‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 121 sur 527 · BIGNON · texte numérisé non relu

BIGNON

embrassa chaudement les principes; et quand les étrangers, menacèrent le sol de la France, il s’enrôla dans un bataillon” de volontaires. Cependant Bignon, qui rêvait une autre car rière, s’avisa un jour d'adresser une requête en vers à T. rand, pour solliciter un emploi dans la diplomatie directe riale. Cette excentricité fut l’origine de sa fortune. Nommi en l'an IV secrétaire de la légation française près des Cantons helvétiques, il passa bientôt en cette même qualité. près de la république Cisalpine. Sous le gouvernement con: sulaire, il fut. successivement chargé d’affaires à la cour de Berlin et ministre plénipotentiaire près de l’électeur de Hess@ Cassel, et sa modération contribua longtemps à maintenir de bons rapports entre ces pays et la France. à Dès ce moment Bignon fut associé à tous les grands des seins de la politique impériale. Après la bataille d’Iéna, N: poléon le nomma administrateur général des domaines @ des finances dans les pays conquis, difficiles fonctions, dar lesquelles il déploya autant de probité que de talents administralifs. En 1808 il rentra dans la diplomatie comme mi nistre de France à la cour de Bade; puis en 1809 il fat chargé de l'administration provisoire des provinces autri= chiennes que la victoire avait rangées sous la domination française. Là encore Bignon s’attacha à adoucir le sort des vaincus, Devenu, au commencement de 1810, résident dé France à Varsovie, il contribua, lors des désastres de 1812, à arrèter le mouvement rétrograde des Autrichiens et à ras lentir l'évacuation du territoire polonais. En 1813 il fut Pun des plénipotentiaires dé- Napoléon au congrès de Dresde. on, Quand l'empire se fut écroulé, Bignon publia, sous c@ titre : Exposé comparatif de l’élat financier, militaire, politique et moral de la France et des principales puis? sances, un livre qui produisit une vive impression en Eus rope, et rendit à la France le sentiment de sa prépondé rance naturelle. 11 passa dans la retraite le temps qui s’écoula entre la première restauration et le retour de Pilé dElbe. Pendant les Cent Jours il exerça les fonctions dé” sous-secrélaire d'État aux affaires étrangères, et fut con damné, après la bataille de Waterloo, à signer la fatale convention du 3 juillet 1815. } Bignon entra en 1817 à la Chambre des Députés, où il combattit toujours dans les rangs des défenseurs des lis bertés publiques. C’est alors qu’il fit paraître son livre Des Proscriplions, allusion sanglante à la situation de Ja France, œuvre de conscience et de véritable courage, dans” un moment où les proscriptions étaient partout à lord e du jour, Napoléon, en mourant, avait légué à Bignon une somme de cent mille francs, en l’engageant à écrire l'His= loire de la Diplomatie française de 1792 à 1815, I] ac cepla et accomplit religieusement cette tâche. De 1829 à 1840, il publia 10 vol. du vaste travail dont l’empereur ni” avait légué la pensée. Ce livre, susceptible de quelques” critiques, mais inspiré par de nobles sentiments, est à l& fois l’œuvre d’un homme d’État, d’un écrivain habile et d’un bon citoyen. 4 La révolution de Juillet trouva Bignon au nombre des hommes les plus considérables du parti triomphant : aussi fut-il nommé tout d’abord commissaire provisoire du gou= vernement pour les affaires étrangères, et puis ministre de l'instruction publique. Cependant il ne conserva ce porte feuille que jusqu’au 27 octobre 1830. Redevenu simple député, il reprit sa place dans l'opposition ; mais le nouveau pouvoir ne trouva plus en lui qu'un athlète épuisé ct bien plus disposé à excuser ses fautes qu’à les flétrir. Toutefois. il défendit avec énergie la cause polonaise, lächement abau= donnée par le cabinet Périer. Là finit la vie militante d Bignon. Élevé à la pairie en 1837, les dernières années de” son existence parlementaire s'écoulèrent dans le silence et le désenchantement. Le 15 décembre 1840 il tomba mas lade, après avoir accompagné aux Invalides le char fu

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