BIGNON — BIGORRE
nèbre qui contenait les cendres de Napoléon, et mourut je 6 janvier suivant. B. SARRANS.
BIGNONE, Ce genre de plantes exotiques, Lype de la famille des bignoniacées, fut ainsi appelé par Tournefort, du nom de son ami l’académicien Bignon. Son caractère distinctif est d’avoir toujours quatre étamines didynames, et souvent une cinquième stérile. Nous citerons les espèces que l’horticulture est parvenue à acclimater en France.
La bignone à vrilles (bignonia capreolata, Linné), originaire de la partie méridionale des États-Unis, est une belle plante grimpante, à tiges longues et flexibles, à feuilles persistantes , géminées , sur un pétiole muni de vrilles. En mai et juin elle se couvre d’une profusion de fleurs fubuleuses, d’un rouge fauve. Longtemps cultivée en orangerie , elle a été livrée à la pleine terre, et résiste bien aux hivers avee une légère couverture de litière sur le pied. Plus elle est âgée, plus elle fleurit abondamment.
La bignone à fleurs pourpres (bignonia speciosa, Hook), qui croit naturellement à Buénos-Ayres, vient bien en pleine terre, contre le mur d’une serre tempérée. Sa tige sarmenteuse donne naissance à des feuilles géminées, à folioles ovales, oblongues et lisses ; elle est terminée par des fleurs d’un beau pourpre lilas, veinées de lignes plus foncées.
N'oublions pas la bignone de Virginie (bignonia radicans , Linné), vulgairement appelée jasmin de Virginie, dont les tiges, grimpantes comme celles du lierre, s’attachent aux murailles et aux arbres par les petites racines qui poussent aux nœuds des branches. Lorsqu'elle trouve des soutiens convenables , cette belle plante porte jusqu'à dix à treize mètres de haut ses nombreux bouquets de grosses fleurs d’une couleur écarlate un peu sombre.
Du reste, toutes les espèces du genre bignone sont à tige sarmenteuse et grimpante, et plus ou moins armées de vrilles ; ce qui les rend propres à être employées dans la décoration des berceaux. Seule, la bignone catalpa de Linné n'offrait pas ce Caractère; mais De Candolle en a fait le type du nouveau genre cal{alpa.
BIGNONIACEES. Cette famille de plantes dicotylédones monopétales hypogynes tire son nom du genre bignone. Elle est ainsi caractérisée par De Candolle : calice irrégulier , à cinq divisions plus ou moins profondes ou à deux lèvres ; corolle à tube souvent renflé, à limbe divisé régulièrement, ou plus ordinairement partagé en deux lèvres, dont la supérieure est entière ou bilobée et l’inférieure trilobée ; cinq étamines alternant avec les lobes; de ces einq étamines , une (et même quelquefois trois) avorte presque constamment; anthères à deux loges; ovaire placé sur un disque annulaire, surmonté d’un style simple que termine un stigmate bilamellaire,
« Les bignoniacées, dit M. A. de Jussieu, sont des arbres ou des arbrisseaux, très-souvent des lianes; et le bois de celles-ci se reconnaît à un caractère particulier, extrêmement remarquable : le partage du corps ligneux en plusieurs lobes dont l'intervalle est rempli par le corps cortical, et qui, ordinairement au nombre de quatre, figurent une sorte de croix de Malte, Dépourvues de stipules, les feuilles sont presque constamment opposées , simples ou composées, et fréquemment terminées en une vrille simple ou rameuse. Les fleurs, souvent remarquables par leur beauté, forment le plus ordinairement des panicules terminales ; l’inflorescence est plus rarement axillaire ou opposée aux feuilles, ou uniflore. C’est sous les tropiques, dansles deux hémisphères, et surtout en Amérique, qu’on trouve la plupart des bignoniacées, quoique quelques-unes se rencontrent dans les climats tempérés, au sud jusqu’au Chili, au nord jusque dans la Pensylvanie. »
Les genres bignone,catalpa,paulownia, sontles plus connus de cette famille, qui renferme près de quatre cents espèces
BIGNOU, espèce de cornemuse, fort en usage en Basse- Bretagne: Le joueur de bignou remplace dans chaque vil. lage bas-breton le ménétrier de nos villages de l’Ile-de France. C'est presque un personnage dans quelques-uns , et il n’y a pas de bonne fête sans lui, Il préside à la danse des villageois, aux kermesses bretcnnes, aux noces et festins, et plus d’une tradition populaire sur certains d’entre eux ; au bon vieux temps, a cours encore dans les Côtes-du- Nord , le Finistère et le Morbihan. Telle est la légende bretonne sur le joueur de bignou Nicolas Penhoët, qui pour avoir, au bourg de Goësnou , changé le matin son chapelet contre le ruban qui nouait son bignou, fut enlevé la nuit, en s’en retournant chez lui, par sept jeunes filles qui l’entrainèrent, non sans lavoir préalablement forcé de les faire danser.
Souvent le joueur de bignou est considéré comme ayant donné son âme au malin esprit; et comme il y a les /avandières de nuit, forçant les passañts à laver avec elles les chemises sales du diable, il y a le joueur de bignou du diable , qui donne à danser dans les bruyères au clair de la lune, et mène ensuite de force les danseurs au sabbat. 11 faut bien se garder surtout du bignou enchanté, si l’on ne veut voir l'enfer avant le temps. Charles Romey.
BIGORRE, pays de France, qui faisait jadis partie, comme comté, du duché de Gascogne. 11 était borné au nord par l'Armagnac, au sud par les Pyrénées, à l’est par les Quatre-Vallées, le Nébouzan, et l’Astarac, à l’ouest par le Béarn, et avait Tarbes pour capitale.
Ce pays, dont la superficie est de 242,000 hectares, et qui forme aujourd’hui la majeure partie du département des Hautes-Pyrénées, se divisait en trois parties : 1° Ja plaine, où se trouvait Tarbes; 2° les montagnes, comprenant la vallée de Lavedan , où se voit Lourdes ; la vallée de Campan, où est situé Bagnères, ct enfin la vallée de Barèges ; 3° le Rustan, dont Saint-Séver était le chef-lieu. Arrosé par le Gave, l’Adour et l’Arroz, il jouit d’un climat doux et tempéré dans la plaine, mais se refroidissant à mesure qu’on se rapproche des régions montagneuses. Les arbres dela contrée fournissent de très-beaux bois de charpente, de construction et de mâture. On y trouve des vins d’assez bonne qualité, de magnifiques pâturages, de l'amiante, des eaux minérales fort renommées, et les marbres fins qu’on extrait de ses carrières, trop longtemps laissés dans l’oubli, sont enfin depuis quelques années l’objet d’une exploitation digne de leur mérite.
Le Bigorre était un pays d'états. Le sénéchal Jes convoquait chaque année, pour use session de huit jours, en qualité de gouverneur du pays et de commissaire du roi; il les présidait dans l’origine ; mais l’évêque de Tarbes parvint à s'approprier cette prérogative, et, en son absence, l'abbé de Saint-Pé le remplaçait. Le clergé était représenté aux états par l’évêque, quatre abbés mitrés, deux prieurs , et un commandeur de Malte; la noblesse, par douze barons, et le tiers état par les consuls et jurats des villes de Tarbes, Vic, Bagnères, Lourdes, etc., et par les vingt-huit députés des sept vallées. Les trois chambres commençaient par délibérer séparément, puis elles se réunissaient pour résoudre chaque question à la pluralité de deux voix contre une. Les impôts et toutes les affaires du pays étaient discutés et réglés par ces assemblées.
Lorsque Crassus soumit cette contrée à la puissance romaine, elle était habitée par les Bigerri ou Bigerrones, et près de cinq cents ans plus tard, quand elle tomba sous la domination des Visigoths, elle faisait partie de la Novempopulanie. Les Francs s’en emparèrent à leur tour après la mort d’Alarie, et les Gascons, l’ayantenvahie, l’incorporèrent à leur territoire. Louis le Débonnaire, s'étant décidé à déposséder les ducs de Gascogne en 819, ne voulut pas envelopper les enfants de Loup-Centule, dernier duc mérovingien de Gascogne, dans la disgrâce de leur père; ik
gsépara de ce duché le pays de Bigorre, et en investit, avec te titre de comte, Donat-Loup, fils aîné de Loup-Centule. Donat-Loup vivait encore en 845. On ne connait pas ses successeurs jusqu’à Raimond, comte de Bigorre, qui vivait en 947, et fit réédifier le monastère de Saint-Savin, dans la vallée de Lavedan. Garcie-Arnaud 1°" (983), Louis (1009) et Garcie-Arnaud IL (1032) furent successivement comtes de Bigorre. Gersende, sœur et héritière de Garcie-Arnaud IT, porta le comté de Bigorre , vers 1036, à son mari Bernard- Roger, comte en partie de Carcassonne et de Foix. Bernard 1° (1038) et Raimond 1°", son fils et son successeur en 1065, ont été les seuls comtes de Bigorre de la maison de Carcassonne,
Ce comté fut porté, en 1080, par Béatrix I'°, sœur du comte Raïimond, dans la maison de Béarn Centule, vicomte de Béarn, son mari, porta du chef de Béatrix le titre de comte de Bigorre, qui passa vers 1096 à Bernard 1], son fils aîné. Celui-ci fut père de Centule I1, comte de Bigorre en 1113, lequel contribua à la conquête de Saragosse sur les Maures d’Espagne en 1118. Béatrix Il, fille unique de Centule 11, lui succéda en 1127, avec son mari, Pierre, vicomte de Ma:san, fondateur, en 1141, de la ville de Mont-de-Marsan. Centule III, fils de la comtesse Béatrix II, et de Pierre, vicomte de Marsan, et leur successeur (1163), soutint une guerre malheureuse contre Richard d'Angleterre , duc d'Aquitaine, qui le fit prisonn'er en 1178, et ne lui accorda la liberté qu'après en avoir obtenu la ville de Clermont et le château de Montbrun. Béatrix III de Marsan, sa fille unique (nommée aussi Stéphanie), fut mariée d’abord à Pierre, vicomte de Dax, ensuite à Bernard IV, comte de Comminges. Elle eut de ce second mariage une fille nommée Pétronille de Comminges, comtesse de Bigorre, mariée : 1° en 1196 à Gaston VI, vicomte de Béarn, mort sans enfants en 1215; 2 à Nugnès-Sanche, comte de Cerdagne, mariage déclaré nul presque aussitôt; 3° en 1216 à Gui, fils du fameux Simon de Montfort; 4° avec Aïmar de Rancon; 5° avec Boson de Mathas.
Eschivat de Chabanais, fils de la fille aînée de Pétronille et de Gui de Montfort, eut à lutter contre Mathe de Mathas, sa tante, née de Boson, qui avait épousé Gaston VII, vicomte de Béarn, et qui se prétendait seule héritière légitime de Pétronille; la médiation de Roger IV, comte de Foix, termina le différend, par uñ traité qui détacha du Bigorre la wicomté de Marsan et le pays de Rivière-Basse, pour les donner à Matbe. Eschivat étant mort sans postérité, ce fut sa sœur Laure de Chabanais qui lui succéda avec Raïimond VI, vicomte de Turenne, son mari, Il y eut bientôt après, pour la succession du comté de Bigorre, six concurrents, {ous issus de la comtesse Pétronille de Comminges, Les états du pays étaient partagés. Cette affaire ayant été évoquée au parlement de Paris, le roi Plilippe le Bel séquestra le comté litigieux ; et comme Jeanne, reine de Navarre, sa femme, y formait aussi des prétentions, elle en rendit hommage, l’année suivante, à l’église du Puy. Dans la suite, Philippe le Bel, ayant éteint par des indemnités les droits des autres prétendants, fit porter le titre de comte de Bigorre au troisième de ses fils, qui fut depuis le roi Charles le Bel. En 1368, Édouard III, roi d'Angleterre, donna, comme duc de Guienne, le comté de Bigorre à Jean I], seigneur de Grailly; mais ce dernier en fut presque aussitôt dépouillé par Charles V, roi de France, qui investit de ce comté et de celui de Gaure Jean 1°", comte d’Armagnac. Ce monarque reprit le comté de Bigorre par un échange en 1374 ; et Charles VI le donna en 1389 à Gaston-Phébus , comte de Foix, descendu de Roger-Bernard III, qui avait épousé en 1262 Marguerite de Béarn, fille de Gaston VII, vicomte de Béarn, et de Mathe de Mathas-Bigorre, vicomtesse de Marsan, alliance qui avait réuni dans la même maison les pays de Foix, de Béarn, de Bigorre et de Marsan, Cepen-