‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 116 sur 527 · H. GAULTIER DE CLAUBRY · texte numérisé non relu

H. GAULTIER DE CLAUBRY

- BIERNACRI (ALoys-Prosrer ), agronome qui a rendu. à la Pologne, sa patrie, les plus grands services, et qui fut ministre des finances pendant la révolution de 1830 , naquit en 1778, dans le palatinat de Kalisch. Après avoir étudié à l’université de Francfort-sur-l’Oder et avoir acquis des connaissances agronomiques très-étendues, grâce à de nombreux voyages dans les différentes contrées de l’Europe, il réussit à faire de sa terre de Soulislawice, près de Kalisch, une véritable ferme modèle ; et les moutons de race électorale qu’il y introduisit dès l’année 1811 acquirent bientôt à ses troupeaux une réputation méritée. Jaloux de faire participer sa patrie à tous les perfectionnements , il fonda dans ses domaines une école d'enseignement mutuel pour l’agriculture, l'horticulture, l’histoire naturelle et les mathématiques. II s’associa aussi aux efforts de l'opposition contre la Russie, et s’attira ainsi la haine du parti impérial, en même temps qu’il se faisait de nombreux partisans parmi ses concitoyens. A l’époque de la révolution de Pologne, en 1830 , il fut nommé membre de la diète et président de la chambre des comptes, puis chargé du portefeuille des finances. Après l? chute de Varsovie , il émigra en France, et y mourut en 1854.

BIETT (Laurenr-Taomas), médecm en chef de l'hôpital Saint-Louis, était né à Scamf, en 1784, dans une des vallées les plus sauvages du pays des Grisons. Il avait fait en partie ses études en France, et était devenu Français de toutes façons, non toutefois sans conserver de son pays natal un vif souvenir et quelque chose d’embarrassé , d’original ot de naïf qui ajoutait un charme singulier à son mérite et à l'attrait mélancolique et distingué de sa personne et de ses manières. Mais il était avant tout un homme de bien, un bon esprit, un cœur droit. Enclin à l'enthousiasme, il avait plus qu’un autre de ces instants de découragement et de désillusion qui font brèche au bonheur. Ceux qui ont connu le docteur Biett, ses élèves, ses amis et ses clients, savent avec quel dévouement, quelle douceur et quel zèle ingénieux il traitait ses malades, principalement ceux qui n’avaient à espérer aucun adoucissement de la fértune, et quelle délicatesse il apportait dans les relations sociales. Sa règle était de traiter sans aucune rétribution les artisans et les. artistes en tous genres, et de recevoir des riches tout ce qu’il leur plaisait de lui offrir. Hélas! par ce système si humain, il ne laissa à sa veuve, ayec un nom sans tache el un cabinet magnifiquement orné, qu'une fortune fort disproporlionnée à sa grande et légitime reputation.

Le docteur Biett avait une instruction solide et variée, un

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