‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 129 sur 527 · BILAN —— BILDERDIJK · texte numérisé non relu

BILAN —— BILDERDIJK

de toiles à voiles, cordages, ancres, quincaillerie, cuirs $ papier, tabac et poterie. Il y a un arsenal de construction d'artillerie et des chantiers de construction pour la marine marchande. Le port est le plus important du nord de l’'Espagne. C’est le principal entrepôt du commerce des laïnes de ce pays. On en exporte des fers, des aciers, du poisson, des fruits, surtout des châtaignes, des grains, quelquefois en quantité considérable. On y importe principalement des tissus de coton et de laine et des denrées coloniales. Les transports ont lieu, en grande partie, au moyen de navires étrangers, anglais, hollandais,'et des villes anséatiques. Les gros bâtiments s’arrètent à Portugalète ou à Olaveaga.

Bilbao a été prise el reprise dans les guerres de la France et de l'Espagne en 1795, 1808 et 1809, et dans la guerre de don Carlos en 1837.

BILBOQUET. C'est le nom qu'on donne, en architecture, à tout petit carré de pierre qui, ayant été scié dun plus gros, reste dans le chantier. — On appelle aussi bilboquetls les moindres carreaux de pierre proyenus de la démolition d’un bâtiment. ‘

Le bilboquet des monnayeurs est un morceau de fer, en forme d’ovale très-allongé, au milieu duquel est un cercle en creux et au centre un petit trou. Celui des perruquiers est un petit morceau de bois tourné, sur lequel ils roulent les cheveux pour les friser.

En termes de doreur, le bilboquet est un petit morceau de bois carre où est attaché un morceau d'étoffe fine pour prendre l'or et le mettre dans les endroits les plus difficiles, comme dans les filets carrés, dans les gorges et dans les autres endroits creux.

Les imprimeurs appellent bilboquets certains petits ouvrages de ville, tels que les billets de mariage, d’enterrement, les adresses, cartes de visite, avis au publie, etc.

Le bilboquel est aussi un jouet d'enfant fort connu, creusé par un bout et pointu par l’autre, au milieu duquel est attachée une ganse ou ficelle, terminée par une boule percée d’un trou, et que l’on doit chercher, en la lançant, à faire retomber et à fixer sur l’un de ces deux bouts. Le Journal de Henri III nous apprend que ce prince portait quelquefois un bilboquet à la main. Cet exercice était en effet trèscomuun de son temps, comme il l'était redevenu en 1789; après quoi il fut remplacé par le jeu de lémigrant.

Gui Patin, prenant le mot de bilboquel dans une acception figurée, appelait des gens que la fortune avait élevés subitement, et dont la position ne paraissait pas bien assurée, les bilboquets de la fortune. É

Enfin on donne le nom de bilboquets à de petites figures qui ont aux jambes des plombs dont le poids les fait toujour$ se relourner et se trouver debout, quelque autre position qu’on essaye de leur faire prendre.

BILDERDIJR (Wicem), célèbre philologue et poëte hollandais, né à Amsterdam, le 7 septembre 1756, développa rapidement ses rares facultés en dépit d’une santé clrancelante. 11 étudia le droit à Leyde, et pratiqua ensuite à La Haye comme avocat. Lors de l'invasion de sa patrie par les troupes françaises, il la quitta par attachement pour les droits du stathouder, et se rendit d’abord à Brunswick, puis à Londres, où il fit des cours publics sur le droit, sur la poésie et sur la littérature. En 1806 il revint en Hollande; ce fut de lui que le roi Louis Bonaparte voulut apprendre la langue deses nouveaux sujets, et il l’appela l’un des premiers à faire partie de l’Institut national de Hollande. La restauration lui fit perdre son traitement, Le roi Guillaume lui offrit cependant plus tard une place d’auditeur militaire, qu’il re fusa, Aprés avoir passé quelques années à Leyde, il se retira vers la fin de sa vie à Harlem, où il mourut le 18 décembre 1831.

Familier avec les langues et les littératures grecque et latine, et aussi avec la plupart des langues et des littératures modernes de l'Europe, Bilderdijk possédait des connutssances

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non moins étendues en jurisprudence et en histoire, en archéologie, en géographie, en théologie et même en médecine. Cette si vaste érudition, il l'avait acquise à peu près tout seul, et les résultats utiles ou nuisibles que durent avoir sur sa vie son caractère et ses ouvrages , les efforts qu’il lui fallut faire pour atteindre le but qu'il s'était proposé, apparaissent visiblement aussi bien dans ce qu’on voit chez lui de résolu, de tranchant et de persévérant, que dans sa rudesse et son opiniâtreté. Dès l’année 1776 il avait fondé sa réputation comme poëte par un chant intitulé : De l’Influence de la Poésie sur l'art de gouverner les konmes , lequel fut couronné par l'Académie de Leyde, LL le fit suivre, en 1777, d'un poëme ayant pour titre : Le vérilable Amour de la Patrie. Une célébrité d'autant plus grande s’attacha à son nom qu’il s’efforçait en même temps dans sa romance d’£lius et dans ses heureuses traductions des tragédies de Sophocle : Aoning Edipus et De dood van Edipus, de s'affranchir de l'influence, jusqu'alors toutepuissante, de la littérature française. Nous ne citerons pas tous ses drames empruntés à l’histoire de la Hollande, non plus que ses nombreuses traductions ou imitations en vers d'Homère, Sapho, Pindare, Théocrite, Ovide, Horace, Ossian et Delille. Une mention particulière est due cependant à son poëme sur l'astronomie, à ses Adieux, à ses Fleurs d'Hiver, à ses Fleurs des Tombeaux (Asphodèles), inspirées par la mort de son fils et de ses deux filles, et surtout à ses étranges poèmes de la Destruction du premier monde et des Maladies des Savants. N'oublions pas qu’il schercha ses modèles et ses inspirations bien moins dans les œuvres de ses contemporains étrangers ou nationaux que dans celles des anciens poëtes de son pays, et dans les meilleurs écrivains de tous les siècles et de toutes les littératures, Une imagination aussi vive que hardie, une grande richesse de pensées, des images neuves et frappantes, beaucoup de correction dans l'expression, un style harmonieux , une heureuse coupe de vers, telles sont les qualités qui distinguent ses productions.

Si les œuvres de Bilderdijk sont à bon droit populaires dans sa patrie, elles sont encore peu connues à l'étranger, comme l’est en général toute la littérature hollandaise. Bil- derdijk ne s’est pas uniquement occupé de poésie ; il a encore beaucoup fait pour la fixation de la langue nationale. Les ouvrages qu'on a de lui dans cette direction d'idées ou sont de nature grammaticale ou ont pour but d’élucider les plus anciens monuments écrits de la langue hollandaise. On a en outre de Bilderdijk divers ouvrages relatifs à la science du droit, notamment Observaliones et emendaliones Juris, un Trailé de Géologie et une Théorie de l’organisation végétale. 11 s’est également occupé de l’histoire de son pays, qu'il à traitée au point de vue aristocratique, dans son Geschiedenis des Vaderlands, publiée après sa mort par Tijdemann (12 volumes, Leyde, 1832-1839).

Sa seconde femme, Catherine-Wilhelmine Scnwicx-

HARDT, était née à La Haye, en 1777, et mourut en 1830. Son éducation avait été des plus distingutes, et elle se livra avec un égal succès à la culture de la peinture et à celle de Ja poésie, Parmi ses ouvrages, dont la plupart parurent imprimés avec ceux de son mari, on regarde comme un chefd'œuvre son Roderigo de Goth, traduction du Roderick de Southey. On estime aussi ses tragédies £/frede et Iphigénie ; cette dernière est imitée de Racine.

. BILE. Ce liquide, provenant de la sécrétion du foie, est répandu en partie dans les intestins, pour favoriser la Jigestion, et en partie dans une poche située derrière le foie, et que l’on nomme la vésicule biliaire.

La bile existe chez tous les animaux vertébrés , et y remplit sans doute les mêmes fonctions. Son analyse a fait reconnaître qu’elle était composée d’eau , d’albumine, d’une résine jaune qui lui est propre, de soude, d’hydrochlorate de soude, de phosphate de chaux et de soude, plus une

substance particulière, à laquelle M. Thénard a donné le nom de picromel; cependant cette dernière substance, qui existe constamment dans la bile de bœuf, n’est pas toujours rencontrée, dit M. Chevreul, dans la bile de l’homme, Cette dernière est verte, d’un brun jaunâtre, rougeätre ou incolore; elle n’est pas très-amère, peu limpide, Chauffée, elle répand l'odeur du blanc d'œuf.

La bile est un des liquides les plus irritants de l’économie ; épanchée dans le péritoine, à la suite de plaies du foie ou de la vésicule biliaire, elle donne lieu à des péritonites qui sont presque constamment mortelles. Dans certaines maladies on à vu la bile changer d'état, devenir ou noire, très-épaisse (voyez ATRABILE), ou d'une fluidité et d'une décoloration très-marquées. On l’a même vue dans quelques cas contracter des propriétés délétères.

On a regardé la bile comme la cause d’un grand nombre de maladies; cette opinion était surtout fort en crédit du temps des médecins humoristes : ainsi on admettait uue foule d’affections bilieuses, des fièvres, des pleurésies, des péripneumonies, etc., que l’on attribuait à la bile. Quoi qu’il en soil de l’action qu’exerce ce liquide, les maladies qui ont plus particulièrement reçu le nom de bilieuses offrent des symptômes à peu près constants, savoir : amertume et empâtement de la bouche, ordinairement accompagnés d’un enduit plus ou moins jaune sur la langue; soif, perte d’appétit, nausées, et souvent vomissements et déjections bilieuses jaunes ou vertes. En même temps le malade éprouve une chaleur âcre, un brisement général, de la douleur au creux de l'estomac et souvent de la fièvre; la peau est plus ou moins colorée en jaune; l'urine, foncée en couleur, paraît également chargée de bile. Ces phénomènes peuvent se rencontrer séparés ou réunis à des degrés différents, depuis le simple embarras gastrique, affection passagère et sans danger, jusqu’à la fièvre jaune, qui est presque toujours mortelle,

Quand ces maladies sont portées à un certain degré, la bile est expulsée en plus ou moins grande quantité, et longtemps on a provoqué artificiellement cette expulsion à l’aide des vomitifs. Mais l'abus de cette médication a occasionné de nombreux accidents, et les praticiens les plus sages ont reconnu que dans le plus grand nombre des cas simples il suflit de soustraire les malades à l’action des causes déterminantes pour que la sécrétion biliaire reprenne son cours babituel, et que dans les circonstances graves le traitement qui convient aux inflammations aiguës est le plus efficace. Les boissons rafraîchissantes et acidules, que les malades recherchent par une sorte d’instinct salutaire, contribuent beaucoup à la guérison, ainsi que l’abstinence complète, au moins pendant les premiers jours:

On se sert de la bile du bœuf dans les arts pour dégraisser les étoffes de laine. Cette substance doit cette propriété de dissoudre les matières grasses à la soude libre, et au composé ternaire de soude, de picromel et de résine qu’elle contient.

BILEAM. Voyez BaALaan.

BILED-UL-GERID. Voyez BeLup-EL-DJÉRID.

BILIAIRES ( Calculs). Voyez CaLcuLs.

BILIAIRES (Voies). On donne ce nom à l’ensemble des organes qui servent à sécréter, à conserver et à excréter la bile. Ces organes sont le foie, les pores biliaires ou les radicules des conduits hépatiques, la vésieule biliaire, son conduit cystique et le canal cholédoque. Voyez Fort.

BILIEUX ( Tempérament). Voyez TEMPÉRAMENT.

BILIN, petite ville de Bohème, située dans le majorat de la famille de Lobkowitz, sur les rives de la Bila, dans le cercle de Leitmeritz, et célèbre par ses eaux minérales. Sa population est de 3,200 hahitants ; on y remarque un vieux château , une usine servant à l’extraction de la magnésie en dissolution dans l’eau acide de Seidschuts et de Seïidlitz, ainsi qu’une grande fabrique de bouteilles de grès. La ville

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est entourée de roches basaltiques, entre lesquelles on disfingue la pierre de Bilin , immense rocher de forme ronde, du haut duquel on jouit de la plus belle vue sur la vallée de la Bohème.

On compte à Bilin quatre sources différentes, dont celle dite de Joseph est la plus renommée. L'eau en est d’une grande pureté, d’un goût rafraichissant et légèrement acidulé, à la température moyenne de 12 à 15 degrés Réaumur, et pétille vivement, surtout lorsqu'on y mêle du vin et du sucre. Sous le rapport de la composition , les eaux provenant des quatre sources diffèrent peu entre elles. L'eau de Bilin appartient à la classe des eaux alcalines, et contient plus d’acide carbonique que les autres eaux minérales de l'Allemagne. On ne l’emploie qu’en boisson, et elle agit de la manière la plus énergique sur le système des glandes et sur les vaisseaux absorbants. Elle provoque surtout l’activilé de la membrane pituitaire , et est par conséquent souveraine dans les affections des organes génitaux , dans les douleurs des glandes et du système lymphatique. L'eau de Bilin se consomme bien plus au loin qu’à la source même ; on en expédie dans tous les établissements thermaux de la Bohème, notamment à Tæplitz, où on la prend concurremment avec l’eau locale. Les baïgneurs de Tæplitz font de fréquentes excursions à Bilin. On évalue de 80 à 100,000 le nombre des bouteilles d’eau de Bilin qu’on envoie maintenant année commune à l'étranger, tandis qu’en 1779 cet envoi n'atfeignait pas le chiffre de 3,000. L'analyse des eaux de Bilin a été faite par Reuts, Strave, Steinmann, etc. Consultez Reuts, les Eaux Minérales de Bilin (2° édit., Vienne, 1827).

I y a aussi en Hongrie un établissement thermal du même nom.

BILINGUE (du latin bilinguis, en deux langues), terme employé récemment par les archéologues pour désigner les inseriptions et monuments anciens où les mêmes idées sont exprimées en deux langues.

BILL, mot qu'on fait dériver de Libellus, et par lequel on désigne dans le parlement d'Angleterre ce qu’en France on appelle un projet de loi. Dans le langage juridique anglais, tout engagement écrit est un bill : ainsi, on dit a bill of exchange , une lettre de change; a bill of sale , un contrat de vente, etc. Lorsque le grand jury pense qu’une accusation criminelle est recevable aux assises, il écrit au revers de l'acte : a true bill, un vrai bill (quand la langue latine était seule en usage dans les tribunaux, les termes consacrés étaient vera billa), sans préjuger d’ailleurs en rien de la réalité des faits qui servent de base à l’accusalion, et uniquemént en réponse à la question qui lui est adressée : « Résulte t-il des faits rapportés quelque charge contre l’accusé? » Quand, au contraire, le jury ne trouve pas les faits suffisamment prouvés, il écrit : Nof a true bill ou not founded (mal fondé).

En matière civile, on entend par bi/! un acte introduisant l'instance et par lequel l'intimé est prévenu de la plainte et des conclusions auxquelles elle donne lieu. Il provient du tribunal compétent, et doit toujours reproduire les formules adoptées pour chaque espèce de plainte.

Dans le langage parlementaire, un bill est une proposition que son adoption doit transformer en loi.

Les bils d'intérêt particulier (private bills), c’est-à-dire contenant des dispositions ayant pour objet de favoriser des individus isolés ou des corporations (comme demandes de lettres de naturalisation, d’autorisations à l'effet de construire des ponts et d'y percevoir des droits de péage, de percer des routes , creuser des canaux, etc., etc.), ne peuvent être introduits qu'après une pétition adressée à cet effet par les intéressés, 1] faut que cette pélition soit présentée par un des membres de la chambre. Celle-ci, s'il est néecssaire, renvoie la pétition à l'examen d’un comité, lequel décide alors si elle doit être transformée en bill ou bien

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