BIGORRE — BIGOT DE PRÉAMENEU
dant, ce ne fut qu’à partir de 1425 que les comtes de Foix
jouirent paisiblement du comté de Bigorre. Un arrêt du
parlement de Paris mit fin à toutes les difficultés relatives à M l'investiture de ce pays, qui depuis ce temps a suivi le sort du Béarn, Ils passèrent en 1484 dans la maison d’Albret, Henri IV, les ayant recueillis de Jeanne d’Albret, sa mère, les réunit à la couronne de France par lettres patentes du mois d'octobre 1607. Lainé. L
BIGOT, dévot outré, superstitieux. Camden rapporte, dans sa Britannia, que les Normands ont été appelés bigots, et voici pourquoi : Lorsque Charles le Simple eut résolu de donner la Normandie, avec sa fille Gissa, à Rollon, les courtisans ayant averti ce duc qu’il fallait qu’il baisât les pieds du roi, il répondit en anglais : No so, by God, c’està-dire : Non, de par Dieu. Aussitôt, le roi et les siens, en se moquant, l’appelèrent Bygod, dont on a fait bigot , et cette qualification passa à tous les Normands. Pasquier a adopté la même version sur l’origine de ce mot, ainsi que Guillaume de Nangis.
Le mot bigot ne se prend guère qu’en mauvaise part. Il y a cette diflérenceentreles bigots et les cagots, queceux-ci sont bien réellement de faux dévots, des hypocrites, des tartufes, tandis que la bigoterie ou le bigotisme est plutôt le vice des petits esprits, des esprits faibles, étroits et superstitieux, qui font consister la religion dans de menues pratiques, indignes souvent du caractère élevé qu’elle doit avoir.
BIGOT DE PRÉAMENEU (Féuix-JULIEN - JEAN), ministre des cultes sous lPempire, naquit à Rennes, le 26 mars 1747. Destiné d’abord à la carrière ecclésiastique, il y renonça pour se préparer à la profession d'avocat, que son … père avait exercée avec succès. Après plusieurs années passées au parlement de Rennes, il vint se fixer à Paris, en. 1779, et y fut bientôt remarqué par sa droiture, sa sagesse et l'étendue de ses connaissances. Les suffrages de ses concitoyens ne tardèrent point à lui prouver que ces mérites divers étaient appréciés. 11 fut successivement nommé juge. d'un des tribunaux créés à Paris par la loi du 5 décembre 1790, et membre de l'Assemblée législative pour le département de la Seine. Il siégea au côlé droit de cette assemblée ; il était de ceux qui, acceptant sincèrement la constitution de 1791, cherchaient à y trouver des éléments d’ordre, étaient résolus à maintenir la monarchie, et croyaient nécessaire de lutter contre le débordement des’passions populaires. Les violences dont le clergé commençait à être l'objet excitèrent sa résistance, et le conrage qu'il déploya pour lutter contre l'entraînement des esprits l’exposa plus d’une fois aux murmures et aux attaques de ses adversaires po= litiques. Cependant la modération de son caractère, la. loyauté de ses opinions, lui conciliaient l'estime de tous, ct il eut l'honneur, bien que membre de la minorité, d'être appelé aux devoirs, toujours délicats etsouvent périlleux, de la présidence. Au 20 juin il contribua à sauver les jours du roi et à conjurer une collision sanglante, qui n'éclata que quelques jours plus tard. Rentré dans la vie privée lorsque les événements eurent pris une direction incompatible avec ses sentiments et ses principes, il fut décrété d'accusation M arrêté à Rennes et transféré à Paris, dans la prison de Sainte-Pélagie, où il retrouva plusieurs de ses anciens Col=« lègues, et resta pendant six mois sous les verrous, menacé chaque jour de comparaître devant le tribunal révolutions naire, qui était devenu le servile et cruel agent des pros cripteurs. Enfin, les événements de thermidor lui rendirent la liberté : il en profita pour se retirer dans sa ville natale où il demeura trois ans, n’acceptant pour tout emploi que l'utile et humble soin de réorganiser les écoles primaires»
Cependant son nom et ses services n'étaient point oubliés, à Paris: en 1796 l'Institut Pappelait à faire partie d'un de ses classes, et lui faisait sentir le besorn de reparailten sur un théâtre où il avait laissé de si honorables souvenirsÿh