BIJOUTIER — BILAN
exemple : on appelle ainsi des bijoux creux, qui, faits d'or au titre à l'extérieur, sont remplis de matières lourdes destinées à leur donner du poids; ces ouvrages, jadis tolérés, mais assujettis à une marque particulière, sont actuellement prohibés. D'autres fuis, des marchands présentent au bureau de garantie de petites épingles ou de petits anneaux à bon titre, et qui par conséquent reçoivent le poinçon. Ces mêmes épingles ainsi marquées leur servent à faire des cliquets pour des boucles d’oreilles fourrées, en les y attachant à l’aide de goupilles; c’est ce qu’on appelle lenfage. 11 est inutile de dire que tous ces délits, lorsqu'on parvient à les constater, sont l’objet d’une peine plus ou moins forte,
N'étant jamais faits qu'avec des alliages qui n’ont pas l'éclat de l'or fin, on est obligé de parer les bijoux en les plongeant dans des liquides qui exercent une action corrosive sur les alliages de la surface et laissent à nu une couche d’or fin. C’est cette dernière opération qu'on appelle la mise en couleur. La composition la plus employée est un mélange de deux parties de nitre, une de sel marin et une d’alun, en dissolution. On y fait bouillir la pièce après l'avoir fait recuire et dérocher.
Le besoin, la mode, le caprice font sortir des ateliers une multitude presque innombrable de bijoux que les ouvriers rangent en plusieurs catégories : le gros bijou, le massif, le creux, la chaîne, le filigrane. Dans le bijou proprement dit, les pièces principales de fabrication sont les tabatières, les garnitures de lunettes , les encadrements en or et en argent des pierres précieuses, les bagues, chaînes, boucles d’oreilles, bracelets, bandeaux, boucles ornées, etc. Paris compte aujourd’hui un grand nombre de fabriques de biiouterie fine, qui occupent une population de bijoutiers, de polisseuses, de reperceuses ou brunisseuses , d’émailleurs, de sertisseurs, de graveurs, de ciseleurs, et d’ouvriers qui, sans être bijoutiers, ont des rapports directs ou indirects avec ce commerce, tels que doreurs, tourneurs, estampeurs, fondeurs, guillocheurs, apprêteurs, etc, Tout concourt à faire rechercher l’orfévrerie et la bijouterie de Paris : le titre des matières qu’on y emploie, la beauté, l’élégance , la grâce et la variété des dessins, la perfection de la main-d'œuvre, sont autant de causes qui lui donnent une prépondérance et une supériorité réelles sur celles des autres nations. A Paris, la place Dauphine et quelques autres quartiers offrent une réunion et en même temps une division du travail qui sont telles qu’on y exécute quelquefois des commandes avec une promptitude surprenante. Après Paris viennent Lyon, Marseille, Bordeaux, Clermont-Ferrand. A Lyon, on établit un peu de joaillerie et de la bijouferie pour les campagnes du midi; à Marseille, on monte des roses et quelques brillants pour le Levant ; à Bordeaux, il y a quelques fabriques de joaillerie; Clermont fait principalement des bijoux creux pour la campagne.
La seule bijouterie qu'on pourrait opposer à celle de la France est celle de Londres, qui sans contredit est fort belle ; en général, les ouvrages anglais sont bien soignés, mais on leur reproche de la sécheresse et un peu de maigreur dans les dessins. La bijouterie d'Anvers jouit d’une estime méritée. Celle de Genève est également renommée. L'Allemagne envoie tous les ans à la foire de Francfort une prodigieuse quantité de bijouterie, qui ne se distingue ni par l'élégance ni par le fini des ouvrages ; elle est massive et de mauvais goût. Enfin, des Français ayant élevé quelques fabriques à New-York, les États-Unis ont fait des progrès rapides, et ils approvisionnent le Mexique et les mers .du Sud.
La bijouterie en faux , abandonnée autrefois à quelques willes d'Allemagne, occupe aujourd’hui chez nous une foule d’artisans fort habiles ; car, en se substituant aux ouvriers de Manheim et de Nuremberg, qui ne travaillent -que des bijoux assez grossiers en faux or, les Français ont #kevé cet art à un grand degré de perfection, tant dans le
so
bijou tout métal que dans la monture et le sertissage des pierres fausses enchaînées dans le chrysocale. C’est au rare perfectionnement des pierres fausses, du strass, des émeraudes factices, des améthystes de cristal, des saphirs, des grenats de composition, qu’il faut sans doute en grande partie attribuer la vogue du bijou en faux. La matière de ces sortes de bijoux, qu’on lui donne le nom de similor, d’or de Mannheim, de chrysocale, etc., est toujours une espèce de laiton, dont la couleur ne peut être aussi pure et aussi flatteuse que celle de l’or. Pour obtenir une couleur agréable et une certaine durée dans l'éclat de ces bijoux , il faut nécessairement recourir à la dorure.
Paris a toujours eu la palme pour la fabrication de la bijouterie en acier, fabrication qui embrasse des objets encore plus variés que la bijouterie d’or. Pour donner au bijou d'acier cet admirable poli qui fait son principal mérite, l’ouvrier emploie d’abord l’émeri, puis la potée d’élain, et ensuite la potée dite d'Angleterre.
La bijouterie de fonte de fer ou bijouterie de Berlin est une industrie encore nouvelle et que nous devons à la Prusse. Mais si les Prussiens ont dans les plaines de Berlin un sable plus fin qui leur permet de couler des bijoux aussi délicats que la dentelle, nos fabriques, créées seulement depuis 1822, l'ont emporté sur les leurs par le bon marché et par le bon goût parisien. Dans cette dernière branche de la bijouterie, comme dans les autres, la France occupe le premier rang.
Les bijoutiers, comme les coiffeurs, ont choisi pour patron saint Louis, sans doute à cause de la couronne qu’il a portée. Les bijoutiers ne faisaient autrefois qu’un corps avec les orfévres. Il fallait trois ans d'apprentissage pour être reçu bijoutier. Certaines précautions sont imposées aux marchands bijoutiers pour l’achat et la vente des bijoux. Leurs livres doivent être tenus avec une exactitude scrupuleuse. Ils ne doivent payer le prix des objets de quelque valeur qu’ils achètent qu’au domicile des vendeurs qui ne leur sont pas connus ; enfin, l’achat au-dessous de la valeur réelle les expose à être regardés comme complices dans le cas où les objets auraient été volés : et cependant aucun corps ne peut se vanter de savoir mieux profiter de la simplicité des clients.
BIJUGUE (de bis et de jugum) se dit, en botanique, des feuilles pinnées, dont le pétiole commun porte deux paires de folioles , telles que celles des mimosa nodosa et fagifolia. :
BIRUNIS, religieuses du Japon, qui vivent d’aumônes et mènent une vie vagabonde, à laquelle se mêle la prostitution la plus effrénée. Elles sont soumises aux jammabes, célèbres moines du pays, qui n’admettent dans cet ordre que les plus belles femmes, et choisissent ordinairement leurs épouses dans ces coureuses privilégiées. On les rencontre à la porte des temples, dans les rues, sur les grandes routes, mettant en œuvre tout ce qu’elles ont de charmes pour émouvoir la charité des passants. C’est la débauche sanctifiée par la superstition.
BILABIE (de bis, deux fois, et Zabium , lèvre). On appelle ainsi, en botanique, les organes ou rudiments qui ont deux parties principales disposées comme les lèvres des animaux, et désignées , l’une par le nom de lèvre supérieure, l’autre par celui de lèvre inférieure : les calices et les corolles de la sauge, du phlomis, etc., ont cette conformation, ainsi que les pétales de Ja nigelle et de l’ellébore. Voyez LABIÉES.
BILAMELLE , c’est-à-dire composé de deux lames tels sont, en botanique, le stigmate des mimules et les: cloisons dont sont pourvues les capsules de la digitale,
BILAN. Ce mot, formé du latin bilanr, sert à désigner Pacte ou l'inventaire dans lequel le négociant relève chaque année, aux termes de la loi, l'état de ce qu'il doit, de ce qu'il possède et de ce qui lui est dû. C’est la balance de
son actif et de son passif : l’actif se composant des meubles ot immeubles, de l'argent en caisse, des marchandises en magasin, des effets en portefeuille et des autres créances; et le passif comprenant les effets à payer et généralement toutes les dettes. Voyez BALANCE GÉNÉRALE DES LIVRES.
Lorsqu'un commerçant se voit forcé par le mauvais état de ses affaires de suspendre ses payements, il äresse la balance de ses comptes, et, suivant l'expression consacrée, il dépose son bilan.
La loi du 28 mai 1838, qui a modifié plusieurs articles du Code de Commerce, à maintenu les art. 438 et 439, suivant lesquels la déclaration que le failli fait au greffe du tribunal doit être accompagnée &1 dépôt de son bilan, ou contenir l'indication des motifs qui l’'empêchent de le déposer. Ce bilan doit renfermer l’énumération et l’évaluation de tous les biens mobiliers etimmobiliers du débiteur, l’état des dettes actives et passives, le tableau des profits et pertes, et celui des dépenses.
* L'accomplissement de cette formalité établit en faveur du failli une présomption en vertu de laquelle le tribunal peut l'affranchir du dépôt dans une maison d’arrêt ou de la garde de sa personne, s’il n’est pas déjà, au moment de la déclaration de la faillite, incarcéré pour dettes ou pour toute autre cause. Mais quand le failli n’a pas pris cette initiative, il est, aussitôt après les mesures conservatoires prises, procédé à la confection du bilan par les syndics provisoires que le tribunal de commerce a nommés dans son jugement déclaratif de la faillite,
BILAN D'ENTRÉE et BILAN DE SORTIE.
Voyez BALANCE D'ENTRÉE @t BALANCE DE SORTIE.
BILATÉRAL (de bis, deux fois, et Latus, côté), qui a deux côtés, qui se dirige de deux côtés opposés. On dit d’un acte qu'il esi bilatéral lorsqu'il contient des conventions réciproqnes de la part de plusieurs parties dont chacune s’engage à faire quelque ehose, comme dans tout contrat synallagmatique; par opposition à l'acte wnilatéral, dans lequel une seule partie souscrit l'obligation, où ne figure point celui au profit de qui elle est souscrite, Ainsi, une reconnaissance d’un prêt, un simple billet, un billet à ordre, sont des actes unilatéraux ; un contrat de bail, un contrat de vente, sont, au contraire, des actes bilatéraux. Aussi doit-il en être fait, à peine de nullité, autant de copies qu’il y a de parties qui y figurent : chacune d’elles doit avoir sa copie, portant la mention que chacune des autres parties obligées a également la sienne.
BILBAO , ville d'Espagne, riche et florissante, cheflieu dela province, autrefoisseigneurie basque de Biscaye, est située dans une belle plaine, sur la rive droite àe l’Ansa, qu'on y passe sur un pont de bois d’une seule arche et d’une grande élévation. Elle est à 8 kilom. de l'embouchure de cette rivière devant Portugalete, à 334 kilomètres de Madrid et à 65 de Saint-Sébastien. L'air y est très-pur. Fondée en 1300, Bilbao est le siége du célèbre consulado ou tribunal de commerce de Burgos, qui y fut transféré au quinzième siècle. On n’y compte guère plus de 900 maisons. Aussi ses 21,000 habitants s’y logent-ils avec peine, quoiqu'elles soient hautes et bien bâties; quelques-unes sont ornées de fresques au dehors. Ses rues sont droites et bien pavées. Depuis 1863 elle est reliée au chemin de fer du Nord.
On remarque à Bilbao la jolie promenade de l’Arsenal, une belle place, un beau quai, l'hôtel de ville, l'hôpital et la boucherie. Les environs sont couverts de jardins délicieux et de charmantes maisons de campagne. Rien de plus agréable que la perspective dont on jouit en remontant la
rivière, Ce sont à chaque instant de nouveaux aspects de :
plus en plus aftrayants, des groupes de maisons, des massifs de verdure, et à gauche la ville, qui se déploie en un majestucux amphithéâtre et anime tout le tablean.
L'industrie y est très-aclive; cile consiste en fabrication