‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 107 sur 527 · BIENFAISANCE PUBLIQUE — BIENS · texte numérisé non relu

BIENFAISANCE PUBLIQUE — BIENS

échelle; celle des montres y occupait en {850 près de cinq cents ouvriers. FERRY,

BIEN PUBLIC (Ligue du). C’est le nom donné à la coalition armée qui se forma contre Louis X1 peu de temps après son avénement au trône. Ce prince s'était aliéné le peuple par les impôts dont il lécrasait, la noblesse par les dédains dont il l'abreuvait et l’abaissement ou il voulait la faire tomber, le clergé par l'abolition de la Pragmatique- Sanction. Spéculant sur le mécontentement général, le due de Bretagne devint l’instigateur de la révolte, et, secondé par Charles, comte de Charolaïs, il parvint sans peine à entraîner le duc de Bourbon et le duc de Berry, frère du roi, Un manifeste, publié en mars 1465 par le duc de Bourbon, annonça que La ligue du Bien public avait pour objet la réforme de l'État, le bien et le soulagement du peuple, et les hostilités: commencèrent.

Le duc de Bretagne devait arriver par l’Anjou avec 10,060 hommes, et le comte de Charolais par la Picardie avec les forces de la Flandre et del’Artois. Le duc de Bourbon, soutenu d’un côté par le prince d’Armagnac, qui soulevait le Languedoc et la Guienne, de l’autre par les troupes de la - Bourgogne, devait marcher sur le Berry; tandis qu'une armée de Lorrains et d’Italiens serait conduite à travers la Champagne par le duc de Calabre. Ce plan formidable était tracé de manière à envelopper Louis XI vers Paris par plus de 60,000 hommes. Il ne s’effraya pas cependant. Il dévoila nettement le but des seigneurs, et répondit au manifeste du duc de Bourbon : « Si j'avais voulu augmenter leurs pensions et leur permettre de fouler leurs vassaux comme par le passé, ils n’auraient jamais pensé au bien public. »

Après avoir pris d'énergiques mesures de défense, chargé le comte de Foix de maintenir le Languedoc, opposé le comte du Maine au duc de Bretagne, confié les marches dé Picardie au comte de Nevers, et livré la garde de ‘Paris à Charles de Meulan , au cardinal de Balue, et surtout à la fidélité des bourgeois, Louis XI entra lui-même dans le Berry, à la rencontre du duc de Bourbon; l’ayant obligé ainsi que le prince d’Armagrac à conclure une trêve et, à force d’habileté, de pardons, capitulations et grâces, ramené à lui le Berry, il revint à marches forcées vers la capitale, que le comte de Charolais avait tenté vainement de surprendre. Les deux armées se rencontrèrent près de Montlhéri; la bataille fut sanglante. Le roi et le comte y signalèrent également leur bravoure, sans pouvoir décider la victoire. A la suite de ce combat, Louis XI se retira à Corbeil, retraite qui faillit lui coûter Paris, dont la haute bourgeoisie se serait donnée aux princes sans la résistance du peuple, qui prit les armes et fit échouer la trahison. Enfin, après deux mois de négociation, suivant le conseil de François Sforza, duc de Milan, qui lui disait que pour dissiper la ligue il fallait tout promettre, sauf à voir ensuite ce que les circonstances obligeraient de tenir, Louis XI signa le traité de Conilans, par lequel il cédait la Normandie à son frère, et donnait des terres considérables aux principaux chefs. Cette trève n’était sincère ni d’un côté ni de l’autre, et le roi ne tarda pas à la violer, Dans ce traité il ne fut pas dit un mot du bien public, prétexte de la gucrre, et le peuple fut plus accablé qu'auparavant.

BIENS. En droit on comprend sous ce nom tout ce qui est susceptible de propriété ou de possession, Les biens ont été ainsi nommés parce qu'ils contribuent au bien-être et an bonheur de l'homme; bona ex eo dicuntur quod beant, … quod beatos faciunt.

Les biens se divisent en deux classes principales, les meubles et les immeubles. La nature, la destination des biens ou les déterminations de la loi règlent dans quelle classe on doil les ranger.

On distingue aussi les biens corporels, c'est-à-dire ceux qui ont une existence matérielle, et les biens incorporels, c'est

Page 1