ÉTIENNE ARAGO
M. Bignan avait fait en 1827 un voyage en Italie. En 1827 il écrivit une nouvelle en prose, L'£rmitle des Alpes, qu'il fit suivre de plusieurs autres romans : L'Échafaud (1832), plaidoyer contre la guillotine; Louis XV et Le cardinal de Fleury (1834); Le dernier des Carlowingiens (1836); Une Fantaisie de Louis XIV (1838). On lui doit encore un Essai sur l'influence morale de la poésie (1338, in-8°), un poëme en six chants, Napoléon en Russie (1839, in-8°), et une comédie qui n’a point été représentée, la Manie de la politique (1840), en cinq actes. Le goût des vers n'’abandonna jamais M. Bignan, et s’il se retira vers la fin de sa carrière de la lice des concours académiques, il s'occupa de réunir ses œuvres (Œuvres poéliques ; 1846, 2 vol. in-8°) ou d’en écrire de nouvelles, telles que Poèmes évangéliques (1850, in-18), et Beautés de la Pharsale (1860). Son Épitre à Blondin, l’acrobate, est peut-être la dernière qu'il ait publiée, — Ce poëte est mort à Pau Le 27 novembre 1861.
BIGNON (JÉnÔME ) naquit à Paris, le 24 août 1589, de Rolland Bignon , homme érudit, qui lui enseigna les lan--gues , les humanités, l’éloquence, la philosophie, les mathématiques, l’histoire, la jurisprudence, la théologie, si bien qu’à dix ans il publiait une Chorographie de Terre Sainte, et peu de temps après un Discours sur la ville de Rome, qui eût fait honneur à un savant consommé. Henri IV, ayant entendu parler de ce petit prodige, le choisit pour enfant d'honneur du dauphin, depuis Louis XITE. Il composa à quatorze ans pour ce prince un livre sur l’élection des papes , ouvrage fort estimé de Casaubon, de de Thou et de Grotius. A dix-neuf ans il dédiait à Henri IV son Traité de l'excellence des rois et du royaume de France. Il quitta la cour après la mort de ce roi, voyagea en Italie, et de retour en France se livra tout entier aux exercices du barreau. Son père le fit pourvoir en 1620 d’une charge d'avocat général au grand conseil, où il s’acquit une si belle réputation, que Louis XIII le nomma quelque temps après conseiller d'État, puis avocat général au parlement en:
1625. En 1641 il céda cette charge à Briguet, son gendre, et fut, en 1642, nommé grand maitre de la bibliothèque du roi après la mort de de Thou. Il refusa dans la suite la place de surintendant des finances. Son gendre étant mort en 1645, Bignon fut obligé de reprendre sa charge pour la conserver à son fils. Il avait été employé dans diverses affaires importantes, et Anne d’Autriche, pendant la régence, l'appela plusieurs fois au conseil. Il mourut à Paris, le 7 avril 1656.
Son fils aîné, Jérôme, obtint en {651 la survivance de la charge de maître de la librairie, qu’occupait son père, et conserva celte place, qu’il réservait pour son fils, jusqu’à ce qu’en 1633, le marquis de Louvois le contraignit à donner sa démission pour en faire hommage à l'abbé de Louvois, son fils, âgé de huit ans.
BIGNON (Jean-PauL), abbé de Saint-Quentin, de l’Académie Française, bibliothécaire du roi à la mort de l'abbé de Louvois, et membre honoraire de l’Académie des Sciences et de celle des Inscriptions, né à Paris, en 1662, mort à l’Ile- Belle, près de Melun, en 1743, à l’âge de quatre-vingt-un ans, était petit-fils de l'avocat général Jérôme Bignon, dont nous avons parlé dans l’article précédent. Entré d’abord dans la
congrégation de l’Oratoire, il devint ensuite prédicateur du roi et l’un des plus laborieux et des plus habiles collaboraleurs du Journal des Savants. Ses Explications historiques des médailles du règne de Louis XIV se font remarquer par leur précision et-une juste appréciation des faits. On lui doit aussi une Descriplion du sacre de Louis XV, une Vie du père François Levesque, oralorien (1684); Les Aventures d’Abdalla (2 vol., 1713). Les gens de lettres, les savanés, consultaient souvent l'abbé Bignon, qui n’affectait pas avec eux un orgueilleux patronage : érudit sans pédantisme, obligeant par caractère et par goût, il les accueillait .-avec tout l'abandon d’une franche amitié. 11 fut un des plus zélés protecteurs de Tournefort, qui lui témoigna sa reconnaissance en donnant le nom de Bignonia ( voyez Bicxoxe) à un nouveau genre de plantes d'Amérique. Sa maison de plaisance de Saint-Côme était le rendez-vous des savants et des artistes. Les poëtes ont célébré ce séjour champêtre avec plus de zèle que de talent. La chanson de Moreau de Mautour nous apprend que C’est là que l’eau de la Seine Se change en eau d’Hippocrène,
La Motte-Houdard a été plus heureux. Voici l’épitaphe qu’il a composée en l'honneur de l'abbé Bignon :
Les sciences, les arts, lui durent des hommages ; 11 en fut l’ardent protecteur; S'il fût né dans les premiers âges, 11 en eùt été l'inventeur,
Durey (de l'Yonne).
BIGNON ( ARmAND-JÉRÔME ), neveu du précédent, né en 1711, mort en 1772, maître des requêtes et intendant de Soissons, obtint en 1722 la survivance de la charge de bibliothécaire du roi, occupa cette place dès 1741, date de la démission de son oncle, et s’en démit lui-même en 1770 en faveur de son ils.
: BIGNON (Jean-Frénéric), son fils, né à Paris en 1747,
- était depuis quelques années à peine conseiller au parlement, lorsque, sur la démission de son père, il fut en 1770 nommé bibliothécaire du roi. Reçu à l’Académie des Inscriptions en 1781, il mourut en 1784.
BIGNON ( Louis-Prenre-Énouar», baron ),ministre plénipotentiaire de Napoléon, député, pair de France, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, ministre de l'instruction publique et historien, naquit le 3 janvier 1771 à Guerbaville, près de La Meilleraye ( Seine-Inférieure), d'un père qui exerçait la profession de teinturier. 11 fitde bonnes études au collége de Lisieux, à Paris, etsetrouvait dans cette capitale lorsqueéclata la révolution de 1789, dontil