises; mais elle n'est pas arrivée au degré de perfection de Ia Suède, du Danemark, de la Bavière et de la Suisse, Saxe- Weimar et le Wurtemberg pourraient donner d’utiles enseignements aux États méridionaux de l’Europe, et leur apprendre une assistance plus judicieuse que celle qui se pratique en Italie, en Espagne, en Portugal, ces beaux pays dans lesquels, malgré la somptuosité des institutions charitables, on chercherait vainement la trace d’une beufaisance publique régulièrement organisée et sagement répartie. Toutefois, les établissements hospitaliers de Turin, Florence, Vienne, Milan, Gênes, et les associations religieuses phîlanthropiques de Rome sont bien dirigés, et font honneur à l'intelligence et aux vertueuses sympathies de leurs fondateurs. Au Brésil. la bienfaisance publique ne mérite que des éloges. Elle est mo:ns irréprochable aux États-Unis. Il est vrai que les im. migrants d'Europe y augmentent incessamment le uombredes. indigents secourus par les sociétés charitables, et que sur, le chiffre de 62,000, auquel il s'élève, ils ne figurent pas pour moins de 32,000.

Chez nous les plans de l'Assemblée constituante de 89 tendaient à organiser d'une manière judicieuse les secours publics ; ais, comme beaucoup de bonnes choses que les

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