BIJOU — BIJOUTIER
BIJOUTIER. Les bijoutiers sont les ouvriers qui s’adonnent à la confection de légers ouvrages d’art servant à l’ornement des personnes. Les orfévres s'occupent plus spécialement despièces dépendant du mobilier, et les pierres précieuses sont le domaine des joailliers.
Il y a cinq classes principales de bijouterie : 1° la bi- Jjouterie en fin, qui est toute d’or sur lequel l’ouvrier monte les émaux, les nielles, etc.; 2° la bijouterie en argent, qui est souvent dorée ou vermeillée ; 3° la bijouterie en Jaux, qui a pour constituant le chrysocale, soit bruni, soit doré; 4° la bijouterie d'acier; 5° la bijouterie en Jonte de fer.
Les pièces qu’exécute le bijoutier en fin passent en général par toutes les phases que nous allons décrire.
On en fait d’abord un dessin de grandeur naturelle; sur ce dessin on exécute en cuivre un modèle sur lequel on moule. Quand on a à faire des pièces d'un assez fort volume, on commence par exécuter un premier modèle en cire sur lequel on ne fait figurer que les parties saillantes principales; on le moule dans du sable fin, et on coule en cuivre un second modèle qu’on répare avec soin, et qui devient le modèle définitif après qu’on l’a ciselé exactement tel que l’objet doit ètre moulé; on moule dans le sable pour l'or comme on l’a fait pour le modèle en cuivre. Le moulage des petits objets se fait dans des os de sèche, par un procédé particulier.
Les parties plates des bijoux , les plaques, les fils, ete., sont passés au laminoir ou à la filière, Les parties creuses sont estampées , les métaux employés en bijouterie ayant toujours une assez grande malléabilité pour qu'il soit facile de leur faire prendre toutes les formes au moyen de l’esfampage. Très-souvent aussi on emploie la gravure pour orner les faces des bijoux. Voyez NiELLE. "if
Les soudures sont très-fréquentes dans la bijouterie. On les fait au moyen d’alliages plus fusibles que les parties à
réunir, et dont le titre est déterminé par la loi. Ceux que”
l’on emploie pour souder l'or portent les différents noms de soudure au quart, snudure au liers, soudure au deux, suivant la proportion des mélaux étrangers qui entrent dans leur composition : la soudure au quart est composée de frois parties d’or et d’une partie d’un alliage formé de deux tiers d'argent fin et d’un tiers de cuivre; la soudure au tiers, de deux parties d’or et d’une partie du même alliage; la soudure au deux, d’une partie d’or et d’une partie d’un alliage composé moitié d'argent, moîitié de cuivre. Les soudures pour l’argent sont : la soudure au six, qui contient cinq parties d'argent et une de cuivre jaune; la soudure au quart, qui contient trois parties d'argent et une de cuivre jaune, et la soudure au tiers, qui contient deux parties d'argent et une de cuivre jaune. Le bijoutier fait lui-même ses alliages pour les soudures.
Pour souder, on réunit avec un fil de fer les deux parties
à joindre; on les saupoudre de limaille de soudure mêlée de M
poudre de borax (le borax en fondant prévient l’oxydation
et opère un décapage qui facilite la réunion) ; puis on dirige. dessus le dard d’un chalumeau, qui opère la fusion de la
soudure, et pâr suite l'assemblage des pièces. Lorsqu'on a plusieurs soudures successives à faire sur la mème pièce, on a soin d'employer, pour les premières, les alliages au titre le jlus élevé, parce qu'étant les moins fusibles, ils ne peuvent être fondus quand on fait les autres soudures, pour lesquelles on emploie les alliages aux titres inférieurs, qui exigent moins de chaleur pour entrer en fusion,
Les bijoutiers se servent quelquefois de soudures de titres,
inférieurs ; mais la loi punit cette tromperie, qui ne doit pas
d’ailleurs échapper au contrôle. Tous les bijoux fabriqués.
en France sont en effet vérifiés et poinçonnés suivant leur titre dans les bureaux de garantie à ce destinés. Certains fabricants trouvent cependant parfois les moyens d'éluder
ces sages dispositions, Les bijoux fourrés en sont WI