‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 11 sur 527 · BÉRÉZINA — BERG · texte numérisé non relu

BÉRÉZINA — BERG

izy. Le passage des 1er, 4°, 7° et 8° corps, du grand parce et des équipages dura toute la journée du 27 et la nuit suivante, à cause des fréquentes réparations à faire au pont.

Le 28, au point du jour l’amiral Tehitchakof, qui avait réuni toute son armée, déboucha de Stachova, et attaqua lescorps du duc de Reggio, du duc d’Elchingen (3°), et du prince Poniatowsky (»°), qui étaient en avant de Brilova. Malgré la disproportion du nombre (12, 000 contre 30, 000 }, le combat se soutint toute la journée à avantage égal. Le soir, une charge brillante de la division de cuirassiers du général Doumerc décida l'amiral à la retraite. Sur l’autre rive, le général Wittgenstein attaqua en même temps le duc de Bellune. Ici la disproportion était encore plus grande : le 9e corps ne complait que 15,000 combattants , l'ennemi en avait 45,000. Le 9* corps soutint le combat avec une valeur

et une constance héroiques, il tint longtemps la victoire in-°

décise; mais enfin, vers trois heures après midi, il fut obligé de céder et de repasser les ponts, qu’on fit sauter, abandonnant l'artillerie et tous les non-combattants qui n'avaient pu gagner la rive droite.

La plaine de Veselovo offrait le soir un spectacle dont l'horreur est difficile à peindre. Elle était couverte de voitures et de fourgons, la plupart renversés les uns sur les autres et brisés ; elle était jonchée de cadavres, parmi lesquels il n’y avait qu’un trop grand nombre d'individus non militaires , de femmes et d'enfants, traînés à la suite de l’armée jusqu’à Moscou, ou fuyant celte ville pour suivre leurs compatriotes. Le sort de ces malheureux, au milieu de la mélée des deux armées, fut d’être écrasés sous les roues des voitures ou sous les pieds des chevaux, frappés par les boulets ou les balles des deux partis, noyés en voulant passer les ponts avec les troupes, ou dépouillés par les Russes et jetés sur la neige, où le froid termina bientôt leurs souffrances. La perle totale de l’armée française, dans les deux combats du 28, peut être évaluée à environ 10,000 hommes , dont 6,000 combaltants seulement; le reste était des blessés et des noncombattants de tout âge et de tout sexe,

Au reste, l’armée française ne fut qu’en partie sauvée à la Bérézina. Le désordre devint si grand après le passage de cette rivière, que la plupart des corps qui avaient encore maintenu jusque-là une apparence d'organisation, se débandèrent entièrement. Plus de trente mille individus de tous les corps, désarmés et marchant pêle-mêle comme des troupeaux de moutons, sans vouloir reconnattre aucune discipline, tombèrent entre les mains de l'ennemi depuis là jusqu’à Wilna. L’ennemi ne pouvait pas espérer un résultat aussi avantageux de la bataille générale qu’il avait voulu amener sur les bords de la Bérézina. G*!G. DE VAUDONCOURT.

BEREZOWSRKI (Procès). Par suite de la loi internationale qui veut que tout crime soit jugé dans le lieu où il a été commis, la justice française fut appelée pour la première fois, en 1867, à juger l'attentat d’un sujet étranger contre un souverain étranger. Cet attentat, resté célèbre, avait eu lieu le 6 juin de la même année, au moment où venait de se terminer la revue passée au bois de Boulogne, en l'honneur des princes qu'avait amenés à Paris l'exposition universelle : un coup de pistolet avait été tiré sur la voiture où se trouvaient, avec Napoléon III, l’empereur de Russie, Alexandre If, et les grands-ducs ses fils ; le cheval de M. Raimbeaux, écuyer de Napoléon III, eut les naseaux traversés par une balle, et son sang jaillit sur les deux grands-ducs , mais personne ne fut frappé, si l’on en exceple une dame, blessée légèrement à quelques pas de la voiture, par un éclat de l'arme. L'auteur de l'attentat n'avait que vingt ans, et paraissait plus jeune; il était Polonais et se nommait Bérézowski. On crut d'abord à un complot organisé, dont il n’était que l'instrument; les journaux russes surtout s’attachèrent à cette idée, et prétendirent que l’émigration polonaise presque toute entière devait être impliquée dans l'accusation. Le procès démontra, au contraire, qu’il

ne fallait voir dans l'attentat qu’un acte de fanatisme individuel.

Bérézowski comparut, le 15 juillet, devant le jury de la Seine. La franchise de son regard et la douceur de ses traits réguliers prévinrent en sa faveur ; cette première impression fut confirmée par la bonne foi et la naïveté singulières de ses réponses, où se manifestait une exaltation à laquelle le sentiment religieux n'aurait pas moins de part que la politique. 11 voulut d’abord garantir contre les persécutions du gouvernement russe son père qui vivait en Pologne, où il exerçait une profession libérale, et aftirma qu’en allant se ranger, lors de la dernière insurrection, parmi les combattants polonais, il avait encouru la malédiction paternelle. Quant à des complices, outre que les investigations de la police ne lui en avaient pas trouvé, il suflisait presque, pour en écarter l'idée, de montrer ce mauvais pistolet de 9 francs, qui avait éclaté entre ses mains, et qui certainement n'était pas l'arme d'une association de conspirateurs. L'accusé se trouvait donc seul à répondre de cette tentative, qu'il persistait à regarder comime légitime. « Vous vous croyez donc en droit de tuer le czar? lui dit le président. — Oui, parce qu’il à tué mon pays, massacré les femimes, les enfants, envoyé la jeunesse polonaise en Sibérie, et d’un trait de plume condamné tout un peuple à l'exil, à la mort. — Mais ignorez-vous que nul n’a le droit d'attenter à la vie de son semblable? — Ce n’est pas mon semblable, — Non, c'est votre souverain, — Il n’a jamais élé mon souverain, el je ne sache pas de nom qu'on puisse lui donner, — Mais Dieu défend de tuer. — D'abord je ne suis pas Dieu; et puis Dieu se venge puisqu'il vous envoie en enfer. En le tuant , je le délivrais de lui-même, et en le plongeant dans l'éternité, il ne pouvait qu'être plus heureux que sur cette terre, où il vit en proie aux remords ». La défense, pré-sentée par M. Emm. Arago, se borna au récit des malheurs de la Pologne et à la lecture des ukases de Mouravief. Le jury reconnut des circonstances atténuantes, et Bérézowski fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. On le transporta bientôt dans la Nouvelle-Calédonie. Le bruit se répandit, avant la fin du règne de Napoléon III, qu'il avait été gracié secrètement.

BERG (FRÉDÉRIC-GUILLAUME-RAMBERT , Comte DE ), général russe, descend d’une vieille famille qui marqua parmé les conquérants de la Livonie. Né le 27 mai 1790, il servait, comme officier, depuis 1812, devint colonel en 1819, major général en 1825, fit en cette qualité les campagnes de 1828. et 1829 contre la Turquie, et se signala spécialement à la prise de Silistrie, ainsi qu’au passage du Balkan. Il joua ensuite un rôle considérable dans la guerre de Pologne, et après l'assaut de Varsovie resta douze ans dans celte ville, comme quartier-mestre général de l’armée. Nommé général de l'infanterie en 1843, et chargé en 1854 el 1856 de défendre l’Esthonie et la Finlande contre les flottes réunies de l'Angleterre et de la France, il remplit celte tâche avec uneactivité et une habileté remarquables. Lors de la dernière insurrection de Pologne en 1863, il fut appelé de nouveau à exercer un commandement dans ce pays.

BERG ( Grand-duc de). Voyez MuRAT.

BERG, jadis duché indépendant, aujourd’hui partie intégrante de la province Rhénane ( Prusse). C'est le pays de fabriques par excellence de l'Allemagne, et l’industrie de même que le commerce y ont acquis un haut degré de prospérité, particulièrement dans la vallée de Wupper, où s’élèvent les villes d’Zlberfeld et de Barmen. Toute cette contrée est de nature montagneuse. Le fer, le plomb et la houilley abondent, mais on est loin d'y récolter assez de grains pour les besoins de la population, qui n’est nulle autre part en Allemagne agglomérée en aussi grand nombre sur un petite space,

A l’époque de la domination des Romains, le pays de Berg élait habité par les Ubiens. Au douzième siècle il fut gou-

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