BERG — BERGAMI
verné par des comtes de la maison d’Altena, et échnt d’abord par voie d'héritage, en 1219, à Henri IV, duc de Limbourg, et à l'extinction de la race de celui-ci, en 1348 , par marlage, à Gérard, prince de Juliers, dont le fils Guillaume 1er fut créé duc de Berg par l’empereur Wenceslas. A partir de cette époque le pays de Berg partagea les destinées de celui deJuliers. Quand,en 1609, la famille souveraine de Juliers- Berg vint à s’éteindre, l'électeur de Brandebourg et le prince de Neubourg se firent autoriser par les états du pays à le gouverner collectivement. Ce régime, que la république des Pays-Bas garantit, se perpétua au grand ‘avantage de la population jusqu'en 1624, époque où une convention décida que Juliers avec Berg appartiendrait au prince palatin de Neubourg. Lors de l'extinction dela maison palatine, en 1742, le pays de Berg passa sous l’autorité de l'électeur Charles- Philippe- Théodore de la ligne de Sulzbach, et à la mort de celui-ci, en 1779, au duc palatin Maximilien Joseph de Deux- Ponts, ainsi que les autres parties du territoire.
En 1806 le duché de Berg fut cédé à la France; Napoléon l’érigea en grand-duché en faveur de son beau-frère, Joachim Murat, et divisa son territoire de 165 myriamètres carrés, avec une population de 900,000 âmes, en quatre départements, à savoir : les départements du Rhin, de la Sief, dela Rubr et de l’'Ems. Quand, en 1808, Murat fut appelé à occuper le trône de Naples, il dut céder son grand-duché au fils aîné, et encore mineur, du roi Louis de Hollande; mais Napoléon s’en réserva l'administration. Ce jeune prince n’était point arrivé à l’âge de majorité quand, en 1813, les troupes des alliés occupèrent le grand-duché de Berg, où l’on établit un gouvernement provisoire, qui confinua à fonctionner jusqu'à ce que le congrès de Vienne, en 1815, eût adjugé ce territoire à la Prusse.
BERGAME ( Zergamo), province d'Ilalie, d’une superficie de 36 myriamètres carrés, avec une population de 347,235 habitants.
Cette province est très montagneuse et richement boisée dans sa partie septentrionale, landis que sa partie méridionale appartient aux fertiles plaines de la Lombardie, La sériciculture et l’industrie du fer constituent les principales richesse de la population, race active et industrieuse, qui exploite de nombreuses manufactures de draps et de soie. ries, s'occupe beaucoup aussi de l’élève du bétail, et fait un commerce important en bois de construction. Les bergamasques parlent un dialecte d'une grande rudesse, ct passent parmi les Italiens pour aussi rusés qu'ils paraissent en général lourds et ridicules. Les personnages bouffons du théâtre populaire italien, Arlequin, Truffaldino, Pansalon et Colombine, sont originaires de Bergame, et les aunteurs comiques leur mettent fonjours dans la bouche le dialecte de cette province. On a les Métamorphoses d'Ovide, traduites en bergamasque par un auteur qui a pris le nom et la qualité de Baricocol, dotlor di val Bambrena.
Le chef-lieu de la province est Bergamo, le Bergamum des anciens, ville bâtie dans une situation ravissante, entre plusieurs collines, sur les rives du Brembo et du Serio. Elle est le siége d’un évêché et des autorités supérieures de la proviner, On y compte 38,765 habitants. Elle possède une école de peinture et de sculpture, un musée, un lycée avec une bibliothèque de 45,000 volumes, et plusieurs fabriques, notamment de soieries, de draperies et de fer, Parmi les 65 églises et chapelles qu’elle renferme, les plus remarquables par leur antiquité, leur architecture et leurs tableaux sontcelles de San/a Maria Maggiore, San-Alessandro della Croce (ancienne église arienne), San-Bartolomeo, San-Andrea, Sanla-Maria del Sepolcro et Santa- Grala. La foire de Saint-Barthélemy, dont la fondation remonte, dit-on, au dixième siècle, et qui se tient chaque année au mois d’août dans le faubourg de San-Leonardo, est célèbre à bondroit. Ellea lieu dans un bâtiment en pierres construit à cet effet et contenant plus de 600 boutiques On évalue à plusieurs
millions de Lires l'importance des affaires qui s’y traitent chaque année. Les troubles dont l'Italie a été le théâtre dans ces dernières années ont d’ailleurs singulièrement nui à cette foire, Les Bergamasques parlent un dialecte d’une grande rudesse, et passent parmi les Italiens pour aussi rusés qu'ils semb'ent lourds et ridicules.
BERGAMI (BarroLoweo). Les rois s’en vont ; mais pendant longtemps encore leurs vertus, leurs vices, leurs malheurs feront partie de l'histoire des peuples, et serviront à peindre les mœurs de l'époque où ils auront vécu. Georges, prince de Galles, épousant Caroline de Brunswick, sa cousine, et s’enivrant si complétement les trois premiers ours de son mariage que Rome méme l'aurait déclaré nul, représente une triste mode anglaise en l’année 179,5; et quand en 1820, devenu roi, il l’accuse d’adultère et lui intente un procès, afin de prouver que l’aceusation est vraie, . les usages anglais qui interviennent nous révoltent et nous indignent. Entre ces deux rejetons de tant de têtes couronnées, s'élève le pauvre Bartolomeo Bergami, qu'ils vont rendre célèbre à jamais. Il a été maréchal des logis chef dans un régiment italien. Des passe-droits (on en fait partout ) le décident à quitter le service ; mais comme il a l’habitude du cheval, il devient courrier du général Pino. Cette servitude lui déplait, car il dit qu’il est gentilhomme, et peut-être le prouverait-il; mais le fait positif est qu'il a une taille herculéenne, un visage régulier, une chevelure blonde, épaisse, bouclée, un esprit naturel fort gai, de la finesse, el un courage, une audace qui ne se démentent jamais. Avec de semblables avantages, on peut être le courrier d’une princesse : aussi le marquis Ghislieri le présenta-t-il à celle de Galles, qui voyageait en Italie en 1814.
La princesse Caroline de Brunswick avait quarante-sept ans, peu de beauté ; mais elle était bonne, malheureuse, etaccusée depuis longtemps de ne guère tenir compte des convepances. Elle n’avait pas encore distingué le grand et beau Bergami, lorsqu'un des camarades de celui-ci lui donnaun verre de vin destiné à la reine. Ce vin étaitempoisonné; Bergami faillit mourir, et son auguste maîtresse crut devoir le dédommager des douleurs qu'il souffrait pour elle, bien qu'il ne les dût qu'au hasard. Bergami fut fait écuyer, baron, chambellan ; et sa sœur, la comtesse Oldi, devint dame d’honneur. Depuis cette époque Bergami ne s’occupa qu’à préserver la vie de Caroline, même aux dépens de la sienne ; car des scélérats, pour leur compte ou pour celui d'un tiers bien connu, tentèrent souvent de l’assassiner. La reconnaissance de la princesse se manifesta sous toutes les formes, et surtout envers la petite fille de Bergami, qui se disait venf et achetait le silence de sa femme au moyen d’une pension. Cette enfant, malade, ne recevait de soins que de Caroline; mais le roi d'Angleterre a fait constater juridiquement que Bergami n’en recevait pas de moins affectueux; et la gratitude de Caroline n'était que de l'amour, s’il faut en croire les accusations d’adultère intentées contre elle en 1820, lorsque, son mari devenu roi, elle eut ( chose inconcevable pour une femme d'esprit !) la fantaisie de s'asseoir aussi sur le trône. On tenta vainement Bergami par l’appât de sommes immenses de joindre ses aveux aux dépositions de ceux qui accusaient la reine; il s’y refusa constamment. Sa discrétion eût été inutile, si le duc d’York n’eût pas eu lui-même intérêt à ce que le divorce ne fût pas prononcé, Plus tard un courrier apprit à Bergami!, reliré à Pesaro, que Caroline, étant au spectacle, avait pris une glace et était morte quelques heures après. « Elle a été empoisonnée! » s'écria-til; et il ne cessa de le croire,
Quoi qu'ilen soit, Bergami était devenu riche. Il vécutquelque temps entouré d’une considération telle, qu'on lui avait permis d'avoir une garde et qu'on lui avait donné six canons pour la dé’ense de sa personne. Lors du soulèvement des Italiens en 1831, il fit enfouir ces canons, dont les insurgés voulaient s'emparer, et évita toujours de prendre part aux fdis-